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Société

Onlyfans, MYM... L'"Instagram du porno" fait des adeptes à La Réunion


Qualifiés d'"Instagram du porno", des réseaux sociaux permettent de publier et monétiser du contenu à caractère sexuel. Des plateformes qui ont connu un véritable essor durant le confinement, et qui font des adeptes à La Réunion.

Par - Publié le Samedi 12 Septembre 2020 à 14:02 | Lu 14037 fois

Le sexe fait vendre. Jusqu’ici, rien de nouveau. Ce qui est plus récent en revanche, c’est l’utilisation massive de réseaux sociaux pour vendre des images érotiques ou pornographiques. Le phénomène a pris une ampleur considérable avec le confinement. La plateforme la plus connue en la matière est Onlyfans (plateforme britannique créée en 2016). Le site français MYM.fans, lancé en 2019, lui emboîte le pas.

Le fonctionnement est simple : pour visionner les contenus partagés (majoritairement par des femmes), les internautes doivent souscrire à un abonnement dont le tarif mensuel est fixé par le créateur de contenu (notons que les contenus peuvent être de tout ordre, pas forcément à caractère sexuel). Les abonnés peuvent également faire des demandes de contenus personnalisés. Les créateurs de contenu perçoivent une somme avoisinant les 80% du prix de leur vente, les plateformes prenant une commission. Pour les célébrités, les montants peuvent être mirobolants. 

À La Réunion, ces plateformes ont déjà des adeptes. C’est notamment le cas de Sarah, mannequin, inscrite depuis l'an dernier comme modèle. "C’est surtout l’aspect financier qui m’a attirée", confie la jeune femme de 21 ans. "J’ai toujours été à l’aise avec mon corps et j’ai remarqué que c’était un bon moyen de se faire de l’argent tout en faisant ce que j’aime : des photos dénudées". Pour attirer des abonnés, Sarah fait de la publicité sur ses autres réseaux, notamment sur Instagram, où elle a déjà sa communauté. "Ça permet de découvrir d'une autre manière des filles qu'on suivait déjà sur les réseaux, comme si on entrait dans leur intimité", nous confie un Dionysien inscrit depuis quelques mois.

Une liberté dans les contenus diffusés

Calie, elle, a décidé de s'inscrire pendant le confinement. "Je fais du strip-tease depuis 15 ans et avec l'arrivée de Covid je me suis retrouvée sans emploi. Il m’a fallu une solution de secours", explique-t-elle. Outre l'argent que cela peut rapporter, c'est la liberté dans la façon de vendre ses images, mais aussi de s'organiser, qui l'a séduite. 

Capture d'écran Onlyfans.com
Capture d'écran Onlyfans.com
En effet, aux manettes de leur profil, les "modèles" peuvent décider à leur guise du contenu proposé, de la manière dont elles se mettent en scène, et choisir d'accéder ou non aux demandes personnalisées. Des conditions particulièrement appréciées quand on connait les dérives de l'industrie du porno. Ainsi, si certains déplorent une hypersexualisation des femmes, d'autres y voient plutôt une démarche féministe permettant de reprendre le contrôle sur son image.

Mais si Calie explique "assumer complètement" ce qu'elle fait, elle tient à mettre en garde les jeunes filles qui seraient séduites par l'idée de se faire de l'argent facilement. "Déjà, si tu n'as pas au départ une base de clients potentiels, tu ne te feras pas d'argent facilement en quelques semaines ou même en quelques mois". Mais surtout : "il faut avoir conscience que c'est votre image, et qu'une fois que c'est sur internet ça ne disparaît pas". Mieux vaut donc selon elle ne pas se lancer sans avoir mûrement réfléchi aux conséquences : "L'étudiante qui veut plus tard être médecin, ou secrétaire, ferait mieux de prendre un petit boulot, de serveuse par exemple".

Le risque du vol des données

Si les données sont en théorie accessibles seulement pour ceux qui ont payé, en pratique, le risque d'une fuite des images ne peut être écarté. "Des personnes malveillantes peuvent être capables de payer pour obtenir des media privés dans le but de nous ruiner en les partageant sur d'autres supports", redoute Sarah. Et ce risque augmente avec la popularité. "Plus on a d'abonnés, plus il risque d'y avoir des hackers parmi eux", note Calie. 

Rappelons qu'en droit français, la diffusion publication sans autorisation est considérée comme du Revenge porn, un délit passible d'un an d'emprisonnement et de 60.000 euros d'amende par le code pénal. De leur côté, les plateformes s'engagent à mettre en place des mesures pour la suppression des contenus sur la plateforme externe et la recherche de l'abonné fraudeur. 

"Une fois sur le réseau, ces images n'appartiennent plus à leurs auteurs, il faut faire très attention avec ça", met en garde Me Jean-Christophe Molière, avocat au barreau de Saint-Denis, alertant sur les risques de piratage et s'interrogeant sur la politique de conservation des données. La robe noire souligne un autre problème : celui de pédopornographie. Car si des vérifications d'identité sont demandées pour ne permettre qu'à des majeurs de s'inscrire, "en l'absence de contrôles renforcés", elles lui semblent insuffisantes.

L'exhibitionnisme devenu la norme ?

C'est aussi l'impact psychologique du développement de ces pratiques qui interroge, des célébrités faisant la promotion de leur compte Onlyfans directement sur leurs autres réseaux, accessibles aux plus jeunes. Michael Stora, psychologue du numérique en métropole, veut "éviter moraliser" le débat. "Si la personne est majeure et fait le choix de l’exhibitionnisme, je dirais qu’au fond je ne perçois pas de dérive", commente le fondateur-président de l'Observatoire des mondes numériques en sciences humaines (OMNSH). "Certaines femmes prennent du plaisir à susciter le désir, ça peut même être libérateur".

Toutefois, "on peut imaginer que si la personne le fait pour des raisons purement pécuniaires, et se trouve dans une position de clivage entre son image et ce qu’elle est profondément, cela puisse poser problème", souligne-t-il. "On voit comment certaines personnes vont se laisser berner par les influenceuses et veulent coller à quelque chose qui ne leur ressemble pas".

L'essor de ce genre de plateforme est aussi révélateur d'une société où l'image a pris une place considérable."Je pense que le voyeurisme et l’exhibitionnisme sont devenus une sorte de norme, ça s’est démocratisé, pour le meilleur et pour le pire. Aujourd’hui, on a l’impression que si une chose n'est pas photographiée, elle n’existe pas ; que l’image ne se borne pas à une apparence mais à un statut quasi existentiel", analyse-t-il, évoquant le cas de certains influenceurs dont le "moi réel s’appauvrit", au profit d'un "moi virtuel puissant". Et de conclure : "Il faut aussi valoriser le fait que nous ne sommes pas uniquement un corps exhibé".


Marine Abat
Journaliste - En charge du secteur Ouest - Fortement attachée aux valeurs du développement durable... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par golf51 le 12/09/2020 14:34

Dites-vous bien une chose , s'il n'y avait pas d'argent à la clé ces sites n'exixteraient pas.
L'appât du gain est d'une force incroyable!

2.Posté par wai le 12/09/2020 14:41

hein ? elle en pense quoi Schiappa ? et notre Bello local ?

3.Posté par PIPO 🙈🙉🙊 le 12/09/2020 14:55

pipo
Ìl faut être tordu quand meme pour payer une fortune pour mater une nana comme ça sur écran! Alors que si tu sort un peux en ville tu la ramène facilement chez toi :)

4.Posté par Fidol Castre le 12/09/2020 15:15

Prostitution 2.0
Les personnes qui trouvent que c'est un progrès ne veulent généralement pas que leurs filles y fassent une carrière.

5.Posté par eric le 12/09/2020 15:15

Tres parlant si on y pense

6.Posté par Veridik le 12/09/2020 17:08

Au moins on parle d'autre chose que du covid

7.Posté par kalou le 12/09/2020 20:12

Les réseaux sociaux créent une nouvelle catégorie d'esclaves .
Et ce n'est que le début .
L'avenir sociétal est sombre .

8.Posté par hardcore le 12/09/2020 21:14

Mon dieu, les reunionais (quelles que soient leurs origines) sont en train de se liberer sexuellement !

9.Posté par Brown sugar le 12/09/2020 22:20

Les médias sont un peu les proxénètes, non ?
Perso je n'avais jamais entendu parlé de ce genre de site. Que vous diffusiez ce genre d'articles, c'est un peu faire de la publicité et attirer plus de détraqués.
Malheureusement tout à commencé avec la TV, puis internet et autre réseau sociaux.
Ça a tué la jeunesse qui ne lève même plus leur tête, tellement ils sont rivés à leur téléphone.
Le chanteur SOPRANO l'explique bien dans sa chanson "mon précieux ". Bonne chance à vous les chèvres. Engouffrez vous dans ce monde 2.0.

10.Posté par Bin Bin le 13/09/2020 05:03

Hummm...

11.Posté par . GIRONDIN le 13/09/2020 08:05

GIRONDIN
3.Posté par PIPO 🙈🙉🙊
👍 Pour votre '' avatar''

9.Posté par Brown sugar
👍
Et sur zinfos974 il suffit de regarder, rubrique' '' 7 mag'''........

12.Posté par TOM le 13/09/2020 09:43

Ah l'Argent , rien que l'Argent , et hélas toujours l'Argent ... cela a toujours été ainsi , FLÉAU du siècle !!!
Et l'Image de la Femme dans tout cela ??? Qu'en pensent nos Élus ? Surtout Mme là Maire St PAUL ??
Pour cela il suffit de consulter des Sites de Rencontre Locale , et la croyez moi vous serez estomaqués!
Pour la plupart , ce sont des ÉTUDIANTES ... Voulant se faire du FRIC facile ... C'est IMMONDE , non ?
Montrant même leur Intimité TOTALE ... et ce à l'insu bien sûr de leurs Parents .... STOPPONS ça SVP
Tout cela au BLACK évidemment , avec des "revenus" MONSTRUEUX , alors elle est pas belle la VIE ?

13.Posté par MT CRISTO le 13/09/2020 11:43

Honte à cette engeance qui salit La Réunion. Et c'est autorisé ?

14.Posté par polo974 le 13/09/2020 13:09

""" Rappelons qu'en droit français, la diffusion publication sans autorisation est considérée comme du Revenge porn """
ah bon, en droit français, c'est écrit en anglais ? ? ?

""" Ça permet de découvrir d'une autre manière des filles qu'on suivait déjà sur les réseaux, comme si on entrait dans leur intimité """
pas trop profond quand même, hein...

15.Posté par MICHOU le 13/09/2020 13:44

Au pays se l'argent facile, du culte de l'apparence, est ce étonnant?

16.Posté par Romain le 14/09/2020 10:59

Oui c'est pour l'argent...

Mais les commentaires franchement... On se lève tous le matin (à part les rentiers) pour l'argent, pour aller gagner de quoi vivre....

Alors que ce soit avec son cerveau ou ses bras ou son cul..... cessez de faire vos moralistes à 2 balles.

Et s'il vous plait cessez de mélanger émancipation des femmes et morale chrétienne... Le sexe c'est pas plus mal qu'autre chose pour s'en sortir dans la vie. Et c'est ni plus ni moins féministe comme démarche que faire médecin ou secrétaire de supermarché. Tant que c'est un CHOIX.

17.Posté par Romain le 14/09/2020 11:02

Post 4 Fidol

Personne n'y voit un progrès. Fais pas ton Don Quichotte à t'inventer des ennemis imaginaires.

La prostitution ne disparaitra JAMAIS. Elle s'adapte.

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