Courrier des lecteurs

Nicolas Hulot se déc"hulotte" une fois de plus

Mercredi 8 Novembre 2017 - 09:33

A l'issue du Conseil des ministres, Nicolas Hulot a annoncé ce mardi qu'il «sera difficile de tenir ce calendrier de 2025», cible fixée par la loi de transition énergétique. Le ministre de la transition écologique vise une échéance de 2030 et reprend les conclusions de RTE, gestionnaire des lignes à haute tension françaises et filiale à 100% d'EDF.

Nous savions que Nicolas Hulot serait une cible privilégiée des opposants au gouvernement, mais là il se comporte comme un éléphant dans un couloir : cible « inratable » ! 

L’annonce même de ce énième renoncement est un poème : flanqué du poids lourd (au sens propre) Christophe Castaner, qui veillait à la bonne parole, le langage corporel de Nicolas Hulot montre à quel point il est gêné d’exprimer la position gouvernementale que visiblement il ne partage pas. Au pays des couleuvres, les eunectes (femelles, les plus grosses) sont reines.

Après cette annonce, il nous la fait dans le genre crème au beurre : «Le gouvernement a réaffirmé très clairement son souhait d'atteindre au plus vite l'objectif de 50% de la part du nucléaire mais évidemment sans sacrifier ou rogner nos objectifs sur le changement climatique ». La Loi 2015 sur la transition énergétique est définitivement enterrée. Le ministre a expliqué qu'il préférait prendre le temps pour trouver une «date réaliste» pour que le nucléaire descende à 50% du mix énergétique total en France. «Tout cela va prendre quelques mois, et en fonction de ça nous fixerons une nouvelle date», a-t-il indiqué. Pour l'instant, seule la fermeture des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim a été actée.

RTE avait pointé mardi 7/11/17 la difficulté d'atteindre l'objectif de 2025 sans augmenter les émissions de CO2. Selon lui, l'objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité française en 2025 s'accompagnerait d'un doublement des émissions de CO2 du secteur. La filiale à 100% d'EDF a établi quatre scénarios alternatifs, dont un dans lequel la part du nucléaire serait réduite à 50% en 2030, avec 16 réacteurs fermés, un triplement des renouvelables, aucun ajout de moyen thermique et des émissions de CO2 divisées par deux, qui nécessiterait toutefois des outils de «flexibilité» (effacements, stockage par batteries, pilotage de la recharge de véhicules électriques).

Ce n'est pas en reculant sur le nucléaire que la lutte contre les dérèglements climatiques s'accélèrera. La preuve ? Même sans El Nino cette année, 2017 sera plus chaude que 2016, elle-même plus chaude que 2015… ce n’est pas ainsi que la France enclenchera sa transition énergétique. Un nouvel arbitrage perdu pour le renouvelable. En restant au gouvernement, Hulot cautionne plutôt que freine ces renoncements.

www.aid97400.lautre.net
Dr Bruno Bourgeon, président d’AID
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1.Posté par Nivet Alain le 08/11/2017 10:26

Bruno Bourgeon, je ne pense pas le titre de votre intervention : "Nicolas Hulot se dec"hulotte" une fois de plus", approprié. Il devrait refléter la triste réalité de son combat face à un gouvernement qui dit tout et son contraire. Hier, sur LCI ont été longuement évoquées ces difficultés qu'a NH à faire appliquer ses recommandations. Il a été souvent question de couleuvres. N H a été placé à ce ministère parce qu'il est reconnu dans son domaine, mais Il n'est pas "politique" et ne parvient pas à s'imposer. EM a encore voulu faire un coup de com'. Tout en respectant le contenu de votre article, je pense à " Une énième couleuvre pour Nicolas Hulot"

Cordialement,
A.N.

2.Posté par L'Ardéchoise le 08/11/2017 11:46

Monsieur Bourgeon, la population, presque toutes les populations, sont responsables de cet état de fait.
Plus, toujours plus et chacun pour soi.
Comment voulez-vous donc qu'une poignée d'écologistes luttent contre l'attitude détestable de millions de personnes ? D'autant que leurs gouvernements respectifs ne sont pas à la hauteur.
Et pas uniquement en France...

3.Posté par Pierre Balconi le 08/11/2017 12:20

Tout à fait d'accord avec votre analyse .
Mais il faudrait en tirer les conclusions politiques et que les écolos se désolidarisent officiellement de l'action de ce gouvernement , arrivé au pouvoir au terme d'un coup d'état .

4.Posté par A mon avis le 08/11/2017 12:35

La filiale à 100% d'EDF a établi quatre scénarios alternatifs, dont un dans lequel la part du nucléaire serait réduite à 50% en 2030,


Nicolas Hulot s'est il déculotté, ou bien a-t-il simplement reculé devant le lobby du nucléaire ? Son erreur c'est sans doute d'être resté dans le flou et de ne pas avoir fixé de nouvelle date : 2030 en s'appuyant sur le rapport de RTE la filiale d'EDF qui propose elle même cette date pour arriver à 50 % de nucléaire.

Faut-il condamner Hulot ? Je ne le pense pas.

Il a des convictions reconnues et admises. Il a un certain poids compte tenu de sa notoriété.
Mais il est dans un gouvernement encadré sur le plan énergétique par des pro-nucléaires tous sortis de l'Ecole des Mines, et un ministère de l'agriculture farouchement partisan de l'agro-industrie !

Hulot est bien isolé dans un tel contexte. C'est le seul au sein de ce gouvernement à posséder une fibre écologiste. Il a plus besoin de soutien que de dénigrement.
Mais ce n'est bien sûr pas une raison suffisante pour ne pas le critiquer !

5.Posté par polo974 le 08/11/2017 14:21

le pb du nucléaire, c'est la sécurité, et à force de rogner sur tout et n'importe quoi, ça risque de péter grave.

la première connerie, c'est de s'être lancé dans des méga bidules impossible à construire (les EPR).
il aurait mieux valu optimiser les centrales au format actuel et ne pas arrêter d'en construire (on aurait un peu plus de marge de manoeuvre).

la seconde connerie, c'est de vouloir tout arrêter sans savoir quoi mettre à la place.

le pire, c'est ce qu'on a ici: des centrales thermiques au charbon (même si elles sont green washed avec la bagasse dont la production coûte aussi très cher en bilan carbone au vu de la quantité d'engrais qu'il faut importer puis répendre).

savez-vous que dans les scories d'une année de fonctionnement de nos petites centrales, il y a assez d'uranium pour faire une bombe atomique ? ? ? (et à un taux de concentration économiquement intéressant)

au fait, où passent ces scories ? ? ?

6.Posté par Dazibao le 08/11/2017 15:04

Nicolas HULOT a cru, à tort, que son nom suffirait à faire bouger les lignes.
Il n'a pas compris qu'il n'était qu'un gadget pour enjoliver la liste gouvernementale.

"Gadget: Petit objet qui plaît plus par sa nouveauté et son originalité que par son utilité. Le gadget c'est le truc, le machin, le bidule : un objet qui ne vise à aucune recherche esthétique, qui ne prétend à nul service, qui ne sert à rien ou dont la fonction est si futile qu'on devine bien que sa création n'a pas été dictée par un besoin (Le Monde,10 avr. 1966ds Gilb. 1971)."

7.Posté par A mon avis le 08/11/2017 16:08

@ 5 polo974 : vous dites :
"la seconde connerie, c'est de vouloir tout arrêter sans savoir quoi mettre à la place."

C'est faux !
On sait parfaitement par quoi remplacer les centrales nucléaires !
La France possède tous les atouts (soleil, vent, géothermie) pour construire des centrales solaires et éoliennes (notamment en mer, sur les côtes), et même géothermiques.

Ce qui manque, c'est une volonté politique. Politique énergétique confisquée par le fameux corps des mines qui raisonne sur des schémas du passé !

8.Posté par PATRICK CEVENNES le 08/11/2017 18:00

fukcd473
Qu'il y ait un fort lobbying du nucléaire, je suis d'accord.

Alors les es-spécialistes en mix énergétique pourraient m'expliquer, comment la France pourrait en 8 ans (2017-2025) remplacer l'équivalent de 16 réacteurs, soit 15GW de puissance, par du solaire, de l'éolien, et autres quand nous savons que le solaire et l'éolien sont intermittents. Et oui, en Métropole le soleil ne brille pas 365j/an, idem pour le vent.

Il ne faudra pas oublier les tartuffes qui partiront en croisade devant les tribunaux parce que les éoliennes font du bruit et que les centrales éblouissent de trop. Mdr !

Que devra faire la France en cas de fort besoin en hivers par exemple, puisqu'ils sont de plus en plus rudes ? Acheter auprès de ces partenaires européens ? Qui payera la facture ? La France conservera-t-elle son indépendance énergétique ?

Les besoins en énergie vont nécessairement augmenter. en raison de l'évolution démographique et surtout pour répondre aux besoins grandissants pour recharger les futurs véhicules électriques.

La France s'est lancée dans l'aventure de la voiture électrique. Pour produire les batteries de ces voitures, il faut du carbonate de lithium. Allez chercher sur le net pour savoir si l'extraction répond aux normes environnementales. Pdr !

La France n'a pas de pétrole, mais elle a des idées. Je suis fier avec ma perceuse qui tourne au nucléaire. slogans franco-français.

La transition d'accord, mais pas à la sauce EELV, qui n'est d'ailleurs représentatif de plus rien, puisqu'ils ont été atomisés aux dernières élections

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