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Courrier des lecteurs

"Ne pas frapper est un principe"


- Publié le Mardi 11 Octobre 2016 à 09:17 | Lu 702 fois

"Ne pas frapper est un principe"

Régulièrement l'opinion s'élève contre les violences faites aux Femmes, comment justifier alors les violences faites aux enfants, filles ou garçons? Dans les 2 cas, l'objectif est de “corriger” la victime pour “son bien”. Pourtant si dans le cas des femmes tout le monde s'accorde à dire que cela est intolérable, quand il s'agit des enfants les avis diverges et on parle “d'éducation”. Pourquoi ?

J'ai connu l'époque où le châtiment corporel était autorisé à l'école et parfois vivement recommandé par les parents. Le “coco lé dir” alors pour faire entrer les connaissances, il fallait taper sur l'enfant comme on tape avec le marteau pour faire entrer le clou. Les adultes considéraient qu'ils s'étaient acquittés de leur responsabilité, mais “c'est la faute à l'enfant”. Des études ont finalement montré que la violence n'a rien à voir avec le processus d'apprentissage, et ce fut interdit. Aujourd'hui aucun parent n'accepterait qu'un enseignant touche à un seul cheveu de son enfant, heureusement. 

Pourquoi cela serait-il différent entre un parent et son enfant? La sphère privée doit-elle être un espace de non droit ? Tous les pédiatres français, psychologues et spécialistes de la question sont quasi-unanimes et jugent que “les châtiments corporels n'ont pas de valeur éducative et ont plutôt tendance à envenimer les relations parents-enfants”. Par ailleurs, le 20 novembre 1989, l'Enfant a été défini comme une personnalité juridique protégée par la Convention Internationale relative aux Droits de l'Enfant. La communauté internationale a décrété cette date, Journée Mondiale de l'Enfance. Certains pays ont choisi le 1er juin. Peut-être aurait-il fallu accorder plus de temps pour présenter le contenu de ces textes, et en débattre franchement, car il s'agit bien de former des Citoyennes et Citoyens conscients de leurs actes. 

Si les pouvoirs publics et les autorités judiciaires passent leur temps à juger et non à éduquer la société, qui est responsable quand ça dérape ? Il est insupportable d'entendre à la télévision, un jeune député Réunionnais faire l'apologie de la violence faite à un enfant. On parle d'Education, cela ne peut pas  rimer avec la violence, car frapper un enfant pour qu'il “comprenne” n'a pas de sens et au contraire ne crée pas les conditions les meilleures pour sa réussite. 

La société civile n'échappe pas non plus à son rôle. Les associations qui militent pour mettre fin à la violence faite aux femmes devraient réagir, car devant un adulte, une petite fille ou un petit garçon, est un être tout aussi vulnérable qu'une femme l'est devant un homme. Porter atteinte à un Être est une violation des droits de l'Homme. Ne pas frapper est un principe, encore plus si les victimes sont des enfants. 

Julie PONTALBA.





1.Posté par Pif le yinch le 11/10/2016 13:42

Parfaitement d'accord.

"Peut-être aurait-il fallu accorder plus de temps pour présenter le contenu de ces textes, et en débattre franchement, car il s'agit bien de former des Citoyennes et Citoyens conscients de leurs actes."

"Si les pouvoirs publics et les autorités judiciaires passent leur temps à juger et non à éduquer la société, qui est responsable quand ça dérape ?"

De là viennent l'incompréhension et la contestation. Travail bâclé, et c'est exactement pareil pour la gestion des banlieues. C'est aussi pareil pour la promotion de l'UE, de l'abolition de la peine de mort, de la politique en général : On est censés tout piger du 1er coup.
C'est faux : on ne pige pas tous instantanément. Et une explication n'est pas forcément efficace pour tout le monde, des fois il faut multiplier les méthodes d'explication, car les processus de compréhension varient selon les individus.

Les partis au pouvoir auraient du sélectionner certains militants en fonction de leurs aptitudes à expliquer les choses, et les envoyer sur le terrain pour achever de convaincre la population.
Avant, il n'y avait pas internet, et on peut donc comprendre que la tâche n'était pas facile. Mais aujourd'hui chaque journal en ligne propose des forums de discussion, et c'est là qu'il faut envoyer ces militants soigneusement sélectionnés.

Les gouvernements les plus critiquables sur le sujet sont des gouvernements de gauche, car c'est eux dans la majorité des cas qui ont proposé et validé les grands changements dans la société (progressisme).
C'est pour ça qu'aujourd'hui, toutes les critiques sont adressées à la gauche. Les changements étaient justes, mais le service après-vente a été très faible. Un manque de professionnalisme qui s'est avéré contre-productif.
Pour rattraper un travail qui n'a pas été fait depuis 35 ans, il faut maintenant que tous les partis de gauche envoient leurs militants sur le net pour défendre, avec toute la pédagogie possible, les grands changements sociétaux sur cette période.

Le courrier de la citoyenne Julie est un exemple de ce qui doit être fait partout, tout le temps, sans relâche.
Et ne pas laisser le boulot à un ou deux militants, mais en former d'autres pour travailler en relais, comme quand on chasse en meute ! Stratégie, discipline, et esprit collectif, on n'a jamais trouvé plus efficace (c'est exactement ce que fait le FN depuis qu'ils ont Philippot, et on voit bien le résultat).
Jusqu'à ce que les gens disent : "Pitié, arrêtez, c'est bon on a compris maintenant !".

Bravo Julie !!!

2.Posté par Elle le 11/10/2016 14:25 (depuis mobile)

Vous êtes drôle ! Les parents d''aujourd''hui sont les enfants d''hier. Élèvés (non éduqués) avec ses mêmes références creuses auxquelles vous vous raccrochez. Et l''on voit les conséquences. Etre parents est un métier ! Aucun cursus n''existe. On fait qu

3.Posté par Elle le 11/10/2016 14:31 (depuis mobile)

On fait quoi concrètement ? Ne pensez vous pas que cette montée de violences verbale, physique voire psychologique est née de ce paradoxe ? Ne rien faire jusqu''à ce que ça dépasse... comme c''est suivant la sensibilité de chacun...

4.Posté par alain NIVET le 11/10/2016 16:39

Madame Pontalba, bien sûr que je suis en harmonie avec ce que vous dites ainsi qu'avec les commentaires qui y affèrent. mais, maintenant que le constat est fait d'une société qui va à vau l'eau, de la famille en perdition, des valeurs bafouées, d'une législation en la matière dépourvue, que faire ? Alors nous allons être observateurs encore longtemps de cette dérive jusqu'à cette conscientisation qui ne se fera pas sans dégâts graves sociétaux.. hélas, la société actuelle ne prend pas le chemin de la raison.
Merci pour votre courage et votre clairvoyance;

cordialement,
Alain NIVET
Bellepierre;

5.Posté par Pif le yinch le 11/10/2016 19:23

2,3.Posté par Elle
"Etre parents est un métier ! Aucun cursus n''existe."

Exact. C'est d'ailleurs ce que Julie disait :
"Peut-être aurait-il fallu accorder plus de temps pour présenter le contenu de ces textes, et en débattre franchement, car il s'agit bien de former des Citoyennes et Citoyens conscients de leurs actes."
"Si les pouvoirs publics et les autorités judiciaires passent leur temps à juger et non à éduquer la société, qui est responsable quand ça dérape ?"


"Ne pensez vous pas que cette montée de violences verbale, physique voire psychologique est née de ce paradoxe ?"

Si. Des parents, ne sachant pas quoi faire, ne disent plus rien à leurs enfants, et attendent en tremblant d'être délivrés de leurs responsabilités.


"On fait quoi concrètement ?"

1. On voit si on est d'accord sur le fait que frapper son enfant est condamnable, comme c'est le cas quand il s'agit de son conjoint.

2. Quand on est d'accord, on se fait entendre par les pouvoirs publics : par des courriers des lecteurs, par des manifs, en sollicitant des parlementaires, ... tout ce qui est prévu par la constitution.
On leur dit "on veut bien collaborer, mais il faut nous dire ce qu'on doit faire pour y arriver".

Pour pas trop cher le gouvernement peut proposer un (ou plusieurs) sites internet donnant un "mode d'emploi" de l'éducation parentale souhaitée, des émissions de télé particulières, et informer de l'existence de ces sites ou émissions (par exemple un mot dans le carnet de correspondance, à chaque rentrée).

- quand on a un ordi mais pas internet : pas de problème, une page web peut être enregistrée chez quelqu'un qui a internet, mise sur une clé, et transférée sur votre ordi pour être lue.

- quand on a ni ordi ni internet : demander une impression de la page par les services sociaux.

6.Posté par Elle le 11/10/2016 21:34 (depuis mobile)

Ah d''accord il faut légiférer sur l''éducation ! Demander aux pouvoirs publics quoi faire du fruit de nos entrailles ! En clair "attendre... d''être délivrer de ses responsabilités". Cool ! La solution : lire... j''adore. Demain je fais un gosse !!!

7.Posté par Pif le yinch le 11/10/2016 23:45

Une chose est sûre : le gouvernement ne veut pas que les parents donnent des modèles de violence à leurs enfants, qui sont les futurs citoyens.
Quand ta fille se fera tabasser régulièrement par un mec qui a été éduqué à coups de torgnoles, peut-être que tu pigeras l'utilité de la démarche ...

8.Posté par Elle le 12/10/2016 00:05 (depuis mobile)

Oups ! Je me sens agressée. Nous n''avons pas été présentés. C''est un peu tôt pour le tutoiement. Ma fille non née vous remercie de votre vision non violente. Et je suis rassurée sur l''avenir. Il est en de bonnes mains.

9.Posté par Pif le yinch le 12/10/2016 14:44

"En moyenne, chaque année, on estime que 223 000 femmes âgées de 18 à 75 ans sont victimes de violences conjugales graves (violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint).
Parmi elles, 14% ont déposé plainte.
Les victimes estiment à 68% que ces violences ont eu des répercussions plutôt ou très importantes sur leur santé psychologique et, à 54%, qu’elles ont entraîné des perturbations dans leur vie quotidienne. "
http://femmes.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/10/Lettre_ONVF_8_-_Violences_faites_aux_femmes_principales_donnees_-_nov15.pdf

Formes de violences faites sur des enfants :
http://www.espacesansviolence.org/formes-de-violence
En plus de la violence physique, il y a aussi la violence verbale et la violence psychologique.

"Conséquences comportementales de la violence faite aux enfants" (étude canadienne)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3743711/

Article sur l'impact des châtiments corporels, par O. Maurel auteur de "La Fessée, Cent questions-réponses sur les châtiments corporels", aux Editions La Plage :
http://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/autres-textes/1450-faut-il-frapper-les-enfants-pour-bien-les-elever

Sans faire trop d'études, on imagine facilement qu'un jeune ayant toujours été puni par des coups, aura plus tard recours aux coups pour "corriger" sa femme, ses enfants, tous ceux qui seront responsables, d'une manière ou d'une autre, de lui porter préjudice.
Par exemple, en cas d'accident (léger) sur la route, quand il n'est pas responsable, son 1er réflexe sera de coller une tarte ou une mandale au conducteur responsable (grand classique).
A chaque fois qu'il se sentira injustement lésé, il aura recours à la violence (verbale au minimum, physique au maximum).
Il grossira les rangs des délinquants ("Coups et blessures volontaires"), et après les gens chialeront que la délinquance augmente.

Apprenez à vos enfants à réagir conformément aux lois qui les régiront plus tard !
Les flics, qui représentent l'autorité de l'Etat, ne sont pas autorisés à faire usage de violence gratuite. Pour les parents, qui représentent l'autorité parentale, c'est pareil !

Les parents frappés par leurs enfants sont aussi protégés :
http://www.ouest-france.fr/ces-enfants-qui-frappent-leurs-parents-256528

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