Société

Nathalie Bassire dénonce un gouvernement qui ne favorise pas la production locale en Outre-Mer

Samedi 15 Septembre 2018 - 09:27

Nathalie Bassire s'insurge sur le rejet par la majorité parlementaire d'un de ses amendements dont le but était de favoriser la production locale, et notamment bio, dans l'agriculture.
Elle explique, dans un communiqué que nous publions ci-dessous, les raisons de sa colère :


A l’occasion des discussions sur le projet de loi, issu des Etats Généraux de l’Alimentation, "pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable", j’avais déposé un amendement à l’article 11 visant à imposer que le quota de 20% d’ici 2022 de produits issus de l’agriculture biologique qui devront composer les menus de la restauration scolaire, soient nécessairement en Outre-Mer des produits "bio" ET locaux.

En effet, importer des produits "bio" depuis le continent européen est contraire à une alimentation durable, au regard du lourd bilan carbone de ces importations.

Ma volonté était d’utiliser ce vecteur législatif pour que la demande à venir de la part des collectivités locales en charge de la restauration scolaire en Outre-Mer puisse inciter à un développement de l’offre de produits "bio" locaux.
 
Si mon soutien à la filière Canne-Rhum-Sucre est entier, il me semble pertinent de tendre vers une diversification des cultures et de pousser nos agriculteurs à se convertir progressivement à l’agriculture biologique. A long terme, le développement de l’offre atteindrait un équilibre avec la demande et les prix des produits "bio" et locaux diminueraient.

Ce jeudi 14 septembre 2018, mon amendement - que j’ai défendu dans l’Hémicycle - a été rejeté par la majorité parlementaire sur proposition du Ministre de l’Agriculture qui s’est appuyé de manière fallacieuse sur l’article 17 bis du projet de loi.

Ce dernier article prévoit la possibilité de moduler en Outre-Mer les seuils prévus par la loi, notamment l’objectif de 50% de part de produits locaux dans la restauration scolaire, dont 20% de produits issus de l’agriculture biologique d’ici 2022.

Comment peut-on répondre à une problématique d’insuffisance de production locale, y compris pour les produits "bio", par un abaissement des seuils en Outre-Mer, au lieu d’inciter à atteindre les seuils nationaux par un développement de l’offre qui s’alignerait sur la demande à venir?

Je m’insurge contre un tel nivellement "par le bas" !

Le rejet de mon amendement signifie très clairement:
  • le refus d’inciter à une augmentation des produits locaux (notamment "bio") ;
  • le refus de soutenir la production locale et la création d’emplois locaux ;
  • le refus d’une alimentation durable par la non diminution des importations qui représentent un lourd bilan carbone ;
  • le refus d’une alimentation saine par la non diminution des importations massives de produits à bas coûts et de mauvaise qualité qui inondent les Outre-Mer ("marchés de dégagement") ;
  • le refus d’une prise en compte satisfaisante de la santé des consommateurs ultramarins ;
  • le refus d’un soutien aux filières locales qui subissent les effets dévastateurs des produits de dégagement!

Force est de constater que le rejet injustifié de mon amendement fait l’affaire de lobbies industriels, au détriment de l’intérêt général, de La Réunion et des Réunionnais.

En ma qualité de députée de La Réunion, mais également de conseillère régionale, je continuerai à me battre en faveur de la valorisation des productions locales, de la création d’emplois locaux durables, de la protection de la santé des consommateurs, d’une restauration scolaire de qualité, du développement durable, et de la protection de notre agriculture locale, ...
N.P
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1.Posté par Dagober le 15/09/2018 09:50 (depuis mobile)

Excusez moi madame bassire mais çà vous etonne ?c'est rien que là vous découvrez ce gouvernement destructeur ?

2.Posté par MICHOU le 15/09/2018 10:07 (depuis mobile)

Madame et si vous vous penchiez sur les transports en commun dans le sud en particulier?

3.Posté par Johny le 15/09/2018 10:10 (depuis mobile)

Le gouvernement se fiche de notre santé et encore plus des DOM !

4.Posté par Tikookoon le 15/09/2018 10:59 (depuis mobile)

Bravo Mme La Députée ! Vous êtes une femme courageuse et dynamique ! C'est vous qu'il nous faut Comme Maire au tampon !

5.Posté par GIRONDIN le 15/09/2018 11:00

Mette la charue avant le bœuf !

..... De plus en plus de producteurs s'engagent dans une démarche de pratiques agricoles biologiques (AB). Le
nombre d'hectares certifiés ne cesse de croître, passant d'une centaine d'ha engagés en AB en 2007 à plus de
700 en 2015. Ceci tend à démontrer que le mode de production en agriculture biologique est transférable sous
des climats tropicaux malgré la forte pression parasitaire, la rareté et la cherté des moyens de production, et le
déficit en références technico économiques.
Les principales productions sont essentiellement végétales, comme le maraîchage, les fruits et les Plantes à
Parfums, Aromatiques et Médicinales (PPAM). Bien que les agriculteurs réunionnais cultivent traditionnellement
la canne à sucre, l'absence de filière de transformation organisée explique que la production de canne BIO soit
anecdotique. Les productions animales engagées en AB sont peu nombreuses, pourtant de nouveaux projets
voient le jour. La majorité des producteurs vendent leurs produits BIO via les circuits courts (marchés, vente à
la ferme...), et les Organisations de Producteurs (OP) jouent un rôle important dans la filière en collectant près
de la moitié des volumes de fruits et légumes BIO (chouchou essentiellement). Pour accompagner son
développement, la filière s'organise, afin de répondre aux attentes du marché qui manque de produits BIO ; que
ce soit le marché de détail, la restauration collective ou la grande distribution...

Daaf 2017

6.Posté par cheche le 15/09/2018 11:46

Encore faudrait-il pour assurer une autossuffisance de la production maraichere(sans passer par l'import) faudrait-il avoir une réelle volonte politique de nos elus pour l'encourager...et surtout trouver la main-d'oeuvre necessaire pour la produire..mais voilà on prefere l'assistanat avec son cortege d'aides sociales (RSA..) pour faire la grasse matinée!!

7.Posté par yab le 15/09/2018 11:53

A partir de 2029, je ne boirai plus que du Charette BIO sinon je me mets à inviter Jonni walker pou lapéro.

8.Posté par Estelle le 15/09/2018 12:46 (depuis mobile)

Difficile de faire avancer La Réunion dans de telles conditions mais continuez ne lâchez rien

9.Posté par Mais arrêtez bon sang ! le 15/09/2018 13:05

Quand ça ne condamne pas, ça dénonce ! Mais arrêtez bon sang ! Agissez foutor va !

10.Posté par Jp POPAUL54 le 15/09/2018 13:42

Et en quoi la chambre basse se doit de légiférer un souci local du lobby canne ?
La volonté primaire est du ressort de nos élus locaux qui doivent imposer une mutation maraîchère
à notre agriculture plutôt que de persister dans la production de canne.

11.Posté par Desireless le 15/09/2018 17:09 (depuis mobile)

La Réunion est une charge lourde pour l'état français et oui, il s'en bat l'oeuf mais alors royalement.... vive le roi, vive la macronie 🙆😄🙆

12.Posté par JORI le 15/09/2018 18:58 (depuis mobile)

Je ne comprends pas cette députée car depuis quand faut-il un amendement ou même une loi pour faire du bio??. Ah oui, il est vrai qu'ici il faut tout subventionner pour obtenir quelque chose !!

13.Posté par Modeste le 16/09/2018 07:11

merci 6.Posté par cheche le 15/09/2018 11:46, de rappeler certaines réalités que nos élus semblent oublier! alors j'espère que ce gouvernement fera ce qu'il faut à savoir diminuer ces aides pour obliger ces personnes à aller bosser, y en a marre de ce gaspillage d'argent public!


14.Posté par THOR le 16/09/2018 07:25

Elle découvre cela ! bon qu'elle se rendorme......

15.Posté par colimaconvert le 16/09/2018 08:28

Nathalie Bassire a tout faux comme en témoigne le département d'outre-mer de Mayotte qui est celui qui a le plus fort taux de production humaine (produits hautement locaux) de France avec + de 9000 naissances sur une année !

16.Posté par Hervet le 16/09/2018 11:39

Il est vrai qu'il existe des situations d'importation qu'on peut juger abracadabrantesques et que les raisons climatiques ne justifient pas:oignons de l'Inde ou de Chine, carottes d'Australie et autres raisins du chili, qui pourraient etre produits localement ou dans la region
-- Lire pour cela le journal de Renoyal de Lescouble qui vers 1815-,1820 se posait des questions sur l'avenir de la canne et la disparition des productions locales a son profit, a une epoque ou la population etaient bien moindre.
Je ne parlerai pas du cacao dont la culture pourrait se developper et assurer des emplois,,produits derives et autres ressources induites. Chacun pourra trouver des informations sur cette culture a la Reunion!!!
J'ai entendu parler des actions menees en ce sens
"L'union fait la force',telle etait la devise de Jacques Coeur au XVeme siecle
Bien que marchand et initiateur d'un commerce mondialise qui a son interet et ses derives, , sa formule pourrait etre mise en oeuvre non pour des interets prives mais pour l'interet general
C'est la l'interet de la question et semble etre celui dont le texte ci dessus rend compte.

17.Posté par Candide le 16/09/2018 11:59

Madame Bassire, votre combat semble légitime surtout si vous caresser le dos des électeurs.
Mais l'équipe de Macron dont vous avez donné un avis favorable pour son élection, quoique vous en disiez,n'a rien à foutre de la situation à la Réunion.
A post 7 Yab : le rhum charrette, surtout la moins chère,est devenue dégueulasse, pire que le Johnny
Walker où, certains pour le consommer , le mélange avec la reine des boissons, à savoir le Caca Cola.
Vous n'avez qu'a regarder autour de vous, et vous constaterez que beaucoup de gens qui ne boivent pas
d'alcool, sont entrain de subir la loi des empoisonneurs ( la boulimie en exemple).
A post 10 : les élus locaux ne font qu'appliquer ce que la loi les autorise, et la plupart d'entre eux sont comme la Bassire : ils ont dit oui à Macron...maintenant, ils commencent à chuchoter le non.
Post 11 : contrairement à vous, je ne dirai pas que la Réunion est une charge pour l'Etat :
Où y a t- il autant d' illettrés en France ?
Où y a t il autant de personnes qui perçoivent le RSA, l'Assedic, et autant de petites retraites ?
Où y a t'il autant de disparités entre les salaires du privé et ceux de la fonction publique ?
Il ne s'agit absolument pas de gaspillage d'argent public, mais d'une volonté de toujours rabaisser
le plus grand nombre de personnes , et apparemment ça échappe à certains (n'est ce pas post 13).
la base lé pas bon ... et cé toute la maison qui risque de s'écrouler, su mwin, et su tous les autres...

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