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Société

Mort de Gisèle Halimi: Les politiques réunionnais lui rendent hommage


Figure du combat pour le droit à l'avortement et pour la criminalisation du viol, l'avocate Gisèle halimi s'est éteinte ce mardi à Paris.

Par - Publié le Mardi 28 Juillet 2020 à 15:37 | Lu 1709 fois

Author: Olivier « toutoune25 » Tétard - Wikipédia
Author: Olivier « toutoune25 » Tétard - Wikipédia
Gisèle Halimi s’est éteinte ce mardi, au lendemain de son anniversaire. Elle venait de fêter ses 93 ans.
 
L’avocate était une grande figure féministe suite à son combat pour le droit à l’avortement. Elle a également contribué à ce que le viol soit reconnu comme un crime par la justice.
 
En 1971, Gisèle Halimi était signataire du manifeste des 343. Elle crée aussi le mouvement féministe "Choisir la cause des femmes".

 

Olivier Hoarau, maire du Port
 
Nous apprenons à l’instant le décès de Gisèle Halimi, l’avocate la plus célèbre de France. Cette défenseuse passionnée de la cause des femmes, par son combat dans son Tunis natal dont elle voulait, disait-elle, « se sauver », s’émanciper de sa condition de femme.
 
Cette militante féministe, avocate de génie souvent « irrespectueuse de l’ordre établi », avait franchi le pas de l’engagement politique au-delà de sa robe d’avocate. Au début des années 70, elle s’était impliquée en faveur du droit à l’avortement et du libre accès aux contraceptifs. Ses victoires judiciaires avaient contribué à faire évoluer les mœurs vers la loi Veil sur l’IVG.
 
Députée lors du premier mandat de François Mitterrand, elle était ensuite devenue ambassadrice de la France auprès de l’UNESCO.
 
Dans les années 70, elle était venue en visite à La Réunion pour apporter son soutien au Parti Communiste Réunionnais en compagnie de George Kiejman et de Marie-France Pisier. Forte de ses valeurs humanistes universelles et de ses victoires en faveur de la dignité humaine, sa présence offrait une légitimité aux revendications d’égalité sociale portées à l’époque.
 
C’est une très grande dame qui nous quitte. Je m’associe à la douleur de ceux qui l’ont connue et je présente mes sincères condoléances à ses proches. Nous devrons continuer son combat pour plus de justice sociale et de lutte contre les violences faites aux femmes.

 

Huguette Bello, maire de Saint-Paul

C’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès de Gisèle Halimi, grande figure féministe qui a beaucoup œuvré pour la cause des femmes. Nous lui devons beaucoup.

Son courage a été exemplaire. Je ne citerai que 2 exemples qui ont marqué les luttes du 20ème Siècle :
Elle a été la seule avocate à braver les sanctions déontologiques du Barreau, en signant en 1971 « le Manifeste des 343 » femmes déclarant avoir avorté et réclamant le droit à l’accès aux moyens de contraception et à l’avortement.

En 1972, en refusant de demander pardon au nom de sa cliente jugée pour avortement clandestin, en obtenant son acquittement, Gisèle Halimi fait le procès de la loi liberticide de 1920 sur l'avortement et marque une étape importante dans la longue marche des femmes vers la légalisation de l’avortement qui aura lieu en 1975.

Fondatrice avec Simone de Beauvoir du Mouvement féministe « Choisir la cause des femmes », fondatrice de l’association alter mondialiste ATTAC, Gisèle Halimi a été une militante constante et acharnée des droits des femmes et des libertés fondamentales mais aussi des droits des peuples : elle a dénoncé les atrocités perpétrées en Algérie, au Vietnam.

Nous lui sommes reconnaissantes de toutes les luttes qu’elle a menées.
Que son exemple inspire les nouvelles générations !

Nous adressons nos sincères condoléances à ses proches.


Charlotte Molina
Poseuse de questions qui fâchent, j’aimerais pouvoir arrêter la musique qui joue constamment dans... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Quelle ironie le 28/07/2020 16:34

Une grande dame de la cause féministe disparaît au moment où nous avons un ministre de l’intérieur sous le coup d’une mise en examen pour viol ! C’est à désespérer !

2.Posté par klod le 28/07/2020 18:38

on rappellera aussi son engagement contre l'algérie française et ses tenants , n'en déplaisent aux nostalgiques du bon vieux temps , une humaniste .

RIP



3.Posté par LUTTE OUVRIERE le 31/07/2020 08:08

GISELE HALIMI, UNE COMBATTANTE

Depuis sa mort, mardi 28 juillet, tous les médias saluent en Gisèle Halimi une avocate qui fut une grande « féministe ». C’est une unanimité de louanges. Mais ils sont moins nombreux à rappeler qu’elle a aussi pris parti contre la colonisation.
Nous aussi saluons Gisèle Halimi, qui fut une combattante. Née en 1927, élevée dans un milieu juif tunisien traditionnel où l’on n’attachait guère d’importance à l’instruction des femmes et où on voulut la marier à 16 ans, elle a su se battre pour échapper à son sort, faire des études, et partir à Paris pour devenir avocate.
Elle n’avait même pas trente ans quand débuta ce qu’on appelle la guerre d’Algérie, c’est-à-dire en fait la lutte du peuple algérien pour son indépendance, quand l’Algérie était encore une colonie française. L’État français, avec à sa tête des gouvernements alternativement de droite, ou du centre avec Mitterrand, ou de gauche avec le socialiste Guy Mollet, mena une guerre implacable contre cette lutte légitime.
Dans cette période, plus d’un demi-million de jeunes Français ont été envoyés en Algérie au cours de leur service militaire, de 24 mois ou plus, jouer le rôle d’une armée d’occupation. On leur faisait mener des opérations dites de pacification qui consistaient à enlever ou à tuer tous ceux qui étaient soupçonnés d’être au FLN ou de l’aider. Des villages entiers furent détruits, leurs habitants tués ou rassemblés dans des camps.
Gisèle Halimi se spécialisa dans la défense des militants du FLN. Elle défendit en particulier une jeune militante, Djamila Boupacha, torturée et violée en prison par les militaires français. C’était prendre des risques que d’aller aider en Algérie les emprisonnés. Elle fut d’ailleurs menacée de mort par les tenants de l’Algérie française. Ce n’était pas une cause qui avait les faveurs de l’opinion publique et des médias, à une époque où même le Parti communiste français ne défendait pas l’indépendance de l’Algérie, mais seulement « La Paix en Algérie » et où les combattants FLN étaient présentés que comme de dangereux terroristes.
Nous ne discutons pas ici de la politique du FLN, que nous ne soutenions pas, tout en soutenant inconditionnellement la lutte du peuple algérien, mais du climat qui régnait à cette époque en France, et du courage d’une jeune femme qui fit ce qu’elle jugeait juste. Et à une époque où les femmes n’avaient pas encore officiellement le droit de travailler ou de posséder un compte en banque sans l’autorisation de leur mari !
Après l’indépendance de l’Algérie, Gisèle Halimi continua à combattre pour la cause des femmes. Dans un procès qui fit du bruit, celui dit de Bobigny en 1972, elle défendit une mère qui avait aidé sa fille à avorter. Car à cette époque, l’avortement était encore passible de prison. Le droit légal à la contraception n’existait alors que depuis peu, et des centaines de milliers d’avortements clandestins avaient lieu en France chaque année, avec tous les risques que cela impliquait pour les femmes concernées. La jeune fille fut relaxée, la mère condamnée à deux ans de prison avec sursis.
Ce procès fut une étape dans la longue lutte de bien des femmes et des hommes d’ailleurs, pour en finir avec la pénalisation de l’avortement et aboutir à la loi de 1975.
Elle participa ensuite au mouvement pour faire reconnaître le viol comme un crime, passible donc de la cour d’assises, et non plus comme un simple délit. Pendant le procès d’Aix-en-Provence, elle appela à la barre Arlette Laguiller, qui commençait à être connue, comme témoin non pas de ce viol, mais de la pression que subissaient au quotidien les femmes qui travaillaient.
Gisèle Halimi a choisi de combattre pour ce qu’elle estimait juste et a fait évoluer la loi, au début toujours à contre-courant dans un milieu réactionnaire, celui de « la justice », souvent à contre-courant dans l’opinion publique. C’était une femme courageuse.

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