Justice

Meurtre de Roméo Payet : Les plaidoiries d'un procès où se jouait la réclusion criminelle à perpétuité

Mercredi 21 Février 2018 - 17:23

"Mi voudrait dire à la famille Payet, mi regrette vraiment mon geste, mi voulait pas tuer ali. Mi demande azot pardon" se repent Jean Janus Potaya.


Les plaidoiries ont débutés ce matin par les avocats de la partie civile. Maître Omarjee commence en mettant en avant l’expression "avoir une belle mort" et rappelle que Roméo Payet a eu "une mort tragique, violente et foudroyante" insistant sur le lieu, "une veillée mortuaire!". Il porte ensuite  l’accent sur le fils de la victime qui était âgé de 1 an au moment des faits. "Il ne pourra pas dire le mot papa" dit-il, avant d’ajouter "il faudra lui expliquer comment est mort son père ! Et par quelqu’un qui voulait tuer son père !", "un ami" finit-il.

Maitre Payen enchaîne par "la souffrance supplémentaire pour la famille d’entendre le prévenu qui lui est toujours bien vivant !" Il se mettra face aux jurés et comptera lentement , 1coup de couteau, 2 coups de couteau … jusqu’a 12 coups de couteau en insistant "juste pour une petite main aux fesses !" Il rappelle ensuite que la victime était complètement décharnée au niveau du visage et qu’il n’a pas osé montrer les photos à la famille de Roméo Payet. Pour conclure il dira d’une voix calme et posé "je ne vous demande pas de vous acharner sur lui, il faut rendre justice à cette famille, c’est un assassinat !".

"Uniquement une vengeance"

L’avocat général entame sa réquisition sur un mot : "ASSASSINAT", "C’est un crime, quoi qu’il en soit, sans justification" assène-t-il, avant de poursuivre "uniquement une vengeance". Ne donnant aucune circonstance atténuante à J.J Potaya, il explique "C’est un citoyen qui est mort, le respect de la vie c’est la loi. Dans notre société, il faut respecter les droits de l’homme". Insistant sur la préméditation, il met en évidence un meurtre eu égard aux versions différentes du prévenu. "Janus Potaya avait l’intention d’aller jusqu’au’ bout. Il a mis tout pour provoquer la mort de Roméo Payet. Le geste était volontaire, préparé, un homicide". Sa conclusion est sans appel "il faut l’éloigner de la société. La réponse doit être proportionnée à un crime : l’enfermement". Au chapitre des peines, l’avocat général demande au jurés : "Pas la perpétuité, c’est extrême! C’est une peine maximale, mais une durée significative qui va au delà de la peine pour coups et blessures sans vouloir donner la mort, au delà de 20 ans, je requiert 30 ans!".


La defense de Jean-Janus Potaya, assuré par le bâtonnier George-André Hoarau, conclue les plaidoiries. Le bâtonnier, d’une voix forte et audible, entame sa défense par "nous avons tous une lourde tache" et s’adressant au Président enchaîne "Mon premier mot est pour la famille de la victime avec beaucoup de respect !" Il parle en premier lieu du syndrome de "Janus" : "Double face dont un coté sombre marqué par son prénom". Comme l’explique le bâtonnier, "Janus, dans Janus il y a anus, et anus c’est quoi … un trou de fesse!" L'accusé aurait en effet été la cible de moqueries répétées de la part de la victime.
 
Après avoir montré son respect envers la victime et sa famille, le bâtonnier s’adresse à la partie civile et au Président et demande : "De quel droit Mr Roméo pouvait-il se moquer de la conception de mon client ?", évoquant ici les multiples "moukatages" sur le fait que Potaya soit issu de père inconnu.

"Maman, j’ai donné des coups de couteaux à quelqu’un, appelle la police"

Selon le bâtonnier, il y aurait eu "coups et blessures volontaires sans volonté d’entraîner la mort", et non assassinat comme le suggère l’avocat général. Pour prouver ses dires, le bâtonnier Georges André Hoarau s’appuiera sur le comportement de son client. Juste après avoir commis l’irréparable, ce dernier s’est rendu directement chez sa maman lui expliquant "Maman, j’ai donné des coups de couteaux à quelqu’un, appelle la police", tel "un gosse qui va vers sa maman lorsqu’il fait une bêtise" dixit le Batonnier.

Après avoir rappelé que son client subissait des pressions, tant sur le plan psychologique que physique, de la part de Roméo Payet, le bâtonnier ajoutera que c’est cette "accumulation de frustration qui a mené à cette explosion". Il déclarera en fin de plaidoirie que finalement, Jean Janus Potaya est "un humain comme tout le monde".

Après s'être retirée plus d'une heure, la cour revient et le Président rend le verdict établit par les jurés : Jean Janus Potaya est reconnu coupable de coups ayant entrainé la mort, avec intention de la donner et préméditation. Il est donc coupable d'assassinat et se voit prononcer une peine de 15 ans de prison à son encontre.

S.D - P.R
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