Justice

Meurtre d'Yvann : Hendrick Lee-Song-Yin condamné à 20 ans de prison

Vendredi 2 Mars 2018 - 13:13

Malgré les nombreux éléments contre lui, Hendrick Lee-Song-Yin a clamé son innocence jusqu’à la fin. Le jeune homme a été condamné à 20 ans de prison, et 5 ans de suivi sociojudiciaire. Angelo Chevallier a quant à lui écopé de 18 mois de prison, dont 6 de sursis.

En ce troisième et dernier jour de procès, il a expliqué que les témoins qui l’accusent ont "quelque chose contre (lui) ". Car au Port, il aurait été "humilié" et "attaqué" depuis plusieurs années. Il s’agirait donc d’une victime, d’un lâche, d’un capon, qui aurait eu la bonne idée de se photographier avec un fusil entre les mains et de poster l’image sur Facebook quelques jours avant le crime, pour montrer aux jeunes du quartier qu’il ne fallait plus s’en prendre à lui. "Pour eux, c’est toujours moi le coupable, c’est moi qui vole les motos, etc, déclare ce jeune homme qui avoue ne pas aimer "la loi", mais ce que j’ai fait, j’ai toujours assumé".
 
Mais la procureure le rappelle : selon l’expertise psychiatrique, Hendrick Lee-Song-Yin serait comme "un très jeune enfant qui n’admet pas les évidences". Ce même expert indique que l’accusé aurait traversé une période paranoïaque. Au point de prendre pour cible, le 11 avril 2015, deux individus pour qui il a "de la haine" dans un parking et de se tromper de victime ? C’est possible. Car aucun mobile n’a pas été identifié et les deux hommes ne se connaissaient pas. D’où la frustration de se dire que le jeune Franco-Malgache, Ivann Kehal – Rakotozafy a été tué pour rien, laissant derrière lui un fils, né quelques mois après sa mort.

"Je suis désolé pour le jeune homme qui est mort et l’enfant qui a perdu son père mais je n’y suis pour rien, je ne l’ai pas tué"
 
La photo prise avec un fusil de chasse de calibre 16 qui a ensuite disparu, les cartouches retrouvées à son domicile qui correspondent aux plombs dans le corps de la victime, sa maison a quelques mètres du parking où le crime a eu lieu… Son avocat, Georges-André Hoarau a qualifié ces éléments de "Conneries de Facebook, etc" sur lesquelles l’instruction s’est basée. "Mais ce n’était pas la seule piste. Trois pistes n’ont pas été fouillées", explique-t-il.
 
Il accuse d’abord Angelo Chevallier : "Il était sur place, n’a pas réagi, avait des griffures dans le dos, a changé plusieurs de fois de version". Il met en cause également l’amant de la copine d’Ivann Kehal – Rakotozafy et les menaces de mort provenant de celui-ci à son encontre sur internet. Mais ce dernier est à Madagascar.
 
Me Georges-André Hoarau revient également sur le détenu en détention provisoire pour viol qui a déclaré savoir qui est le coupable et où se trouve l’arme. "Comment peut-on ne pas l’interroger davantage ?" demande-t-il. Pas évident, vu que le détenu demandait à négocier une libération…
 
Pas de preuve de poudre sur les mains du présumé tireur, pas de preuve biologique sur la scène de crime, pas de mobile : on envoie pas quelqu’un à l’échafaud avec cela. La rumeur. Quelqu’un à côté d’un crime et dire qu’il la fait, c’est médiéval. Des carences dans l’instruction.
 
En fin d’audience, Angelo Chevallier s’est adressé à la famille de la victime : "C’était quelqu’un de bien, il n’a jamais manqué de respect à personne, je le défendais devant les autres (…) J’ai essayé de faire ce que je pouvais, et je n’ai pas pu et j’aurais ça pour le reste de ma vie".
 
Et Hendrick Lee-Song-yin, l’a répété : " Je suis désolé pour le jeune homme qui est mort et l’enfant qui a perdu son père mais je n’y suis pour rien, je ne l’ai pas tué".
 
Soe Hitchon - soe.hitchon@zinfos974.com
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