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Courrier des lecteurs

Mayotte


Par Paul HOARAU - Publié le Mardi 21 Juin 2016 à 10:18 | Lu 547 fois

Mayotte
Après les manifestations de violence survenues à Mayotte ces dernières semaines, le nouveau préfet a été ferme. Le règlement de l'immigration illégale doit être l'affaire de l’État. Ce n'est pas aux citoyens de renvoyer les immigrés clandestins dans leur pays, en brûlant leurs cases et en les persécutant. Le préfet a mille fois raison. Mais s'il réussit à réprimer les désordres, il n'est pas dit que les sentiments qui poussent les Mahorais à faire ce qu'ils ont fait, ont été dissipés.

Les Mahorais ?… ou des Mahorais ?… Cette poussée de violence xénophobe est-elle le fait des Mahorais ou celui d'individus, de groupes, d'agitateurs, de casseurs, mus ou poussés par des tireurs de ficelle aux intentions et aux intérêts obscurs ?
Les migrations comoriennes vers Mayotte paraissent, en partie, voulues, encouragées, organisées  par des Mahorais parents. Les solidarités familiales, claniques, sont très fortes chez les Comoriens. Et il est avéré que des immigrants clandestins trouvent, à Mayotte, des aides efficaces pour s'intégrer dans la mouvance, obtenir la nationalité françaises, à Mayotte même, et, de là, à La Réunion et en France. Faut-il stigmatiser ces solidarités familiales ?

Dans un reportage de « Réunion 1ère », un Mahorais interrogé à Mayotte, qui attendait un parent Grand-Comorien, victime des attaques récentes, dont la case en tôle avait été incendiée, déclarait au journaliste qu'il ne pouvait pas abandonner un parent dans son malheur. Une Mahoraise, habitant La Réunion, interrogée, elle aussi, dans le cadre de ce même reportage, déplorait cet épisode des cases incendiées, parce qu'il opposait des hommes, des femmes qui étaient parents, des familles. Cette Mahoraise ajoutait que si elle était Grande-Comorienne, elle aurait tout tenté pour se rendre à Mayotte.

Cette histoire de Mayotte est remplie de contradictions.

La départementalisation a fait de Mayotte une pompe puissante qui aspire vers elle les Comoriens des autres îles ; et, dans le même temps, les autorités voudraient refouler ces populations que l'île aspire vers elle.

La politique officielle préconise le contrôle des immigrations et la répression des immigrations illégales ; alors que des familles de Mayotte participent aux immigrations de leurs parents des autres îles comoriennes. Evidemment, cette action n'est pas massive. On fait ce qu'il faut pour la famille. Mais l'addition des actions au niveau de chaque famille, aboutit à un résultat non négligeable.
L’État français dépense plus de 60 Millions d'euros par an pour protéger Mayotte d'invasions anjouanaises, alors que cet argent pourrait être plus utile pour améliorer la vie des Comoriens dans leurs îles respectives et, accessoirement, rendre moins pressante la nécessité de partir, moins forte, l'attraction de Mayotte.

Mayotte, aujourd'hui, est le résultat d'une politique franco-française ; d'un contentieux entre l’État français et l'Etat comorien, entre l’État français et la communauté internationale qui soutient les Comores. Il y a une action à mener dans ces trois directions, par les Français entre eux, par les Français et les Comoriens et par l'Indianocéanie. Tout le monde se lave un peu les mains,  veille à ne pas  pousser le conflit au-delà d'une certaine limite, et procède à des arrangements de bouts de ficelle pour limiter les dégâts.
Pour l'Indianocéanie, il serait souhaitable que soit trouvé un compromis qui permette de poursuivre les négociations concernant le contentieux franco-comorien, sans, pour autant, entraver le développement communautaire des îles indianocéaniennes, dont Mayotte et les Comores.

Entre Français indianocéaniens (Région Mayotte et Région Réunion) et l’État, il devrait pouvoir être convenu qu'à l'intérieur de la communauté nationale tout le monde joue le jeu français (y compris ceux qui n'ont pas été d'accord avec la manière dont les choses se sont passées) ; mais il devrait pouvoir être convenu, également, que les Français ne traitent pas à la légère les points de vue des Comores et de la communauté internationale, que les Français ne s'assoient pas sur les règles en vigueur et les accords passés à ce niveau. Il devrait pouvoir être convenu, entre Français, que le fait français de Mayotte et le traitement du contentieux franco-comorien n'entravent pas le développement communautaire indianocéanien, dont les Comores et Mayotte font partie.

Entre les Français et les Comoriens, il devrait pouvoir être convenu que les Français prennent acte du fait que les Comoriens considèrent « Mayotte française » comme un état de fait non reconnu par eux et  par la communauté internationale ; et que les Comoriens prennent acte du fait que les Français, sur le plan intérieur français, agissent et fonctionnent en territoire français, à Mayotte, en attendant le règlement du contentieux.

Le constat de l'état de fait français à Mayotte, par les Comoriens ; le constat, par les Français, de l'opposition des  Comoriens et de la communauté internationale que soulève cet état de fait, le constat, par les deux parties, d'un contentieux, et leur volonté de régler ce contentieux par la négociation, tel paraît être le premier volet politique de la question. La prise en compte du fait que la négociation sera longue, la volonté de trouver un compromis temporaire (jusqu'à ce que le contentieux soit réglé), pour que l'existence de celui-ci n'empêche pas le développement communautaire de l'Indianocéanie (donc de Mayotte et des Comores) paraissent constituer le deuxième volet politique de la question.

L'harmonisation de la politique interne française est une affaire franco-française. L'initiative d'organiser quelque chose à cet effet,  pourrait venir de la région Réunion ou de la région Mayotte ou de l’État. Mais il est urgent que quelqu'un la prenne.
La négociation pour la solution du contentieux et « le compromis temporaire » relèvent de l’État comorien et de l’État français (celui-ci gagnerait à s'entourer des Français indianocéaniens).

« Le compromis temporaire » qui permettra de poursuivre la « coopération communautaire » dans de bonnes conditions, est une affaire qui intéresse l'Indianocéanie et les Indianocéaniens, dans l'attente.

Sans doute, la partie ne sera pas facile. Mais il faudra mettre l'accent davantage sur les solutions à trouver que sur les difficultés à surmonter. C'est dans ce sens que devra s'orienter la volonté politique de toutes les parties.

Sur le plan international, il faudra bien trouver la place qui devra revenir à Mayotte, pour qu'elle puisse être présente. L’État français ne peut pas imposer sa loi au nom du droit du plus fort. Le temps des canonnières est révolu. Il faut donc, trouver une solution acceptable par la communauté internationale et par la communauté nationale française dont Mayotte fait partie, de fait. C'est dans cette direction, également, que devrait s'orienter la volonté politique de toutes les parties.  

Il y a donc trois acteurs principaux dans cette affaire, si nous voulons éviter la dégradation de la situation, si nous voulons éviter  de devoir nous soumettre à un arbitrage international, par incapacité de régler nous-mêmes nos problèmes, si nous voulons éviter, aussi, dans le contexte international actuel, l'intrusion dans notre communauté, en misouk, de dangereux experts en déstabilisation, et en désordres violents, divers et variés, .

Ces trois acteurs principaux sont : Mayotte en premier lieu, l’État français et l’État comorien en seconde position, et l'Indianocéanie.
Mayotte est au centre. Cela lui donne une très lourde responsabilité pour réussir la paix en Indianocéanie (qui était l'objectif, à l'origine, de la COI ). Comme « le nouveau nom de la paix, c'est le développement »,   Mayotte doit tout faire pour que le contentieux la concernant, n'entrave pas le développement des peuples de l'Indianocéanie, dont le sien.

Cela veut dire que la violence ne mènera à rien sur le long terme. Ce jeu n'en vaut pas la chandelle.
Cela veut dire que Mayotte doit participer, au sein de l'Indianocéanie, au développement de toutes les îles, Comores comprises.  

Saint-Denis le 15 juin 2016
Paul HOARAU
 

 




1.Posté par Eno-noé le 21/06/2016 10:24

La violence permet de créer un "Monde Nouveau" en éliminant les mauvaises graines !

2.Posté par Hugues Neau le 21/06/2016 11:12

La France a commis une faute en "gardant" Mayotte mais impossible à présent de rétropédaler...dommage!

3.Posté par Zozossi le 21/06/2016 12:08

Vous l'entendez, vous le reconnaissez, ce sale petit refrain anti-français du défaitisme, du renoncement, de l'abandon programmé par petites touches?

Et toujours au nom des "grands principes", bien entendu: les "solidarités familiales", le "développement communautaire", la "paix"… tous ces leurres toujours agités par les idéologues apatrides pour imposer leur marche vers moins de souveraineté, moins de France, vers plus de dépossession, de pauvreté, et de soumission à des pouvoirs qui avancent masquées?

Partition écrite par le Paul Hoarau passé de "Dieu et patrie" au Parti socialiste? de l'évêché à l'Elysée? d'un fromage zumanitaire à un autre fromage zidentitaire sans jamais faire l'écart de trop hors de la zone consensualiste droito-gaucho-catho-compatible ?

On comprend alors les références obsessionnelles à ces coquecigrues que sont la prétendue "communauté internationale", ou l'"indianocéanie", mots creux ne correspondant à rien, inventés pour tromper l'opinion en lui donnant à voir ce qui n'existe pas, et -accessoirement- pour justifier des sinécures dorées.
La prétendue "communauté internationale" est une invention du mondialisme (capitale provisoire: Washington, Trump n'étant pas encore élu) destinée à faire croire que les Etats-Unis et leurs laquais stipendiés sont "le monde", la loi et les prophètes.
La prétendue "indianocéanie" est aussi une invention du mondialisme pour déposséder la France de ses départements de la Réunion et de Mayotte en partageant d'abord, en abandonnant ensuite, sa souveraineté sur ces territoires.

Un vieux politicien réunionnais n'a pas à décider à la place des Mahorais de leur identité et de leur avenir.
Ils ont voté pour être français à plus de 95%.
Les Comoriens, eux, ont voté pour leur indépendance.
Ca s'appelle la démocratie -mot que de vieux politiciens préfèrent oublier au profit de mots creux plus "modernes".

Il n'y a place pour aucun "compromis". Pour aucune "négociation".
Ce langage est celui de la trahison qui avance masquée pour épuiser, de guerre lasse, ceux qui n'en veulent pas.

Les Mahorais ne sont pas des Comoriens.
Ils ne sont pas "xénophobes" quand ils font respecter la loi en expulsant "illégalement", à la place d'un Etat impuissant, des immigrés clandestins innombrables qui font exploser la délinquance dans leur île.

Mayotte ne fait pas partie des Comores.
Ni historiquement.
Ni linguistiquement.
Ni nationalement.

Ses habitants le savent mieux que tous les Paul Hoarau du monde.
Ils l'ont dit et n'entendent pas se laisser déposséder de leur île ni de leur nation française par les calculs pervers et le langage biaisé d'idéologues au service d'intérêts inavoués.

4.Posté par Zarin le 21/06/2016 12:32

Désherber en permaculture ?

Le jardinier a droit de vie et de mort sur les plantes qui poussent dans sa parcelle. Dans une optique de respect du vivant, l’exercice de ce droit -via le désherbage- nous confronte à une question morale importante : comment distinguer les bonnes herbes des mauvaises ?

Les bonnes raisons de ne pas désherber

Biodiversité : Laisser pousser librement les « mauvaises herbes » sur une partie de la parcelle est un excellent moyen d’abriter la faune auxiliaire, notamment les insectes régulateurs (carabes, syrphes, chrysopes, coccinelles, et bien d’autres…) qui trouveront dans cette diversité végétale le gite et le couvert. Ces « bandes enherbées » sont aujourd’hui reconnues pour leur utilité sur la faune et la flore, ainsi que pour leur efficacité, notamment dans la lutte biologique intégrée dans les vergers.


http://www.fermesdavenir.org/outils/desherber-en-permaculture/

5.Posté par Zarin le 21/06/2016 13:29

@1.Posté par Eno-noé le 21/06/2016

Allégorie

A propos du sujet : Désherber en permaculture ? (non publié !!!)

Une allégorie est une forme de représentation indirecte qui emploie une chose (une personne, un être animé ou inanimé, une action) comme signe d'une autre chose, cette dernière étant souvent une idée abstraite ou une notion morale difficile à représenter directement. Elle représente donc une idée abstraite par du concret.

6.Posté par Zarin le 21/06/2016 14:51

Merci pour @4.Posté par Zarin le 21/06/2016 !

7.Posté par kld le 21/06/2016 17:01

"La prétendue "indianocéanie" est aussi une invention du mondialisme pour déposséder la France de ses départements de la Réunion et de Mayotte en partageant d'abord, en abandonnant ensuite, sa souveraineté sur ces territoires.
"


ha bon ? mince alors , c'est "incroyable" on nous aurait menti et zoblossi rétablit "sa" vérité ?

8.Posté par kld le 24/06/2016 16:55

merci d'ailleurs à M. de l'Estrac de parler de l'indiaocénie. merci à lui .

9.Posté par maho tsé le 05/07/2016 15:11

Bravo Zarin

oui attention aux interets cachés

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