Politique

Mayotte vivra des cantonales historiques

Mardi 1 Mars 2011 - 16:46

Les élections cantonales auront ceci de spécial pour la collectivité territoriale de Mayotte qu'elles coïncideront avec la transition vers la départementalisation de l'actuelle collectivité. Jusqu'à la mi 2010, un doute planait. Il était un temps prévu de faire de ces élections locales l'occasion de renouveler entièrement cette assemblée. Pourtant, la seconde option a été choisie par Marie-Luce Penchard et le Conseil d'État, remettant à 2014 un renouvellement intégral qui s'inscrira dans la réforme territoriale, comme partout ailleurs en France. Comptant seulement 19 cantons, l'île aux parfums vivra pour la première fois depuis plus de 30 ans une élection plus ou moins apaisée mettant de côté les pro et anti départementalisation, puisque celle-ci est désormais acquise. Pourtant, la transition offrira aux nouveaux élus l'occasion de se saisir de la lourde question de la transition vers le doit commun.


L'hémicycle du Département de Mayotte verra 9 sièges renouvelés au soir du second tour
L'hémicycle du Département de Mayotte verra 9 sièges renouvelés au soir du second tour

Neuf cantons seront renouvelés sur les 19 que compte l'île de Mayotte. Une campagne électorale qui sera marquée, pour la première fois, par la certitude de l'acquisition d'une départementalisation tant espérée par la population. Une nouvelle campagne qui sera donc l'occasion pour les candidats de s'affronter sur autre chose que sur le rapprochement avec la France.

Des futurs élus encore plus responsables grâce à la levée des taxes


De grandes questions attendront les nouveaux conseillers généraux, notamment concernant les outils permettant la levée de taxes locales, point déterminant permettant à ses élus de déterminer les politiques à mener. Deuxième volet important, celui de l'entée du futur département de Mayotte dans le giron des régions européennes ultrapériphériques.

Les conseillers qui siègeront après le second tour ont déjà été appelés par les spécialistes en politique de l'île "les conseillers sacrifiés", tant l'application progressive sous leur houlette des mesures fiscales rendra plus que délicate leur réélection en 2014. En effet, devant le discours évangélique de la départementalisation tant attendue, la population semble avoir mis de côté les contraintes fiscales inhérentes à tout alignement avec le droit commun français. Bref, ces élus auront la lourde charge d'expliquer à la population l'intérêt de nouvelles impositions.

Sur le plan strictement électif, la majorité hétéroclite actuelle tient à peu de sièges. Avant ces élections, le conseil général de Mayotte est présidé par Ahmed Attoumai Douchina, lui-même candidat sortant d'une collectivité déjà dans le rouge financièrement.

Mayotte vivra des cantonales historiques
Il est pratiquement certain qu’aucun parti ne pourra former une majorité à lui tout seul. On se dirige donc, un peu à l'image de l'assemblée départementale réunionnaise, vers une majorité “macédoine”, terme utilisé par les détracteurs de la majorité présidée par Ahamed Attoumani Douchina.

Les mahorais remercieront-ils l'UMP ?


A quelques jours du renouvellement partiel, l'UMP détient la moitié des sièges de l'assemblée, soit huit sièges dont le président Douchina actuel. Son 3ème vice-président, Hadadi Andjilani, remet également son siège en jeu. La question centrale reste de savoir si les électeurs mahorais remercieront, via les urnes, les candidats UMP symboles de la promesse tenue d'une départementalisation sous son quinquennat par Nicolas Sarkozy.

Alors que l'UMP souhaite renouveler son bail à la tête du Département mahorais, le Nouveau centre se dit ouvert à toute discussion quelle que soit la formation politique, "à condition que l'intérêt supérieur des Mahorais prime".

Le PS doit, lui, se restructurer après ses succès de 2008 ayant vu deux de ses hommes élus au Conseil général mais aussi la victoire à la mairie de Tsingoni arrachée à l'UMP. Depuis, le parti semble faire du surplace. Un PS qui devra composer avec de nombreux mouvements à sa gauche comme le PSM, le MPM ou encore l'Union du renouveau, ce qui risque une nouvelle fois de lui faire perdre de son élan.

Les cantons renouvelés en mars 2011 :

Canton de Bandraboua - candidat sortant : M'hamadi Abdou (NC)
Canton de Bandrélé - candidat sortant : Mustoihi Mari (Modem)
Canton de Chiconi - candidat sortant : Ishaka Ibrahim (UMP)
Canton de Chirongui - candidat sortant : Ali Halifa (élu sous l'étiquette MDC)
Canton de Kani-Kéli - candidat sortant : Ahamed Attoumani Douchina (UMP)
Canton de Koungou - candidat sortant : Hariti Bacar (UMP)
Canton de M'tsangamouji - candidat sortant : Madi Chanfi Ahamada (NC)
Canton de Ouangani - candidat sortant : Hadadi Andjilani (UMP)
Canton de Pamandzi - candidat sortant : Fadul Ahmed Fadul (UMP)
Ludovic Grondin
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