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Courrier des lecteurs

Mayotte : Le traitement politique de la crise


Par Paul Hoarau - Publié le Lundi 19 Mars 2018 à 14:06 | Lu 1257 fois

Mayotte : Le traitement politique de la crise
Mayotte, ces cinq dernières semaines, a retenu l'attention des médias nationaux et internationaux.

L'insécurité dans l'île a soulevé le mécontentement de la population et provoqué un déplacement de plusieurs jours, de la Ministre des Outre-Mer. Ce qui retient mon attention dans le présent article, c'est la façon dont le problème est traité politiquement. Je prie les lecteurs d'excuser le dépassement exceptionnel d'une demi-page, de l'article d'aujourd'hui. Je n'ai pas pu contenir le sujet dans les deux pages habituelles.

L'insécurité à Mayotte est un problème. 10 000 crimes et délits ont été recensés pour l'année 2015. La population pointe du doigt les immigrés comoriens illégaux. Sans papiers, les jeunes venus des Comores ne peuvent pas fréquenter l'école. Ils traînent et le reste suit. Une partie de la jeunesse mahoraise au chômage, traîne oisive et violente elle aussi.

Dans son roman « TROPIQUE DE LA VIOLENCE », Nathacha Appanah, une romancière d'origine mauricienne vivant en France, a très bien raconté cette « plongée dans l'enfer d'une jeunesse livrée à elle-même sur l'île française de Mayotte ».

De La Réunion, mon impression est que les Mahorais ne comptent que sur l'action de l’État. Sous la pression de la crise, des maires, des conseillers départementaux se sont réunis, pour rédiger « une plateforme revendicative » avec des représentants du monde associatif, la démarche est informelle politiquement.
Comme à La Réunion, les politiques, dans le désordre – tantôt un parlementaire, tantôt un maire, tantôt un président de collectivité – donnent leur avis ou avancent des propositions devant les micros et les caméras.

Mais qui, localement, est politiquement responsable ?  Quelle instance locale est le partenaire de l'Etat pour le traitement de la sécurité à Mayotte, par exemple ?  Quel projet global à négocier avec le Gouvernement, présente la région-département de Mayotte pour assurer la sécurité dans l'île ?

L’État, de son côté, joue le même jeu. Apparemment, formellement, officiellement, institutionnellement, il n'a rien demandé à l'assemblée départementale et régionale.

Le Gouvernement se déplace, vient, voit et... gagne ou perd. Il n'y a pas de lieu où, en partenaires, ouvertement, clairement, gouvernement et autorité politique locale qualifiée sont autour d'une même table pour voir ensemble la marche à suivre, les décisions à prendre. Dans le camp français, c'est à deux - Paris et Mamoudzou, pas seulement Paris – que l'on doit sortir de ce genre de crise.

S'il n'y a pas d'autorité politique locale responsable clairement désignée pour le dire, nous savons, à travers les informations que nous rapportent les médias, quelles sont les revendications mahoraises concernant la sécurité des biens et des personnes. Ils veulent que l'Etat « renforce les forces de l'ordre » sur le territoire et consacre plus de moyens maritimes pour brider l'immigration comorienne clandestine.

Les Mahorais savent mieux que moi les tenants et les aboutissants des difficultés qu'ils traversent et il leur revient d'assumer leurs responsabilités. Mais il m'est permis, à partir des éléments que je possède, d'une certaine expérience personnelle et du point de vue où je me trouve, de formuler quelques remarques. Je me le permets d'autant plus, que les événements de Mayotte pourraient comporter des leçons pour nous autres Réunionnais. Mes remarques peuvent se classer en trois grandes orientations.


1. En arrière-fond de tout ce qui se passe à Mayotte, il y a ce contentieux avec les Comores. Les Mahorais voudraient que les Comores reconnaissent l'appartenance française de Mayotte.

J'entendais un parlementaire déclarer à la télévision, qu'il faudrait que l'ONU reconnaisse une fois pour toutes, le fait français de Mayotte. Il se trouve que les Comores et la majorité de la communauté internationale (l'ONU) ne sont pas prêtes à cette reconnaissance. La sagesse commanderait que les parties prennent acte (prendre acte ne veut pas dire reconnaître) de cette situation et se donnent du temps pour parler, proposer, négocier une sortie de crise. C'est une démarche qui risque d'être longue. L'Histoire ne manque pas d'exemples de contentieux de ce type qui ont mis du temps à se régler pacifiquement.


2. Il faudrait, en effet, que l'affaire se règle pacifiquement. Un climat de guerre ne pourra que cumuler une haine qui grandira au fil du temps. Et cette haine est propice à la violence dans les pays concernés. L'amélioration du niveau de vie matériel de Mayotte, ne devrait pas se traduire par une volonté de plonger les Comores dans une misère plus grande.

Au lieu de dépenser de l'argent pour augmenter les forces de l'ordre sur les îles et les forces maritimes autour, il serait plus judicieux de consacrer cet argent à punir sérieusement les délinquants ; à démanteler le système mafieux et juteux des kwassa kwassa ; à prendre en charge les immigrés à Mayotte même, aux Comores ou ailleurs : scolarité, formation, insertion ; à développer les équipements publics des Comores.


3. L'Indianocéanie pourrait offrir une issue. Vouloir brider les mouvements migratoires n'est pas la bonne solution. A terme, la circulation des personnes, des biens et des capitaux, en indianocéanie devrait être libre. Dans l'immédiat, les règles devraient être assouplies. Cela aurait pour première conséquence, de casser le système mafieux des kwassa kwassa, non indianocéanien de surcroît.

Les Mahorais, Malgaches, Mauriciens, Réunionnais et Seychellois devraient pouvoir investir n'importe où en Indianocéanie et donc à Mayotte et dans les autres îles comoriennes, et, vice versa, les Mahorais et les autres Comoriens devraient pouvoir investir dans les autres îles indianocéaniennes. L'important serait que chaque Etat conserve la maîtrise de l'organisation de cette ouverture, chez soi. Cette clause et les modalités de son application, seraient, bien entendu, contenues dans les accords. Ce qu'il faut voir, c'est l'élan que cette politique d'ouverture pourrait donner au développement de toutes nos îles et de leurs peuples.

La mise en œuvre de ces trois orientations, suppose, dans un premier temps que l’État français, les responsables politiques mahorais qualifiés et l’État comorien se mettent autour d'une table, pour d'abord prendre acte des désaccords sur le fait français de Mayotte ; et pour mettre en œuvre, en attendant une sortie de crise à ce sujet, une politique commune de développement réel et important de toutes les îles comoriennes. Dans un deuxième temps, la mise en œuvre des trois orientations évoquées devrait réunir les pays de la Commission de l'Océan indien pour un développement communautaire intégré de toutes les îles, dont Mayotte et les Comores.
Le problème de l'insécurité à Mayotte, comme on le voit, ne peut pas être réglé uniquement par l’État français et seulement par des mesures techniques de répression.

Paul HOARAU




1.Posté par Pierre Balcon le 20/04/2018 08:44

Discours complètement irresponsable , tenu au nom d'une chimère !!!

Vous imaginez la libre circulation des hommes , des capitaux et des marchandises entre La Réunion ou Mayotte et les autres membres de la COI : Ile Maurice , Madagascar , les Comores et dans une moindre mesure les Seychelles !

Un vrai désastre immédiat pour notre économie , notre démographie et notre cohésion sociale déjà précaire. On planquerait les capitaux là où il y a la sécurité et le rendement , on délocaliserait la production là où la compétitivité serait supérieure. Et quand la consommation serait captive on vous fournirait de la main d'oeuvre au meilleur coût . Et la Réunion deviendrait la grande infirmerie et bureau d'aide sociale de la zone

Nos industrie , agriculture , pêche ne sont déjà pas folichons mais là ce serait la Bérézina , avec en prime trafics en tous genres et immigration massive et incontrôlée. Et pourquoi pas une monnaie commune tant qu'on y est ...
Et ceci pour la bonne raison qu'entre ces ïles il y a au total très peu de complémentarités et beaucoup d’intérêts opposés.

Question subsidiaire : comment peut on tenir un discours aussi déraisonnable sans être sommé d'argumenter autrement que par de la métaphysique politique , métastase du discours mondialiste des pires libéraux capitalistes .

Eux rêvent d'un monde totalement ouvert aux "échanges" ( surtout quand ils sont asymétriques et en leur faveur ), ouvert à l'emprise de leurs moyens financiers colossaux , à la condition , comme Patrick Drahi de pouvoir vivre dans des ghettos pour riches ( en Suisse en l'occurrence ) , Et quand ils se rendent compte , comme Trump, que la Chine est en train de détruire leur industrie alors là ils se rebiffent

Ce qui est remarquable c'est que ce discours mondialiste est désormais tenu sans vergogne par d'anciens "hommes de gauche" , le plus souvent eux mêmes planqués dans la rente ( rente des sursalaires , des soutiens publics de toutes sortes y compris fiscaux , des emplois politiques et administratifs , rente foncière ou immobilière ) .
Ils ont perdu totalement le contact avec le peuple , qui lui souffre parce qu'il sait ce que ça veut dire du " tous contre tous" en toute liberté , dans une compétition déséquilibrée , sans pitié ..

Derrière le postulat de P Hoarau il y a au fond l'idée que la Réunion ne maîtrise pas son destin pour des raisons institutionnelles et ce serait là la cause de tous ses malheurs .
C'est vrai qu'on nage dans l'irresponsabilité , à tous les niveaux , du citoyen aux institutions , mais pas pour les raisons qu'on croit . L'Etat lui même alors qu'il est perçu comme le tuteur est encore plus irresponsable que les collectivités et institutions qu'il encadre . L'irresponsabilité tient beaucoup plus à cette culture délétère de la victimisation permanente , constamment réactivée par la démagogie de nos élus , qu'au cadre institutionnel. (1)

Mais Maurice , Madagascar , eux , sont indépendants et pourquoi pensez vous qu'ils soient plus protectionnistes que nous . Eh bien parce qu'ils savent que la moindre défaillance de leur part leur serait fatale.
A La Réunion au fond tout le monde pense que l'Etat central sera là pour garantir la mise et réparer le cas échéant les conneries . Et M Hoarau , bien qu'il s'en défende joue aussi sur le même registre avec une petite nuance mais c'est toujours la même rengaine ; socialiser les pertes et privatiser les gains

(1) Prenez connaissance de la position d'E Bareigts sur la situation financière du CHU . En gros elle soutient que la dotation de l'établissement , calculée selon les critères nationaux , ne prend pas en compte les surcoûts locaux , entendre par là l'indexation des salaires . Elle ne s'interroge pas de savoir si cette indexation est justifié elle dit simplement que l'Etat central n'à qu'à payer ...

2.Posté par Citoyen Excédé le 20/04/2018 16:26

L'OMNISCIENT DE LA RÉUNION !!

"Le Personnage" condescendant, plein de morgue, doté d’un véritable savoir encyclopédique , qui inonde régulièrement les colonnes de « Zinfos 97-4 d’articles interminables , vient encore de sévir !!! Il a réponse à tout et donne avec une assurance incroyable « des solutions évidentes » à toutes les questions abordées sur ce Site !!

-Monsieur Paul Hoarau, Ancien Journaliste ,est connu depuis fort longtemps comme "un Homme de dialogue" , modeste et pondéré qui connaît bien les problèmes de son île et des celles de l’Océan Indien...Il a donné son avis sur la situation actuelle de Mayotte… MAIS ,qu’-il fait là ,Grand Dieu? ?? AUSSITÔT CE PERSONNAGE qu’on connaît tous à  « Zinfos 97-4 », lui tombe dessus et le cloue, tout de suite au pilori : « C’est un discours d’irresponsable » ! Et le voilà parti pour un très long exposé sur des sujets qui lui tiennent à cœur :
-la C.O.I , » notre chômage » ,  « notre cohésion sociale », « notre industrie «  ,notre Agriculture »,notre pêche » ,  « la métastase des discours mondialistes des pires libéraux capitalistes » , «  Patrick Drahi et ceux qui rêvent de pouvoir vivre dans des ghettos pour Riches( comme la Suisse » ) !! Pour terminer , il s’en prend à sur « ceux qui rêvent de socialiser les pertes et privatiser les gains » !!

- Qu’en des termes grandiloquents et choisis « ces choses -là sont dites »  : QUEL GRAND HOMME TALENTUEUX ET ADMIRABLE !!!
- Ne croyez- vous pas , modestes Citoyens lambdas de notre¨Île , qu’une telle « Perle Rare » pourrait remplacer avantageusement , non seulement nos Actuels Responsables politiques locaux , NON SEULEMENT aussi notre Jupiter National MAIS devenir « le Défenseur de la Planète entière » ,qui a bien besoin d’un  « SAUVEUR » à la tête de l'O.N.U qui reste incapable d’apporter des solutions aux nombreux et inquiétants problèmes de notre pauvre Monde  !!!

- LE COLLECTIF des Parlementaire de la Réunion devait faire une démarche urgente dans ce sens auprès de l’Ambassadeur de France à l’O.N.U.!!!!r

- J’AI OUBLIE DE MENTIONNER que » l’Omniscient » ne rate jamais « sa Proie Préférée » : la Députée Erika Bareights ( qui semble « l’obséder ») !! ll n’ose pas trop « croiser le fer » avec Jules Bénard , Ratenon ou Mme Bello qui ne mâchent pas leurs réponses quand ils ont affaire à un tel Personnage !!!

3.Posté par Pierre Balcon le 20/04/2018 20:54

"Persona" en latin veut dire " masque".
Chez les grecs " pseudès" voulaient dire "menteur"
Ni les romains ni les grecs ne connaissaient les réseaux sociaux mais je suis sûr qu'ils auraient bien situé là où étaient le mensonge et la lâcheté des commentaires anonymes..

Maintenant si , comme P Hoarau , votre ectoplasme numérique préconise de libéraliser les mouvements des hommes , des marchandises, des capitaux et peut être des idées entre nos Iles de la COI , rebaptisée Indianocéanie, libre à vous d'essayer d'en convaincre les vrais gens .
Mais il va vous falloir vous démasquer

4.Posté par Citoyen Excédé le 20/04/2018 23:04

Bien noté toutes vos observations ", Monsieur l’Omniscient "!!!
-J'ai touché le point sensible ,semble t-il :c'est ce que je voulais : vous pouvez continuer à" blablater" si vous le souhaitez maintenant !!!

5.Posté par M''''''''''''''''bawa le 09/05/2018 21:13

Une vraie diarrhée de mots vides...

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