Océan Indien

Mayotte: Deux policiers aux frontières condamnés

Vendredi 27 Janvier 2012 - 07:23

Mayotte: Deux policiers aux frontières condamnés
Mercredi, deux agents de la police aux frontières ont été jugés et condamnés à Mayotte, après des violences commises en début de mois.

Le 5 janvier dernier, une Comorienne sans-papiers avait été battue à coups de matraque par l'un des policiers au sein du Centre de rétention administrative. Mayotte Hebdo explique que la victime présentait "d'impressionnants hématomes au visage" et une incapacité de cinq jours avait été prononcée.

L'auteur des coups a comparu pour violences volontaires avec arme dans l'exercice de ses fonctions. Le second policier initialement poursuivi pour complicité a vu les faits requalifiés en "non-assistance à personne en danger".

Les agents ont été condamnés à 6 mois de sursis et 500 euros d'amende. Ils auront l'interdiction d'exercer leur profession pendant 6 mois.
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1.Posté par Gajik le 27/01/2012 08:51

Il y a là manifestement une réaction de corps, de compréhension entre magistrats et policiers et non JUSTICE, lorsque le système judiciaire protège des policiers au lieu de les sanctionner sévèrement et de les éliminer de cette profession qui devrait être exemplaire.

En effet lorsqu'un quidam agresse un policier il est plus lourdement sanctionné que s'il avait agressé un autre quidam. Vrai ou faux ? C'est une circonstance aggravante.

Logiquement, lorsqu'un policier ripoux ou violent commet un délit, il devrait être davantage sanctionné car il a rabaissé la FONCTION et porté préjudice à la profession entière.

Au contraire, qu'est-ce qu'on voit à Mayotte, département soit disant Français où on a envoyé un renfort important de magistrats pour y installer l'état de droit sur les normes de la Loi française, eh bien on voit un policier qui a tabassé une femme Comorienne (en situation de faiblesse, issue d'un pays où on crève de faim, qui a déjà risqué sa vie sur un kwassa pour venir à Mayotte, île Comorienne et non française en droit international, je le rappelle), et qui prend 6 mois avec sursis et va pouvoir recommencer dans 6 mois comme si de rien n'était.

Vous appelez çà JUSTICE ? Etonnez vous après çà que les Comoriens aient des rancoeurs contre l'occupation coloniale de Mayotte !

Imaginez maintenant la scène d'un policier en France métropolitaine qui tabasse une femme étrangère au point qu'elle a le visage tuméfié. Croyez vous que le policier va s'en tirer avec 6 mois avec sursis, alors que les associations de défense des droits de l'Homme seraient bien sûr parties civiles et veilleraient à l'éviction de la police d'un tel fasciste ? Oui, il s'agit bien d'un fasciste pour s'attaquer à une femme déjà en Centre de rétention. Pour moi c'est plus qu'un délit, c'est un crime de s'en prendre à des immigrés clandestins, quand on sait déjà ce qu'ils vivent aux Comores à cause de l'annexion illégale de Mayotte par la France qui a plongé l'île d'Anjouan dans l'abandon et la misère la plus totale. Non seulement la France occupe illégalement Mayotte, contre le Droit International, mais de plus elle protège les policiers ripoux qui tabassent les ressortissants Comoriens qui sont chez eux à Mayotte. On est dans un contexte de colonie et non de département français et il est logique que la justice coloniale admette les crimes de ses policiers en les sanctionnant symboliquement pour faire croire que la Justice est passée. Je serais la victime, je ne lâcherais pas l'affaire mais a-t-elle au moins eu une indemnité pour ses blessures ? L'article ne dit pas si elle était présente au jugement, sans doute mise dans le bateau le lendemain pour éviter qu'elle ne soit indemnisée. Ce ne serait pas la première fois ni la dernière que les victimes Comoriennes n'aient pas accès à leurs droits et soient expulsées avant le procès. C'est une honte, ce policier fasciste a eu 6 mois avec sursis et n'a même pas été radié de la fonction publique. Oui, Mayotte est bien une colonie dotée d' une justice coloniale.

2.Posté par Nello le 27/01/2012 20:39 (depuis mobile)

La décision Onusienne en en ce qui concerne Mayotte ne prouve qu'une seule chose : que le recours aux "principes" républicains se fait toujours au service de l'étranger.

3.Posté par Nello le 27/01/2012 20:40 (depuis mobile)

Ce juridisme apparent, qui oublie la particularité historique (dès le XIXe siècle) de Mayotte par rapport aux Comores et fait fi pour Mayotte comme pour l'Algérie, constitutive de trois départements, de sa réalité historique et juridique française.

4.Posté par Nello le 27/01/2012 20:42 (depuis mobile)

...de sa réalité historique et juridique française, ne vise qu'à une seule chose avouée par le plumitif onusien : "mettre fin aux dépenses coûteuses faites par la collectivité nationale en faveur de[s] Mahorais".

5.Posté par Nello le 27/01/2012 20:43 (depuis mobile)

Du reste, quand les Français en général ont-ils été consultés pour l'indépendance  de l'Algérie, des Pays noirs Africains  ou des Comores dans leur prétendu "ensemble" ?

6.Posté par Nello le 27/01/2012 20:44 (depuis mobile)

Cette prose qui prétend reposer sur un droit national et international à géométrie variable, et fait fi de 15 siècles d'histoire nationale, - bien avant que le "machin" (dixit le même De Gaulle) ne soit fondée à ...

7.Posté par Nello le 27/01/2012 20:45 (depuis mobile)

...New York, qui insista beaucoup en son temps pour que l'Algérie devienne indépendante - serait ridicule si elle n'était nauséeuse. Vive Mayotte-la-Française.

8.Posté par Leila le 27/01/2012 22:55

Merci Gajik pour ce commentaire tellement mais tellement vrai.

9.Posté par Gajik le 28/01/2012 15:42

Merci aussi de votre soutien pour cette personne, Leila.

J'ai su que cette dame (qui aurait arraché les gallons du policier, sans doute comme çà sans raison bien entendu, par agressivité gratuite sans doute !) a obtenu 1 000 Euro de dommages et intérêts, une somme énorme pour une Anjouanaise, mais dérisoire pour un fonctionnaire plus que surpayé à Mayotte. Peut-être donc aura-t-elle 2 000 Euro pour l'agresseur et son complice passif.

Mais elle a dû être expulsée le jour même des faits, donc le 5 ou 6 janvier, donc saura-t-elle seulement qu'elle a obtenu cette somme, et pourra-t-elle concrètement la récupérer ? Avec un huissier Anjouanais (y a-t-il un seul huissier dans cette île démunie de tout ?), laissez moi en douter. Il reste à savoir si elle a obtenu un avocat qui, lui, pourra seul lui faire obtenir cette somme... (et sans doute prélever sa quote-part au passage, c'est la "tradition" quand un avocat d'office ou sous aide juridictionnelle fait percevoir des dommages et intérêts à son client). Ce serait vraiment intéressant de suivre cette affaire pour savoir si cette dame agressée sans aucun doute expulsée depuis, va toucher ses dommages et intérêts.

Une association d'indignés Mahorais s'est saisie de l'affaire je crois.

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