Océan Indien

Manuel Valls s'engage auprès des élus mahorais

Mardi 26 Avril 2016 - 15:55

Manuel Valls s'engage auprès des élus mahorais
Une délégation d’élus de Mayotte était reçue ce mardi 26 avril par le Premier ministre Manuel Valls et la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin. Une réunion très attendue depuis les récents évènements sociaux qui ont frappé le 101e département français.

Le chef du gouvernement "a reconnu les difficultés rencontrées par la population de Mayotte" et a confirmé "l’attachement du gouvernement à appliquer tous les engagements pris."

Étaient notamment présents parmi les élus mahorais le président du Conseil départemental, Soibahadine Ibrahim Ramadani, le président de l’Association des maires de Mayotte, Saïd Omar Oili, les députés Ibrahim Aboubacar et Boinali Saïd, les sénateurs Thani Mohamed Soilihi et Abdourahamane Soilihi ainsi que Sarah Mouhoussoune, conseillère économique, sociale et environnementale.

Manuel Valls a tout d’abord rappelé l’effort de convergence important réalisé par l’État depuis 2012, avant d’annoncer une série d’engagements de l’État en faveur de Mayotte. Parmi ceux-ci : une meilleure prise en compte du dynamisme démographique des communes ; le rattrapage de la dotation globale de fonctionnement (DGF) des communes par rapport à la métropole ; l’examen de pistes permettant de renforcer la solidarité entre les communes (DACOM) ; le transfert aux communes, sur 3 ans, des recettes d’octroi de mer qui leur sont dues ; la mise en place d’un plan de formation ambitieux.

Délinquance, insécurité : un plan présenté prochainement

En outre, l’État s’est également engagé à financer les compétences régionales exercées par le Département. Le Conseil départemental de Mayotte bénéficiera de la compensation des dépenses consacrées à l’aide sociale à l’enfance, de l’annulation de la créance au remboursement du trop versé par l’État au titre de l’impôt sur le revenu, et d’un soutien pour une meilleure gestion du foncier. Montant total de ces différentes mesures : plus de 50 millions d'euros.

Concernant la sécurité intérieure et l’immigration, Manuel Valls a également martelé que l’État allait "lutter sans relâche" contre l’insécurité et l’immigration clandestine, et à prévenir la délinquance par des actions en faveur de la jeunesse. Un plan global sur ces thématiques sera présenté d’ici un mois, a-t-il ajouté, sous la tutelle des ministre de l’Intérieur et des Outre-mer.

Enfin, le locataire de Matignon s’est dit favorable à une évolution du mode de scrutin actuellement en vigueur pour les élections départementales et à une augmentation mesurée du nombre d’élus "si un large accord politique se dégageait en ce sens".
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1.Posté par Pamphlétaire le 26/04/2016 16:57

Un peu d'histoire pour ceux qui ne savent pas ou un rappel pour ceux qui ont oublié l'histoire...
L'île de Mayotte a été vendue à la France le 25 avril 1841 par le sultan local. Elle est devenue le 31 mars 2011 un département d'outre-mer de plein droit suite au référendum du 29 mars 2009 initié par le gouvernement français.

Elle n'en demeure pas moins une société de type colonial, où une poignée d'« expats » (expatriés) tente de contenir une population démunie, jeune, illettrée, en croissance exponentielle, attachée à son identité comorienne ou africaine, toujours au bord de l'explosion.

Mayotte, comorienne avant tout
Mayotte (374 km2), située dans l'archipel des Comores, entre l'Afrique et Madagascar, est en fait constituée de deux îles entourées d'un récif corallien et d'un lagon que l'on dit le plus beau du monde ! Sa population a crû de 3.000 habitants en 1841 à près de 300.000 au début du XXIe siècle. Près de la moitié sont des immigrants illégaux venus des Comores ou d'Afrique noire.
Rien ne distingue les Mahorais, habitants originels de Mayotte, de leurs voisins des autres îles comoriennes. La grande majorité parle une langue bantoue (africaine), le shimaoré. Les autres parlent un dialecte malgache, le shibouski. Le français demeure une langue d'importation comme en Afrique noire.
Tous les habitants ou presque sont musulmans. Ils suivent le droit islamique appliqué par 22 cadis (juges) officiels. La polygamie est très largement pratiquée. Elle est tolérée par la loi française mais interdite (en théorie) aux nouvelles générations nées après 1985. La production se réduit à quelques productions vivrières et les exportations, insignifiantes, à des clous de girofle et du parfum dérivé de l'ylang-ylang.
Une possession délaissée

Les Comores étaient, au XIXe siècle, l'objet de luttes incessantes entre les chefs locaux, les « sultans batailleurs ». Leur principale activité consistait dans le trafic d'esclaves à destination du Moyen-Orient.

Le sultan qui régnait sur Mayotte, en bisbille avec son voisin de l'île d'Anjouan, appela au secours un Français, le commandant Pierre Passot. Par le traité du 25 avril 1841, il céda son île à la France en contrepartie d'une indemnité de 1000 piastres.

C'est ainsi que Mayotte est entrée dans le giron de la France. Jusqu'à la fin de l'époque coloniale, la présence française à Mayotte et aux Comores se ramena à très peu de chose, l'archipel n'ayant guère d'intérêt pour la métropole.
L'esclavage fut néanmoins aboli à Mayotte dès le 9 décembre 1846, soit sous le règne de Louis-Philippe et avant le décret de Schoelcher. Il est vrai que l'abolition n'affectait ici les intérêts d'aucun planteur européen...

De proche en proche, les sultans voisins demandèrent à bénéficier du protectorat de la France et en 1887, l'ensemble de l'archipel (Mayotte, Anjouan, Grande Comore et Mohéli) devient colonie française.

Au XXe siècle, les Comores sont de fait gouvernées à partir de la colonie voisine de Madagascar. Surpeuplées, pauvres et sans ressources, éloignées des grandes routes maritimes, elles n'intéressent guère l'administration coloniale.

Maladresses parisiennes

Après la Seconde Guerre mondiale, Paris dissipe les espoirs des élites qui, aux Comores comme à Madagascar et même en Afrique noire, caressent l'espoir d'une intégration pleine et entière dans la République.

En1968, la France concède à l'archipel des Comores une large autonomie interne, prélude à l'indépendance. Mais dès lors, Paris accumule les maladresses en réveillant la rivalité entre les îles (*).

Ainsi la capitale administrative est-elle transférée de Dzaoudzi (Mayotte) à Moroni (Grande Comore). L'arrogance des nouveaux fonctionnaires ne tarde pas à indisposer les Mahorais.

Pour ne rien arranger, le gouvernement parie sur un riche commerçant d'Anjouan, Ahmed Abdallah, pour diriger le pays après l'indépendance. Mais l'homme, irascible et sans assise politique, fait peur aux Mahorais. Lors du référendum du 22 décembre 1974, ils se prononcent à 63% contre l'indépendance et les autres Comoriens à 95% pour.

Le Parlement, embarrassé, décide de faire fi de la légalité internationale et exige que la future Constitution des Comores soit approuvée île par île. Comme on pouvait s'y attendre, elle est rejeté par Mayotte cependant qu'Ahmed Abdallah proclame de façon précipitée une indépendance unilatérale. C'est ainsi que Mayotte reste sur le bas côté.

Moins d'un mois plus tard, le 3 août 1975, Ahmed Abdallah est renversé. Trop tard pour changer le cours des choses. Les Nations unies dénoncent cette violation des frontières issues de la colonisation : la résolution 3385 du 12 novembre 1975 réaffirme « la nécessité de respecter l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores, composées des îles d’Anjouan, de la Grande-Comore, de Mayotte et de Mohéli ».

Il n'empêche que le 8 février 1976, les habitants de Mayotte expriment par référendum à 99% leur volonté de rester dans le giron de la France. Ils n'ont plus envie de retrouver la pétaudière comorienne.

Sous la protection de la France

Depuis lors, l'île est administrée par des fonctionnaires venus en quasi-totalité de métropole.

Elle est toujours revendiquée par le gouvernement comorien qui a l'appui de la communauté internationale. Mais les dissensions au sein des Comores et la quasi-sécession de l'île d'Anjouan rendent improbable la mainmise des Comoriens sur Mayotte.

Dans l'indifférence des médias et des commentateurs, le gouvernement de Nicolas Sarkozy leur ouvre la voie de la départementalisation.

Le 29 mars 2009, les Mahorais se prononcent à une écrasante majorité sur la transformation de leur collectivité en département d'outre-mer, à l'image des vieilles colonies de la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion (*).

Ils renoncent à la voie de l'indépendance, sur laquelle se sont engagés les territoires d'outre-mer de Polynésie et Nouvelle-Calédonie, qui sont comme eux vieilles terres de culture et d'Histoire avec une identité propre.

Le défi mahorais

À l'automne 2011, des émeutes violentes - avec mort d'homme - opposent la jeunesse de Mayotte aux policiers venus de métropole. Elles révèlent une société coloniale très éloignée du rêve assimilationniste et dont le fonctionnement est assuré plutôt mal que bien par les « expatriés » ou « m'zungus » (administrateurs, enseignants, médecins).

Certains de ces métropolitains blancs, riches de leurs salaires et de leurs primes, se laissent corrompre par l'atmosphère locale : soirées alcoolisées, consommation sexuelle de mineures etc.

Sauf à échouer, la départementalisation de l'île nécessitera dans les décennies à venir des efforts considérables de l'État français pour faire fi aux défis politiques, sociaux, culturels et économiques :

- corruption endémique de la classe politique locale,
- analphabétisme et méconnaissance de la langue française,
- prévalence du droit coutumier coranique sur la loi française,
- principaux commerces aux mains des marchands indo-pakistanais,
- sous-développement aigu et absence de toute activité économique significative,
- surpeuplement et natalité exubérante,
- forte pression migratoire en provenance des Comores, de Madagascar, voire de l'Afrique des Grands Lacs (on compte en 2009, à Mayotte, plusieurs milliers d'enfants clandestins à la charge de la collectivité et dont la mère a péri dans un naufrage),
- montée des violences entre Mahorais et immigrés illégaux comoriens ou africains.

L'avenir s'avère d'autant plus sombre que les Mahorais de souche tendent à abandonner leur île aux immigrants illégaux. Ils usent de leur citoyenneté pour aller chercher une vie plus sereine à la Réunion ou en métropole (Marseille abrite plus de Comoriens que Mayotte).

Par une aberration singulière, les immigrants illégaux et leurs enfants, qui ne peuvent sortir de l'île légalement, pourraient bientôt devenir les seuls habitants permanents de l'île, aux côtés des policiers et administrateurs métropolitains.

Sans doute la départementalisation de Mayotte demeurera-t-elle dans l'Histoire comme le legs le plus coûteux et le plus lourd de conséquences de la présidence Sarkozy.

2.Posté par Athena le 26/04/2016 15:30

Et parmi la délégation il y a ce député qui conduit bourré ! ...

3.Posté par GIRONDIN le 26/04/2016 18:07

Dans 1 an il n'est plus là le ptit Sarko!

4.Posté par Un jeune le 27/04/2016 07:36

On promet, on promet mais la France n'a plus les moyens de palier à tout ...................

Les élus de tous bords doivent aussi comprendre que l'endettement de la France est à un niveau critique...bientôt la faillite comme les grecs.

5.Posté par Zarin le 27/04/2016 09:07

Les blancs ne savent pas danser !

6.Posté par Pierre PASSOT le 27/04/2016 14:07

Post 1: Ou comment on réécrit l'Histoire, à coups de contre-vérités et de médisances francophobes! Il eût été infiniment plus instructif pour nous, pauvres incultes, de comparer la situation de Mayotte, territoire français, avec celle des Comores, Etat "indépendant", pour faire comprendre le pourquoi de la situation actuelle. Mais cela risquerait d'être "politiquement incorrect"... Bref, quand on n'a pas de couilles, on s'en fait greffer! (non remboursé par la sécu!)

7.Posté par Tonton le 27/04/2016 16:17

de toute façon , il ne sera plus la quand il faudra à la caisse.
C'est le jeu habituelle: je promets, je donnes, je fait tout et n'importe quoi pour achèter tes militants....

8.Posté par Jean TRANSCÈNE le 28/04/2016 08:33

"Manuel Valls s'engage" Correction "Valls fait des promesses", qu'il tiendra peut être, un peu.
Dan' oui n'a point batail

9.Posté par Babafigue le 29/04/2016 06:22

De par la CAF je suis éternellement lié au Département de Mayotte, merde, quand même !!!

10.Posté par Pamphlétaire le 29/04/2016 15:13

Mayotte subit depuis deux semaines une grève générale émaillée de nombreuses violences. L’intersyndicale CGT-FO-CFDT bloque l’île de l’archipel des Comores pour obtenir l’alignement des aides sociales sur la Métropole.
Ce lointain territoire – 8 000 kilomètres de Paris, français depuis 1841 – est devenu département en 2009 après un référendum local initié par le président de la République Nicolas Sarkozy et approuvé à 95,22 % par la population mahoraise.

Une fois la départementalisation actée définitivement en 2011, les normes juridiques en vigueur à Mayotte devaient s’aligner au fur et à mesure sur celles appliquées dans les autres départements métropolitains ou d’outre-mer. Cette intégration s’étalant progressivement sur une durée de vingt à vingt-cinq ans.

Pour la Cour des comptes, la départementalisation a été « mal préparée » . Les magistrats financiers ont décrit la situation financière du département et des communes mahoraises comme étant « proche de l’impasse ». (Voir ici le rapport de 164 pages publié le 13 janvier 2016).

Le fossé culturel est toujours immense avec la Métropole : la polygamie est très répandue, le droit local est encore largement inspiré des coutumes africaines et de la charia. Et la population s’exprime plus volontiers dans le dialecte local «shimaore» qu’en français.

b[À grand renfort de subventions, l’Élysée a offert un rapprochement en or à ce territoire. Comme le soulignait Le Monde en 2008, « pour beaucoup de Mahorais, la départementalisation [est] synonyme d’alignement sur la métropole en termes de prestations sociales.»]b Changer la constitution.

Selon les analyses de la Cour des Comptes, le contrat de projet État-Mayotte 2008-2014, a été doté de 444,4 millions d’euros ; un fonds exceptionnel d’investissement assure en outre un financement du plan de rattrapage en matière d’équipements, avec une enveloppe de 150 millions d’euros pour la période 2013-2015.

Un fonds mahorais de développement économique, social et culturel a été créé en 2011, doté de 10 millions d’euros par an. Enfin, dans le cadre du plan «Mayotte 2025», le Premier ministre a annoncé une enveloppe globale de 378 millions d’euros.

Un boulet pour les Français

Avides d’argent public, les élus mahorais en veulent toujours plus. Moins peuplé que la Nièvre, ce département a ainsi voté un budget en déficit de 46 millions d’euros pour 2016, avec notamment une envolée des dépenses de personnel.

Si Mayotte se maintient dans le giron français, les contribuables devront s’attendre à être toujours plus ponctionnés dans les prochaines années…

Détail alarmant, la maternité de Mamoudzou, chef-lieu du département de Mayotte, est la plus grande maternité de France : plus de 7 300 enfants y ont ainsi vu le jour en 2014. Toutes les 24 heures, l’équivalent d’une classe de primaire y naît.

Ceci, car des milliers de Comoriennes des îles voisines viennent y accoucher (70% à 75% des naissances), afin de faire bénéficier leur progéniture de la nationalité française, sans payer les frais que déboursent les contribuables métropolitains. Changer la constitution.

L’immigration clandestine en provenance de l’île d’Anjouan est telle que les autorités administratives et les forces de l’ordre sont débordées et cela depuis longtemps… (Voir notre article de 2008 : Mayotte : l’île au trésor des clandestins). Changer la constitution.

Contribuables Associés avait prévenu…

La catastrophe était malheureusement prévisible. Contribuables Associés avait tiré la sonnette d’alarme en 2009 et demandé un référendum national sur la transformation de cette collectivité en département d’outre-mer. Changer la Constitution pour revenir en arrière

Seuls les habitants de Mayotte avaient été consultés à l’époque, alors que c’est bien l’ensemble des Français qui financent à fonds perdus les aides sociales de ce confetti d’Empire, comme les primes et bonifications salariales des agents publics (souvent métropolitains) de ce département sur-fonctionnarisé.

Nous le disions en 2009, nous le répétons en 2016 : les contribuables n’ont pas à payer pour cette départementalisation ruineuse et imposée de force.

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