Océan Indien

Manifestation étudiante à Mahajanga: L'Etat malgache minimise-t-il le nombre de morts ?

Lundi 13 Janvier 2014 - 16:39

Vendredi dernier, une manifestation d'étudiants de l'Université de Mahajanga, à Madagascar, a été violemment réprimée par les forces de l'ordre. Officiellement, le bilan fait par le gouvernement malgache se monte à un mort et 11 blessés. Mais sur place, les témoins parlent de plusieurs morts et de dizaines de blessés, dont certains toujours dans un état grave.


Photo : Visite délégation auprès des blessés / Source: Ministère de la communication de Madagascar
Photo : Visite délégation auprès des blessés / Source: Ministère de la communication de Madagascar
Tout a commencé il y a trois mois quand plusieurs étudiants de l'Université de Mahajanga, dans le Nord-Ouest de Madagascar, ont protesté suite à l'arrêt des bourses versées par l'Etat malgache. Une colère qui a trouvé son apogée la semaine dernière quand 14 étudiants ont été mis à l'écart de l'Université suite à ces protestations.

Les étudiants ont décidé de durcir leur mouvement, notamment en érigeant des barrages et allumant des feux sur la route menant à l'Université. "Il faut savoir que ces étudiants n'ont pas beaucoup de ressources et viennent de familles pauvres", explique un témoin contacté sur place.

En face, les membres de l'EMMO REG (Etat major mixte opérationnel de la Région) de Mahajanga sont intervenus pour contenir la manifestation. D'abord à coup de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Mais selon les médias locaux, (Midi Madagasikara, Madagascar Tribune et l'Express de Madagascar) les militaires ont dû faire usage de leurs armes à feu face à des manifestants trop nombreux.

Armés de kalachnikov, les militaires de l'EMMO REG ont fait feu sur la foule. Selon notre témoin, les rafales ont été tirées à "hauteur d'homme" et non dans "les jambes". Si l'Etat malgache avance dans un communiqué officiel le bilan de un mort, les informations recueillies sur place ou encore sur les réseaux sociaux font état de plusieurs morts et disparus. Le journal Midi Madagasikara évoque lui quatre morts parmi les étudiants. "Certains étudiants ont fuit vers les bois mais ont été poursuivis par les militaires. Il y a eu plusieurs morts. Dans la nuit de vendredi à samedi, les militaires de l'EMMO REG sont venus nettoyer et ramasser les corps", précise notre témoin sur place et qui préfère garder l'anonymat par peur de représailles.

Selon l'Etat, une délégation gouvernementale (ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Supérieur, du ministre de la Communication et du ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques) s'est rendue sur place dès le lendemain (samedi ndlr) pour se rendre au chevet des blessés, 11 en tout, hospitalisés au CHU d'Androva, mais également rencontrer les militaires de l'EMMO REG, dont certains ont été blessés pendant l'affrontement.

"Au final, la délégation a donné raison aux étudiants et a demandé la réintégration des 14 étudiants mis à l'écart", souligne notre témoin. Après la manifestation et le calme revenu sur Mahajanga, les étudiants ont décidé de se compter pour savoir qui manquait à l'appel. Dès ce dimanche, les parents de deux étudiants de l'Université ont organisé un point presse, relate le site l'Express de Madagascar. Des parents sans nouvelles de leurs enfants étudiants en médecine.
JD
Lu 1897 fois



1.Posté par cireur de pompe le 13/01/2014 17:24

une réaction de nos politiques locaux ? de la représentante de la France à la COI peut être ???

2.Posté par Dimitri ALAIN le 13/01/2014 20:48

et voila sa continu a quand l'onu / les droits de l'homme / sos racismes /dans ces pays qui parlent de démocraties et tuent pour le plaisir

3.Posté par Andry Rakoto le 14/01/2014 03:07


Le Président de la CES,Rakotozafy François, la Présidente de la CENIT,Béatrice Attala organisent...
blogs.mediapart.fr
Le président de la CES, Rakotozafy François, ainsi que la présidente de la CENIT, Béatrice Attala, risquent de figurer parmi ces sombres personnages qui ont écrit avec des lettres de sang l'histoire d'un pays dont le peuple est pourtant réputé être parmi les plus pacifiques au monde.

4.Posté par Ady gasy ("à la malagasy") le 14/01/2014 19:06 (depuis mobile)

Suite logique du scénario électoral à la poutine: dialogue par kalachnikov et balles réelles.. Les mécontents sont avertis ;)

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 9 Août 2018 - 14:46 La terre a tremblé non loin de Rodrigues