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Courrier des lecteurs

"Make Our Planet Great Again" est resté lettre morte


Par Dr Bruno Bourgeon, président d’AID - Publié le Mercredi 6 Juin 2018 à 11:42

Emmanuel Macron révèle sa nature : prononcer des discours écologiques offensifs à l'international et ne pas les mettre en œuvre au niveau national.
 
Donald Trump, le 01/06/2017, annonçait son intention de sortir de l'accord de Paris sur le climat. Immédiatement, Emmanuel Macron lançait un tapageur "Make our planet great again", se propulsant comme le meilleur rempart face au négationnisme climatique du président américain, devenant l'anti-Trump, gardien de l'intégrité de l'Accord de Paris, chéri par la presse internationale. De New York à Davos, il n'a manqué aucune occasion d’entretenir cette image.
 
Les optimistes notent que l'Accord de Paris, qui porte sur la période post-2020, n'est pas mort avec le départ US. La majorité des pays ont confirmé leurs propres engagements et de "solides oppositions" se sont constituées pour s'opposer à Trump, y compris aux États-Unis où un regroupement de collectivités territoriales et d'entreprises laissent entendre qu'une partie des USA se sent toujours engagée par l'Accord (alliance "We are still in").
 
Les réalistes répondent que la dynamique de la COP21 s'est enrayée. Les négociations patinent. Le fossé entre les engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES), et le niveau qu'ils devraient atteindre pour contenir le réchauffement en deçà des 2°C, est abyssal. Et personne ne semble pressé de le combler. Pas plus Macron que les autres dirigeants de la planète. Dans les moments difficiles, on attend des décisions courageuses et visionnaires. Or les États, France et Europe compris, n'ont pas profité de la COP23 de Bonn en octobre dernier pour expliquer comment ils allaient désamorcer la bombe climatique. Nous payons le prix des limites de l'Accord de Paris, non doté de dispositifs suffisants pour réguler et contrôler les États récalcitrants – à peu près tous aujourd'hui. Ce refus de la contrainte et la préférence donnée aux engagements volontaires éloignés  des objectifs globaux, précipite l'aggravation du changement climatique.
 
Certains insistent sur les initiatives des collectivités territoriales, des entreprises et des habitants. Puisque le niveau international n'est plus moteur, reste à encourager les initiatives décentralisées. Ces initiatives, disparates, sont souvent intéressantes et bienvenues, comme celles qui sont mises en lumière par Alternatiba. Mais que peut l’addition de ces initiatives lorsque les règles qui organisent et régulent l'économie mondiale, cette formidable machine qui réchauffe la planète, détruit la biodiversité et fragilise les écosystèmes, n'ont pas été modifiées? Que peuvent ces initiatives quand Macron et Trudeau entérinent la mise en œuvre du CETA, cet accord UE-Canada visant à libéraliser le commerce et l'investissement, et qui a été déclaré comme climato-incompatible par les experts qu'ils ont eux-mêmes nommés?
 
Une forme de schisme de réalité s'est ainsi instituée entre le « champion » français du climat à l’international et la teneur des politiques qu’il mène sur le plan domestique. Les exemples pullulent :
  • Exemptions à la Loi sur les hydrocarbures de décembre 2017 pour poursuivre l'exploitation au-delà de 2040 et confirmer le droit pour Total de poursuivre ses explorations au large de la Guyane.
  • Refus de confirmer dans la loi l'interdiction du glyphosate et autorisation des nouveaux néonicotinoïdes
  • Autorisation d'exploiter la Montagne d'or en Guyane
  • Soutien aux projets climato-incompatibles (EuropaCity, autoroutes à Rouen ou Strasbourg)
  • Refus d'interdire l'importation d'huile de palme (raffinerie Total de la Mède)
Emmanuel Macron et son gouvernement ont, en moins d'un an, révélé cela : prononcer des discours écologiques offensifs à l'international sans les mettre en œuvre au niveau national.

Le sursaut qu’exigeraient le déni climatique de la première puissance mondiale et le franchissement des seuils d’irréversibilité ne vient pas. Pas plus à Paris qu'à Berlin, Tokyo ou Pékin. Arrêter de repousser à plus tard ce qui devrait être fait aujourd'hui. Ne plus fixer des objectifs lointains sans leur mise en œuvre immédiate. Accepter de changer les règles du jeu et ne pas s'appuyer uniquement sur les bonnes volontés.

Le défi est immense, mais décisif : trouvons les voies juridiques, politiques, sociales pour mener à bien une transition énergétique sans cesse reportée. "Si nous ne faisons pas l'impossible, nous devrons faire face à l'impensable! » disait un penseur écologiste nord-américain. Il est temps de s'y mettre.
 
D’après Maxime Combes, économiste et membre d’ATTAC-France, Huffington Post




1.Posté par margouillat974 le 06/06/2018 21:24

Quand vous aurez compris que certains estiment le nombres d'humains nécessaire au bon fonctionnement de leurs petits " bizness" à 1/2 million, vous comprendrez alors pourquoi les dirigeants se moquent éperdument de la santé de la population mondiale et de l'écologie comme de leur première chemise.
Si tel n'était pas le cas, ils auraient agit depuis bien longtemps: le premier gros scandale de pollution datant de 1955 à Minamata. Qu'a-t-on fait depuis ça ? rien. Que fera t-on demain? Rien, sinon augmenter diverses taxes et trier nos déchets.

2.Posté par margouillat974 le 10/06/2018 17:09

Et je suis vraiment désolé, voir cassé, que votre intervention , votre appel soit si peu commenté ; c'est bien la preuve :1/que le citoyen lambda s'en fout et plus grave : qu'il existe peu de personne qui se ;sentent concernées
Il y des solutions.

J'ai une opinion ,que je ne détaillerai pas en post : mais sachez qu'elle est néfaste pour la population mondiale.

3.Posté par Bruno Bourgeon le 11/06/2018 10:09

Margouillat974, ne soyez pas désolé : lorsque les eaux auront envahi les littoraux de faible altitude, lorsque la sécheresse aura gagné l'Europe du Sud (y compris le sud de la France), lorsque des millions de réfugiés climatiques toqueront aux portes de l'Europe, lorsque l'on n'aura plus de poissons à pêcher pour nourrir un milliard d'individus, lorsque des milliers de personnes âgées décéderont des suites d'un air devenu irrespirable dans certaines grandes villes d'Asie, peut-être que le monde se bougera. Mais alors il sera trop tard. Et nous ne verrons pas cela, peut-être nos enfants, plus sûrement nos petits-enfants. Et si votre solution est la solution "finale" pour une grande part de l'Humanité, je ne peux la partager. En revanche, décroître notre démographie, oui, et nous en prenons le chemin sauf en Afrique sub-saharienne. Sinon retour à une société agraire sans énergies fossiles : voir ce que j'ai écrit en page deux du Quotidien les 31 mai, 1 juin et 4 juin.

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