Océan Indien

Madagascar: sortie de crise compliquée par la récente condamnation de Ravalomanana

Lundi 30 Août 2010 - 17:03

L’ancien président malgache Marc Ravalomanana a été condamné samedi aux travaux forcés à perpétuité. Il a été reconnu responsable de la tuerie du 7 février 2009. Une condamnation qui risque de compliquer le processus de sortie de crise.


Madagascar: sortie de crise compliquée par la récente condamnation de Ravalomanana

Ce jour-là, le 7 février 2009, la garde présidentielle avait tiré sans sommation sur la foule qui se dirigeait vers le palais abritant les bureaux du président Ravalomanana. Bilan: une trentaine de morts et plus d’une centaine de blessés. La tuerie, point de départ d'une crise politique sans précédent sur la Grande Ile, avait accéléré la prise du pouvoir par Andry Rajoelina, alors soutenu par l'armée. Marc Ravalomanana s'était alors exilé en Afrique du Sud où il réside depuis un an et demi.

La troisième condamnation depuis mars 2009

Depuis le 16 mars 2009, date de son éviction, l’ex président Marc Ravalomanana a déjà fait l’objet de 3 condamnations. En juin 2009, la Cour criminelle d’Antananarivo l’avait reconnu coupable d’abus de biens publics dans l’achat de son deuxième avion présidentiel. Verdict: quatre ans de prison ferme et une amende de 70 millions de dollars à titre de dommages et intérêts à verser à l'Etat malgache. En mars 2010, Marc Ravalomanana avait été condamné par contumace à 5 ans de travaux forcés et à une amende d'un million d'ariary pour complicité de détournement de biens publics et de favoritisme dans l'histoire des terrains achetés avec des fonds publics pour sa propre entreprise agro alimentaire Tiko. Samedi, la Cour criminelle a rendu un troisième verdict : les travaux forcés à perpétuité.
 
Un nouvel obstacle aux tentatives de sortie de crise

Réagissant par média international, Marc Ravalomanana a déclaré le verdict "nul, non avenu et ridicule", tout en poursuivant qu’il allait demander à la communauté internationale d’appliquer sérieusement les sanctions qui ont été prises contre les dirigeants. De son côté, Andry Rajoelina veut faire comprendre à l’opinion que la justice est indépendante et qu’il n’a rien à voir avec le verdict.

Aujourd'hui, certains évoquent une coïncidence malvenue avec la recherche de solution à la crise. Actuellement, une réunion a lieu à Vontovorona entre les représentants des différentes mouvances, avec des représentants de la SADC. Pour manifester leur désapprobation par rapport à la condamnation de M. Ravalomanana, les partisans des trois mouvances prévoient de boycotter les actions de l’espace de concertation politique qui doivent se poursuivre cette semaine dans la capitale malgache. 
Zaïa Ayama
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1.Posté par citoyen le 30/08/2010 18:22

"Depuis le 16 mars 2009, date de son éviction, l’ex président Marc Ravalomanana a déjà fait l’objet de 3 condamnations. En juin 2009, la Cour criminelle d’Antananarivo l’avait reconnu coupable d’abus de biens publics dans l’achat de son deuxième avion présidentiel. Verdict: quatre ans de prison ferme et une amende de 70 millions de dollars à titre de dommages et intérêts à verser à l'Etat malgache. En mars 2010, Marc Ravalomanana avait été condamné par contumace à 5 ans de travaux forcés et à une amende d'un million d'ariary pour complicité de détournement de biens publics et de favoritisme dans l'histoire des terrains achetés avec des fonds publics pour sa propre entreprise agro alimentaire Tiko. Samedi, la Cour criminelle a rendu un troisième verdict : les travaux forcés à perpétuité."

Cela semble donner du crédit à la position de Joseph II (un zinfonaute, pas un roi!), même si ces condamnations interviennent après son éviction du pouvoir et que quelqu'un de mal intentionné pourrait y voir la "marque" du nouveau pouvoir en place (DJ)....


2.Posté par Carole le 30/08/2010 21:10

C'est vrai que tous les Présidents sauf le Président malgache TSIRANANA n'ont été que des grands dictateurs, regardons l'exemple africain à côté...

3.Posté par FOXI le 30/08/2010 22:57

Post 2:

Le Philibert, il a pas mâté des émeutes par la force ?

4.Posté par Joseph II, le 30/08/2010 23:37

Non, je ne crois pas que ce procès va ralentir ou bloquer le processus initié à Ivato entre tous les partis (Monima excepté à ce jour), y compris le TIM et l'AREMA.

En effet, la notion de "mouvances" a été enterrée, minorisée, balayée par le large consensus qui raisonne désormais en partis et plus en mouvances.

Carole, contrairement à ce que vous pensez, Tsiranana n'a pas eu lui non plus les mains très blanches en faisant tirer aussi sur la foule. S'il avait été condamné et soumis à une vraie constitution permettant de le faire, je ne pense pas que les autres qui sont venus après auraient pu agir de façon criminelle à leur tour.

Voici ce qu' a dit hier soir Andry Rajoelina dans son discours télévisé au sujet de la condamnation de Ravalomanana :

A propos de la condamnation aux travaux forcés à perpétuité de l’ancien président Marc Ravalomanana

i[Concernant ce verdict qui a été communiqué au public samedi matin (le 28 août 2010 à 6h), il faut avant tout que vous sachiez ceci : lors de ma rencontre avec les membres du Conseil Supérieur de la Magistrature de Madagascar, ils avaient insisté sur l’importance de l’indépendance de la Justice. Le verdict prononcé est l’image de cette indépendance et de cette équité tant recherchées. En effet, ni le pouvoir ni les dirigeants actuels ne se sont immiscés dans le déroulement de ce procès. Il n’y a eu aucune contrainte, aucune pression sous quelque forme que ce soit. C’est d’ailleurs pour cette indépendance effective de la Justice que nous avons lutté. Il ne faut pas perdre de vue que des gens ont perdu la vie ce 7 février 2009. Ils ont été tués délibérément. Un procès a eu lieu, le verdict a été prononcé, qui doit être accepté par tous car ayant reposé sur cette indépendance de la Justice à Madagascar. A mon sens, ce verdict ne saurait entraver les efforts des citoyens et des politiques dans l’actuelle recherche de sortie de crise dans laquelle le pays vit toujours. Tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut avancer pour la mise en place de nouvelles structures pour une meilleure gestion de ce pays. L’apaisement [politique] ? Il est basé sur le fait d’aller de l’avant pour mettre en place une nouvelle république. Il ne doit y avoir aucune relation entre ce verdict, la conjoncture politique et notre avancée vers des élections. Il ne faut pas faire d’amalgame.]i

La totalité du discours traduit en Français :

http://tinyurl.com/35b26o3

5.Posté par fiuman le 31/08/2010 10:08

Je rigole plus avec KLB qu'avec les circonvolutions de la politique malgache. pauvre pays!

6.Posté par Un jour sans fin le 31/08/2010 11:08

comment parodier les institutions de ce pays? impossible de faire plus comique...

7.Posté par NJ le 01/09/2010 10:32


Sans les gants et bientôt sans les dents…

30 août 2010 par njnb

L’information qui a déferlé dans les flux d’informations Internet est bien la condamnation par contumace de Marc Ravalomanana à des travaux forcés à vie avec d’autres militaires pour les évènements du 7 février 2009 où j’avais pourtant souligné les vraies responsabilités et les nombreuses zones d’ombre.

Curieusement, c’est l’AFP qui diffuse l’analyse la plus pertinente « La Condamnation de Ravalomanana complique la sortie de crise ».

Ce acte qui vient mettre de nouveau de l’huile sur le feu, confirme la position d’Andry Rajoelina de faire perdurer la crise pour se maintenir au pouvoir et de ne jamais respecter de quelconques accords ou résolution d’assises. En effet, parmi les résolutions des assises militaires figurait l’annulation des poursuites sur les militaires impliqués dans des affaires politiques. Ce sera une autre résolution, avec celles de Maputo, sur laquelle Rajoelina va donc se torcher.

Je n’ose imaginer l’usage anal qu’il fera des accords d’Ivato ou de la réunion de Vontovorona…

En résumé, il n’y a aucune volonté de mettre fin à la crise chez Rajoelina malgré les beaux discours.

Plus intéressant, comme le fait sous-entendre AFP, la patience française touche à ses limites, notamment parce que l’équipe HAT ne défend pas/plus les intérêts économiques français :

D’une part, la crise qui dure ce n’est pas bonne pour les affaires des entreprises françaises implantées localement, d’autre part, certaines sont mêmes menacées à l’image d’Orange Madagascar, filiale de France Telecom (Etat français) mis à mal par les coups bas de Telma.

De plus, la plupart des contrats publics ne sont pas passés avec des entreprises françaises mais avec des entreprises chinoises, malaysiennes et d’autres encore plus exotiques. En comparaison, le laitier et ses potes coréens étaient de gais lurons…

Insécurité économique en somme mais également insécurité physique ; plusieurs ressortissants français ont fait les frais (viols, braquages…) de la vague de criminalité orchestrée par les gros pontes de la HAT. Avec le recul, la critique de J.M Chataîgner sur les FIS semblerait être une sorte de « montrer du doigt » les coupables…motivée par les renseignements de la DGSE ?

La France paye et protège Rajoelina mais en retour, ne semble pas avoir grand chose de ce dernier.

La Suite sur : http://njnb.wordpress.com/2010/08/30/sans-les-gants-et-bientot-sans-les-dents/

8.Posté par AFP le 01/09/2010 10:58

Madagascar: la condamnation de Ravalomanana complique la sortie de crise

De Grégoire POURTIER (AFP) – Il y a 2 jours

ANTANANARIVO — La condamnation de l?ancien président malgache Marc Ravalomanana aux travaux forcés à perpétuité risque de constituer un nouvel obstacle aux tentatives de sortir l'ile de plus d'un an et demi de crise politique, ont déclaré des responsables et analystes.

M. Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud, a été condamné samedi par contumace par la cour criminelle ordinaire d?Antananarivo pour son rôle dans la tuerie du 7 février 2009.

Ce jour-là, la garde présidentielle avait tiré sans sommation sur une foule qui se dirigeait vers le palais abritant les bureaux du président Ravalomanana, dans le centre de la capitale, faisant au moins une trentaine de morts et plus d?une centaine de blessés.

"Cela ne va pas faciliter le processus de sortie de crise", a commenté à Antananarivo un diplomate occidental sous couvert d?anonymat.

"Je suis perplexe sur le télescopage entre ce procès, qui mérite une enquête approfondie, et les réunions politiques sur la gestion de la transition", ajoute-t-il, notant la rapidité des audiences qui n?ont duré que deux jours.

M. Ravalomanana, interrogé depuis l?Afrique du Sud par l'AFP, a dit rejeter un verdict "stupide, ridicule".

Il a dénoncé un procès politique qui a pour but, a-t-il dit, de l'"empêcher de (se) présenter à la prochaine présidentielle" et de "troubler les pourparlers en cours en ce moment à Madagascar".

"Ca va compliquer la résolution de la crise. Comment voulez-vous qu?on continue à discuter?", s?est interrogé Fetison Andrianirina, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana aux négociations politiques à Madagascar.

"C?est un arrêt scélérat auquel nous n?accordons pas d?importance particulière", a-t-il ajouté à l?AFP.

Le 7 février 2009, Andry Rajoelina, alors maire d'Antananarivo et opposant à Marc Ravalomanana s?était déclaré "en charge des affaires du pays" après des semaines de confrontation et de manifestations publiques.

Il avait nommé un "Premier ministre" que des milliers de partisans avaient voulu installer au Palais présidentiel, lieu de la fusillade.

Madagascar est plongée dans une crise politique grave depuis fin 2008, qui a conduit à l?éviction en mars 2009 du président Ravalomanana et à son remplacement par son principal opposant, M. Rajoelina, alors soutenu par l?armée.

Malgré les tentatives de médiations internationales et la signature d?accords l?an passé à Maputo et Addis Abeba, le pays n?a pas entamé de processus unanimement reconnu pour mettre fin à la transition et la plupart des bailleurs de fonds ont suspendu leurs aides envers cette île pauvre de l?Océan Indien.

Il y a quinze jours, un accord entre plusieurs partis politiques et M. Rajoelina a été signé pour mettre en place une transition consensuelle.

M. Ravalomanana et les deux anciens présidents Albert Zafy et Didier Ratsiraka refusent de s?y associer, alors que certains représentants de leurs mouvances ont choisi d?y adhérer.

Cet accord prévoit un référendum constitutionnel le 17 novembre, des législatives en mars 2011 et le premier tour de la présidentielle le 4 mai.

Alors que de larges négociations ont eu lieu cette semaine et devaient se poursuivre dans les jours à venir, un rapprochement des positions semble aujourd?hui compromis.

Samedi, M. Ravalomanana a estimé que "le régime illégal de M. Rajoelina n?a pas la volonté politique de résoudre le problème".

9.Posté par Joseph II, le 01/09/2010 21:44

NJ, AFP, vous n'avez pas un cerveau, pour ne faire que copier-coller des dépêches favorables à votre maître suprême ?

Parlez moi plutôt des deux personnes qui ont reconnu avoir tiré depuis certaines fenêtres et qui ont été jugées aussi. Qui en parle ?

Avez vous les minutes du procès ?

Ce serait assurément plus intéressant que de reproduire ici des articles de journaux ou des dépêches, connues pour n'être que des faits bruts, peu vérifiés, synthétiques, peu nuancés.

Je le fais rarement de copier-collersauf quand c''est vraiment intéressant et documenté, c'est tout l' intérêt d' un forum de DISCUSSION, non pas de "propagander" ou de piquer le travail des autres, mais d'argumenter.

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