Océan Indien

Madagascar : Vers la fin de l'interdiction du commerce de bois de rose

Mardi 30 Juillet 2013 - 08:53

Madagascar : Vers la fin de l'interdiction du commerce de bois de rose
Le bois de rose fait l'objet à Madagascar d'un important trafic, en particulier vers la Chine, malgré l'interdiction de son commerce. Mais un projet d'ordonnance permettant la vente de certains stocks de ce bois provoque actuellement l'émotion. Selon RFI, la Banque mondiale a d'ores et déjà réagi, indiquant qu'elle pourrait interrompre ses financements dans l'environnement.

L'exploitation comme la vente de bois de rose sont logiquement totalement interdits à Madagascar, mais cette interdiction est peu respectée.

Alors ce projet permettant de légitimer le commerce de certains stocks, des saisies de l'administration par exemple, est très mal perçue. D'autant que cette ordonnance donnerait le pouvoir sur ce secteur à un nouvel organisme entièrement dépendant de l'Etat.
SB
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1.Posté par pipoteur le 30/07/2013 10:10

"D'autant que cette ordonnance donnerait le pouvoir sur ce secteur à un nouvel organisme entièrement dépendant de l'Etat. "
Sachant qu'il n'y a plus d'Etat, ça en dit long sur la destination des revenus tirés de cette vente!
Ave Rajoelina!!

2.Posté par ignace le 30/07/2013 10:29

Si vous voulez arrêter le commerce du bois de rose, arrêtez d'acheter des meubles asiatiques en bois de rose (il y a plusieurs magasins à La Réunion). Mais n'empêchez pas les Malgaches de vivre dignement. Vendre du bois de rose, c'est quand même mieux que la prostitution !
Le bois de rose n'est commercialisable qu'adulte (20 ou 30 cm de diamètre minimum), donc, à mon humble avis, cela ne porte pas tellement de préjudice à la forêt, le problème c'est que les politiciens de Tana cherchent à faire main basse sur ce commerce qui est actuellement aux mains des côtiers de la région Sambava-Antalaha.

3.Posté par J-L Gajac le 30/07/2013 13:22

Oui Ignace, vous avez raison de rappeler la réalité.
Cette affaire de bois de rose, qui ne date pourtant pas de 2009 est instrumentalisée par les Occidentaux comme argument contre la Transition et pour tenter de démontrer que les malgaches ont eu tort de se révolter contre les excès et abus de toutes sortes de Ravalomanana, le fidèle agent de l'ultra libéralisme. Donc la propagande y va à fond sur le sujet. Le pipoteur y va encore de son couplet primaire anti Rajoelina, qu'il radote depuis toujours.

Mais passons aux discours d'adultes responsables, Mongabay, une officine de la CIA pseudo écologiste américaine en fait son cheval de bataille anti-souverainiste, mais par contre, ces voyous ne disent pas un mot du réel problème du bois de chauffe et de la déforestation, car ce n'est pas aussi juteux comme "marché".

Voici ce qui est important et qui n'intéresse pas les propagandistes du libéralisme économique :

Plus de 90% de la population dépendent de la forêt dans leur quotidienneté. Ce qui favorise la déforestation. Les chercheurs comme les organismes et plateformes œuvrant dans ce domaine affirment, à l’image de l’Alliance Voahary Gasy, que la situation est devenue encore plus alarmante. Plus de 20% du territoire malgache seraient recouverts par la forêt, soit environ 13 millions d'hectares. A l’heure actuelle à cause de la déforestation, près de 200 à 300.000 hectares de forêt disparaîtraient. Ce processus s'est récemment intensifié, tout particulièrement dans le sud et le sud-ouest de l'île. Dans la forêt des Mikea par exemple, les surfaces déboisées ont quadruplé depuis la fin des années 1980.
Dans le sud et le sud-ouest de la Grande Ile, la déforestation est à imputer, en grande partie, au développement de la culture du maïs sur abattis-brûlis, appelée localement “hatsake”. Cette agriculture “pionnière” se développe rapidement aux dépens de la forêt sous l’effet de plusieurs facteurs : une pression démographique accrue du fait de l’arrivée de migrants, une saturation foncière des terres les plus fertiles consacrées aux cultures intensives, le relâchement du contrôle par l’Etat des défrichements forestiers.
Pourtant, de nombreux chercheurs affirment que le hatsake n’est pas un système de culture durable. L'agriculteur défriche sommairement un espace de forêt qu'il brûle et, dès les premières pluies, sème le maïs. Au cours des trois premières années, si les conditions climatiques sont favorables, les rendements sont satisfaisants (ils peuvent dépasser 1.500 kg de grains par hectare), sans que le travail investi soit important. Un atout donc, compte tenu des surfaces cultivées. Mais, par la suite, ils ne cessent de diminuer pour atteindre des niveaux très bas (moins de 500 kg par hectare) après cinq à six années de culture. Cet effondrement s'explique par un appauvrissement des sols et l’envahissement des parcelles par les mauvaises herbes. Ces dernières pourraient être éliminées par un important travail de sarclage, rarement réalisé du fait de l’étendue des terres mises en culture. Les agriculteurs se contentent le plus souvent de brûler les pailles de ces mauvaises herbes en fin de saison sèche, pour en limiter la prolifération.
Après avoir cultivé une même parcelle pendant 5 à 10 ans, l'agriculteur se trouve contraint de l'abandonner au profit d'une nouvelle défriche. Des questions se posent alors : comme la forêt peut-elle se reconstituer après l’abandon des cultures sur abattis-brûlis ? Les résultats concluent à l'irréversibilité de la déforestation.
En effet, aux cultures abandonnées se substitue une savane boisée, et l’écosystème forestier ne se reconstitue pas, même après 30 ans de friches. Devenue une composante structurelle de l’écosystème, l’herbe empêche en outre la remise en culture de ces friches par la pratique du hatsake. D’autre part, les conditions climatiques plus arides du sud malgache induisent une dynamique plus lente de la végétation. Enfin, la fragilité et la faible compétitivité de la flore forestière endémique ne concourent pas à la reconstitution de forêts secondaires.
La déforestation à Madagascar demeure parmi les plus préoccupantes du monde tropical. Bien que son coût écologique n'ait pas été entièrement évalué, quelques points peuvent d'ores et déjà être mis en avant. L’érosion de la biodiversité s’avère très élevée. Selon une estimation réalisée dans la forêt des Mikea, la déforestation s’accompagne de la disparition de 75% des espèces végétales originelles, parmi lesquelles des espèces de grande valeur économique, exploitées comme bois d'œuvre ou utilisées comme plantes médicinales. Un fait d'autant plus alarmant que les forêts malgaches abritent la quasi totalité des espèces endémiques de l'île.


Alors, pipoteur, toujours obsédé comme les américains, " le peuple modèle de la Liberté et de la Démocratie" par le bois de rose, mais pas un mot sur la déforestation, c'est pas un sujet assez rentable pour la propagande ?

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