Océan Indien

Madagascar : Près de 100 morts après des affrontements entre villageois et dahalos

Mardi 4 Septembre 2012 - 09:11

Madagascar : Près de 100 morts après des affrontements entre villageois et dahalos
Les affrontements liés aux vols de zébus ont connu une escalade de violence sans précédent ce week-end.

Dimanche, la presse rapportait une fusillade mortelle entre forces de l'ordre et dahalos, faisant trois morts du côté de la police et six du côté des voleurs de bétails. Mais les violences ont été bien plus amples dans d'autres régions du Sud-Est de Madagascar. Des affrontements ont eu lieu entre des villageois et des dahalos.

Les chiffres divergent selon les sources... "67 voleurs ont été tués et 12 villageois blessés" dans la nuit de vendredi à samedi, a affirmé à l'AFP le lieutenant colonel Tahina Rakotomalala, chef de service des opérations de la gendarmerie nationale. "100 zébus ont été volés et 98 récupérés", selon lui.

Les autorités régionales parlent pour leur part de 86 dahalos tués, se félicitant que "les habitants se prennent en main sans les forces de l'ordre". Le colonel de gendarmerie a ensuite annoncé la mort de 23 autres dahalos dans la nuit de dimanche à lundi dans le même district de Fort Dauphin, mais dans une autre commune, à Emanombo.

Remenabila toujours recherché

D'habitude, les voleurs de bétail préviennent les villageois de leur intention, afin de les intimider. Mais les villageois ont cette fois-ci tendu une embuscade aux dahalos. La gendarmerie a annoncé l'envoi de renforts auprès des habitants des communes rurales concernées par les heurts de vendredi soir, Fenoaevo, Enaniliha, Roangafeno, Eniniriny, "pour faire face à une éventuelle vengeance des dahalos".

Depuis plusieurs mois, les forces de l'ordre traquent les voleurs de zébus et leur présumé meneur, Remenabila, un sexagénaire dont la tête est mise à prix. Les autorités malgaches offrent l'équivalent de 35.000 euros, une véritable fortune, à qui le livrera "mort ou vif".

Remenabila
Remenabila
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1.Posté par Thierry le 04/09/2012 09:28

Le vol était devenu un jeu pour les voleurs sachant qu'ils étaient capable de faire régner la terreur... comme quoi, à qui veut se prendre en main, l'impensable peut se réaliser... Les voleurs vont réfléchir avant de s'y reprendre ... Le travail c'est mieux ...et voler c'est pas beau ...

Maintenant, attention aux poules, plutôt aux oeufs ... car qui volait un boeuf, volera un oeuf ... reconversion ...

2.Posté par Gajik le 04/09/2012 11:08

Encore une fois, on voit l'Histoire par le petit bout de la lorgnette : Quid des commanditaires, des gros zozos qui trafiquent les zebus volés à l'export ? NEANT, le VIDE sidéral, personne n'en parle alors que c'est là le noeud de l'affaire.

Comme pour le bois de rose et autres bois précieux, le trafic juteux ne date pas de 2009 mais a été largement initié par Ravalomanana lui-même. Personne ne parle des commanditaires pour les zébus volés ? Si la Gazette de la Gde Ile dans son numéro de ce jour qui ne donne pas de noms mais évoque les circuits mafieux d'exportation illicite. Il ne serait pas étonnant de voir dans ces trafics des noms connus qui ont un double objectif : faire des super profits et entretenir une ambiance malsaine et de violence dans le Sud etnaffaiblissant l'armée et la Transition sur ce Nième front de déstabilisation. Des gens qui roulent en gros hummer noir ? ....

Vols de bovidés: L’export mobilise des réseaux mafieux
Lundi, 03 Septembre 2012
« Sans des réseaux mafieux, des vols de bœufs par millier ne sont pas possible, comme c’était le cas hier à Betroka.
Rappelons que ce genre de réseaux existe depuis des décennies mais qu’à l’heure actuelle, il tend à prendre des proportions inquiétantes. Il compte des opérateurs économiques, des responsables issus des différentes entités administratives concernées. La non-application stricte des textes aggrave encore la situation. Il n’y a qu’à observer la fiche des zébus. Certaines autorités utilisent encore le Certificat d’origine du bovidé (COB) remplacé depuis longtemps déjà par la Fiche individuelle du bovidé (FIB). Le méli-mélo entre ces deux documents favorise le blanchiment de bœufs volés ». L’explication est d’un fonctionnaire travaillant dans une zone rouge. Il avance également que les défis lancés par les « dahalo » aux forces de l’ordre ne répondent plus aux besoins du marché local de viande bovine. Ils sont liés à la reprise, même illicite, de l’exportation de bœufs sur pieds.
Sur les marchés voisins, l’engouement pour la viande rouge est en baisse à cause de la montée du prix. A Maurice, le prix de cette viande a augmenté de 25% sur les 4 dernières années, soit une augmentation annuelle moyenne de 6%. Les prix ne sont pas près de baisser à cause d’une nouvelle poussée des prix à l’international. On devra même s’attendre à une augmentation de ces prix d’ici la fin de l’année. Notons que Maurice est un marché qui s’entoure d’importantes barrières non tarifaires, c'est-à-dire de mesures sanitaires et phytosanitaires très strictes. Il en est de même pour La Réunion. Cela signifie que les bœufs volés à Madagascar et expédiés illicitement à l’export ne rejoignent pas ces marchés. Il est sûr qu’ils vont sur des marchés moins regardants en matière de traçabilité et de protection des consommateurs. Ainsi, la montée des prix de la viande rouge à l’international constitue un risque majeur pour le cheptel bovin de la Grande Ile. Il faut déjà noter qu’aucune politique ne régit cette filière.
Pire, aucune stratégie claire n’a été développée depuis l’indépendance pour préserver et développer la race locale. Même les zones réputées riches en cheptel bovin, ne comptent plus des têtes aussi nombreuses qu’auparavant. Il est loin le temps où l’effectif du cheptel bovin au niveau national était le même que la démographie humaine. Cet animal qui devrait être considéré comme un patrimoine national ne reçoit pas des régimes successifs l’attention dont il mérite. Le zébu est pourtant un outil de travail pour le monde rural. Il lui fournit aussi de l’engrais et constitue une épargne pour les ménages qui en ont les moyens. S’il est géré d’une manière durable et donc assorti d’un recensement et de mesures concrètes pour sa préservation, il devrait aussi présenter un secteur juteux pour l’exportation. La situation actuelle est loin d’épouser ce scénario.
Fanjanarivo

3.Posté par Réunionnais Lucide... le 04/09/2012 13:06

Quand on sait ce qu'était la vie à Madagascar et La Réunion il y a 50 ans,...

et que l'on voit aujourd'hui l'état de délabrement total, tant physique que moral, de ce Pays livré aux mains de bandes de mafieux de ces différentes ethnies liées à des politiciens véreux qui depuis son indépendance n'ont fait qu'amener chaque jour davantage sa population vers l'enfer,...

et que l'on compare avec notre île, aujourd'hui, on se dit qu'il est bon d'être Français !!!

4.Posté par Bayoune le 04/09/2012 15:35

Vers la fin des années 80, lors d’une cobférence, j'ai eu l'occasion de rencontrer, celui que les français considéraient comme le diable dans le sud Malgache. Celui qui avait organisé la révolte contre le colonialisme franSSé, paix à son âme, qu'il repose en paix le vieux combattant de la liberté. Monja Jaona nous confiait à Paris que le vol de zébus était organisé par des proches du gouvernement de l'époque, le frère du président aurait été à la tête d'un réseau qui pillait et volait les zébus la nuit, des bateaux à fond plat s’avançaient jusqu'aux plages, embarquaient les zébus aux petits matins vers le Yémen. Ainsi les coupables n'étaient jamais retrouvé, cela se comprend. Les méthodes n'ont sans doute pas beaucoup changé depuis.

5.Posté par Natte le 04/09/2012 16:30

Réunionnais Lucide : ça c'est bien vrai. Je suis totalement d'accord.

6.Posté par Réunionnaise descendant d'un colonialiste Français. le 04/09/2012 19:06

@.Bayoune

A la lecture de votre récit historique à l'eau de rose, bon pour les analphabètes incultes qui ne savent ni lire ni écrire,... il me semble que votre présence est absolument indispensable dans le sud Malgache sur la terre qui vous fait tant fantasmer,... pour aider vos frères à trouver la solution aux problèmes qui les touchent !!!

7.Posté par Gajik le 06/09/2012 00:23

De nouvelles hypothèses émises par le journaliste de la Gazette de la Gde Ile Salomon Ravelontsalama :
" ...Les « dahalo » d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec ceux d’hier. Hier, ils agissaient par bande de 20 membres portant des amulettes au cou et tout juste armés de gourdins, de sagaies et à la limite de fusils de chasse. Aujourd’hui, ils sont environ 300 à attaquer avec des fusils d’assaut et des équipements aussi lourds que ceux des militaires. Il n’y a pas longtemps, le vol de bœufs était confiné à quelques régions. Depuis une semaine, les attaques des « dahalo » progressent à une vitesse vertigineuse, d’est à l’ouest, du sud au nord du pays. Hier, c’est la région de Belo-sur-Tsiribihina sur la côte ouest qui a été la cible des «dahalo ». Résultat : un commandant de compagnie de l’Armée, un commandant de brigade de gendarmerie et un gendarme stagiaire tués.
Il ne s’agit évidemment pas de la même bande qui a sévi dans la région de Betroka tant les deux localités sont très éloignées, l’état des route étant de surcroît. Ce n’est pas non plus celles qui ont terrorisé la région du sud-est lesquelles ont été littéralement décapitées par les populations locales. Tout cela pour dire que toutes ces attaques armées ne sont pas le fait d’une seule et unique banque, à savoir celle de Remenabila. Plusieurs bande seraient organisées pour créer une guerre civile dont les qualificatifs sont d’ailleurs déjà réunis dans le Sud.
Remenabila n’existerait donc pas. Il ne serait qu’une légende, créée par les instigateurs pour décrédibiliser pour de bon les forces armées. Avec la pauvreté actuelle qui facilite la délation et le comportement revanchard des populations locales contre les « dahalo », il est plus qu’étonnant que les primes de 100 millions Fmg pour les informations et de 500 millions pour la capture « mort ou vif » de ce célèbre bandit n’aient rien apporté jusqu’à présent.
Remenabila ne serait que le catalyseur d’une véritable sécession dont le mobile a, comme toute guerre de sécession survenue dans le monde depuis, un caractère économique. Mais ce ne serait pas pour un cheptel bovin d’à peine 6 millions de tête que les bandits sont hyper-armés. Ce serait pour le contrôle de nos richesses minières dont les revendications pour leur exploitation au profit du pays et de sa population sont d’autant plus pressantes qu’elles conduiraient les dirigeants, actuels et/ou futurs, à revoir les contrats d’exploration et d’exploitation.
Difficile d’accuser sans preuve un quelconque opérateur minier étranger opérant dans cette région ou ayant des intérêts non encore exploités même si les armes utilisées par les « dahalo » sont forcément importées. Notre contexte actuel présenterait cependant des similitudes avec des cas tristement célèbres comme le Libéria, la République Démocratique du Congo, des pays d’Amérique latine dont les guerres civiles sont financés par les grosses sociétés étrangères et/ou multinationales pour sucer tranquillement les richesses d’un pays. ... "


Lire aussi "l'hécatombe continue dans les rangs des militaires" :

8.Posté par un observateur le 06/09/2012 10:04

@7.Gajik

La lecture de votre commentaire devrait inciter tous les pseudos "AMI-E-S" de Madagascar ou les nostalgiques comme Bayoune à quitter notre territoire ou ils résident bien au chaud et que leurs compétences ne sont pas reconnues à leurs justes valeurs par l'Etat Français qu'il critiquent constamment à longueur de journées,...

Pour partir dans les meilleurs délais dans la grande île, aider ses habitants qui se sont toujours entre-tués depuis des siècles,... afin d'en empêcher le pillage par des sociétés étrangères et contribuer ainsi à enrichir la population et eux-mêmes !!!


9.Posté par Gajik le 06/09/2012 23:42

Le dossier s'enrichit d'un article de Fanjanarivo qui évoque à la fois la montée du prix des viandes de zebu à l'export et la connection avec des objectifs mafieux de déstabilisation des zones à fort potentiel minier :

« Dahalo » dans le Sud: Des dessous miniers et des réseaux mafieux

" Jeudi, 06 Septembre 2012 09:18
Nettoyage de grandes zones minières qui gagne le Sud et le Menabe et qui risque de se propager dans l’Atsimo-Andrefana, le Melaky et le Boeny. C’est l’analyse d’un économiste à propos du phénomène très explosif de « dahalo » qui sévit actuellement dans le Sud et le Menabe. Il avance qu’il y a peut-être une coïncidence entre la localisation de ce phénomène et ces zones minières, mais que cette coïncidence n’est probablement pas fortuite. « A observer la situation, on dirait que les « dahalo » tiennent à créer une guerre civile dans cette partie du pays. Un tel scénario ne demande qu’à se propager sur d’autres zones et pire, à gagner une grande partie du pays. De quoi faciliter l’entrée de compagnies minières véreuses ou même de compagnies majores mais qui entendent profiter de la situation pour fermer les yeux sur les lois en vigueur et se faire ainsi des profits colossaux. En fait, Madagascar risque de connaître la malédiction des ressources naturelles ».
Notons que l’Atsimo-Andrefana, le Boeny et le Melaky sont particulièrement riches en potentiels miniers et pétroliers. On peut citer les terres rares, l’ilménite, le charbon de terre, le pétrole, le grès bitumineux, l’huile lourde, la bauxite…
C’est fort probablement les régions les plus riches du pays en minerais industriels de grande valeur. Le kilo des terres rares va jusqu’à 900 dollars sur le marché international. Selon les calculs d’un scientifique malgache, les terres rares d’Ambatofinandrahana devraient rapporter jusqu’à 600 milliards de dollars. Certes, Ambatofinandrahana est dans l’Amoron’i Mania (hauts-plateaux), mais il fait partie des zones rouges en matière de sécurité et est limitrophe du Menabe.
Au début de cette semaine, un natif intellectuel de la province de Toliara a avancé qu’il craignait une propagation du nouveau style du phénomène « dahalo » vers la partie sud-ouest, là où le cheptel bovin abonde encore. Sa crainte s’est vérifiée, car avant-hier, Belo-sur-Tsiribihina (région Menabe) a été le théâtre d’un nouvel acte de défi des « dahalo ». Si l’on se réfère au dernier recensement agricole, le Menabe est dans le top 10 des régions dont la population bovine est élevée, soit près de 490 700 têtes. L’Atsimo-Andrefana est le premier avec 1 387 720 têtes. Il est suivi par la Sofia avec 1 094 979 têtes.
Mais le risque de contamination du phénomène «dahalo», jusque dans la Sofia, est minime, étant donné l’absence d’un grand potentiel minier dans cette région. Pour ce qui est de la situation dans le Sud et le Sud-ouest, les « dahalo » défient les forces de l’ordre dont l’effectif est plus qu’insuffisant. Signalons au passage que ce problème est l’une des fâcheuses conséquences du gel des recrutements sous les programmes d’ajustement structurel imposés par le FMI dans les années 80 et 90. Outre les probables dessous miniers de l’actuel phénomène d’insécurité, on doit aussi signaler l’existence depuis des lustres de réseaux mafieux dont la position est stimulée par l’actuelle hausse des prix de la viande à l’international. L’exportation de zébus sur pied doit donc rapporter gros mais ne peut se faire sans des réseaux organisés. D’où ces vols par centaines de têtes perpétrés.
"

10.Posté par Gajik le 07/09/2012 00:02

Enfin, un dossier très intéressant sur la question des dahalo : reprise d'un texte de fond de 1991, d'après Henri RASAMOELINA à lire absolument pour mieux comprendre le contexte historique :

11.Posté par Réunionnaise ayant du bon sens... le 07/09/2012 10:09

@10.Gadjik... Extrait très intéressant de votre lien:

"Que les rédacteurs de certains médias qui écrivent n’importe quoi par manque flagrant de culture lisent attentivement le dossier qui suit. Le plus malheureux est que ces rédacteurs sont Malgaches, vivent à Madagascar et osent parler de « guerre » à propos d’un phénomène à la fois culturel, social et économique. Parce qu’ils ignorent l’Histoire de leur propre pays."

A la lecture de ce qui précède, il ne fait aucun doute que ce préconisé par @8. un observateur, doit s'appliquer sans tarder... notre compagnie régionale "Air Austral" archi-subventionnée avec nos impôts qui vient de signer un partenariat avec Air Madagascar sera heureuse de les accueillir sur ses vols !!!

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