Océan Indien

Madagascar : Pas de sortie de crise à l’horizon

Mercredi 4 Mars 2009 - 17:19

Si jusqu’ici les Malgaches montraient leur ferveur à Andry Rajoelina, qui se présentait comme une alternative au gouvernement actuel, avec un président Marc Ravalomanana perçu comme un affairiste, la dévotion s’est largement dissipée.


Madagascar : Pas de sortie de crise à l’horizon
Une grève générale illimitée est décrétée depuis lundi par Andry Rajoelina, ex maire d’Antananarivo et président d’un gouvernement de transition auto-proclamé.

Aujourd’hui le peuple malgache n'aspire qu'à un rapide retour au calme. L’espoir de voir s'instaurer une vraie démocratie n’est plus vraiment d’actualité. Les Malgaches veulent surtout retourner au travail et se sentir en sécurité.

Le président officiel Marc Ravalomana a dit ce matin, en s’adressant aux manifestants pro-TGV: "Je n’accepterai plus les transgressions de la loi". Mais selon différentes sources, il y a des morts quasiment chaque jour. Les informations sont difficilement vérifiables. Sobika.fr, un site d’information malgache dont l'indépendance semble être reconnue de tous, rapporte par exemple aujourd'hui qu’une trentaine de coups de feu ont été entendus dans la capitale et également dans les environs de l'Université d’Antananarivo.

Aujourd'hui encore, de simples civils ont été confondus avec les émeutiers lors d’une manifestation. "Il y a eu des morts à Tana, et c’est une partie de l’armée, commandée par le président Ravalomanana, qui s’empare des corps pour les rassembler dans des fosses communes. Ils sont déclarés disparus, et leurs corps sont retrouvés quelques jours plus tard… Les téléphones portables sont brouillés et la radio Andive, une radio privée, a reçu des menaces de la part des militaires et n’émet plus aujourd’hui. Il y des choses que l’Etat Major ignore, comme le fait qu'une partie des militaires sous contrôle du président procède à des arrestations arbitraires et ils agissent de nuit. D’autres commettent des actes de banditisme et sont payés pour le faire," a déclaré un ressortissant malgache, ayant pris des nouvelles auprès de sa famille résidant sur la Grande Ile.

Par ailleurs, l'Union Africaine donne un délai de 15 jours au président Marc Ravalomanana pour revenir à une situation normale, sous peine d'annuler le sommet prévu au mois de juillet à Antananarivo.

En l'état actuel des choses cependant, nul ne voit d'où pourrait venir la solution à court terme...
Karine Maillot
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