Océan Indien

Madagascar : Haro sur la Haute Autorité de Transition

Mercredi 15 Avril 2009 - 07:33

Les discussions entre les différents courants politiques qui se tiennent à Ambohibao Ambohijanahary, à l’ambassade du Sénégal à Antananarivo, s’annoncent compliquées. Le week-end dernier, les représentants de Marc Ravalomanana et ceux de Didier Ratsiraka ont quitté les négociations parrainées par les Nations unies.


Madagascar : Haro sur la Haute Autorité de Transition
Dans son message de Pâques, Andry Rajoelina a invité les personnes de bonne volonté, toutes tendances confondues, à rejoindre le mouvement de la Transition.
Il a besoin d’être reconnu autant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Grande Ile s’il veut rester crédible, mais doit faire face à une forte contestation à l’intérieur même de Madagascar. Même la mouvance Ratsiraka, que l'on pensait proche du nouveau pouvoir, a publié le 11 avril dernier un memorandum dans lequel elle déclare: "Nous ne pourrons plus participer dans les conditions actuelles au dialogue politique inclusif organisé à l'ambassade du Sénégal, car nous ne voulons pas être jugés par le tribunal de l'Histoire pour avoir avalisé et entériné un coup d'Etat institutionnel et militaire".

Didier Ratsiraka, qui a pourtant soutenu Andry Rajoelina pendant l’apogée de la crise politique prend ainsi ses distances. Il a boycotté la rencontre du dimanche 12 avril dernier, tout comme les délégués du parti de Marc Ravalomanana qui n'ont plus participé aux négociations depuis le samedi 11 avril. La réunion est donc reportée à une date ultérieure.

Par ailleurs, les partisans de l’ex président Marc Ravalomanana, composés notamment des Femmes "légalistes", des fonctionnaires et des personnels de la CUA (Commune Urbaine d’Antananarivo) ont annoncé qu'ils se mobiliseront encore toute cette semaine pour demander le retour du président déchu.

TGV en quête de reconnaissance

Andry Rajoelina dit "TGV" est donc de plus en plus isolé. Il veut pourtant donner une image plus positive à la Communauté internationale qui, tout comme l’Union africaine et la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), contestent toujours le pouvoir de la Haute autorité de transition. L’Afrique Australe, par exemple, avait suspendu Madagascar lors du sommet du Swaziland, le 30 avril dernier.

L’Union Africaine avait de son côté déclaré peu de temps après la démission de Marc Ravalomanana le 17 mars dernier, qu’elle ne reconnaissait pas le pouvoir d’Andry Rajoelina en tant que président de la HAT et considérait sa prise de pouvoir comme un coup d’Etat.

"TGV" voudrait faire de la transition le pilier d'une IVème République, mais il est confronté à deux vieux briscards de la politique malgache. Marc Ravalomanana n’a pas encore jeté l’éponge et le spectre de Didier Ratsiraka fait de l’ombre au jeune président. Et pour couronner le tout, mis à part la France, la Communauté internationale a interrompu les aides financières et les caisses de l’Etat sont vides…
Karine Maillot
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