Océan Indien

Macron à Mayotte pour une journée marathon

Le président de la République débute sa tournée dans l’océan Indien par une visite express ce mardi à Mayotte. Il sera accompagné du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et des Outre-mer Annick Girardin.

Mardi 22 Octobre 2019 - 07:35

Instantané de la campagne électorale des présidentielles 2017 sur l'île de Mayotte, devant un site d'embarquement pour un ferry (photo : Pierre Marchal - Anakaopress)
Instantané de la campagne électorale des présidentielles 2017 sur l'île de Mayotte, devant un site d'embarquement pour un ferry (photo : Pierre Marchal - Anakaopress)
Il n'arrive pas en terrain conquis. Malgré le bon score obtenu au second tour en 2017, Emmanuel Macron doit composer avec la montée du Rassemblement national dans le 101e département. Lors des Européennes de juin 2019, le parti de Marine Le Pen a tout simplement obtenu son meilleur score au niveau national à Mayotte.

En 2017, le candidat Macron était arrivé, lors du 1er tour de la présidentielle, qu'en troisième position avec 19% des suffrages (contre 27% pour Marine Le Pen et 32% pour François Fillon). Au second tour néanmoins, Emmanuel Macron avait devancé Marine Le Pen en obtenant 57,11% des suffrages contre 42% à son adversaire. C'est donc dans le plus récent département français (statut obtenu en mars 2009) que le Chef de l'État entame sa tournée dans l'océan Indien ce mardi.

À 9H30, l’avion présidentiel doit atterrir à l’aéroport de Mayotte-Pamandzi. Les honneurs militaires seront rendus au président de la République, suivis d’un accueil républicain. Le président s’adressera immédiatement aux Mahorais. Une déclaration est prévue dès sa descente d’avion. 

Le rythme de sa visite est millimétré. À peine une heure après son arrivée, le président s’attaquera à la problématique numéro un soulevée par les Mahorais qui réclament plus de contrôle face à l’immigration en provenance des îles de l'archipel des Comores. Aux côtés du président, Christophe Castaner est également attendu sur cette question alors que le ministre de l'Intérieur avait dû écourter sa visite le 16 avril dernier en raison de l'incendie survenu à Notre Dame de Paris.

La crise migratoire abordée dès la première séquence

Le président de la République embarquera à bord d’un intercepteur de la Police aux frontières pour mieux se rendre compte des moyens déployés par les services d’Etat à Mayotte. Trente minutes plus tard, il est attendu à Mamoudzou où lui seront présentées des unités engagées sur l’opération Shikandra. L’opération "Shikandra" a été dévoilée en août dernier par Annick Girardin. Il s’agit d’un plan civilo-militaire de lutte contre l'immigration clandestine qui est organisé autour de quatre axes : la protection des frontières, la réaffirmation de la présence à terre, l’approfondissement du travail judiciaire, la coopération internationale avec notamment les Comores.

Le plan doit être effectif à la fin de l'année 2019. Il prévoit notamment une consolidation de la lutte en mer, avec 22 personnels supplémentaires dans les effectifs embarqués, 10 militaires pour la brigade de gendarmerie et 12 fonctionnaires pour la brigade nautique de la police aux frontières. Le nombre des navires intercepteurs passera de 5 à 8 en janvier 2020.

Mise au point sur le Plan de convergence

À midi, les élus du 101e département français sont conviés à un déjeuner républicain au cours duquel Emmanuel Macron doit aborder la question du développement de l’île et notamment le plan de convergence, en réponse, notamment, à la crise sociale sans précédent qui avait paralysé l’île de janvier à avril 2018. Lancé le 8 juillet 2019 à l’adresse de sept collectivités d’Outre-mer, les premiers Contrats de convergence et de transformation (CCT) ont été signés en présence du président de la République, du Premier ministre, de la ministre des Outre-mer et sept ministres. Le CCT de Mayotte était estimé à près d’1,7 milliard d’euros.

Mercredi après-midi, c’est un bain de foule qui attend le président de la République dans le nord de l’île, à Hamjago, commune de M’Tsamboro. Le président doit, là aussi, échanger avec la population sur l’évolution de la stratégie opérationnelle et les moyens déployés en matière de lutte contre l’immigration clandestine, prévoit le programme de l’Elysée.

Enfin, à 20H30, Emmanuel Macron doit s’entretenir une trentaine de minutes avec le président du Conseil départemental Soibahadine Ibrahim Ramadani avant de rendre hommage aux femmes mahoraises ayant changé le cours de l'Histoire en refusant l'indépendance de Mayotte. 
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par Marc le 22/10/2019 21:16

Ainsi donc selon Macron (et le Rassemblement national), grands utilisateurs d'arguments puisés dans le caniveau des déblatérations xénophobes, les Mahorais souffriraient de l'immigration de leurs frères comoriens. Je n'ai jamais entendu dire par mes parents qu'un de mes frères, qu'une de mes soeurs, étaient de trop dans la famille et m'étaient étrangers.
Mais voilà ce discours discriminatoire et savamment distillé permet d'exonérer l'Etat français, qu'il dirige, de ses manquements en matière d'investissements publics à Mayotte, dans l'Education nationale, la santé ou le logement, de la non-application du Smic et des allocations sociales françaises à Mayotte, alors que le coût de la vie est particulièrement élevé, surtout pour les plus bas salaires et les plus pauvres. Et tout cela pour le plus grand profit du patronat qui impose sa loi aux salariés mahorais et comoriens.

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