Justice

"Lui et sa femme ont été heureux pendant 25 ans… Puis ils se sont rencontrés !" (d’après Sacha Guitry)

Mardi 27 Février 2018 - 17:19

​Correctionnelle Sud - Mardi 27 février 2018


"Lui et sa femme ont été heureux pendant 25 ans… Puis ils se sont rencontrés !" (d’après Sacha Guitry)
Drôle de "client" que ce Dominique M…  Propre sur lui, rasé comme Statam, dans les 1m75, épais comme un hareng très saur, il surprend d’entrée son auditoire. À la présidente Dinot qui lui demande où il habite, maintenant qu’il a cramé sa maison et a failli carboniser ses deux enfants du même coup, il dit qu’il est chez sa mère.

"Et comment s’appelle-t-elle, votre mère ?"

Bonne question… Il se gratte la tête, sourit d’un air emprunté… Il ne s’en souvient plus. C’est la brave dame elle-même qui, bondissant des bancs du public, s’approche pour confirmer que c’est bien chez elle qu’il loge, et donne son nom.

"Ah oui ! jubile-t-il, un doigt au plafond. Marie M… C’est ma mère". Ça commençait bien… Ça va se poursuivre de la même farine.

La victime… c’est lui !

Car n’allez pas croire !… S’il a écrit à son ex pour lui dire qu’il allait se suicider et emmener leurs deux enfants avec lui ; s’il a aspergé sa maison d’essence pendant que les deux mômes étaient effectivement chez lui ; ben la seule vraie victime, dans l’affaire, c’est lui et personne d’autre.

D’ailleurs, lorsque la présidente cherche où se trouve son ex et que personne ne répond à l’appel, il se retourne vers la salle, sourire goguenard, et lance :

"Elle a peut-être quelque chose à se reprocher ?"

Quand on vous disait…

Pour (essayer de) faire simple… Dominique et son épouse se sont rencontrés… il y a trop longtemps. Elle avait déjà 4 enfants et en a eu 2 autres en sa compagnie ; dont il persiste à dire qu’ils ne sont pas de lui.

Cette malheureuse victime du sort, des femmes et de l’infidélité conjugale réunis, a pourtant tout accepté. Enfin, c’est lui qui le dit. Jusqu’à servir de caution pour l’ancien époux "parce qu’elle voulait l’avoir tout le temps sous la main. Et moi, comme un imbécile, j’ai marché. D’ailleurs, elle a commencé à me tromper à peine deux mois après notre mariage".

Il a tout de même reconnu les deux enfants dont il prétend nier la légitimité.

"Une salope reste une salope" (sic !)

Sans doute las de ne plus passer sous les portes (c’est du moins ce qu’il laisse entendre), il a fini par la quitter après 7 ans de bons et loyaux services en qualité de cocu. Mais c’est alors, dit-il encore, qu’il plonge dans une sévère dépression. Jusqu’à écrire à son ex qu’il va se tuer, qu’elle sera veuve mais n’aura pas non plus leurs deux enfants qu’il compte emmener dans son parcours final.
Ce qu’il va finir par tenter.

Un jour de 2017, il prend la garde de ses enfants et après avoir copieusement aspergé les murs de sa maison d’essence, il y met le feu.

Sans doute saisi d’une trouille salutaire, il parvient à mettre ses enfants et lui-même à l’abri. La maison est détruite de fond en comble.
"Ce sont pourtant vos enfants ?" s’enquiert doucement la présidente Dinot.

"C’est encore à prouver, ça".

Pourquoi a-t-il voulu s’en prendre aux enfants ? La lettre d’avant-suicide qu’il a expédiée à sa femme est inquiétante… quant à sa salubrité mentale.

"Tu seras veuve car mes enfants ne vivront jamais avec un homme que tu auras choisi. Parce qu’une salope reste une salope (sic !)"

La descente aux enfers

Aux demandes d’explications de la présidente, il répond encore (quand il le veut bien) :

"C’était nerveux, tout ça. Je n’en pensais rien… C’était sous le coup du stress… Je me suis fait avoir dans tous les sens… Je réfute toute responsabilité… J’étais un simple compte bancaire pour elle, ses amants, son ex d’avant moi, et pour ses quat’zenfants. Elle m’a trompé tout-de-suite dès notre mariage…"

Pour défendre cet indéfendable, Me Coralie Faivre a mis en avant que son client poursuivait "sa descente aux enfers ; il est passé très vite de 99 à 66 kilos". On a du mal à le croire quand on voit l’ablette du réverbère (inside joke).

Médicaments à hautes doses, soins adéquats plusieurs hospitalisations, rien n’y a fait et les tentatives de suicide seraient nombreuses.

En fait, la défenderesse a juste réussi à prouver que son client est encore plus cintré qu’on ne le pensait, et a réclamé la clémence du tribunal.

Clémence accordée. Dominique a été condamné à une contrainte pénale de deux ans,  pendant lesquels il devra se soumettre à des soins, contrainte qui sera suivie par un conseiller. Faute de quoi, ce sera 4 mois au mitan.

Plus un petit euro symbolique pour la mère de ceux "dont je ne veux même plus entendre parler car ce ne sont pas mes enfants".

À se demander alors pourquoi, relatant l’incendie, il a précisé :

"J’ai réussi à sauver MES enfants".
​ Jules Bénard
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1.Posté par Jp POPAUL54 le 27/02/2018 21:43

Les enfants sont à plaindre; ils sont les victimes de ce chaos parental.

2.Posté par J-Paul Ah-Kang le 27/02/2018 23:00

Au mitan ou au mitard, Jules Bénard ?

3.Posté par Jules Bénard le 28/02/2018 05:58

À posté 2 :
Tu as raison, Jean-Paul. Le mitan est le nom argotique du "milieu", celui des truands.
Le pire est que je le sais bien ; mais pourquoi cela a-t-il pu m'échapper ? Mystère.
Merci pour ta remarque, ami.

4.Posté par J-Paul Ah-Kang le 28/02/2018 22:47

Lapsus calami, amigo ! Ou le "doigt d' Esope",la pire et la meilleure des choses sur le clavier !

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