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Courrier des lecteurs

Lettre ouverte aux candidats au 2nd tour des élections municipales et communautaires du 28 juin


La gestion de l’errance animale : une grande absente des programmes des candidats, mais qui s’invite parfois in-extremis…

Par Astrid PUISSANT, DROIT DE CITÉ - Refuge ARCHE DE NOE - Publié le Vendredi 12 Juin 2020 à 17:03

Au volant TEUF TEUF, tortue radiata de 15 ans et en passager le chat FILOU.
Au volant TEUF TEUF, tortue radiata de 15 ans et en passager le chat FILOU.
Le 28 Juin prochain, à l’occasion du 2ème tour, nous élirons au suffrage universel, sur un même bulletin de vote, les futurs conseillers municipaux et les conseillers communautaires.
 
Un détail  non sans conséquences dans la mesure où les maires ont perdu progressivement bon nombre de leurs compétences transférées aux intercommunalités, les amputant de certains de leurs pouvoirs et les obligeant dès lors à composer avec leurs  homologues de tous bords.
 
Parmi ces compétences transférées,  une compétence nous  interroge  plus particulièrement : celle de la gestion de l’errance animale à la Réunion, un transfert de compétence qui a vu passer déjà trois mandatures et en vertu duquel les maires conservent uniquement leur pouvoir de police. Des pouvoirs récapitulés dans un document édité par la DAAF de la Réunion à l’intention des maires et accessible sur son site (onglet « Protection animale »).
 
Et si  les candidats sont fort diserts sur leur programme de candidats aux élections municipales, la plupart, à quelques rares exceptions près,  restent muets sur leurs intentions dans le cadre de leur mandat au sein des futurs Conseils communautaires.
 
Au vu du résultat de la gestion de l’errance animale par les intercommunalités depuis plusieurs mandatures, on peut légitimement se poser la question de l’ambition des candidats sur le sujet.
 
En effet, si la CINOR et la CIVIS ont tiré leur épingle du jeu avec la construction d’un ensemble fourrière-refuge à STE MARIE (CINOR) et à ST-PIERRE (CIVIS),   si la CASUD a rattrapé son retard avec une fourrière-refuge au TAMPON à laquelle s’est  rajouté en 2019 un dispensaire géré par la SPA DE LA REUNION pour la mise en œuvre du programme de stérilisations subventionnées sur la CASUD,  ces projets  n’ont pu se concrétiser que grâce à l’implication des politiques et des collectivités à la fois pour le foncier et pour les investissements. Parfois aussi il aura été nécessaire de rebattre les cartes comme en 2019 entre la SPA DE LA REUNION et le GEVEC (Groupement des vétérinaires de la Réunion) pour la répartition des zones d’influence respectives en matière de marché des stérilisations subventionnées ; ainsi en 2019  Ste Marie et Ste Suzanne passeront dans le giron du GEVEC tandis que la CASUD  passait dans le  giron de la  SPA DE LA REUNION. Un accord donnant-donnant qui aura permis à ce deuxième Centre de stérilisation de voir le jour (la première tentative avait en effet été torpillée en 1998).
 
Voilà pour les trois premiers de la classe de rattrapage. Venons-en à présent aux deux  EPCI qui se partagent le bonnet d’âne.
Il y a d’une part le TCO qui pendant deux ans s’est payé le luxe de ne pas financer de programme de stérilisations subventionnées sur son territoire et dont le manque d’effort pour trouver un foncier adapté prive le Territoire de la Cote Ouest d’une structure adaptée (seule existe  une fourrière animale provisoire dont la gestion a été confiée à CYCLEA, une SEM spécialisée dans la gestion des déchets.
 
Et d’autre part,  la CIREST qui comporte les communes de St-André, St-Benoit, Bras Panon, Plaine des Palmistes, Salazie et Ste Rose, toutes  à dominante rurale.
 
Pour lutter contre l’errance canine dans le cadre de cette compétence fourrière-refuge transférée, la CIREST  a achevé  en  2013 la construction d’ une fourrière intercommunale de 49 places chiens et 20 places chats à Champ Borne dont la gestion s’effectue en régie. Un bel ensemble arboré dans  lequel la CIREST a toutefois  « oublié »de prévoir un espace « refuge » comme l’on fait la CINOR, la CIVIS et la CASUD,  condamnant ainsi à  mort la plupart des chiens et chats qui y entrent.
 
Une conséquence du retard pris par la CIREST (anciennement CCE) dès le lancement du premier plan de lutte en 1998 à l’initiative de la Région et du Département. Contrairement à la CINOR, la CIVIS et  la CASUD, la CIREST  n’a pas présenté de projet de construction/rénovation d’une fourrière lors de la mise à disposition de 1,7 millions d’euros dans le cadre du Contrat de plan Etat-Région 1998-2003 (Fonds de l’Etat et du FIDOM). La CIREST  perdra ainsi la part de financement à laquelle elle pouvait prétendre pour faciliter la gestion des populations errantes. Elle devra donc financer sur ses fonds propres, en 2013, sa fourrière animale.
 
Et lorsque nous disons que le bonnet d’âne de la CIREST est largement mérité, c’est que les actuels élus de la CIREST persistent et signent en validant grâce à une législation plus favorable, un projet d’agrandissement de l’actuelle fourrière intercommunale au détriment d’une unité «  refuge »  à prévoir dans le cadre de sa compétence refuge, ceci sans la moindre information ou concertation avec les associations de protection animale du territoire pourtant en première ligne en matière d’errance, d’abandons et de maltraitance.
 
Nous livrerons donc ci-après aux candidats futurs conseillers communautaires afin qu’ils soient informés de la situation qu’ils auront à gérer,  l’argumentaire que nous avons adressé sous forme de pétition à l’actuel Président de la CIREST  et à la DAAF afin de  faire part de  notre opposition au projet d’agrandissement de la fourrière actuelle au détriment de la création légitime et attendue de places refuges.
 
Notre opposition au projet d’agrandissement de la fourrière intercommunale de ST ANDRE s’appuie sur les arguments suivants :
 
1) Le  non-respect des préconisations du rapport de l’AFIRAC  commandé en 1998 par la Région pour un montant de 100 000 €, en vue de la mise en place du premier Plan de Lutte contre l’errance des carnivores domestiques, des préconisations s’articulant en trois volets dans l’ordre suivant :
 
-         Volet 1 : PREVENTION ET COMMUNICATION auprès de la population, le facteur  
              humain étant le principal vecteur de  l’errance ; tout comme le relogement en
              immeubles de nombreux habitants laissant leur animal sur place dans l’ancienne
             case ;
 
-       Volet 2 : CAMPAGNES DE STERILISATIONS SUBVENTIONNEES à mettre en place avec  les vétérinaires de l’ile, le volume des stérilisations à effectuer devant toutefois être adapté à la capacité des cabinets et cliniques, soit une chienne par jour par cabinet (cf. rapport du GEVEC décembre 1996)
 
-       Volet 3 : EUTHANASIES parce que dans un premier temps elles seront inévitables, notamment pour les nombreux animaux en mauvais état sanitaire mais avec un rappel important de la part de l’AFIRAC :  les euthanasies  ne devront pas servir de levier de gestion de l’errance
 
2) La CIREST, comme d’ailleurs les autres intercommunalités de l’Ile, ont pris exactement le contre-pieds de ces préconisations,  plaçant en tête le volet «capture-euthanasie, avec un chiffre d’année en année en constante augmentation et qui a conduit en 20 ans à doubler le nombre d’euthanasies par habitant (le plus élevé de France) dans le cadre d’une gestion de l’errance économiquement contestable et sanctionnable d’inefficacité puisqu’elle n’a pas atteint son objectif premier : diminuer l’errance animale à la Réunion.
 
162 055 chiens et chats ont ainsi été méthodiquement supprimés sur fonds publics, sur la base de  conventions ou de marchés conclus entre les EPCI et les vétérinaires, dans l’indifférence générale entre 1998 et 2018, soit l’équivalent de la population humaine d’une ville comme St-Denis.
 
Un palmarès auquel il faut ajouter les quelque 120 000 cadavres de chiens et chats ramassés sur la voie publique sur la même période et enfouis pendant des années dans la décharge saturée de la Rivière Ste Etienne avant la mise en service de l’incinérateur.
 
Des euthanasies en masse dont le coût s’élève à plus de 3 millions d’euros par an (chiffres DAAF), donc au détriment du Volet 2 – stérilisations avec seulement en moyenne 450 000 € par an pour les 5 EPCI confondues, soit un budget de :
 
0,76 €/habitant pour la CIREST
0,65 €/habitant pour la CINOR
0,58 €/habitant pour la CASUD
0,36 €/habitant pour la CIVIS
0,29 €/habitant pour le TCO
 
Ceci alors que 70 % des foyers fiscaux sont non imposables et donc éligibles au programme de stérilisation subventionnée. Et les 735 000 € rajoutés en 2018 par l’Etat via le Préfet à raison de 200 000 €/ par an pendant 3 ans à répartir sur les 5 EPCI,  les 100 000€ dépensés pour chiffrer les animaux errants et les 35 000 € pour la campagne d’affichage ne changeront rien.
 
3) Le fait de ne pas utiliser la contraception chimique (injection) pourtant moins coûteuse et plus rapide à mettre en œuvre que la stérilisation chirurgicale au démarrage de la campagne car des milliers de chiennes supplémentaires auraient pu en bénéficier (entre 30 000 et 50 000  chiennes compte tenu de la capacité des cliniques vétérinaires).
 
4) Incitation à l’abandon en fourrière de chiens et de chats de propriétaires (sous la rubrique « abandon volontaire » à raison de 300 animaux /an en moyenne avec un pic de plus de 500 abandons volontaires en 2019 pour la seule CIREST, une pratique parfaitement illégale et qui n’a pas vocation à être financée par des deniers publics et  grâce à laquelle les maîtres défaillants se débarrassent à bon compte aux frais du contribuable (10€/animal de 1 à 10 animaux et 5 € à partir du 11ème – on croit rêver….) et qui économisent ainsi les frais d’euthanasie en cabinet vétérinaire et la gestion payante du corps.
 
5) Le lourd tribu payé sur la  CIREST par les chiens et chats de  la commune de St-André, lieu d’implantation de la fourrière intercommunale et victimes de la prédilection des agents de capture pour la proximité kilométrique du secteur. La commune de St-André fournit ainsi plus de la moitié des animaux capturés chaque année (700/an) au détriment des communes plus éloignées comme la Plaine des Palmistes (80/an) Ste-Rose (80/an) Salazie (30/an) qui sont pourtant des lieux de prédilection pour les abandons à l’issue du pique-nique du week end.
 
St-Benoit avec 380 captures/an et Bras Panon plus proches avec 200 captures/an sont un peu moins délaissées que les trois communes les plus éloignées.
 
6) L’absence de financement de places refuges adossées à la fourrière comme pour la CINOR, la CIVIS et la CASUD et l’absence de subvention à l’ARCHE de NOE, le seul refuge associatif de l’Est de l’Ile pour compenser la défaillance de la collectivité en la matière et  pour laquelle mettre à disposition gracieuse du refuge une benne à ordures devient un acte politique.Une ARCHE de Noé dont le budget annuel de 150 000 € est entièrement financé grâce à ses donateurs.
 
7) L’absence de mesures pédagogiques (des centaines de documents pédagogiques créés par le CRDP de la Réunion sont dormants dans les CDI des établissements scolaires faute d’avoir désigné un référent.
 
8) La marginalisation des associations de protection animale lors du choix des orientations (par exemple pour la CIREST : pas de budget stérilisation pour les matous ou le laissé à charge du propriétaire lors de la stérilisation subventionnée ou encore non concertation des associations de protection animale lors de l’élaboration et de la mise en œuvre du dernier plan de lutte contre l’errance en date en 2019. A la décharge des élus, le manque de collaboration constructive entre associations de protection animale en général dont les chiens et chats payent le prix fort en y laissant leur peau.
 
9) L’absence de suivi des animaux ayant bénéficié du programme de stérilisation subventionné ou l’utilisation  non conforme des bons pour des animaux expatriés en métropole.
 
Nous considérons donc que des mesures différentes doivent être envisagées afin de réduire l’errance animale et ses conséquences aussi bien en termes de résultat, de coût, d’image et d’éthique.
 
Nous appelons donc de nos vœux la mise en place de mesures constructives afin d’aboutir enfin  à une inversion de la tendance grâce à une gestion raisonnée de l’errance animale avec la prise en compte indispensable du facteur humain ignoré dans le dispositif.
--
Pétition : NON à l'extension de la Fourrière intercommunale de la CIREST pour plus d'euthanasies.




1.Posté par Emmanuelle Hoarau le 14/06/2020 13:09

Et si l'on taxait les propriétaires de chien, qui font chier leurs voisins ?

2.Posté par Jean Le Monstre le 14/06/2020 13:52

Bien, mais trop long pour être efficace !

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