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Lettre ouverte à Roland Robert, maire de la Possession

Lundi 26 Août 2013 - 15:41

Lettre ouverte à Roland Robert, maire de la Possession
Monsieur Roland Robert,

A s’en remettre au profond malaise qui semble se dessiner parmi vos concitoyens, il serait temps, ne pensez-vous pas, que vous rendiez personnellement et publiquement compte de votre gestion des situations sociale, sanitaire et environnementale du bidonville de la Ravine à Malheur?

Sauf à ce que les apparences soient trompeuses, vous n’avez en effet, depuis nos premières sollicitations en 2002, et malgré les pouvoirs qui sont les vôtres, jamais fait que vous défausser dans cette affaire, en renvoyant dos à dos, par votre silence ou par l’intermédiaire de vos préposés, des citoyens pour lesquels vous semblez n’éprouver que mépris.

De la même manière d’ailleurs que vous avez ignoré la justice administrative lorsqu’elle vous sommait d’intervenir, espérant sans doute que les choses se tassent, que nous nous fatiguerions moralement ou financièrement.

Ce qui a bien failli se produire tant votre ténacité peut dans cette perspective paraître éprouvée, et l’inégalité des armes avérée.

Et peut-être auriez-vous même eu tort de vous donner la peine compte tenu de l’inertie de l’Etat, notamment lorsqu’un procureur se montre fort conciliant à votre endroit ou ne juge pas utile de nous notifier sa décision de classement sans suites (2011), ce malgré notre récent courrier de relance.

En revanche, vous regretterez probablement que nous ayons choisi, en l’absence de médiation de votre part et par conviction, d’éviter le piège d’une confrontation directe avec notre voisinage.
Autrement dit que nous ne nous soyons pas chargé nous même, face à une situation des plus complexes, de rétablir l’ordre relevant normalement de l’Etat et du Maire (barrière de la langue, fonctionnement communautaire renvoyant à un « chef de communauté» résidant hors département, ignorance des règles élémentaires de voisinage, y compris entre occupants du bidonville, enfants en bas ou très bas âges livrés à eux-mêmes sur la route ou dans une ravine polluée et gorgée de déchets, trafics divers…).

Un choix qui, sous le silence bien compris de l’Etat, en l’absence ne serait-ce que d’un simple rappel à la loi à votre intention, aurait peut-être pu vous conforter dans le déni d’une réalité sociale dérangeante, au plus grand bonheur d’éventuels marchands de sommeil. On entend d’ailleurs le plus consommé et désolant des cynismes lorsque votre bras droit confesse lui-même, à la presse, l’existence très probable de ces derniers.

A votre décharge, la « Maison de Mayotte » ne manifestera, selon la presse toujours, pas davantage d’intérêt pour les personnes concernées. A la suite du passage du cyclone Dina en particulier.
Mais compte tenu de votre persistance à passer outre la loi et la justice, de la constance avec laquelle vous avez refusé d’exercer votre fonction de maire, vous nous excuserez de persister, à notre tour, dans la dénonciation de ce qui n’est pas autre chose qu’une trahison de vos mandats démocratiques, trahison qui, selon nous, vous place sur le terrain de la faute personnelle.

Malgré vos divers mandats publics, y compris ceux de vice-présidents du TCO et du Conseil général, vous ne pouviez peut-être pas tout. Mais une implication minimum et spontanée de votre part eut déjà été considérable pour l’ensemble des parties intéressées et de bonne foi, ainsi que pour l’environnement!

Nous en voulons pour preuve que les choses ont depuis peu, et de manière timide, fini par évoluer dans la ravine (relogement partiel des occupants et débuts d’enlèvement des déchets, façon libre service dans un premier temps).

Mais ce n’est, vous le savez bien, qu’au terme ou à force de médiatisation des nombreuses procédures juridictionnelles passées ou en cours (5 procès administratifs), et certainement pas sans compter des élections municipales qui se précisent. Ou peut-être la récente loi Letchimy sur les quartiers d’habitat informel et la lutte contre l’habitat indigne dans les départements et régions d’outre-mer, qui vous obligerait désormais au côté de l’Etat.

Votre attitude sur ce dossier, ainsi que l’immobilisme insupportable qui règne de façon plus générale à son sujet, nous autoriseront donc à soulever quelques questions. 

Tout d’abord celle de savoir où se situent clairement votre volonté politique ou votre éthique de responsable public face à la situation? Mais également vos consciences et inclinaison à l’empathie?

Nous vous écouterions par exemple avec grand intérêt sur le sujet de savoir ce que sont précisément devenues les six familles du bidonville ? Ont-elles toutes été effectivement relogées et indemnisées selon les règles en vigueur?

Par ailleurs, tous les propriétaires du terrain d’assiette de la ravine concernée ont-ils été mis en demeure de participer à l’enlèvement de la montagne de déchets et immondices, et notamment la SEMADER?

Une solution a-t-elle ensuite été envisagée par le Vice-Président du Conseil général en vue du rétablissement de la glissière de sécurité du chemin départemental 41, ouvrage en béton qui devait normalement, et sans discontinuer, séparer la voie publique du précipice surplombant le bidonville et lui servant d’accès?

Sur ces sujets et bien d’autres en effet, beaucoup serait à notre sens encore à faire ou à éclaircir.

Or, au rythme constaté jusqu’ici, la livraison d’un site sûr, vierge d’habitations insalubres et en bon état écologique n’interviendra vraisemblablement pas avant l’année 2020 ; sous réserve peut-être d’une réoccupation d’ici là.

Et quoi qu’il en soit, tout ceci nous a déjà couté très cher, tant par ce que nous imposait la situation au quotidien  qu’en termes de procédures ou démarches diverses.  Avoir des droits est une chose, en obtenir la mise en œuvre ou le respect une autre, particulièrement sous votre juridiction.

C’est pourquoi nous entendons vous présenter une partie de la note très prochainement. Mais  à titre personnel cette fois, et en complément de la condamnation, des plus probables, de l’Etat pour rupture d’égalité devant les charges publiques.

En ce sens, peut-être avez-vous d’ailleurs pris le temps de lire les conclusions du rapporteur public sous la dernière décision de la Cour d’appel de Bordeaux au sujet des conséquences prochaines -et stériles-, pour le contribuable, de votre démission?

Vous conviendrez, après découverte ou redécouverte de ce document (la dernière pirouette de monsieur Carassou dans le journal Le Quotidien ne trompant une nouvelle fois personne), que nous sommes ici loin du « tous ensemble, vivons la Nature!», slogan pourtant fièrement affiché sur votre blog au sujet de la Ravine à Malheur. Une ravine qui porte pour l’occasion bien son nom!

Sans doute serions-nous également légitimes à nous poser la question de savoir si ce « bon vivre ensemble» n’est pas, d’une manière ou d’une autre, sélectif?

Manifestement, les occupants du bidonville et riverains de la ravine ne faisaient en tout cas pas partie du projet!

Partant, et puisque les seules possibilités de dialogue que vous nous ayez laissées sont celles de la presse et des juges interposés, nous nous permettons de poursuivre cette regrettable «discussion» en commençant par vous demander, publiquement, quelques éclaircissements.

Dans l’hypothèse où vous persisteriez dans votre mutisme, vous pourriez bien entendu compter sur nos détermination et intention de faire, une fois encore, appel à la CADA.

Vous souhaitant, monsieur Robert, bonne et conforme réception.

Tristan Aoustin
 
Liste des pièces qui, dans les jours à venir, vous seront demandées par courrier AR de notre avocat :
  • Copies des délibérations du Conseil municipal éventuellement intervenues depuis 2002 et attestant d’une quelconque action municipale au sujet du bidonville de la Ravine à Malheur (hors simple et récent récapitulatif des frais d’avocats mobilisés par la Commune).
  • Copies des rapports d’enquêtes éventuellement réalisés par la Commune de La Possession pour prévenir des risques sanitaires et environnementaux au sein dudit bidonville et dans ses alentours immédiats (y-compris au sujet du raccordement du réseau électrique quadrillant le bidonville).
  • Copies des dossiers d’enquêtes et mesures éventuellement diligentées par la Commune de la Possession en vue du relogement des occupants dudit bidonville.
  • Copies des actes éventuellement pris par la Commune de La Possession pour l’accompagnement social des personnes concernées.
  • Copie de l’arrêté d’insalubrité promis par l’équipe municipale par voie de presse le 3 novembre 2010 (site internet zinfos974).
  • Copie des actes ou courriers attestant d’une éventuelle sollicitation de l’Etat par la Commune de La Possession au sujet dudit bidonville (y compris au titre de la protection du domaine public fluvial).
  • Copies des actes ou courriers attestant d’une éventuelle sollicitation du TCO par la Commune de La Possession au sujet dudit bidonville (problème des poubelles en sous-nombre et non-conformes aux exigences du tri sélectif; expropriation, de fait, de notre entrée de propriété au bénéfice du service de bus desservant spécialement le bidonville).
  • Copies des actes éventuellement pris au titre de la police de l’assainissement par l’équipe municipale.
  • Copies des actes éventuellement pris au titre de la police des déchets par l’équipe municipale.
  • Copies des actes éventuellement pris concernant le raccordement dudit bidonville au réseau électrique.
  • Copies des actes éventuellement pris concernant le raccordement dudit bidonville au réseau d’adduction d’eau potable.
  • Copie de la mise en demeure de M. Bourhis promise par l’équipe municipale par voie de presse le 13 juin 2013 (journal Le Quotidien).
  • Copie de l’éventuelle mise en demeure de la SEMADER de procéder à l’enlèvement des déchets sur les parties de la ravine relevant de sa propriété (propriété que confirmera ou non le rapport d’enquête de 2011 et que préciseront certainement les relevés topographiques des géomètres actuellement sur le terrain pour le compte de monsieur Bourhis).
  • Copies des procès verbaux éventuellement dressés, entre 2002 et 2012 et sur la partie de voie publique attenante à notre propriété, pour infractions multiples, continues et répétées au code de la route.
  • Copie du procès verbal d’enlèvement du véhicule en état d’épave immatriculé 868 ZP 974 (Véhicule Citroën BX, de couleur bleue, enlevé le 27 juillet 2010 après trois mois d’entrave sur l’accès à notre propriété et sur intervention de deux officiers de police municipale initialement mobilisés, à notre adresse, au titre de la police funéraire).

Lettre ouverte à Roland Robert, maire de la Possession
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1.Posté par Pitoyable le 27/08/2013 14:32

Pour ce qui est des inaugurations ca y va...
Encore un élement et pas des moindre qui nous montre que 2014 sera l'année ou il faudra changer de maire.

2.Posté par 2014, na retrouv Roro le 27/08/2013 17:27

Cosa na pou dire Robert? zot i di pli rien, à cose? n'a point ruban à couper... peuple la possession attende a ou en 2014.
Zot lé juste bon à coser, coser mais agir ca ou koné pas...

3.Posté par ben la koué le 27/08/2013 18:44

On n'entends pas les "" alimentaires "" ... Ils n'étaient pas au courant peut être. Il est vrai que écrire avec la clim ça aide. Les combines doivent être justifier surtout si elles ne concernent qu'un petit nombre. Les mécontents seront écoutés en temps et heure .. après tout ce ne sont que des mécontents.
Les posséssionnais doivent prendre conscience que les choses doivent changer. Ils doivent avant tout penser à leurs enfants et Roro n'a fait qu'engendrer des mécontents et du chômage dans sa commune.
La Possession est la seule ville côtière sans un pole de concentration de " centre d'activités commerciales et économiques " Toutes les autres villes en possèdent au moins un. Et c'est comme ça depuis toujours.
Quarante deux ans après Roro pense qu'il faudrait faire un coeur de ville .....lol........
.......... la suite tous les posséssionnais le savent .. ils sauront quoi faire l'année prochaine ......

4.Posté par Tonton le 29/08/2013 16:46

haha, est ce qu'il ose vraiment utiliser le slogan "vivons la Nature" sur son blog en concernant la Rav. à Malheur?

C'est une bonne blague.
Il n'ya pas 200 metres de Nature propre de long de la CD 41.... dans tous les virages des sacs poubelles, dechets, etc. d'anciennes 'maison bois sous tole" brulés.... tombés en ruin.... (sur terrain du Conseil departemental/municipal, bien entendu).

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