MENU ZINFOS
Courrier des lecteurs

Lettre ouverte à Madame Annick Girardin Ministre des Outre-mer


Par Daniel POUNY - Publié le Mardi 27 Novembre 2018 à 11:40 | Lu 492 fois

Madame la Ministre bonjour,

 A l’instar de ce qui se déroule un peu partout en France hexagonale, les gilets jaunes réunionnais défendent depuis plusieurs jours, dans les rues l’île, les causes de la population locale. Choses que les politiques n’ont semble-t-il pas été capable de faire efficacement depuis de nombreuses années.

Sur notre territoire une grande majorité des résidents se considèrent comme un gilet jaune en puissance, même s’ils ne sont pas toujours  dans le chemin. Donc, il y a aussi une partie de la société civile réunionnaise ayant voté pour E.MACRON aux élections présidentielles, qui n’est  pas content. En tout cas, pour celles et ceux regroupés au sein de notre comité local, nous nous considérons aujourd’hui comme des ‘’Marcheurs en gilets jaunes’’. 

Comme preuve de notre sentiment d’abandon, nous vous prions de bien vouloir trouver en copie,  le cri d’alarme qui a été adressé au gouvernement, via le délégué général du mouvement LREM dès le troisième jour de la manifestation.  

Alors quand nous entendons la presse annoncer votre retour dans l’île à la demande des sénateurs, nous pouvons que vous souhaitez une fois encore la bienvenue. Mais nous sommes aussi obligés de vous dire,  que les Réunionnais apprécient de moins en moins les  plaisanteries. Les exemples de bagatelles ne manquent pas. La Guyane, Les Antilles et très récemment Mayotte. « Des problèmes, une manifestation, une table ronde avec l’Etat et ses cadres administratifs et financiers de très hauts niveaux, les Elus locaux, les syndicats, la promesse d’un certain nombre de millions d’euros et c’est reparti pour un tour, sauf que les problèmes persistent et les souffrances demeurent ».

L’idée semble-t-il, qui soutient ce mode de traitement sans résultat, reconduit à chaque fois, est pour les gouvernants, la peur de voir une certaine forme de démocratie directe prendre le pas sur la démocratie représentative. Or, c’est cette vision qui amène trop souvent l’Etat, face à une manifestation à ne traiter que la lutte, c’est à dire les moyens d’actions au détriment de la revendication. La démocratie directe, source de pagaille permanente, même les français les plus éloignés du pouvoir n’en veulent pas. 

Régler les problèmes de la lutte par le déploiement des forces de l’ordre pour assurer la liberté de circuler, la tranquillité publique et la salubrité publique OUI. Mais, si c’est pour maintenir le statuquo politique, économique, social et culturel qui étouffe toute une population au profit d’un petit nombre c’est NON.

Etats généraux de l’outre-mer avec Sarkozy, consultations citoyennes avec Hollande et maintenant assises de l’Outre-mer avec Macron. QUELS RESULTATS ? La pauvreté, le déclassement et la souffrance persistent et s’aggravent dans les Outre-mer en général et ici à La réunion en particulier. Le point commun entre ces travaux, c’est qu’ils ont été réalisés par des hauts fonctionnaires très peu aux faits des difficultés de nos territoires, mais très rompus à l’exercice rédactionnel guidé par une logique comptable, à tel point qu’ils ont réussi à donner au français le sentiment que le mot  réforme est égal à régression sociale au lieu de progression sociale.  

Aujourd’hui, l’Etat doit apporter des réponses aux multiples revendications de la population réunionnaise. Une des façons de le faire pourrait être la constitution d’un pacte économique social et solidaire fait ici localement, à partir des besoins remontés par les gilets jaunes et toutes personnes que la situation jugerait utile. Ceci pourrait être bâti à l’intérieur d’une commission sociale, exceptionnellement en dehors des forces politiques locales et leurs vieux schémas de développement éculés. 

Mais avant le début de cet important travail, qui pourrait d’ailleurs durer plusieurs mois, ce sont des réponses immédiates en matière de pouvoir d’achat qu’il faudrait apporter à la population réunionnaise. 

Donner du pouvoir d’achat d’une manière significative à la population, passe soit par une augmentation des salaires, soit par une baisse tout aussi significative des prix des marchandises. Les deux alternatives placent la balle  dans le camp de l’Etat. La loi contre la vie chère, le décret du 27 décembre 2013 relatif aux hydrocarbures et le décret du 17 novembre1988 relatif aux prix des marchandises autorisent le représentant de l’Etat dans le département à fixer les prix des biens et services par arrêté préfectoral. De plus, l’article 73 de notre constitution autorise, pour ce qui nous concerne, le gouvernement à opérer en tant que de besoin, à des adaptations législatives et règlementaires.
 Ainsi, en termes de geste fort à l’adresse d’une population en souffrance :
1°) l’Etat pourrait supprimer purement et simplement les taxes sur les carburants au lieu de les geler comme le propose le président de Région.
2°) l’Etat  pourrait également,  décréter à compter du 1er janvier 2019 une baisse de 20 % sur les prix des marchandises les plus consommés et une interdiction de marge bénéficiaire de plus de 10 % durant une année entière au moins, le temps d’un redressement  régional.
3°) l’Etat encore, pourrait flécher les recettes départementales, de la réduction  des 30% de l’abattement fiscale des plus riches, en direction des bas retraites au lieu de les diriger vers les entreprises.
4°) l’Etat et le gouvernement, dans le cadre des actions de la continuité territoriale, doivent s’unir pour permettre aux étudiants de l’île qui représentent notre avenir, de voyager une fois par an en Europe et dans le monde pour satisfaire dans les meilleurs conditions leur cursus de formation, et ceci, sans condition de ressource. A charge pour ces deux autorités de négocier auprès d’une compagnie, le coût d’un billet aller/retour Réunion/Métropole en dessous de 500 euros sur toute l’année.



Il s’agirait là, en même temps que la satisfaction du pouvoir d’achat immédiate, d’une mesure de justice sociale à l’égard des classes moyennes, car le modèle économique actuel de La Réunion place à l’abri des regards et de tout critiques, depuis trop longtemps, les vrais riches, les vrais détenteurs de monopole, les vrais décideurs politiques, économiques et administratifs qui, en plus, pour beaucoup ne réinvestissent pas ici, mais placent leurs bénéfices, ailleurs, en pratiquant l’optimisations fiscale voir peut-être même dans certains cas, l’évasion fiscale. 

En effet, sur notre île, les femmes et les hommes constituant la classe moyenne sont doublement sanctionnés. D’un côté ils payent tout et ne reçoivent rien en retour. Ils sont injustement montrés du doigt, exclus de la solidarité nationale, régionale et départementale. De l’autre, le système écomico-politique les place, aux yeux de l’opinion publique des plus pauvres, comme étant des riches, des nantis en lieu et place des vrais fortunés.

Les classes moyennes, ouvrières et les plus pauvres en ont gros sur la patate. Ils demandent pour la société réunionnaise, plus de justice sociale et à être reconnus chacun à leur juste place dans la République Française et à La Réunion.




1.Posté par JORI le 27/11/2018 12:09

"En effet, sur notre île, les femmes et les hommes constituant la classe moyenne sont doublement sanctionnés. D’un côté ils payent tout et ne reçoivent rien en retour. Ils sont injustement montrés du doigt, exclus de la solidarité nationale, régionale et départementale. De l’autre, le système écomico-politique les place, aux yeux de l’opinion publique des plus pauvres, comme étant des riches, des nantis en lieu et place des vrais fortunés", c'est la réalité. C'est grâce à vos impôts que ceux qui nous bloquent aujourd'hui percevront, eux, leurs allocations familiales en heure et en temps alors que les bloqués ne sont pas sûrs d'être payés à la fin de ce mois.

2.Posté par klod le 27/11/2018 16:33

contribution intéressante de cet ex pompier engagé pour son ile . bravo !

3.Posté par Une retraitée le 28/11/2018 09:04

FRAUDE FISCALE en FRANCE
Selon un rapport du Figaro, la fraude fiscale, en France, se situe entre CENT et 300 milliards d'euros et dans l'Union Européenne à 1000 milliards d'euros. La France se situe au-dessus de la moyenne mondiale.
Toujours, selon cette étude réalisée tous les 5 ans, ce montant est supérieur de 20 milliards à celui relevé" dans le dernier rapport en 2013. Un montant d'autant plus important qu'il ne prend pas en compte les fraudes sur les prélèvements sociaux. Et l'hebdomadaire de rappeler de manière concrète ce que pourraient représenter CENT milliards qui ne "tombent" pas dans les caisses de l'Etat. C'est 1.5 fois ce que paient les Français, chaque année, au travers de l'impôt sur le revenu.
De quoi assurer à l'Etat un budget en équilibre puisque déjà ces CENT MILLIARDS viendraient combler les 82 milliards du déficit budgétaire.
Selon le rapport de Solidaires Finances Publiques, la principale technique de fraude reste la sous-déclaration des revenus qui pourrait être rendue plus difficile par la mise en place du prélèvement à la source. A VOIR !
La fraude fiscale, sous la forme de fraude fiscale "Off Shore" est florissante chez les entreprises et les particuliers LES PLUS AISES. On parle d'environ 3 500 ménages français qui détiendraient 50 MILLIONS, CHACUN, en moyenne à l'étranger. A eux seuls, ces 3 50 ménages concentreraient une fraude fiscale de 5 MILLIARDS d'EUROS, par AN.
Plutôt que de "fliquer" les Petites et Moyennes Entreprises, les Très Petites Entreprises, les services de Bercy,(dont notre gouvernement actuel -et les précédents gouvernements-, sont à la solde) devraient nous indiquer quelles sont les procédures EFFICACES qu'ils envisagent de mettre en place pour éviter cette fuite COLOSSALE de capitaux.

Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
CHARTE DES COMMENTAIRES

Zinfos 974 vous offre un espace commentaires vous permettant de réagir, discuter, informer. Cet espace est ouvert aux internautes inscrits et non-inscrits au site.

Les intervenants doivent respecter les principes élémentaires du débat.

Sont proscrits :

- Les insultes, les attaques personnelles, les agressions, les propos discriminatoires sous toutes les formes - que ce soit envers les intervenants, les commentateurs ou l'équipe de Zinfos 974.

- Tout contenu contraire à la loi : l'incitation à la violence ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation, les propos homophobes, la négation des crimes contre l'humanité, ou la justification des actes violents et des attentats.

- Les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

- Merci d'éviter le hors sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations.

- La répétition d'un même commentaire, assimilée à du spam.

- La publicité. Ne soumettez pas des liens commerciaux.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de Zinfos 974 via l'adresse contact@zinfos974.com

Vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de Zinfos 974 se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l'estime nécessaire pour la bonne tenue du débat.

Zinfos 974 est seul juge des messages qu'il publie ou modère - y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessus. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant l'adresse contact@zinfos974.com, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
Publicité
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes