Courrier des lecteurs

Les yeux pour pleurer

Mercredi 22 Juillet 2009 - 17:55

Les yeux pour pleurer
- Moi, le jour où je n’ai plus de boulot j’empoigne un balai pour nettoyer les routes et les trottoirs. Je ne resterai pas sans rien faire à gober les mouches, au chômage toute la journée. Je ramasserai les poubelles s’il le faut. Faire partie de ces faignants d’assistés, de rebuts de la société qui nous narguent à bouffer l’argent de l’état, jamais. Bravo ! C’est nous qui payons. Tous les mois, c’est cinq cent balles en moins sur ma fiche de paye pour nourrir ces parasites. Elle est jolie la France d’aujourd’hui. C’est malheureux à dire, y faudrait une bonne guerre. Profiteur, la terre est trop basse pour toi hein ! Il te faut des gants blancs peut-être ! Pour meuler les garnitures de frein. Allez ! Tu ralenti la production de la chaîne au boulot fainéant ! T’es plus sur les barricades, c’est fini 68.

Bien fait. Prend ça dans les dents mon gars. Ça m’apprendra à réclamer des protections d’hygiène sur le lieu de travail, je viens d’être embauché comme intérimaire. Trop fragile, trop efféminé avec mes beaux cheveux longs pour répondre à ces attaques. Je jette l’éponge, j’abandonne mes outils sur le tas, je retire mon bleu de travail couvert d’une couche de poudre blanche et je m’en vais confus sous les rires et les insultes des ouvriers usinant des plaques d’amiante. Je prends mes cliques avant de ramasser des claques.

Malgré ça je m’impose ce choix désagréable pour m’intégrer tant bien que mal dans le milieu prolétaire qui m’est destiné après le CAP d’ajusteur tourneur fraiseur. Je suis maudit. J’entends le même refrain dans toutes les usines de productions automobiles. Idem au bistrot. Mon ancienneté comme P1 voir P3 dans ces établissements ne dépasse pas les trois mois d’affilée. Quinze jours, chrono en main, dans l’usine au losange. Je garde en mémoire ces pauvres filles les poignets attachés par mesure de sécurité dix heures par jour devant l’emboutisseuse pour les plaques des fours électriques ménagers.

À cette époque je rêvais de rencontrer Jacques Mesrine pendant ses cavales pour le planquer.
La plupart de ces bons Français ouvriers modèles ont disparus prématurément victimes de maladies professionnelles. Ceux qui restent sont encore là, la santé bien entamée ils regardent les plus jeunes brancher des détonateurs sur les bouteilles de propane avec l’intention de faire sauter l’outil de travail. Moi, c’est ce que je voulais faire, mais il y a quarante ans de cela. Alors les gars ! Qu’est-ce qu’on attend pour prendre le balai et vider les poubelles. Fidèle à toi-même, allez ! Au boulot si tu veux conserver ton pavillon bâti sur deux cents trente cinq mètres carrés de terrain, la clé de douze dans le garage et la niche du chien. Difficile d’admettre son erreur qui dure depuis plus de quarante ans. C’est la crise.

Une chose certaine. On ne peut pas m’accuser d’avoir participer à la destruction de la planète en construisant des moteurs à explosion qui bouffent l’atmosphère. Je n’en ai pas trop fait dans ce domaine. Tu m’suis !

Gilles Bayet de la Ravine Blanche.
gilles.laravineblanche@orange.fr
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1.Posté par William le 23/07/2009 08:09



le style est agréable mais le sens réel de ce courrier m'échappe...
c'est en direction des victimes de la crise qui refusent de voir les choses en face à celle qui n'ont pas pu anticiper ou en direction des assistés qui y ont contribué ?


2.Posté par Mamz'elle 974 le 23/07/2009 13:41

Effectivement, je rejoins William. Bon début mais on ne comprend pas vraiment qui on vise réellement à travers ce courrier, qui " attaque " t-on réellement ?

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