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Blog de Pierrot

Les vraies raisons du conflit au Quotidien...


Par - Publié le Vendredi 19 Décembre 2008 à 09:17 | Lu 10917 fois

Comme vous êtes un certain nombre à me demander des explications sur la crise qui a éclaté hier au Quotidien, je vais essayer de vous apporter quelques éclairages.
En fait, la rédaction du Quotidien est agitée de soubresauts depuis plusieurs années, avec une accentuation depuis quelques mois avec l'arrivée du nouveau directeur de la rédaction, Pascal Baudoin.
Le Quotidien a aujourd'hui plus de trente ans, et il y a des journalistes au sein de la rédaction qui ont connu les débuts du journal.
La rédaction est donc partagée en clans, les "anciens" contre les "modernes", les "pro Rabou" (même s'il n'est plus là) et les anti, les "pro Baudoin" et les anti, etc...
Maximin Chane-Ki-Chune pensait que le mal venait en grande partie de Bruno Geoffroy, l'ancien rédacteur en chef, qu'il accusait de ne pas être capable de "tenir" sa rédaction. Plutôt que de s'en séparer de manière franche, il a préféré faire venir de métropole un directeur de la rédaction, histoire de le chapeauter. Une façon de lui mettre des bâtons dans les roues pour l'inciter à partir, tout en permettant au nouvel arrivé de prendre ses marques. Et tant pis si ça coûte une fortune, le Quotidien avait à l'époque les moyens de se le permettre. Ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui...
Ce qui devait arriver arriva et Bruno Geoffroy a fini par partir, avec un bon chèque à la clé.
Mais l'abcès, au lieu d'être vidé, n'a fait que prendre de l'ampleur, à cause entre autres du caractère "rigide" du nouveau directeur de la rédaction. Caractère qui a pour inconvénient d'occulter certaines idées novatrices intéressantes sur le fond.
Autre problème, même s'il est indirect: la nomination de Jean-Louis Rabou à la direction du JIR. L'ancien rédacteur en chef du Quotidien a conservé quelques bons amis dans son ancien journal. Il a en outre deux avantages: connaître au centime près les salaires de ses anciens journalistes, et avoir aujourd'hui en tant que patron du JIR les moyens de débaucher qui il veut. Facile dans ces conditions de destabiliser complètement son ancienne rédaction en y piochant les meilleurs éléments, et en faisant des propositions à nombre d'autres, même s'il sait pertinemment qu'il ne les prendra pas au final...
Les départs de certains piliers n'était pas vraiment pour déplaire à la direction du Quotidien qui voyait là un moyen de se débarrasser de certaines fortes têtes avec de gros salaires. Pascal Baudoin comptait les remplacer par des fidèles qu'il espérait faire venir de son ancien journal en métropole, un moyen pour lui de renforcer le nombre de ses fidèles.
Malheureusement, l'arrivée de ces "zoreils" supplémentaires dans une rédaction déjà bien peu créole n'a pas été sans poser de nouveaux problèmes.
Tout cela s'est traduit par une motion de défiance votée il y a quelques mois par la rédaction à l'encontre de Pascal Baudoin, son directeur de la rédaction.
Et c'est dans ce climat tendu d'affrontement (le terme n'est pas trop fort) au sein de la rédaction qu'est survenu le dernier incident en date qui a opposé hier un des piliers de la rédaction, leader syndical, au même Pascal Baudoin.
Tout est parti d'un courrier de Pascal Baudoin publié dans Zinfos dans lequel le directeur de la rédaction du Quotidien qualifiait le syndicaliste d'"excellent journaliste". Ce dernier, dont les relations sont exécrables avec son supérieur hiérarchique, le prend comme un "foutant" comme on dit en créole, et lui répond à travers un courrier distribué aux journalistes dans lequel il écrit: "Les mensonges systématiques et les mystifications répétées auxquels le directeur de la rédaction nous a habitués me garantissent, fort heureusement, l'insincérité du propos. Je m'en réjouis d'autant plus que cette hypocrisie m'épargne la honte d'être ainsi complimenté" (voir copie du courrier dans notre article "Les journalistes du Quotidien en grève ")...
Pascal Baudoin et Thierry Benbassat sautent sur l'occasion, eux qui ne rêvaient que de se débarrasser de cet empêcheur de tourner en rond... D'où la lettre de convocation à un entretien préalable. D'où l'assemblée générale des journalistes hier après-midi et la décision de faire grève. D'où la descente de Maximin Chane Ki Chune en personne pour calmer les esprits hier soir à 21 heures, avec la promesse de ne pas licencier le journaliste et de règler le problème par la négociation. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas départ... Mais si celui ci devait survenir, ce serait en échange d'une gros chèque, comme on sait bien le faire au Quotidien... D'où la reprise du travail, tard hier soir...
Pour autant, tous les problèmes ne sont pas résolus. Une grande tension teintée d'amertume continue à prévaloir au sein de la rédaction. D'autant que des décisions importantes, dont certaines pas très agréables, devraient être annoncées prochainement.
Affaire à suivre, comme on dit...


Pierrot Dupuy
Pierrot Dupuy est le fondateur de Zinfos974. C’était le 1er septembre 2008… Aidé d’une petite... En savoir plus sur cet auteur

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