Justice

Les violences faites aux femmes au coeur des préoccupations du Tribunal de Grande Instance

Samedi 18 Février 2017 - 02:25

Ce vendredi s’est tenue l’audience solennelle de rentrée du Tribunal de Grande Instance de Saint-Denis. L’occasion de faire le bilan de l’année écoulée et de mettre l’accent sur certaines problématiques récurrentes dans notre département.


C’est Eric Tuffery, le Procureur de la République qui a commenté les chiffres, en commençant par les affaires de contentieux au sein des activités commerciales. "Aux chefs d’entreprise, ne prêtez pas attention aux ladi-lafé dans le monde des affaires et sachez que la justice commerciale n’est pas la justice de l’infamie mais elle permet de sauvegarder des emplois ainsi que le travail et le patrimoine de toute une vie."
 

"La cocaïne et l’héroïne ne sont pas consommés que par des zoreils en mal de sensations fortes"

En ce qui concerne le domaine du pénal, les affaires nouvelles reçues par le parquet sont en augmentation de 9,02% pour l’année 2016. L’évolution réside cependant dans la "personnalité  et les addictions inquiétantes des délinquants", observe le Procureur.

"Jusqu’a présent, notre territoire n’a pas connu de phénomène de grande criminalité. Mais la drogue, et je ne parle pas du zamal mais de la cocaïne et de l’héroïne, qui ne sont pas consommés que par des zoreils en mal de sensations fortes", ajoute Eric Tuffery.

 

Il a ensuite relevé le dernier rapport de l’Insee, faisant état d’une population pauvre à la Réunion et particulièrement vulnérable, notamment aux marchands de sommeils peu scrupuleux. "Nous ferons en sorte que ceux qui profitent de la misère humaine soient systématiquement jugés en comparution immédiate", a souligné le Procureur.

Eric Tuffery conclut sur la problématique de l’alcool sur notre île, à l’origine de nombreux délits et crimes. "La quasi totalité des faits de violences conjugales sont commises sur fond d’alcool. Les cambriolages sont en majorité commis par des individus ayant consommé de l’alcool ou des stupéfiants.  Finalement, une part importante des morts sur nos routes est également causée par l’alcool."

Françoise Andro-Cohen, la Présidente du TGI, a ensuite dressé les tendances, en observant deux points : "la fragilisation de la population sur un plan financier ainsi que sur un plan psychologique. Nous assistons également à une hausse massive des décisions d’hospitalisation sous contrainte."

Violences faites aux femmes : "cette juridiction est parfaitement organisée pour répondre à toute urgence"

Elle est longuement revenue sur les déclarations d’une députée lors des états généraux sur les violences faites aux femmes. "Prenant la parole sur cette problématique si sensible et si complexe, elle a, dans son discours, mis en cause le fonctionnement de la juridiction, laissant suspecter que celle-ci ne répondait pas aux demandes des femmes menacées qu’elle avait pu rencontrer, faute de poursuites de certaines infractions et de possibilité de voir placer ces femmes sous protection par la justice.

Permettez-moi de rappeler que cette juridiction est parfaitement organisée pour répondre à toute urgence. Les magistrats effectuent des permanences nuit et jour pour le parquet. Tout enfant en danger grave ou femme victime de violences graves peuvent être protégés immédiatement."


Mais le problème réside plutôt dans la demande des victimes, observe la Présidente. Pour que ces femmes puissent être mieux informées sur leurs droits, chaque femme peut être reçue au bureau des victimes. Le nombre de victimes reçues par l’Arajufa, tous chefs d’inculpation confondus, reste malheureusement relativement faible.

Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
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1.Posté par Juliette CARANTA-PAVARD le 18/02/2017 11:02

*"Violences faites aux femmes...

*...au cœur des préoccupations du TGI"

*C'est à dire? - et à faire - quoi, exactement ?

*À commencer par Huguette Bello, en première ligne depuis plus de 50 ans, à la tête de l'UFR !

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