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Courrier des lecteurs

Les vieux moulins de l’ancienne Sucrerie de Stella témoins de l’histoire


Véritables témoins d'une époque et à l'avant-garde d'un modèle d'économie circulaire optimisé de la canne à sucre. Les vieux moulins de l'ancienne sucrerie de Stella, situés au cœur du "tabisman" devenu Musée, inclinent à tous aujourd'hui, grandeur, respect, fierté et émotion, puisque le destin en a voulu autrement en 1977. C'était il y a exactement quarante cinq ans. Petit voyage à travers ce patrimoine.

Par Jean Claude Comorassamy - Publié le Lundi 12 Septembre 2022 à 08:42

Les vieux moulins de l’ancienne Sucrerie de Stella témoins de l’histoire
Nous voilà plongés dans la nuit du 17 au 18 décembre 1977, au commande du poste de conducteur de moulins se trouvait l'un des plus anciens ouvriers dans cette fonction, un dénommé Gabriel dit "Gaby" pour les intimes. Ce grand gaillard supervisait à lui seul, le bon fonctionnement des cinq moulins qui étaient de sa responsabilité.
 
De son poste d'opérateur de contrôle où il se trouvait,  il pouvait apercevoir cette nuit là, les dernières cannes entassées sur la plateforme. Pendant que le long bras du grappin à griffes déposait au fur â mesure les quelques dernières brassées cannes sur le long tapis roulant qui les entraînaient à l'intérieur de l'usine où la première machine de coupe-canne destinée au défibrage, commençait à déchiqueter et à faire éclater les tiges afin de faciliter les tâches suivantes.
 
Modèle d'une économie circulaire optimisé
 
Acheminées grâce au tapis roulant, les tiges de cannes passaient au premier moulin. C'est le début de l'opération de l'extraction du jus. Pour améliorer cette extraction, les cannes seront arrosées de l'eau chaude afin d'être broyées et écrasées par des gros cylindres horizontaux, montés en triangle dont un cylindre d'entrée,  un de sortie et un supérieur. Chaque moulin relié d'un pignon d'engrenage fixé sur l'arbre de transmission, entraîné par des grandes roues dentées,  était composé de trois cylindres en acier rainurés  d'une longueur d'environ 2,50m et d’un diamètre 1,30m pesant plus d'une tonne.
 
Les moulins sont des lieux où se font le broyage et le pressage de la canne par une pression hydraulique élevée pour une extraction du jus, qui est récupéré au dessous dans un bac, tandis que la bagasse intermédiaire passe du premier moulin, puis envoyée au deuxième jusqu'au cinquième avec le même processus. Les différents jus extraits serviront à la fabrication du sucre.
 
Quant à la bagasse, elle va être  utilisée pour alimenter les chaudières afin de produire de la vapeur de manière à permettre aussi d'entraîner les turbines et faire fonctionner ces moulins, lorsqu'ils étaient en mode manuel et vapeur. Ainsi, une grosse vanne réglait le débit d'alimentation. Cette vanne était dotée d'un volant d'au moins 80 centimètres de diamètre, pour la mise en route,  pour accélérer la vitesse et pour les arrêter. Cependant au vue des évolutions, la bagasse servit à produire aussi de l'électricité, puisque par la suite, le nouveau fonctionnement ayant été réalisé qu'avec des moteurs électriques, avec l'installation des tableaux de commandes, et comme source d'énergie de l'électricité via les turbines.
 
C’est ainsi, qu’à peine le processus d'extraction du jus terminé avec les dernières bouchées de canne avalées. Les mâchoires du premier moulin au fur et à mesure se retrouvent vides, puis c'est le tour du deuxième jusqu'au cinquième qui sonnait la fin du broyage. Pendant que notre ami Gabriel aussi mon père, signalait cette fin du broyage en actionnant la sirène à plusieurs reprises et appuyait au même moment sur les boutons pour l'arrêt final des moulins les uns après les autres. C'est le glas de la campagne sucrière de 1977 mais surtout de l'usine sucrière, puisqu'en juin 1978 le personnel sera informé de la fermeture définitive de l'usine sucrière de Stella Matutina.
 
Patrimoine contre l’oubli
 
Aujourd'hui malgré que les cinq moulins se soient tus, on peut quand même découvrir ces exceptionnels vestiges, pièces maîtresses et témoins de l'usine de Stella Matutina à travers le Musée.
 
Étant donné que les sucreries dont celle de Stella ont été en avance sur le temps, car elles fabriquaient du sucre avec le jus de la canne, de l'électricité et le bagapan avec la bagasse, le rhum, l’alcool et le parfum à travers la mélasse, les résidus en fumier, bagasse mélangée à la mélasse l'aliment pour bétail, jus fermenté du vinaigre....etc, etc. C’est pour cela que ce chapitre du patrimoine ne doit jamais être oublié. Surtout au moment où l'on parle crise énergétique et économie circulaire.
 
Conclusion comme dit le dicton  "tout est bon dans le cochon». Alors tout est aussi bon dans la canne à sucre car elle reste un des précurseurs en économie circulaire à la Réunion.




1.Posté par Zenbrovate le 12/09/2022 09:55

Chapeau M. Jean Claude pour tous ces beaux souvenirs racontés dans votre article. Heureusement que tu es là pour rappeler l'histoire. Merci.

2.Posté par Ste Suzanne le 12/09/2022 11:03

Il y a d'autre du côté de l est avec tous ses anciennes usines

3.Posté par A mon avis le 12/09/2022 17:10

Monsieur Jean Claude Comorassamy, votre billet qui rend hommage à votre père, est intéressant en rappelant le passé de Stella Matutina et en retraçant les différentes étapes de la fabrication du sucre.

Vous évoquez les circuits de la canne, de la fabrication du sucre et de la valorisation des "déchets" de fabrication : combustible ; produits dérivés : rhum, "bagapan" ; alimentation de bétail ; puis retour à la terre avec le compost ou le fumier servant d'engrais naturel, ce qui constitue en effet un exemple d'économie circulaire.

Toutefois, il faut relativiser, car la fabrication du sucre nécessite une très grande quantité d'énergie, et le sucre est destiné principalement à l'exportation. Ainsi, la culture de la canne (culture industrielle) nécessite la confiscation de terres qui seraient , du point de vue d'une économie circulaire, bien mieux valorisées en cultures vivrières.

4.Posté par Jlc2 le 13/09/2022 08:18

Bonjour ! Pour faire marcher les machines que ton père, il y avait un gars qui démarrait ses grosses machines ,il ne faut pas l'oublier aussi. Si les machines n'étaient pas démarrées, ton père ne pouvait broyé la canne. Toi,tu travaillais au labo. La personne y faut pas l'oublié. Merci pour ce rafraîchissement de la mémoire.

5.Posté par Timal le 13/09/2022 13:20

On peut même dire que si la vé pouin plantèr kane, la vé pouin moulin, la vè pouin do sik....Pour les journées Européennes du patrimoine, l'article est le bienvenu, bien décrit le fonctionnement des moulins...etc. Heureusement que M. Comorassamy est là pour nous rappeler ces beaux souvenirs de ce passé pas si longtemps....Toujours un grand plaisir de vous lire MONSIEUR.

6.Posté par danton R le 13/09/2022 21:13

le passé est mort et enterré.. ce qu'il est possible à 180 000 habitants ne l'est pas à 1 million..

7.Posté par Virapin A. le 14/09/2022 05:13

A jlc2

"La critique est aisée mais l'art reste difficile". Vous auriez pu vous aussi écrire d'autres détails manquants de cette usine sucrière, mais vous préférez attaquer son auteur. Quoi de mal à rendre hommage à son papa ? Moi aussi, mon père a travaillé comme cuiseur, mais je n'ai pas la plume de Jean Claude pour faire la même chose mais je bois à p'tit lait en lisant ses écrits....Merci pour cet bel article qui hommage aussi à tous les travailleurs de l'usine de Stella. Merci pour tous ces beaux souvenirs M. Comorassamy.

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