Courrier des lecteurs

Les si jolis propos de l’ ACCD’OM et de son Délégué Général

Vendredi 19 Décembre 2008 - 11:41

Qu’est-ce qu’ACCD’OM ? N'est-ce pas apparemment d’abord une machine à permettre à ses membres de voyager sans continuité territoriale ou égalité territoriale ! Dès lors qu’il est facile à certains élus grands voyageurs, grâce à l’ ACCD’OM, de se rendre en Guyane pour débattre des problèmes que subissent leurs concitoyens avec l’argent desquels tous les voyages leur sont possibles, pourquoi se priver de plaisir d'aller blablater tout à loisir bien loin ? Le Délégué Général de l’ACCD’OM, par ailleurs ancien élu de la Possession un temps mis sur la touche, aime les voyages lointains et les 9 DROM, COM et TOM de la République Française lui en offrent de belles possibilités. Durant les longs voyages en avion, surtout si ils sont effectués en classe affaires, notre représentatif Délégué Général (respectons les majuscules) a tout le loisir de se pencher sur le problème récurrent de la continuité territoriale et d’y concevoir des solutions novatrices « audacieuses » comme : l’égalité territoriale !!! Comme il est facile d’écrire pour ne rien dire, et surtout ne rien proposer d’efficace… pour les 2 200 000 Dromiens et les 805 000 Réunionnais !

Pour résoudre un problème, surtout quand il est complexe, encore faut-il le poser convenablement. Nos amis de l’ ACCD’OM n’évoque le récurrent problème de l’aérien plutôt sous l’angle des compagnies, de leurs prix et de leurs offres de sièges, que sous l’angle du rôle de l’Etat et de l’Europe quant à leurs responsabilités sur l’aménagement conjoint du territoire français et européen. En effet, si nous prenons l’exemple de la réalisation du viaduc de Millau, nous constatons que cet ouvrage d’art exceptionnel visait a mieux aménager le territoire non seulement français mais aussi européen pour améliorer les déplacements de tous. Pour les DROM, les COM et les TOM, il s’agit bien d’aménager le territoire national mais aussi, pour les DROM, le territoire européen dont ils sont une composante, même encore imparfaite et incomplète aujourd’hui. (espace Shengen)

Si nous prenons notre cas, la Réunion, quel aménagement du territoire concevoir et comment le mettre en œuvre ? En premier, cette mesure vise à compenser, et non pas estomper, deux choses : le handicap la distance et ses coûts importants (avion) et celui de l’insularité et du différentiel de niveau de vie qu’elle induit pour les populations et leurs économies. Ne concevoir cette situation que par sa dimension comptable est la meilleur façon de ne jamais la régler. Le prix moyen d’un vol de 11h du Paris-Réunion, est facilement déterminable, même s’il est sujet à variations entre les diverses compagnies, tout comme est facilement déterminable le prix d’une consultation médicale d’un médecin généraliste conventionné. Dans le secteur économique privé de l’aérien sur la desserte de la Réunion, la masse financière de l’argent public y intervenant (l’Etat et la multitude de ses fonctionnaires de toutes natures, les collectivités territoriales et locales, toutes les institutions publiques ou parapubliques et toutes les associations dont les fonds émanent largement de fonds publics), d’une façon ou d’une autre proviennent, même si le décompte n’en a jamais été fait ( ce qui est bien dommage), des contribuables et à ce titre doivent être engagés au juste prix, et non pas à n’importe quels prix fixés unilatéralement par les intérêts des compagnies. Si déjà le client le plus important, l'ARGENT PUBLIC par son premier représentant l’Etat, négociait et imposait, comme pour les médecins, le PRIX PUBLIC UNIQUE de tout billet économique, toute l’année, cette première mesure aurait deux effets bénéfiques pour l’intérêt général : mieux gérer l’usage de l’argent public, un devoir, mieux permettre aux compagnies d’utiliser le yield management pour optimiser leurs gestions et de mettre en réelle concurrence leurs « PRIX LIBRES » pour les usagers qui financent de leur argent privé leurs billets. Ce PRIX PUBLIC, déterminé par la négociation entre l’Etat et les compagnies devra être viable pour elles et révisable selon les fluctuations du prix des carburants. Cette clarification tarifaire due aux services de l’Etat, dont c’est la responsabilité pour ce qui relève des fonds publics, jouera sur le fonctionnement du dispositif de continuité territoriale (ou égalité territoriale) puisque les prix de tous les billets financés à ce titre le seront au juste PRIX PUBLIC négocié entre l’Etat et les compagnies. Pour qu’une véritable continuité territoriale fonctionne POUR TOUS, sans discrimination de revenus, l’accès au bénéfice de ce PRIX PUBLIC, un fois par an ou une fois tous les deux ans, POUR TOUS les Réunionnais devrait être ouvert, permettant ainsi de recenser les besoins et les demandes en sièges et aux compagnies actuelles d’ajuster quantitativement leurs offres et d’en justifier la venue de nouvelles si le besoin de la demande se fait sentir.

En conclusion, résoudre le problème récurrent des prix prohibitifs passe d’abord par le rôle incontournable de l' Etat, comme il en a la compétence et le devoir, seul apte à définir le PRIX PUBLIC conciliant la saine gestion des deniers publics et la préservation de la pérennité des compagnies aériennes, réconciliant aussi par là même l’intérêt général de tous les citoyens et les intérêts privés des compagnies, le premier n'étant plus, comme c'est malheureusement le cas aujourd'hui, subordonné aux intérêts des seconds. Quand on compare le nombre de sièges actuellement proposés à l'année sur la desserte de la Réunion pour ses 805 000 résidents et ses 220 000 touristes, à la desserte des Antilles, on comprend mieux tout de suite, l'une des raisons de la flambée tarifaire très artificiellement entretenue par les compagnies : la politique malthusienne d'offre très inférieure à la forte demande. Les prix excessifs freinent cette demande qui ne demande qu'à exploser..... si les prix étaient établis à leurs justes valeurs, c'est à dire à peine supérieurs au PRIX PUBLIC. Dans les années 80, l'intense activité des multiples compagnies en réelle concurrence ont multiplié de façon très importante les déplacements aériens des Réunionnais leur permettant de mieux vivre et accompagner les développements rapides de notre île. Aujourd'hui, pour que la Réunion s'engage dans un vrai processus de développement économique qui assure l'avenir de notre jeunesse, il convient que le combat de l'aérien triomphe avec la mise en place du PRIX PUBLIC qui, améliorant la gestion des deniers publics, sera la base tarifaire de la politique de continuité territoriale, mesure d'aménagement du territoire français et européen participant ainsi à l'égalité économique entre la France, l'Europe et notre île ultra-périphérique mais aussi, très important à l'égalité de citoyenneté, là aussi, française et européenne. N'est-ce pas aux Réunionnais eux-mêmes de mener et gagner ce combat pour l'égalité économique et l'égalité de citoyenneté, plutôt que de s'en remettre aux fonctionnaires parisiens ? Comme je vous l'ai déjà indiqué par courriel, cher M. le Délégué Général de l'ACCD'OM, malgré mes critiques provocatrices mais cordiales je me tiens, ainsi que mes collègues de Coll'Air, à votre entière disposition pour approfondir le débat qui nous préoccupe pour l'intérêt de tous nos concitoyens Réunionnais mais aussi bien sûr de tous les Dromiens.

www.collair.org
Gsm : 06 92 70 95 69      
Pierrot Dupuy
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