Justice

Les rôdeurs de la Plaine-des-Cafres ...

Jeudi 9 Novembre 2017 - 18:50

... "Par le grand Manitou/Y’a des Indiens partout" (Carlos)
Correctionnelle Sud, Jeudi 09/11/2017


Lorsque nous avons vu l’accusé dans le hall du Palais de justice de Saint-Pierre, nous avons regardé autour de nous pour voir si les policiers ne s’apprêtaient pas à effectuer un jouissif petit " faning " par précaution.

Le faning ? Innocents que vous êtes… C’est cette façon de tirer des cows boys : on presse la détente de la main droite pendant que la paume de la gauche relève le chien  à toute vitesse.

Plus beau qu’un Iroquois gribouillé !

Parce que le Confiance, c’est son nom, 33 ans, accusé d’avoir flingué à tout-vat à Miel-Vert, porte bien mal son nom.

Car il fait peur et a tout fait pour ça. Grand, baraqué, biceps de concours, mine renfrognée, l’air d’en vouloir à Dieu et tous Ses saints, il est couvert de touages, sur le front, sur les joues, sur les bras, sur les avant-bras, sur les doigts… A se demander où il n’en a pas !

Le plus visible, c’est sa tignasse. Un  chef-d’œuvre mais il y a de quoi : il a fait des essais de coiffure et pensait en faire son métier avant d’opter pour le flingue. Une vraie boîte crânienne d’Iroquois, touffe épaisse allant du front (très bas) à la nuque, et de chaque côté, quelques poils ras. Que l’on ne me reproche pas de l’avoir remarqué (comme tous les présents à l’audience) puisqu’il fait tout pour être remarqué !

L’affaire valant à notre tatoué d’être sollicité par la justice est simple.

Un jour de Miel-Vert janvier 2017, il décide de se rendre à un concert à la Plaine-des-Cafres avec son pote Jacquemin et un troisième comparse qui ne semble compter que pour du beurre dans leur farine à gâteau.

Le premier problème est qu’avant de partir de Saint-Benoît, où ils résident, ils enfournent un fusil et un couteau de 35 cm dans le coffre. Pourquoi des armes pour aller à un concert ? insistera la présidente Peinaud. " Au cas où… " - " Au cas où QUOI ? " On n’en saura pas plus.

Le second problème est que Jacquemin n’a pas de permis, ni assurance, ni quoi que l’on veut, et a déjà été condamné plusieurs fois pour ces motifs. Et que ses bourrins le savent mais s’embarquent quand même dans la virée.

" Que pensez-vous qu’il arriva ? " (NB : qui a écrit ça, déjà ?)

Un flingue déjà rechargé !

Au 23è Km de la Plaine, le concert tant espéré est fini quand ils arrivent. Les vigiles refusent de les laisser entrer, logique. Pendant qu’ils remâchent leur déconvenue, Jacquemin s’en va quérir un peu de blue grass auprès de gens du coin qu’il a repérés, " à la mine pas tibulaire mais presque ", disait Coluche.

C’est là que le bât se met à blesser. Le Jacquemin trouve que la " salade " qu’on lui propose n’est pas de première fraîcheur et accuse les vendeurs de n’être que des…, et des… et encore des… ! Avec ça, on est mal barré !

Le Jacquemin, devant les mines renfrognées des vendeurs, revient en courant vers ses copains, coursé par quelques assaillants destinés à lui enseigner une meilleure conception des rapports humains bien compris. Au moins une trentaine, dira Confiance.

Ni une ni deux, il ouvre le coffre, s’empare du fusil et tire. Deux fois. " Pour les effrayer ", se justifie-t-il à la barre.

Moue dubitative chez la présidente Peinaud. Le problème, là encore, est que lorsqu’ils se feront gauler aux Grands Kiosques, non loin (ils s’y étaient arrêtés pour une petite fumette de remise en forme), les deux canons du fusil avaient déjà été rechargés. On n’est pas plus c… !

L’indifférence d’un cordon de moresse ! 

Ils ont tous des casiers plus chargés que les yaks d’Edmund Hilary et Ten-Sing ; le verdict fut en conséquence : 10 mois fermes pour la Confiance mal placée ; et 8 fermes pour Jacquemin, avec révocation des sursis ultérieurs.

Le Confiance l’a accueilli avec une indifférence de chenille de mer. Déjà qu’avant le verdict, il se prélassait comme si de rien n’était, sa girl friend lui faisant massages et câlins à outrance dans les bancs du public, pas autrement concernée. Il est vrai qu’avec ce CV comportant déjà 8 condamnations à 23 ans à peine…

Ah, la gloire du bad boy !
Jules Bénard
Lu 4636 fois



1.Posté par klod le 09/11/2017 19:31

"bad boy" , "rude boy" , "red skin" ............................ cela peut être positif dans un certain contexte ............. avec une certaine éthique contre un système inique . Mais là .......tête fré agressif , pas plus ! pov run .

bravo Jules .

2.Posté par pipo le 09/11/2017 20:21

Du pur Benard on aime ou on aime pas! moi j'adore...

3.Posté par Dubois le 09/11/2017 23:34

merci Jules pour la saveur de l'article. On en veut encore.




4.Posté par Jules Bénard le 10/11/2017 07:14

Remarque à l'intention de l'auteur :

Qui a dit ça déjà ?

"Un jour dans un vallon,
"Un serpent piqua Fréron.
"Que pensez-vous qu'il arriva ?
"Ce fut le serpent qui creva !"
(Amabnilité du sieur Voltaire envers un de ses détracteurs).

Le drame de l'âge à l'état pur : mémoire de poisson rouge.

5.Posté par Réveillez vous le 10/11/2017 10:48

mais que faisait il encore dehors ????

Avec un casier aussi long...? c est la question a ce poser encore et encore....

6.Posté par Lesseps le 10/11/2017 14:01 (depuis mobile)

Petit cours d’armement à Mr BÉNARD .Depuis quelques années maintenant les forces de l’ordre française sont équipées de sig sauer.. de plus on ne presse pas la détente mais la queue de détente.. on dit marteau au lieu de chien sur arme avec chargeur..

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >