Blog de Pierrot

Les révélations des 'cahiers' d'Yves Bertrand

Dimanche 19 Octobre 2008 - 16:25

"Coups tordus", "cabinet noir", "barbouzes", "maîtresses", "pédophilie"...
Les pires rumeurs circulent actuellement, à la suite de la publication par Le Point d'abord, puis par Libération, d'extraits des 23 cahiers à spirales sur lesquels Yves Bertrand, l'ancien directeur des Renseignements généraux consignait tout et n'importe quoi, de la simple rumeur à l'information vérifiée.
Je vous propose de retrouver ci-dessous trois articles qui font un bon résumé de tout ce qui se dit et écrit actuellement sur le sujet.

Tout d'abord, l'article du Point signé de Jean-Michel Décugis et Christophe Labbé, d'où tout est parti...
"Sarkozy fait construire une villa à côté de Sartrouville, fait venir des entreprises de Neuilly. Tout au black". Dans la tête d’Yves Bertrand, il fait peu de doute que le tuyau est percé. Mais le patron des Renseignements généraux prend tout de même le soin de le consigner dans son carnet, le 25 octobre 2002. L’information semble extraite d’une note blanche. Ces papiers sans en-tête ni signature, sur lesquels les RG couchent des informations sensibles, vraies ou fausses. Ironie du sort, trois semaines avant, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, a signé un décret supprimant les blancs des RG. Ce qui a provoqué l’ire du ministre, c’est la lecture d’un blanc scabreux sur un candidat présenté par le ministre des Sports pour prendre la tête de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie. Dès qu’il arrive pour la première fois Place Beauvau, en mai 2002, Nicolas Sarkozy demande la tête d’Yves Bertrand. Ce que le président de la République, Jacques Chirac, lui refuse tout net. Sarkozy soupçonne le patron des Renseignements généraux de rouler pour le Château, en clair pour l’Elysée. Il est vrai que l’occupant de la place Beauvau garde un mauvais souvenir d’Yves Bertrand. A l’époque des règlements de comptes entre Jacques Chirac et Edouard Balladur, en 1995, Sarkozy était ministre du Budget et a fait l’objet par la section financière des RG d’une enquête sur son patrimoine. C’est ce que confirment deux notes blanches que Le Point a en sa possession. En 2002, le travail de sape piloté de l’Elysée aurait repris de plus belle. Interrogé, Yves Bertrand jure : "J’ai toujours été loyal avec mon ministre". Pourtant, dans les carnets saisis, on lit à la fin mai 2002, à propos de Nicolas Sarkozy, que Bertrand désigne par "Sarko" ou sous l’abréviation "N.S": "Sarko: un mec le tient. Tassez [Jean-Noël Tassez, l’un des prévenus de l’Angolagate, NDLR]". Dès lors, le nom de l’ex-patron de Radio Monte-Carlo va revenir plusieurs fois sous la plume d’Yves Bertrand, comme ce mois de juin 2002 : "Tassez a reçu du fric de Falcone pour Sarko, de Jean-Christophe et de chefs d’Etat africains". Le 2 juillet 2003, il est encore question de gros sous. Le patron des RG: "Sarko 150 000 francs en liquide dans son cabinet". Autant d’accusations gratuites. La vie privée du ministre de l’Intérieur de l’époque, futur président de la République, et de son entourage n’est pas non plus épargnée. Bertrand s’intéresse au frère aîné du ministre, Guillaume, alors vice-président du Medef, qui ferait l’objet d’un "chantage". Trois mois plus tard, le directeur des RG indique à propos de Nicolas Sarkozy qu’il "couche" avec la femme d’un député, lequel est aujourd’hui ministre... Lundi 27 janvier 2003, YB remplit deux pages sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec sa première femme et leur séparation. Des renseignements qui semblent tirés d’une note blanche. Y figure le détail d’une conversation téléphonique entre l’épouse et la meilleure amie de celle-ci, où il est question d’adultère. Tout porte à croire qu’il s’agit de la retranscription d’une ancienne écoute téléphonique. Les deux amies parlent entre autres de Cécilia. Plus loin, Bertrand rapporte des informations sur la future épouse de Sarkozy, "une fêtarde", sur le fait que ses parents avaient "un immeuble rue Marbeuf à Paris face au restaurant Chez Edgar", et sur les conditions de sa séparation d’avec Jacques Martin. Enfin, on y apprend que "N.S." a acheté pour sa première femme un appartement au château de Madrid à Neuilly.

Soupçons

Au fil des pages, on découvre qu’Yves Bertrand s’intéresse aussi à celui qui deviendra un proche de Nicolas Sarkozy. Son propre adjoint, Bernard Squarcini, dit "le Squale". Le grand flic, spécialiste des affaires corses, fait de l’ombre à Bertrand. A l’époque, Nicolas Sarkozy rêve d’arrêter Yvan Colonna. YB, qui ne connaît rien au dossier corse, a besoin de siphonner des informations à son rival. Et c’est une certaine "Jacqueline", en fait la personne chargée des écoutes à la direction centrale des Renseignements généraux, qui "n’a + confiance en Bsq", qui le renseigne. Un an plus tard, Squarcini se retrouve dans les listings Clearstream. Hasard? Dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, beaucoup soupçonnent YB d’avoir trempé dans le truquage des listings. C’est dans le cadre de cette affaire que les vingt-trois carnets d’Yves Bertrand ont été saisis au domicile de l’ancien directeur des RG. Et les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons, chargés de l’instruction, en ont extrait tout ce qui concernait de près ou de loin leur affaire. Et là, surprise, en date du 8 mai 2001, on lit : "Un Libanais riche, 90, avenue Niel, Imad Lahoud né le 7 août 1967 à Beyrouth, gendre fr Heilbronner, s’est converti au Judaïsme pour épouser la fille d’Heilbronner". Ce qui signifie qu’Yves Bertrand connaissait trois ans avant que n’éclate l’affaire Clearstream le truqueur présumé des fameux listings. L’ex-patron des RG a pourtant toujours déclaré avoir découvert le nom de Lahoud dans la presse. Le fait que Bertrand mentionne la date et le lieu de naissance de Lahoud implique qu’un travail va être fait sur lui avec une recherche dans les fichiers de police. Devant les quelques lignes sont inscrites deux initiales, "BH", pour Brigitte Henri. La commissaire à l’allure garçonne et aux cheveux roux, spécialiste des enquêtes politico-financières, a été l’un des meilleurs soldats de l’ombre d’YB. Pourtant, Brigitte Henri assure au Point n’avoir été en relation avec l’informaticien "quà partir de 2003 et pour des raisons personnelles". Des contacts entre Lahoud et son ancienne protégée, dont Bertrand n’aurait, jure-t-il, "jamais eu connaissance".

Clearstream

Pourquoi Imad Lahoud, expert des circuits de blanchiment, a-t-il été tamponné, c’est-à-dire "recruté" dans le jargon des services? Est-ce pour travailler contre Lionel Jospin? Dans les carnets figure, accolée au nom de l’informaticien libanais, cette indication: "pourrait wer c lj". "LJ", c’est Lionel Jospin. A moins qu’il n’ait été utilisé contre d’autres cibles? Les RG auraient-ils rajouté leurs propres noms dans la tambouille Clearstream, comme Nicolas Sarkozy a accusé Bertrand droit dans les yeux de l’avoir fait? En novembre 2004, alors qu’il vient de prendre la tête de l’UMP, Sarkozy convoque YB au siège du groupe. Et lui lance, glacial: "Je sais que vous complotez contre moi". Quinze jours avant, son nom est apparu dans le fichier Clearstream. Le 16 janvier, le jour où ont été saisis les carnets d’Yves Bertrand, les juges de l’affaire Clearstream ont également fait perquisitionner l’appartement parisien d’un journaliste free lance, Stéphane Ravion. L’homme aurait travaillé pour Alain Juillet, patron du renseignement à la DGSE. Lequel était en contact avec Yves Bertrand et avec Imad Lahoud, chargé un temps par les services secrets français d’enquêter sur les circuits de financement d’Oussama Ben Laden. A l’origine de cette descente des policiers: une note rédigée par le responsable d’une boîte d’intelligence économique. En fait, le verbatim de sa rencontre en novembre 2006 avec Ravion. Selon cette note, Yves Bertrand aurait proposé, trois ans plus tôt, à Stéphane Ravion de travailler contre Sarkozy pour le cabinet noir de l’Elysée. Ce que l’intéressé a nié devant les policiers. Cependant, les éphémérides de Bertrand conservent la trace de douze rendez-vous pour 2001 et 2002 entre Ravion et le patron des RG. Et le nom de Ravion réapparaît plusieurs fois dans les carnets saisis. Etrangement, ces derniers s’arrêtent fin 2003, juste au moment où commence l’opération de déstabilisation Clearstream

L'affaire El Quandili

Le 24 janvier 2002, Yves Bertrand, le patron des RG, note dans son carnet une demande de l'ex-préfet de police Philippe Massoni, alors chargé de mission à l'Elysée. Elle concerne l'ancien champion du monde de kick boxing et chef d'entreprise, Khalid El Quandili. Très vite, des pages entières de renseignements tombent qui proviennent à la fois du Maroc et de la France. On y apprend notamment que l'épouse de Khalid el Quandili est une proche de la soeur du roi. Mais aussi qu'il a un différend avec Stéphane Ravion. Sur ce journaliste proche du monde des services et qui gravite à l'époque dans l'entourage du roi sont également rapportés des renseignements précis.

Pour Quandili, les ennuis ont commencé en 2001, quand il a voulu, comme il l'affirme, protéger la famille royale du jeu trouble de Stéphane Ravion. Du jour au lendemain, il tombe en disgrâce au Maroc.

En août 2002, Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, le récupère à son cabinet. Mais, en 2003, la mention "Quandili" réapparaît dans les carnets tandis que MAM le convoque pour l'interroger sur ses problèmes au Maroc. Un peu plus tard il apprend que sa mission n'est pas renouvelée. Pour comprendre ce qui se passe, Quandili provoque une rencontre avec Michèle Alliot-Marie. Il lui annonce qu'il compte bien se rendre à la réception donnée par la ministre en présence de Jacques Chirac le 13 juillet 2003. "Je ne veux pas vous voir à la réception, parce que moi je peux me faire virer, et oui, c'est à ce niveau-là", réplique Alliot-Marie. Contactée par Le Point, la ministre a fait répondre par son cabinet qu'elle ne souvient pas d'avoir tenu ces propos. Tout en précisant que le ministère avait été informé d'un problème entre Quandili et la famille royale du Maroc.

Depuis janvier 2008, date de la garde à vue de Stéphane Ravion dans l'affaire Clearstream, Khalid El Quandili est convaincu d'être une victime collatérale des listings truqués. "La foudre m'est tombée dessus parce que je me suis attaqué, sans le savoir, à quelqu'un qui a sans doute joué un rôle dans l'affaire Clearstream". Des accusations que Stéphane Ravion, joint par Le Point , balaie d'un revers de main : "M. Quandili s'en est pris à moi sans aucune raison. Quant à l'affaire Clearstream, je n'y ai joué aucun rôle". Quandili a été réhabilité au Maroc et décoré de la Légion d'honneur. Mais pour lui l'affaire ne s'arrête pas là. Avec son avocat Franck Berton, il va porter plainte pour atteinte à la vie privée et dénonciation calomnieuse. "Les plus hautes autorités de l'Etat ont couvert ce qui m'est arrivé".

"DV" et "YB"

Dans les carnets secrets d'Yves Bertrand, il y a un nom qui apparaît souvent, celui de Dominique de Villepin. L'ancien Premier ministre, à l'époque secrétaire général de l'Elysée, est soupçonné d'avoir piloté un "cabinet noir" qui aurait oeuvré, pour le compte de Jacques Chirac, contre Nicolas Sarkozy. Ce que nie l'intéressé.

Les deux éphémérides d'Yves Bertrand, saisies à son domicile le 16 janvier en même temps que ses carnets, gardent la trace de 33 rendez-vous avec "DV", entre le 8 janvier 2001 et le 22 octobre 2002. La plupart du temps en fin de journée. Bertrand n'a qu'une rue à traverser pour rejoindre le bureau de Dominique de Villepin à l'Elysée. Du moins jusqu'au 6 mai 2002, date à laquelle Villepin devient ministre des Affaires étrangères.

De quoi pouvaient parler le patron des RG et l'homme présenté comme le chef d'orchestre des coups tordus de la chiraquie, à commencer par la machination Clearstream? Une affaire pour laquelle Dominique de Villepin vient d'être renvoyé en correctionnel. Yves Bertrand assure qu'il s'agissait simplement lors de ces rencontres d'"évoquer les affaires pouvant menacer le chef de l'Etat". Joint par Le Point , Dominique de Villepin explique qu'il voyait Yves Bertrand "à intervalles réguliers, essentiellement pour des sujets liés à la sécurité nationale ou au terrorisme. Une fois au Quai d'Orsay, les rencontres ont continué sur la base de rendez-vous protocolaires ou pour évoquer les inquiétudes qu'il manifestait pour son avenir professionnel".
www.lepoint.fr

Je vous conseille également cet article de La Dépêche, qui fait également un point complet sur le sujet:

Espionnite. Pendant 5 ans, Yves Bertrand le patron des RG a tout noté de la vie personnelle des ministres et des politiques.
"Prend une chambre à l'hôtel Prince-de-Galles à 16 heures". Lui, c'est un futur ministre. Elle, une journaliste-vedette. "Cet homme politique a un cancer généralisé". Tel ministre, "le sida". Ce jeune député de gauche est "homo".
Voilà la République épiée par le trou de la serrure. Une compilation nauséeuse, consignée avec minutie sur des carnets, allant de 1998 à 2003. L'auteur? Yves Bertrand, le grand patron des Renseignements généraux. Des carnets qui n'auraient jamais dû sortir de ses poches. Mais qui ont été saisis le 16 janvier 2008 par la justice, qui y cherchait des éléments sur l'affaire Cleastream. Une affaire que Bertrand connaît depuis longtemps et, si l'on peut dire, de l'intérieur.
Depuis, les carnets sommeillaient au Palais de Justice. Les journalistes de l'hebdomadaire Le Point ont pu en prendre connaissance. Et cette plongée "sous les jupes de la République" donne le vertige. On se croirait par moments dans ce film diffusé la semaine dernière sur Arte "La Vie des autres", où un agent de l'ex-Allemagne de l'Est note les moindres détails de la vie d'un auteur, relations sexuelles incluses…
Mais on osait espérer les bonnes vieilles méthodes de la redoutables Stasi impossibles en France!
Avec ces notes, on se retrouve au cœur de l'arrière-boutique de l'État. Là où le fond de sauce n'est guère ragoûtant. Yves Bertrand est au centre d'un système. D'un côté, il dispose, outre ses services de police, d'un réseau d'informateurs impressionnant: des barbouzes dévoués, des journalistes mercenaires. De l'autre côté, ceux qu'il sert, qu'il protège et là, le cercle est très restreint.
Et par exemple, Nicolas Sarkozy a plutôt fait partie des cibles d'Yves Bertrand que de ses alliés. En 1995, alors qu'il est ministre du Budget, le maire de Neuilly fait l'objet d'une enquête sur son patrimoine diligentée… par la section financière des RG! Des notes lui attribuent des relations avec des acteurs de l'Angolagate. Et surtout, on épie sa vie sentimentale et on surveille Cécilia. C'est en 2004 seulement que Sarkozy réussira à placardiser ce superflic qui avait résisté à huit ministres de l'Intérieur!
Yves Bertrand répond que ces textes ont un caractère privé et sont à considérer comme des brouillons: "Il est normal qu'un patron des RG soit informé très en amont des affaires. Cela veut dire que j'étais bon. Quant à la vie privée je n'ai pas dû écrire beaucoup de choses et si je l'ai fait, c'était pour protéger le gouvernement".
Peu de monde échappe au fichage de Bertrand. Pas même l'actuelle ministre de l'Intérieur dont il consigne la vie très privée. Elle qui, après avoir défendu l'indéfendable fichier Edvige, fait figure d'arroseur arrosé.
Il les flingue
Charles Pasqua. L'ancien ministre de l'Intérieur est persuadé qu'Yves Bertrand a tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues au moment de l'élection présidentielle de 2002. Peut-être en donnant à la justice quelques billes pour l'Angolagate.
Bruno Gaccio : En 2002, l'Élysée est exaspéré par les sketches de Canal + qui montrent Bernadette Chirac "accro" à son sac à main. Un dispositif sera donc constitué autour de Bruno Gaccio, l'auteur des Guignols. Cette surveillance sera révélée en 2005.
Daniel Vaillant. Dans le livre qu'il a écrit (Plon) Bertrand raconte que ce ministre de l'Intérieur avait exigé sa démission. Bertrand avait refusé. Pour le limoger, il fallait un décret pris en conseil des ministres. Ce décret, Chirac ne l'a jamais signé…
Nicolas Sarkozy. La guerre aura duré quelques années entre les deux hommes. Bertrand a épluché la vie de l'entourage de Sarkozy, depuis son frère Guillaume qui aurait "fait l'objet d'un chantage" jusqu'à sa femme Cécilia, "une fêtarde".
Lionel Jospin. Les activités de sa sœur ont été épluchées, le passé de son père exhumé, la période trotskiste de Jospin radiographiée… La façon dont l'entourage de Jospin a été espionné relève de l'acharnement…
…et les autres. Non cités par Le Point, mais des responsables politiques sont épinglés : l'un est bisexuel, l'autre échangiste, celui-ci "s'est tapé des petits garçons" ou tel autre "fume du shit", ou celle-là est "tenue par le cul et la cocaïne". Élégance…
Il les protège
Jean-Pierre Chevènement. Étrangement, l'association a plutôt bien fonctionné avec Jean-Pierre Chevènement. Celui-ci avait gardé sa confiance à Bertrand, qui lui en saura gré en veillant pendant les quatre mois de son absence après son accident d'anesthésie. Et en lui rapportant les rumeurs qui avaient couru…
Jacques Chirac. On prête à Yves Bertrand le rôle d'éminence grise auprès de Jacques Chirac. Il semble bien d'ailleurs que la plupart des entreprises de déstabilisation ont été menées contre ceux qui risquaient de faire du tort à Jacques Chirac, en particulier, ses rivaux potentiels pour la présidentielle de 2002: Jospin et Pasqua. Et bien sûr Sarkozy, dont Jacques Chirac n'avait pas digéré le passage dans le clan Balladur.
Dominique De Villepin. Comme Bertrand, Dominique de Villepin est avant tout un servant d'armes de Jacques Chirac. Les deux hommes se retrouvent très régulièrement. Difficile de ne pas penser à l'affaire Clearstream pour laquelle Villepin a été mis en cause. L'ancien Premier ministre explique qu'il rencontrait Bertrand "pour des sujets liés à la sécurité nationale et au terrorisme". Vastes sujets.
www.ladepeche.fr

Enfin, celui de Libération, qui a apporté de nouvelles révélations sur le sujet:

Des carnets noircis de "rumeurs et ragott"
L’ex-patron des Renseignements généraux compilait les informations de tout acabit sur les rivaux de Chirac.
Yves Bertrand recensait tout type de boules puantes pouvant affecter les concurrents de Jacques Chirac dans son ramassis de "rumeurs et ragots", selon ses propres termes. En pleine période de cohabitation, Lionel Jospin y figurait évidemment en bonne place.
Rétrocommissions. A la date du 22 mai 2001, l’espion en chef des Renseignements généraux (RG) relève: "Attaques contre le père", visant le rôle sous l’occupation du géniteur de Lionel Jospin. Histoire de charger un peu plus la mule du Premier ministre, concurrent du président de la République en titre en vue de la future élection présidentielle, Yves Bertrand essaie également de le mêler à l’affaire des frégates de Taiwan. D’où sa note d’avril 2002: "Le Pen a touché des commissions sur la vente des frégates, 2 %, 66 millions". Et de préciser quelques lignes plus tard: "Hôtel Warwick, rencontre Jospin et Le Pen". Dans l’esprit paranoïde de Bertrand, Jospin et Le Pen se seraient ainsi partagé les rétrocommissions d’un énorme contrat d’armement. Il en informe illico l’Elysée, même si tout ceci est complètement bidon.
Une fois Chirac réélu, Jospin disparaît subitement des cahiers Bertrand. Place à Sarkozy, ministre de l’Intérieur et déjà concurrent d’un président vieillissant. D’où sa note du 17 octobre 2002: "Tassez a introduit Sarkozy chez Bongo et prend du fric en liquide". Jean-Noël Tassez est l’ancien président giscardien de RMC, actuellement poursuivi dans l’Angolagate. Il a certes récolté des fonds dans des affaires de marché d’armes en Afrique, mais la justice pénale a trié le bon grain de l’ivraie: l’argent perçu par Tassez a servi à éponger ses dettes de jeu, pas à arroser Sarkozy. Mais les cahiers Bertrand n’allaient pas s’embarrasser pour si peu…
De même, l’ex-directeur des RG s’en prenait fréquemment à Arnaud Montebourg, député PS en flèche contre les dérives de la chiraquie. Le 22 mai 2001, ses carnets mentionnent: "Montebourg va à Marrakech". Sous-entendu, il se rend au pays ou la majorité sexuelle est à treize ans… Soupçon de tourisme sexuel? En vérité, Montebourg, également avocat, s’y était banalement rendu pour rencontrer un client.
Nicolas Sarkozy a porté plainte jeudi contre Yves Bertrand, pour dénonciation calomnieuse et atteinte à sa vie privée, le premier grief ne tient pas la route, les carnets n’ayant pas vocation à être rendus publics, le second étant plus sérieux. Il a été rejoint hier par Jean-Noël Tassez: son avocat, Me Olivier Baratelli, souhaite seulement faire valoir que"Tassez n’a pas rétrocédé un centime à Sarko". Pour sa part, Lionel Jospin s’en tient pour l’instant à une simple dénonciation politique, sans porter plainte au pénal.
Cuti. Le parquet de Paris est désormais au pied du mur. Depuis six mois, il s’oppose mordicus à la communication des carnets Bertrand, saisis en perquisition en janvier dernier, dans les procédures Clearstream et Angolagate - seuls quelques extraits ont filtré depuis quatre mois dans la presse. Virera-t-il soudainement sa cuti sous prétexte d’une plainte pénale de Sarkozy ou Jospin? Si l’intégralité des carnets Bertrand devait être mise sur la place publique, pas mal de contacts réguliers de l’ancien directeur des RG - dont bon nombre de journalistes dits d’investigation - vont serrer les fesses.

www.liberation.fr
Lu 36735 fois
📧 pierrot.dupuy@gmail.com 📞 0692 86 03 91 En savoir plus sur cet auteur



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie