Société

Les pensionnaires d’autrefois: Une sacrée bande de loustics !

Samedi 4 Février 2017 - 16:23

L'actuel collège Bourbon - Photo : Facebook
L'actuel collège Bourbon - Photo : Facebook
Retrouvez la première partie ici: Au bon vieux temps du lycée Leconte-de-Lisle: Pensionnat lontan, c’était in zafair mounoir!


Nous étions ainsi, en 1958, une bande de gamins lâchés dans la nature, sans les frangins, sans les copains d’école et de jeux, sans famille. Rien qu’avec des "grands" jouant aux gros bras parce qu’ils étaient là depuis l’an dernier, des "anciens".

Poux, puces, punaises rouges…

Le soir, on était au dortoir à 19h30. Plein de lavabos, quelques auges pour se laver les pieds et tout ça à l’eau froide, y compris en plein hiver. On avait quelques minutes pour se décrasser, y compris les pieds, ce qui allait très vite en saison froide et n’améliorait pas vraiment le fumet de l’atmosphère du dortoir. On faisait avec.

Extinction des feux à 20h00 et on aurait entendu une mouche voler car interdiction absolue de causer avec le voisin du lit d’à-côté ! Seuls les "grands" de Terminale disposaient d’une minuscule pièce à côté des lavabos pour travailler leurs cours jusqu’à 23 heures, surveillés de près par le pion qui ne rigolait pas.

A 6h00, "drrrringgg", la fichue sonnette nous tirait de rêves faits des souvenirs de la maison trop éloignée. Le pion, encore lui, passait de lit en lit pour secouer les puces des attardés. Et quand je dis les puces… il y en avait aussi dans ces trois dortoirs. Le plancher avait beau être imbibé de pétrole pour chasser les bestioles, elles résistaient apparemment à tout. On passait notre temps à nous gratter avec acharnement mais il y avait toujours quelques poux, puces, punaises rouges qui achevaient de gâcher un univers déjà  pas drôle. Je me souviens d’un pote chinois originaire de l’Est, qui était constellé de piqûres sur tout le corps, son matelas ayant été choisi comme lieu de ponte de ces satanées bébêtes.

"Dégommatage" au dentifrice

On avait quelques minutes pour se débarbouiller. Certains étaient obligés de se "dégommater", terme ignoré du Larousse et désignant une farce très spirituelle.

La nuit, quelque mauvais plaisant, aussi silencieux qu’un Sioux sur le sentier de la guerre, s’en allait passer les cheveux de sa victime au dentifrice. Sans lésiner sur la quantité. Au matin, la pâte ayant séché, le malheureux avait toutes les peines à s’en débarrasser. J’ai été moi-même plus d’une fois victime de cette "plaisanterie", mais c’est notre pote Emile Vélia, de la Plaine-des-Palmistes, qui y eut droit le plus souvent chaque année. Quand il devint costaud, les mauvais plaisants y regardèrent à deux fois car…

… Car une nuit, Emile, pas né de la dernière pluie, se coucha à l’envers. Lorsqu’il sentit la pâte glacée sur ses orteils, il se leva brusquement et le farceur le paya de quelques dents et horions divers !

Le pain-z’achards de chez le Chinois du Jardin

Nous avions quelques minutes pour avaler un grand bol de lait chocolaté (avec du Tonimalt), mettre une quille de beurre à l’intérieur d’un quignon de pain d’une avarice sordide et en route pour la salle d’études jusqu’à 7h30, heure du début de la première classe de la matinée.

L’emploi du temps était réglé comme du papier à musique : 4 heures de classe jusqu’à midi et 2 ou 3 heures les après-midi. Sauf le jeudi où les après-midi étaient « libres ». Enfin, quand je dis "libres", pour les grands pensionnaires de 2nde, 1è et terminale sans doute. Ils avaient le droit de s’en aller promener au-dehors du lycée. Nous, les "petits", on se collait d’interminables heures d’étude… sinon d’heures de colle tout court. Vers les 16 heures, un pion nous réunissait par deux et nous conduisait au Jardin, à la piscine d’eau douce du BOTC, au fond de la rivière, ou encore, exceptionnellement, sur le  terrain de foot de la Redoute. Il y avait parfois un match intéressant entre le Royal Star et les Juniors dionysiens, équipes appartenant aujourd’hui à l’histoire.

Au retour, on nous permettait d’acheter un pain-z’achards chez le Chinois, le meilleur z’achards de ma vie dont on n’a que des ersatz maintenant.

"Mano macro"

La discipline était d’une sévérité à faire pâlir.

On se mettait ainsi en rangs par deux pour aller au réfectoire, dûment chapitrés par le pion. Au rang de ces derniers, il y avait Bouboul, aussi appelé "Chatoyant" car il brilla de tous ses feux un soir en passant sous un lampadaire. D’où son surnom, un surnom que nous évitions de prononcer en sa présence car Bouboul, outre d’être très beau, était d’une force herculéenne. Il y avait encore Adam de Villiers, lointain parent de la copine Françoise, beau, blond, grand et à la voix douce. On ne l’emmerdait jamais.

Je me souviens encore de Mano Lambert, qui se voulait plus intransigeant que le censeur et qui s’était vite attiré l’appellation de "Mano Macro". Quand nous étions en panne de refrain, les "Mano macro " expulsés à tue-tête réveillaient tout Saint-Denis.

Il y avait encore Paul Marodon, ami de tous les pensionnaires dont il tentait de soulager le quotidien en fermant les yeux sur les broutilles. Enfin, nous avions droit à la sollicitude de Raymond Lauret, à peine plus âge de quelques années, qui finançait ses études supérieures d’enfant pauvre, en jouant les surveillants. Comme il était d’une intelligence extraordinaire, et d’une serviabilité à fleur de peau, Raymond n’hésitait jamais à dispenser ses conseils pour quelque théorème barbare ou une règle de grammaire mal assimilée. Le soir, dans le box où il avait son petit lit (le même que le nôtre) et sa table de travail, la lumière restait longtemps allumée. C’était un sacré bosseur.

L’apprentissage des clopes clandestines

Pour revenir sur la notion aujourd’hui oubliée de "discipline", il faut savoir que si quelques "grands" se cachaient dans les chiottes (à la turque) à plusieurs pour boucaner, il y avait grand risque.

Les censeurs par exemple, messieurs Cresta ou Arnaud, y faisaient des incursions aussi soudaines que déconcertantes. Les contrevenants passaient direct en conseil de discipline, avec éjection de quelques jours à la clef. Sinon un mois entier à être consigné matin et après-midi, tout un dimanche pendant que les copains allaient au Bassin-Z’hirondelles.

On ne plaisantait pas, même contre son gré. Un soir ainsi, Claude Hoareau, futur politicien très connu, est arrivé en retard au réfectoire le dimanche soir. En retard parce que le train le ramenant du Port l’était lui-même. Il s’est fait engueuler devant les autres par le censeur Cresta (à qui il répondit vertement) qui l’expédia aussi sec à l’infirmerie, conseil de discipline le lendemain et retour la case papa momon dans la foulée. Les ennuis de Claude avec l’autorité ne datent donc pas d’aujourd’hui.

Mademoiselle Legros, madame Saint-Fidèle…

Pour échapper parfois à la discipline pesante ou à quelque devoir de maths particulièrement ardu donné par « Mangue-Carotte » (M. Claude Payet, un con…) ou Misner (efficace mais sévère et grande gueule), on se faisait porter pâle. A savoir qu’on allait aux consultations médicales du matin se faire délivrer deux ou trois jours d’infirmerie et quelques doses de boisson pétillante dont nous n’avions nul besoin. Mademoiselle Legros, l’infirmière, était d’une grande gentillesse, possédant en outre une poitrine qui suscitait certains changements dans notre anatomie. Ce qui la faisait bien rigoler…

Pour passer le temps, le lundi matin, nous allions au service lingerie récupérer nos vêtements sur lesquels madame Saint-Fidèle, charmante grand-maman noire et souriante, veillait jalousement. Chacun disposant d’un numéro de lingerie cousu sur champ, pas moyen de se tromper.

Nous adorions madame Saint-Fidèle mais plus encore son adjointe, madame Vidot, très belle, très poitrinée, bien fessue et mignonne comme un cœur. On s’y attardait un peu plus que nécessaire, avouons-le. Bande ti vicieux va !

Le fameux Bassin-Z’Hirondelles

Pour se distraire, le dimanche, jour où nous avions le droit de sortir seuls comme des grands, nous avions le ciné ou le pique-nique. Le ciné, il y en avait trois, Rio, Plaza et Casino, devenu le Ritz longtemps après. Les séances commençaient à 14 heures et présentaient deux films, réglo.

Pour le pique-nique, c’était simple. Depuis la vieille, nous avions prévenu le responsable des cuisines, monsieur Bertaut. Le dimanche matin, nous avions droit au pain frais, saucisson, jambon, fromage La Vache-Qui-Rit, oranges, pommes… Ce gentil vieux monsieur ne lésinait pas sur les quantités.

Nous allions vite fait au fond de la rivière, crapahut jusqu’au Bassin-Z’Hirondelles, surnommé Bassin-Pigeons aujourd’hui. Nous passions là des journées merveilleuses une fois les provisions mises à l’ombre.

Avant les interminables séances de baignades, nous jouions aux grands en fumant goulument quelque paquet de cigarettes "Royal", "Mélia" filtres, "Craven" pour les plus fortunés, ou "Matinées" achetées chez le Chinois du coin du Jardin. Chinois à qui notre proviseur, Zéphirin (M. Albert Lougnon) avait bien demandé de ne pas nous en vendre.

Parfois encore, pour changer un peu, nous allions pique-niquer à la Vierge-Noire ou du côté de l’ancien terrain d’aviation en passant par le fond de la rivière des Pluies, merveilleux terrain de jeux pour s’exercer à "Pont de la rivière Kwaï", "Far-West 89", "Winchester 73" ou autre "Côte 465" récemment vus au ciné.

Dormeuil, Bastide, Vinh San…

Chacun d’entre nous gardait soigneusement en ses valises la petite somme nécessaire pour prendre le train du dernier samedi, attendu avec impatience.

Ah oui !... Faut pas que je les oublie, aussi. Le dimanche matin, nous allions souvent au Foyer de Joinville où, à partir des années 60, s’entraînaient les Chats Noirs, la bande à Max Dormeuil, "Pépère" Personné, "Mickey" Nativel, Jean-Paul Boyer. Nous étions à leurs fenêtres, les yeux rivés sur leurs guitares qui nous fascinaient littéralement. Max Dormeuil nous stupéfiait par son époustouflante rapidité tandis que nous étions en émerveillement devant la basse bricolée par Mickey, gaucher. Sinon, nous allions au foyer de l’AJER, face au commissariat, admirer le savoir-faire de la bande à Bastide avec son sourire tranche-papaye.

Le dimanche soir, après le ciné, nous passions derrière les grilles de l’Hôtel d’Europe, pour écouter Julot Arlanda ou Claude Vinh San… et surtout les demoiselles faussement désoeuvrées attendant le client. "Monsieur" Antoine nous gratifiait souvent d’une limonade, le cher homme, sinon d’un bonbon-piment.

Au titre des distractions, il y avait aussi le temps passé à "lookater" les filles de Juliette-Dodu qui nous faisaient rêver pendant leur repas.

Voilà, en gros, ce qu’était la vie d’un pensionnaire d’autrefois. Cela en fera soupirer plus d’un jeune, je présume. Personnellement, je n’ai pas aimé ! Surprenant, non ? Mais tant qu’à faire, puisque nous ne pouvions y couper, autant passer le temps du bagne à apprendre. Ce que nous fîmes avec succès : les pensionnaires avaient presque toujours leur Bac, ce qui était une haute récompense alors : le Bac, véritable tapis rouge déroulé sous nos pieds, ouvrait les portes des concours administratifs élevés, pour lesquels aujourd’hui, on vous réclame un Bac  + 8.
Jules Bénard
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1.Posté par Allan le 04/02/2017 17:54

Merci à Jules Bénard.
J'ai retrouvé dans son récit, une période de ma vie teintée de nostalgie. J'ai connu le même pensionnat à partir du milieu des années 60.Bien évidemment, les conditions de vie des internes avaient quelque peu évolué par rapport aux années 50. Ainsi, nous n'avons pas connu le cinéma ou le bassin pigeons du dimanche par exemple ; le transport par train non plus. Mais les fondamentaux, la discipline et la plupart des responsables cités ( proviseur, censeurs, surveillants..) étaient les mêmes. J'ai en mémoire les tubes des Shadows que nous passait sans arrêt l'élève responsable du bar qui se situait sous l'escalier du bâtiment central. C'est de là que remonte mon admiration pour ce groupe. Et notre bon vieux Surveillant Général qui nous disait, en avant première, si nous avions ou non "monté de classe" á La suite des conseils de fin d'année. Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire. Laissons nos anciens camarades raconter leurs anecdotes.

2.Posté par mazenbron le 04/02/2017 18:01

Mdr!!Le "lointain parent de Françoise" n'est plus beau,blond(merci pour lui...). Mais il est toujours le frère d'ADV.
A quand une petiste liste des surnoms imagés des personnels de notre bon vieux Lycée?
Bien amicalement.

3.Posté par A mon avis le 04/02/2017 18:31

Vous nous parlez d'un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître !

Quelle évolution de la Réunion et de la société en un demi siècle !

4.Posté par Calou le 04/02/2017 20:52

A cette époque je me souviens de Mr Paul, lui aussi surveillant général au LLL.
Originaire de Pondichéry, il avait un accent marqué et « roulait les r ».
Dans un communiqué à la récréation, il faisait rire tout le monde lorsqu’il nous demandait de venir à son bureau.
« L’élève Sigismeau Karl est plié de venir ilmédiatement à la surlveillance gélé-lale pour’l affaire l’concernant … Je repète… »

5.Posté par Adv le 04/02/2017 21:18

Oté ! Jules, c'est mon frangin, pas un "lointain parent" !

6.Posté par L'Ardéchoise le 04/02/2017 22:08

Merci de partager ces souvenirs !
Je pense que je vais les imprimer en attendant une éventuelle édition...
Je peux ?

7.Posté par Crikotte le 05/02/2017 06:39

je cite "les pensionnaires avaient presque toujours leur Bac, ce qui était une haute récompense alors : le Bac, véritable tapis rouge déroulé sous nos pieds, ouvrait les portes des concours administratifs élevés, pour lesquels aujourd’hui, on vous réclame un Bac + 8."..... ce qui montre bien que de nos jours le niveau bac c'est de la gnognotte .......!

8.Posté par Thierry le 05/02/2017 07:35 (depuis mobile)

Jules vous ne m''en voudrez pas ?
Vous avez coloré ce bout d''histoire, de vie d''ici.
Pour mieux l''apprécier, je m''installe dans le salon, plancher encaustiqué rouge, dans le fauteuil accoudoirs en bois et je vous lis en noir et blanc.
Violettes

9.Posté par almuba le 05/02/2017 07:38

Merci pour les souvenirs évoqués et partagés par cet article.
J'aimerais simplement citer ce cher Monsieur Savin, que Jules n'a peut-être pas connu, et qui était un surveillant général d'une extrême gentillesse et qui nous annonçait par haut-parleur qu'il voyait de la fumée de cigarettes s'échappait des chiottes.
Une façon de nous dire "barrez-vous avant que la sanction ne tombe".

10.Posté par Janus le 05/02/2017 11:25

Mon cher Jules,

J'ai connu la dernière année du pensionnat du LLL, en 1966, j'entrais en 6ème, et dans ce pensionnat il restait les élèves de 2nde qui attendaient que l'internat du Butor s'ouvre ...

Dans ce pensionnat il n'y avait pratiquement que des mecs de Saint-Paul ... Manargadoo (une force de la nature), Harry Grandmaison, Jean-Marc Tipveau, Alain Bénard (pas le maire, l'autre :-)), Robert Lucas, Belvisée, ...

Pour nous, petits 6èmes, c'était les "grands", ceux dont nous devions suivre l'exemple ... Pas pour tout, car ils faisaient aussi pas mal de conneries :-) :-) :-)

Il est impossible d'oublier nos récréations, où nous passions à travers la grille pour aller acheter des samoussas et des bonbons piments chez Ti Kaï, de l'autre coté de la rue ... Un vrai personnage ce Ti Kaï, dont le fils était en 6ème avec moi ...
Ces samoussas étaient mangés à la pause de nos séances de gym avec Mr Véloupoullé ...

Tout comme il est impossible d'oublier nos émois en nous approchant du Collège Juliette Dodu (il faut rappeler qu'à cette époque la mixité n'existait pas dans les écoles publiques) ... Le souvenir d'une de ces élèves ne m'a jamais quitté, il s'agissait d'Hélène FONTAINE, une véritable beauté que nous appelions tous la "Belle Hélène" ... J'espère qu'elle ne m'en voudra pas de la citer ici :-) :-) :-)
Il est aussi difficile d'oublier la surveillante générale de ce collège ... Une véritable matrone qui veillait sur ses élèves comme une poule sur ses œufs ... Et qui nous terrorisait :-):-):-)

L'évocation de ces souvenirs fait remonter beaucoup d'émotion ... Et le regret d'un Temps qui nous échappe.

Encore merci Jules.

JANUS

11.Posté par fantomette le 05/02/2017 12:17

1962! premiére fournée de filles de Juliette Dodu qui arrivent à Leconte Delisle! donc Cresta...Melle Legros...Mr Savin...Lougnon...etc connus! Je pense souvent à cette époque au milieu de garçons! Nous n'étions que 6 ou 7 filles en seconde.
Merci à tous ces bons copains ! Aux chevaleresques...au prof de" danse ...sur papier" Yves Man...tu m'as appris le madison.comme ça!.Marcel V. tu m'as défendue d'un de la classe qui avait été grossier...et, ...vous souvenez-vous de cet autre prof(par contre pas d'accord pour le "mr Claude Payet:un c...!) Mr Noche?...Physique /Chimie si mes souvenirs sont bons..Mr arrachant nerveusement son stylo de la poche de sachemise ,le faisant tournoyer dans les airs en clamant-j'en ris encore!_"Si z'enten encor' in mirmire dan' l'fond d'la classe, ze vous fous à tous...un zéro de conduite"...
Et aujourd'hui encore, il m'arrive de sourire en entendant piailler les martins dans les arbres me souvenant de cette époqueoù...beaucoup d'entre vous les imitaient en faisant"pia pia pia" quand j'entrais dans le lycée ou quand mon nom était prononcé lors de l'appel par les profs! Je ne vous ai pas oubliés! vous étiez des "gars bien"Où etes vous?

12.Posté par A mon avis le 05/02/2017 13:20

@7.Posté par Crikotte :
Presque tous avaient leur bac
Et on peut ajouter leur BE ou BS (qui permettaient de devenir enseignant à l'époque)

Mais quelle proportion de la population fréquentait ces établissements d'enseignement secondaire de la "capitale" à l'époque ?
Et les seuls de l'Ile.
Et qui concurrençaient les quelques établissements d'enseignement privés, encore plus élitistes !

13.Posté par Pierre Vergereau le 05/02/2017 13:41 (depuis mobile)

La surveillante s''appelait Suzie ?


14.Posté par Suzie le 05/02/2017 19:57

La surveillante s''appelait Suzie ?


Mes parents m'ont dit que les garçons chantaient, sur un air russe :

Suzie, viens tantine, prends ma p... , su... la
Suzie, viens tantine, prends ma p... , su... la

15.Posté par Janus le 06/02/2017 15:50

@post 11

Chére Fantomette,

1962, le Lycée du Butor n'existait pas encore, il a ouvert ses portes en 1967 (ou 1966, j'ai un doute :-)).

Le LLL, en 1962 était encore en centre ville à coté du Lycée Juliette DODU.

Il avait encore un des enseignants les plus sadiques que j'ai jamais connus ... Je peux en parler, il es décédé aujourd'hui.

Il s'appelait DRIEUX, était prof de physique-chimie et son plaisir quotidien était de frapper les élèves de 6ème (des gamins de 9-10 ans), avec une règle en fer, sur le bout des doigts.

A la moindre erreur dans vos réponses ou à la moindre incartade, il s'approchait de vous, vous demandait de tendre la main avec les doigts regroupés, et vous frappait violemment avec une règle en acier.

Avec le recul, je me suis dit qu'il ne s'agissait nullement de sa part de vouloir faire preuve d'autorité, mais de vrais actes de sadisme dont il en retirait du plaisir ...

Il y avait aussi, malheureusement, des enseignants comme lui à cette époque.

16.Posté par Lauret Raymond le 07/02/2017 06:31

Merci à Jules pour ces lignes qui nous font revivre, à nous les gens de la génération d'avant, de bons vieux souvenirs.
Merci aussi à tous ceux et celles qui, avec leurs commentaires savoureux, complètent ces moments qui ont marqué bien des vies.
Ainsi, lorsque Monsieur Robert Ardon est décédé, je me suis rappelé l'extraordinaire sens de l'Histoire qui animait ce prof de gym. Je crois pouvoir dire que c'est lui qui m'a amené à penser que je pouvais et devais aller plus loin que mes seules études et que l'engagement associatif était un devoir indispensable pour tout jeune qui doit tant à ses parents. Je lui dois beaucoup.
Et si ces récits des un s et des autres étaient pris en charge par un éditeur pour en faire un ouvrage que les générations d'aujourd'hui et de demain ont et auront besoin de connaître?...

17.Posté par RADIO BISTROT le 07/02/2017 10:10

Quelqu'un a t-il connu Léonce HOAREAU, prof de grecque ?

18.Posté par Janus le 10/02/2017 08:59

@17

Je n'ai pas le souvenir de cet enseignant ... Peut-être parce que je ne faisais pas de grec :-) :-) :-)

Par contre je me souviens parfaitement de Mr CHEVASSUS, prof d'anglais, que nous voyions toujours avec sa célèbre "Bastos" coincée entre les lèvres à tout moment de la journée ... Même parfois en classe, alors qu'elle n'était pas allumée ...

A 10 ans, je le voyais déjà très vieux (il l'était peut-être déjà :-):-):-)), et j'étais extrêmement impressionné par la couleur de ses doigts et de ses dents, jaunis par la nicotine ... C'est peut-être cela qui ne m'a jamais poussé à fumer :-) :-) :-)

Je devrais lui en être reconnaissant :-) :-) :-)

19.Posté par TiCréolBradfer le 02/06/2017 13:28

Pour post 17 Radio Bistrot. Bien sûr, nom de Zeus, Léonce Hoareau, un des plus réputés profs de l'époque (de 1952 à sa retraite en 1974), de français latin grec (lettres classiques), surnommé Tara... Pourquoi?

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