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Les gaietés de la correctionnelle : Marrant ou bizarre, mais "en charrette" !


Par Jules Bénard - Publié le Mercredi 3 Juin 2015 à 15:37 | Lu 449 fois

Les gaietés de la correctionnelle : Marrant ou bizarre, mais "en charrette" !
Un tribunal correctionnel n’est pas l’endroit le plus tordant de la planète. On y sent vivre une population désaxée, avec ses peines, ses soucis, ses drames. C’est un peu le pendant de radio Freedom : il s’y dit souvent n’importe quoi mais la vraie vie créole s’y  débat à cœur ouvert.

La séance d’hier à Saint-Pierre a fait très fort…Prêts ?

"La pli té qui tombe, mi dis à ou !"

On aura découvert dans les comptes-rendus ci-contre les tribulations d’un rasta très sympa qui s’est fait gauler avec 4,01 gr d’alcool par litre de sang. Avec lui, la Cour a été très généreuse puisque ne lui accordant que 6 mois avec sursis. En espérant qu’il fera désormais comme tous ses confrères rastafari et ne touchera plus une " mauvaise " goutte.

Ou encore ce fonctionnaire issu d’une quelconque Tétralogie wagnérienne, qui a bu " parce qu’en pleine aventure très amoureuse ", qui n’a pas entendu les sirènes de gendarmerie pour le fait qu’il avait mis sa radio à fond la caisse pour baigner sa récente félicité.

Mais il y a des cas moins drôles.

Jules par exemple (non, c’est pas moi !), pâtissant d’un trop-plein de 1,58 gr par litre de sang. Sans doute conscient de son état et des risques en cas de rencontre avec la loi, il a emprunté la voie cannière de Saint-Pierre, dans les environs de Moncaprice. Ce qui est interdit aux véhicules courants.

Il n’a pas rencontré " la loi " mais un cyclo venant en face, occasionnant de sérieuses blessures à son pilote.
Explication courante : " La pli té qui tombe, mi dis à ou. Moin la pas vi à li ! " Comment la justice n’y a-t-elle pas pensé toute seule ? Faut tout lui dire.

" Mais il portait ses brassards fluo ", précise la présidente Tomasini. " Ah bon ? Moin la pas vi ".
Ce qu’il a bu ? Trois fois rien, " une bière ". Il faut croire que le titrage de notre bonne vieille Dodo a brusquement pris du galon pour imbiber à ce point.
Il pourra continuer, avec ses 2 mois avec sursis, à bosser épisodiquement à la commune.

Excellent conducteur… sans permis

Jean joue de malchance. Ce brave bougre de Saint-Louisien, travailleur, sobre, s’est fait enchrister sans le permis idoine et adéquat. Et pour cause : il s’est présenté 5 fois à l’examen mais n’a jamais pu décrocher ce fichu sauf-conduit. Il faut comprendre aussi : Jean est totalement illettré, ne sais donc ni lire, ni écrire, ni compter.

Mais il ne sait pas trop réfléchir non plus parfois, surtout quand il panique. Ainsi ce 21 janvier dernier, dans son fief sudiste, les gendarmes lui intiment l’ordre de s’arrêter. Ayant déjà été condamné pour absence de permis, il s’inonde de sueur, craint le pire et n’obtempère pas.
Avant que les gendarmes ne le rattrapent, il change de place avec sa copine. Mais les représentants de l’ordre ont un gros défaut, ils voient très bien. Le manège ne leur a pas échappé.

Jean, plus obstiné qu’un bousier poussant sa motte, est de nouveau inscrit dans une auto-école et pourra, lors du prochain examen, être aidé par un moniteur puisque les règlements l’autorisent désormais.

Gageons que ce sera la bonne fois puisque Jean est " un élève sérieux, régulier, appliqué ". Nous ajouterons " patient et obstiné ".
En fonction de quoi le tribunal ne lui a infligé que 150 heures de TIG. Car figurez-vous que selon tous les témoignages, Jean est un excellent conducteur ! Il n’a jamais été surpris en infraction… sauf pour le permis en question.

Mieux vaut la jouer modeste

Faut pas prendre les magistrats du bon Dieu pour des canards sauvages ! Et surtout observer une règle incontournable quand on est mouillé jusqu’à l’os : on ne rouspète pas !
Frédéric, réputé buveur et violent, peut se targuer d’une impressionnante série de condamnations. Pas moins de 12 à son CV, dont quelques-unes pour violences diverses. Le 19 décembre dernier, il se fait alpaguer comme un malpropre à Saint-Pierre car conduisant sans le permis qu’il a refusé de rendre malgré une condamnation récente.

Il jure ses grands dieux qu’il a recouvré son permis, qu’il est dans la voiture avec laquelle il vient à la convocation devant la Cour, ce mardi.

"D’ailleurs, j’ai arrêté de boire ; les conneries, c’est fini pour moi ! Je peux aller chercher mon permis si vous voulez ".

Ah bon ? Il croit vraiment enfumer la présidente Tomasini avec cette sornette infantile ? Lorsque la magistrate lui demande d’aller le chercher pour prouver sa bonne foi, il baisse un front piteux, pris en flagrant délit de forfanterie mensongère :
"La voiture… euh… est au garage, assez loin… "

C’est la deuxième fois, ce jour-là, que la présidente s’est emportée, séance faste pour l’assistance réjouie.

" On ne va quand même pas en prison pour ça ? " ose-t-il encore dire le verbe haut, menton orgueilleux.

Il a jusqu’à aujourd’hui pour prouver qu’il dit vrai. En fonction de quoi le jugement sera rendu dans quelques jours. Lu té qui fé moins le ver quand la sorte dans la salle.

"Moin navé cafard"

Jean-Pierre, 40 ans aux vavangues, est un multirécidiviste de la conduite " accompagné ". Enfin, " assisté " de charrette serait plus exact. Cette fois, le 18 janvier dernier sur la Route des Tamarins, les gendarmes, rendus circonspects par sa conduite pas trop exemplaire, en zig zag et assez vite, trop vite, le contrôlent.

Notre héros affiche 2,32 gr au compteur. Entendez 2,32 gr par litre de sang, ce qui est déjà impressionnant.

Et là, devant la Cour, nous découvrons toute l’horreur de son drame personnel. Et posons tout de suite la question cruciale :
Pourquoi femmes et enfants s’acharnent-ils ainsi à quitter le domicile d’un père de famille imbibé dès potron minet ? Hein ? On vous le demande un peu. C’est une manie. C’est un tic ma parole !

Etonnez-vous si après ça le pauvre pochetron noie son chagrin dans quelque chose, n’importe quoi pourvu que titrant plus de 40°.
" Moin navé cafard, madame présidente. Moin la boir whisky depuis le hiérosoir jusqu’à 3 heur’ d’matin au moins. Après moin la dort in pé. Après moin té croir moin té normal ".

Il aura 6 mois (dont 3 avec sursis) pour évaluer sa capacité de résistance alcoolique.

"Merci beaucoup !"

Il y a parfois des réponses qui fusent, impromptues, réjouissantes. Quand la présidente demande à Johan depuis quand il n’a pas travaillé, le jeune homme lève les bras et les yeux au plafond.
"Ah… ben i remonte hein !"
Et pour passer le permis? "Ben ma paye bout’ par bout’ quand ma trouve in peu d’l’argent". Fallait y penser.

Bernard, lui, 47 ans, se la pète un peu. Avec un tonitruant " Bonjour tout le monde ! " en approchant de la barre. Il pourrait se faire modeste avec ses 4,26 gr par litre de sang, tel que les gendarmes l’ont constaté le 29 décembre dernier au Tampon. Ils avaient suivi le loustic en raison de sa conduite quelque peu hésitante.

Suffoquant sous les odeurs fétides de l’habitacle, la maréchaussée n’a pu lui faire souffler dans le ballon, encore moins l’éthylomètre. Il fallut recourir à la prise de sang.
Comme il se plaignait d’avoir perdu son emploi parce que pas formé, la présidente Tomasini, décidément très mutine hier, lui a rétorqué :
"Mais pour l’alcool, vous n’avez pas eu besoin de formation. Vous avez trouvé le mode d’emploi tout seul".

Heureux de ses 6 mois avec sursis malgré une interdiction formelle d’approcher des débits de boisson, il a salué la Cour d’un retentissant "Merci beaucoup !"

Jules Bénard




1.Posté par KLD le 03/06/2015 18:43

excellent M. Bénard , excellent !

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