MENU ZINFOS
Société

Les derniers souvenirs de Julot...


Jules Bénard nous replonge dans ses souvenirs. Ceux d’une Réunion Lontan où les fruits et légumes n’avaient pas traversé le monde pour nourrir les habitants de l’île.

Par - Publié le Samedi 25 Juillet 2020 à 17:26 | Lu 3405 fois

« Souvenirs, souvenirs... »

Jamalacs, mambolos, citrons-la-lampe, patates-cochon...
Trop oubliés, les fruits et légumes longtemps


Par chance, on recommence à en trouver sur nos marchés forains, essentiellement ceux de Saint-Pierre (un des plus beaux de France !) et Saint-Paul (un des plus étendus... de France aussi). Pourquoi là, direz-vous. Parce qu'apparemment, les planteurs du Sud et de l'Ouest sont plus accrochés à nos traditions, surtout les traditions gourmandes. Mais il y a des agriculteurs de l'Est aussi, très attachés à faire renaître nos gourmandises fruitées façon bio. Je connais un certain Olivier vers Bras-Panon, qui... Bon, passons ! Problème : la clientèle se ride le front à se demander ce que c'est. Dame ! Une banane-sabre, ça ressemble à une banane, certes, mais... une banane d'un mètre de long, cé koué c't'affair-là ?

Il y en a beaucoup, ayant fait le régal de nos jeunes années, quelque fois des friandises à feuilles très improbables. Quand mes petits-enfants auront grandi, je souhaite qu'ils ne se fichent pas de leur pépé quand il leur apprendra qu'avec ses poteaux de l'école Hégésippe-Hoareau de la Rivir', ils s'en foutaient plein la gueule pour une poignée de galaberts mûrs ! Il ne s'agit pas du tout de nostalgie : c'est du salivage à rebours.

Allez ! On se fait une petite revue de détail ? Suivez-moi, « si vous le voulez bien ».

Le fruit le plus suave au monde !

J'ai vu un couple de chalands, à Saint-Paul, se perdre en conjectures devant un tas de barbadines bien mûres.

« C'est comme des concombres mais en plus gros ». - « Oui, mais il n'y a pas les grumeaux dessus. C'est quoi, ça, monsieur ? » - « Ça barbadines, ça, madame », dit le vendeur. Je crus bon d'y apporter mon grain de sel : « Madame, la barbadine est un des fruits les plus délicieux au monde. Même famille que les fruits de la passion, en plus gros. Quand il est encore vert, on le fait cuire en daube, avec de la viande de porc par exemple. Mais ça vaut la peine de le laisser mûrir car son parfum est incomparable ». Je parlais en connaissance de cause : chez nous, à La Rivir', nous avions une tonnelle au-dessus du vivier à tilapias, avec des lianes qui s'entremêlaient sans se bagarrer, treille chouchoute, chasselas, barbadine, grenadine...

Le vendeur, devant la perplexité des clients, eut la courtoisie d'en ouvrir une et la tendre aux clients avec une cuillère en plastique : « Goûtez », leur dit-il simplement. Je ne vous raconte pas l'extase s'inscrivant alors dans les yeux du couple...

J'ai cité « citron-la-lampe » dans le titre de ce papelard. « Qu'est-ce qu'il a encore inventé là, notre Tonton ? » diront les curieux. Rien inventé, les enfants. Je me suis juste souvenu de ce qu'avait affirmé le Vieux Tangue, mon maître, Jacques Lougnon. « Ti-Mallol », qui fut un de nos conseillers les plus intransigeants à Vaxelaire et moi, quand nous rédigions le Mémorial, avait affirmé aux novices que nous étions : « Il n'y avait aucun fruit endémique avant l'arrivée des premiers colons en 1663. Tous ont été acclimatés. Sauf deux, la pomme-latanier et une variété de citron doux ».

Là, je me suis rappelé. Je me suis rappelé le gros pied de citron chez pépé-mémé à Saint-Joseph. Qui fournissait des citrons à nul autre pareils. Vous vous souvenez de ces ampoules publiques grosses, allongées, qui n'existent plus bien sûr. Les citrons-la-lampe leur ressemblaient, gros, oblongues, grumeleux. Ils fournissaient un jus abondant avec lequel mémé Anéa nous concoctait une limonade dont je ne vous dis que ça. Si quelqu'improbable a un plant, j'achète !

Patates-cochon ensemb' ravages

J'ai cité la patate-cochon dans le titre ; venons-y tout de suite. Cet énorme tubercule est plus vicieux qu'un âne qui recule : il pousse de préférence sur les versants escarpés de ravines, comme les zambrosades (jamroses pour les puristes) ! De quoi se tordre le cou sans problème mais pas de quoi décourager les garnements que nous étions. Michel, Jo, Dédé, moi, nous nous accrochions aux branches pour suivre la course de la liane au ras du sol, une liane un peu semblable à la liane-aurore. Lorsqu'une vrille s'enfonçait dans la terre, c'est là qu'il fallait creuser. Avec in fangok (in' gratte ou in fer, si ou préfère), apporté pour l'occasion. On creusait alors sur une dizaine de centimètres à peine et on atteignait « l'objet » de notre convoitise, un tubercule informe donc de toute beauté. Certains pouvaient atteindre les 10 kilos. On déblayait, on nettoyait autour et on sortait ce truc que l'on trouve parfois sur les marchés.

Inutile de vous dire que si cette chose mérite bien son nom, le ti-cochon familial n'en profitait pas seul. Bien sûr qu'il entrait dans la composition des « ravages » cuisant dans le ti-bac fer-blanc du « manger cochon ». Mais, comme pour les chouchous, patates douces, manioc et autres cambares, nous pillions sans vergogne les meilleurs bouts.

« Assez mange ravages, marmailles, à soir zot i dînera pu ! »

La patate-cochon semble avoir élu domicile dans toute la ceinture pan-tropicale. Ici c'est patate-cochon ; là, c'est le pois-bord-de-mer ; aux Antilles le pois cabri ; et à Maurice le « cocorico », allez savoir pourquoi !

Il se prête avec une bonne volonté touchante à différentes préparations. S'il est encore juvénile, on le taille en tranches fines, succulentes saupoudrées de sucre roux. Dans le manger-cochon, ça je vous l'ai déjà dit. On peut aussi le débiter « en grosses gaubes » remplaçant avantageusement les pommes-de-terre dans in bon cari cochon.

Bilimbis, girembelles, cerises-pays

Certains fruits de notre enfance étaient de réels délices, comme les cerises-« pays »... originaires du Yucatan. D'autres vous flanquaient de ces aigreurs d'estomac ! Tel le bilimbi, clone du cornichon mais là s'arrête la ressemblance : le cornichon est une cucurbitacée comme vous et moi, poussant à ras-de-terre ; le bilimbi pousse sur un arbre et les grappes de fruits sont directement collées au tronc. C'est à Mayotte, où il est très utilisé en cuisine, que j'ai vraiment apprécié les vertus retrouvées de ce fruit de mon enfance.

Entr'acte gourmande...

Vous voulez préparer un bon cari de boeuf, de cochon, de cabri ? Vous procédez comme d'hab', je ne vais pas vous donner de leçon, juste un petit tuyau. Pendant que votre gourmandise mijote, vous prenez une grosse poignée de bilimbis. Vous les hachez dans le sens de la longueur en éliminant toute la partie cotonneuse centrale. Puis vous émincez les lamelles en bâtonnets que vous ajouterez à votre préparation lorsque votre cari sera « presque cuit ».

Le bilimbi est si tendre, si fragile, qu'il disparaîtra à la cuisson, mais donnera à votre plat une certaine petite acidité (pas trop, rassurez-vous) qui ravira vos convives.

En plus, il est beau, très beau, cet arbre. Comme tous les arbres d'ailleurs.

Les girimbelles sont imbattables pour ce qui est de l'acidité. De petits fruits verts semblables à des cerises-à-cotes mais vertes toutes l'année. Mises en saumure comme les cornichons ou les câpres, elles font merveille dans les préparations apéritives. Avertissement charitable : mêmes mûres, les girimbelles restent d'une aigreur sans aucune adversité !

Les cerises-pays évoquées ci-dessus, elles sont originaires du Mexique et se sont répandues sur toute la terre. Petites, à facettes comme de minuscules potirons, elles se dégustent réellement lorsqu'elles ont rouge vif, très vif. Leur suavité est alors sans égale. Sur les marchés forains, on en trouve mais méfiez-vous : certains étals sont des coupe-gorge. Vous voilà prévenus.

C'rises-Brésil, bananes-sabres, galabert, mangoustan, dattes èk mambolo

On en trouve de nouveau sur les marchés forains, des cerises-Brésil en barquettes dont le prix frôle celui d'une Lamborghini.  C'est honteux ! Ce n'est pas parce qu'un fruit est rare qu'il doit se négocier au prix du platine. Surtout que cet arbre, pas si rare que ça, n'est pas avare de ses productions. Il s'agit d'une cerise presque noire à maturité, d'une très grande douceur ; il y en avait un pied dans la cour de marraine Henriette, à La Rivir', contiguë à la nôtre. Inutile de vous dire que les martins nous faisaient une sale gueule : on ne leur en laissait pas une.

Pour les bananes-sabres, c'est surprenant. C'est une vraie banane dont le régime ne fournit que quatre à cinq individus, chacun long comme le bras et ce n'est pas une image. Comme le plantain, cette « sabre » ne se consomme que cuite. En frites, avec une daube de viande ou de poisson, avec une sauce au lait-de-coco, de toute façon c'est gourmand, miam !

Pour les graines de galabert, c'est différent. Cette peste végétale, importée par les usiniers et grands propriétaires sucriers, au 19è siècle en raison de ses vertus fébrifuges (fallait bien soigner son personnel à moindres frais, hé !) s'est répandue comme peste végétale à la vitesse de Prost doublant ses adversaires.

Le galabert-lantana a vite formé des buissons touffus. Il pousse ici comme les fake sur réseaux sociaux et se vend à prix d'or en petits pots à Paris. Il est vrai que la plantait sa fleur sont belles.

Il y en avait in caro derrière le préau de l'école des garçons de La Rivir'. J'vous raconte pas nos bagarres, jus' po in poignée grain's galabert. Cela n'avait strictement aucun goût, ces saloperies. Leurs amateurs favoris, les martins, nous jetaient un oeil torve lorsque nous pillions leur champ.

Le mangoustan, je ne vous reprocherai pas de ne pas le connaître. Cet arbre, importé comme beaucoup d'autres par les Engagés indiens d'après esclavage, ne pousse qu'entre Sainte-Suzanne et Saint-Benoît, la seule région dont la chaleur, l'humidité et l'hygrométrie conviennent à son caractère. Il ne produit ses premiers fruit qu'au bout de 25 à 40 ans. Excusez du peu. En quelque quarante années de fréquentation du Petit-Marché de Saint-Denis, je n'en ai trouvé que deux fois. Au prix de l'or. 

Mais la dépense se mérite.

Je vous tire ma révérence

Avant d'en finir... 

On trouve des dattes sur nos marchés. Choisissez-les bien mûres. Vous les placez sur un goni dont vous rabattez le pan. Vous humidifiez le tout avec de l'eau salée. Oui ! Je sais, ça surprend, mais j'insiste : de l'eau « largement » salée, plusieurs jours durant. Au bout d'une semaine max, vos dattes auront doublé de volume et seront sucrées mieux que celles du supermarché : sans artifice, sans colorant, sans conservateur, sans artifice. C'est ce que nous faisions, nous les mômes des sixties : nous volions les dattes de la cour de tonton Lucien (Michel premier voleur, bien sûr) et nous en faisions des tonnes de friandises bio !

Dernier conseil : ce n'est  pas parce qu'un fruit est moche ou qu'il pue le rat mort qu'il est mauvais. Le mambolo en est le meilleur exemple. Il est velouté, chatoyant mais... pue la merde mimite. Ben mettez-vous une pince sur le nez et pelez ce puant adversaire de l'humanité et vous m'en direz des nouvelles.

Jules Bénard



P.S. Cette chronique du temps longtemps clôt le 3è tome des « Souvenirs d'une enfance créole ». Je remercie cousin Pierrot de m'avoir mis le pied à l'étrier. Je souligne le rapport sans limite que j'ai eu avec Nicole, lectrice, correctrice généreuse autant qu'intransigeante. J'apprécie humblement vos remarques, lecteurs et amis qui m'avez toujours encouragé sans ménager vos critiques. On ne progresse jamais seul : on a besoin des autres et vous, les « autres », avez toujours été là pour me secouer le paletot. Je vous aime mais ça, vous le savez. JULOT.


 


Jules Bénard
Le plus ancien de l’équipe ; la mémoire de Zinfos. Jules Bénard, globe-trotter et touche-à-tout... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par LAMPION le 25/07/2020 17:51

JULES , si moin té friké, moin noré paye a ou au moin une fois par jour po fèr a moin la lecture.
NU ar trouve : BENARD UN YAB LA RIVIR.
Moin nana l'arbre généalogique des BENARD.ma gardé si out famil lé d'esus.

2.Posté par Bénard le 25/07/2020 18:16

à Lampion :
Tume fais chialer, ami !

3.Posté par Bénard le 25/07/2020 18:51

Oté "lampion", qui ça ou lé ? Appelle à mwin...

4.Posté par cambustonnais le 25/07/2020 20:29

te mi na meme age que ou mi te habite st dnis mi connait tt ca mais raconte a nous zistoire longtemps dan la rue la fontaine la rue ste marie tte ca q te y passe ds ti quartier pauve camp ozoux la source lataniers ds x carro bois d lait

5.Posté par cambustonnais le 25/07/2020 20:32

raconte a nou l abbe toutoute gramoune fanfan y trap manze cochon ds son vieux l auto cz mimi devant jardin henry le masturbateur mignonne etc madore devant jardin gateau la boutique rond pont jardin

6.Posté par Alain BLED le 25/07/2020 21:06

Ah, non ! Quand j'ai lu le titre "les DERNIERS souvenirs de Julot", j'ai cru que tu étais mort ! Ne me refais plus jamais ce coup-là ! c'est encore plus trompeur que le titre du dernier livre de Sarkozy :))

7.Posté par LAMPION le 25/07/2020 21:56

Ou d'mande zinfos mon adresse mail.

8.Posté par Seb le 26/07/2020 08:03

Ce serait top d illustrer avec des photos

9.Posté par Caline le 26/07/2020 09:18

Je vous remercie de bien vouloir partager tous vos souvenirs longtemps avec nous.Vous parliez du mangoustanier que j’ai la chance d’avoir dans mon jardin à Sainte-CLOTILDE.effectivement après 40 sans il a commencé à porter quelques fruits et depuis à chaque floraison c’est un émerveillement , et j’aime faire goûter ce fruit rare à ceux qui ne le connaissent pas,

10.Posté par Kayam le 26/07/2020 13:51

Article qui donnera avec des photos, + d'appétit visuel et de mise en bouche

Un pié zembrozade y gainlle poussé dans la kour mèm. Pas bezoin forcément versant la ravine
Nou la vu in pié bilimbi dan la kour in moune St-Philippe, c'est vrai ke lé joli le piéd'bwa
les p'tites cerises potiron c trouvable aussi et pour faire baisser la fièvre, on fait bouillir quelques feuilles
les cerises du Brésil, on peut en manger gratuitement...il suffit d'avoir des donateurs familiaux du nord, de l'ouest. On a planté un pied dans le jardin surtout que ça monte pas haut.
il y a le zamblon aussi. On met les graines à sécher, on les moud et on laisse "tremper cette farine" un peu dans de l'eau. On met au frais et cela nous fait une boisson naturelle sans sucre. Je trouve bon.
il y a aussi les p'tites mini prunes de couleur grenat, qu'on doit faire tourner dans les doigts pour les rendre molles ; ça aussi c'est bon... ça ressemble un peu au jaboticaba mais ça se cueille sur les branches

Avec ces fruits et les curiosités attisées, des recettes de pâtisserie secrètes et inédites sont élaborées dans la cuisine. Explosions de papilles garanties !

11.Posté par Jambalac le 26/07/2020 14:11

Et les framboises sauvages ? Oté un zafair mi di à ou .........................

12.Posté par PIPO 🙈🙉🙊 le 26/07/2020 18:14

pipo
Et oui mon cher ami, je connais un pied citron la lampe comme vous dite sur St Benoit, exact un citron fait à lui seul un demi verre de jus!

Nouveau commentaire :
Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
CHARTE DES COMMENTAIRES

Zinfos 974 vous offre un espace commentaires vous permettant de réagir, discuter, informer. Cet espace est ouvert aux internautes inscrits et non-inscrits au site.

Les intervenants doivent respecter les principes élémentaires du débat.

Sont proscrits :

- Les insultes, les attaques personnelles, les agressions, les propos discriminatoires sous toutes les formes - que ce soit envers les intervenants, les commentateurs ou l'équipe de Zinfos 974.

- Tout contenu contraire à la loi : l'incitation à la violence ou à la haine raciale, la discrimination et la diffamation, les propos homophobes, la négation des crimes contre l'humanité, ou la justification des actes violents et des attentats.

- Les propos pornographiques ou délibérément choquants ne sont pas autorisés.

- Merci d'éviter le hors sujet, les rumeurs infondées et les fausses informations.

- La répétition d'un même commentaire, assimilée à du spam.

- La publicité. Ne soumettez pas des liens commerciaux.

Si le commentaire d'un autre internaute vous paraît contrevenir à cette charte, utilisez la commande "signaler un commentaire abusif" plutôt que d'envenimer le débat.

Pour protéger votre vie privée, ne donnez pas d'indication personnelle (mail, adresse ou numéro de téléphone) dans un commentaire.

En cas de litige, vous pouvez contacter la rédaction de Zinfos 974 via l'adresse contact@zinfos974.com

Vous restez le responsable des commentaires que vous soumettez et en portez la responsabilité. De son côté, la rédaction de Zinfos 974 se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l'estime nécessaire pour la bonne tenue du débat.

Zinfos 974 est seul juge des messages qu'il publie ou modère - y compris pour des raisons qui ne seraient pas répertoriées dans la liste ci-dessus. Vous pouvez demander des explications sur la modération en utilisant l'adresse contact@zinfos974.com, mais toute allusion au travail de modération dans un commentaire sera systématiquement mis hors ligne.

------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie
 

1F Rue de La Martinique

97490 Sainte-Clotilde

06 92 97 75 75
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales

- CGU

- Politique de Confidentialité

- Nos Journalistes