Océan Indien

Les conditions "indignes" de détention du CRA de Mayotte

Lundi 29 Juin 2009 - 16:32

Les députés français ont rendu un rapport d'information au sein duquel le centre de rétention administrative (CRA) de Mayotte est toujours très critiqué. Ce document encourage le gouvernement à réaliser un nouveau centre dans les "plus brefs délais". Plus de six mois après la publication d'une vidéo accablante sur le centre de rétention administrative par Libération, les conditions de vie des détenus a visiblement peu évolué.


Les conditions "indignes" de détention du CRA de Mayotte
Le 18 décembre dernier, une vidéo réalisée par un agent de la Police aux Frontières, et mise en ligne par Libération, présentait les conditions sanitaires exécrables des détenus du CRA de Pamandzi à Mayotte. Le quotidien national avait alors qualifié ce centre de "zone de non-droit". A ce moment, 202 détenus torse-nus - au lieu des 60 théoriques - remplissaient les cellules dans des conditions indignes de détention.

Le 24 juin dernier, le député UMP, Thierry Mariani, rendait un rapport d'informations sur les centres de rétentions administratives et les zones d'attentes. Réalisé dans le cadre de la Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République, ce document fustigeait à nouveau les conditions de vie des détenus pris en charge à Mayotte à travers la proposition 13.

Cette dernière proposition, rédigée par une dizaine de députés, engage le gouvernement à "doter dans les plus brefs délais Mayotte d'un CRA (afin) d'accueillir dignement les étrangers en instance d'éloignement".

Le "cas particulier de Mayotte"...

Eloigné des exigences de la législation en vigueur, le "cas particulier de Mayotte" présente une double spécificité : "Mayotte relevant encore de la spécialisation législative, le CESEDA (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile) ne s'y applique pas directement. (...). le CRA de Mayotte constitue en fait davantage une zone d'attente, puisqu'il accueille essentiellement des personnes venant par bateau d'Anjouan et interceptées en mer. Cette double spécificité explique que le CRA soit souvent saturé, hébergeant souvent le double de personnes de son effectif théorique de 60 personnes" comme cela est indiqué sur le site Malango.fr

En effet, ce ne sont pas 60 détenus qui composaient le CRA de Pamandzi au moment de la visite de la mission d'information mais 110 et ce, sans compter les conditions "rudimentaires" d'hébergement, sans fenêtre et avec couchages et repas au sol.

18 à 20 millions d'euros pour un nouveau centre

Le rapport souligne, cependant, que la "durée de rétention y est extrêmement courte, une à deux journées et que ces conditions de rétention difficiles ne sont pas critiquées par les personnes retenues (...), dans la mesure où elles contrastent peu avec leurs conditions habituelles d'existence".

Un nouveau CRA devrait voir le jour l'année prochaine mais "un problème de financement, compte tenu de son coût budgétaire (de) 18 à 20 millions d'euros pour un centre de 140 places" persisterait selon ce même rapport; un problème que les "arbitrages interministériels" devront rapidement élucider.

Les députés socialistes qui ont participé à la rédaction de ce rapport prennent moins de précaution vis-à-vis de la majorité présidentielle. Ces derniers indiquent que la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) a qualifié le CRA de Pamandzi comme "indigne de la République" et demandent à ce que les mineurs n'y soient plus placés.
Ludovic Robert
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1.Posté par nicolas de launay de la perriere le 29/06/2009 22:04

et qu'a fait l'ex préfet, promu au cabinet de penchard..?

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