Courrier des lecteurs

Les abeilles et l'avenir de l'espèce humaine

Mercredi 27 Février 2019 - 09:52

Le cri d’alarme a été lancé par 3 chercheurs en Sciences environnementale, biologique et agricole d’Australie, du Vietnam et de Chine (1).

S’appuyant sur une revue des travaux déjà publiés, les auteurs confirment les menaces sur les insectes : d’ici quelques dizaines d’années, 40% des variétés d’insectes auront disparu de notre planète, terrestres et aquatiques. Il s’agit :
des lépidoptères : les papillons
des hyménoptères : les abeilles qui représentent le tiers des pollinisateurs
des fourmis
des diptères : les syrphes, qui sont aussi d’importants pollinisateurs et des ennemis naturels des pucerons, lesquels dévastent les cultures
des coléoptères : les coccinelles, avec d’importants groupes de prédateurs et de saprophytes qui rendent des services essentiels à l’écosystème en détruisant des parasites et en recyclant des matières organiques

Cette liste est incomplète, et parallèlement un petit nombre d’espèces d’insectes, adaptables, vont remplacer les disparus.

Les principales causes de ce déclin de la biodiversité sont :
la perte de leurs habitats liée à l’agriculture intensive et à l’urbanisation,
la pollution liée principalement aux pesticides et aux fertilisants,
les produits de l’industrie chimique déversés dans les cours d’eau,
des facteurs biologiques : agents pathogènes et espèces introduites comme le Varroa, ou encore le petit coléoptère des ruches (Aethina Tumida) qui transmettent aux abeilles des infections virales qui les tuent sans doute parce qu’elles sont fragilisées par du pollen contaminé par les pesticides qui dépriment leur système immunitaire,
le changement climatique.

Les chercheurs pointent les conséquences planétaires de cette hécatombe : les insectes sont la base de nombreux écosystèmes dont l’importance a grandi depuis la période dévonienne (-400 millions d’années). Parmi les propositions aptes à arrêter ce déclin, deux semblent essentielles : la restauration de l’habitat des insectes et la réduction de l’agrochimie. Ainsi des bandes de prairies fleuries en bordure des cultures attirent les insectes pollinisateurs, la rotation des cultures accroissent les rendements ; ces mesures doivent être couplées avec une réduction massive des insecticides et des fongicides. Ces travaux appellent à une prise de conscience collective qui, depuis quelques années, étend ses préoccupations aux liens entre environnement et santé : ces liens imposent une vision intégrée de la bioéthique car elle concerne non seulement la santé mais tout simplement la vie de l’Homme sur Terre, vie consubstantielle à toutes les autres formes de vie, indissolublement solidaires et menacées par les activités humaines fondées sur le confort et la productivité effrénée et avide.

En 1927, Fritz Jahr, aux origines de la Bioéthique, en appelait aux responsabilités éthiques non seulement à l’égard des autres êtres humains mais aussi à l’égard de tous les êtres vivants qu’il s’agisse du monde animal et du monde végétal (2). En 1971, Van Rensselaer Potter, oncologiste dans le Wisconsin (USA), souhaita unir les progrès des connaissances des sciences de la vie et les valeurs humaines, et témoigner « d’une espèce humaine acceptant sa responsabilité dans sa propre survie et dans la préservation de son environnement naturel ». Telle était pour lui la condition d’une « survie acceptable » de l’Humanité. Si les abeilles meurent, il y a peu de chances que l’Humanité leur survive bien longtemps. Einstein n’est plus seul à le dire.
 

D’après Roger Gil, directeur de l’Espace éthique Nouvelle Aquitaine
 
1- https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320718313636
 
2- Fritz Jahr “Bioethics: A Panorama of the Human Being's Ethical Relations with Animals and Plants”. L’article fut publié en 1927 par Fritz Jahr dans le magazine allemand Kosmos.
Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID Vice-président de l’Espace éthique de La Réunion
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1.Posté par Zarin le 27/02/2019 12:01

Hubert Reeves : "L’espèce humaine est extrêmement saccageuse"

2.Posté par A mon avis le 28/02/2019 14:13

Nous sommes arrivés au sommet d'une crise écologique qui a commencé au néolithique selon les chercheurs en préhistoire :

«Tout le monde connaît les hommes préhistoriques et les Gaulois, mais personne ne connaît les 10 000 ans qui se trouvent entre les deux et qui ont tout changé»,


https://www.liberation.fr/debats/2019/02/27/le-neolithique-aube-de-la-crise-ecologique_1711985?xtor=EPR-500001&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=quot

3.Posté par Martin Lane le 28/02/2019 20:23

@2 Boh, bien ,c'est pas grave alors !!,.Pas plus que le " réchauffement climatique" qu'on veut nous vendre à coup de nouvelles taxes !!
ça attendra bien encore 2000 ans, avant qu'on s'inquiète pour la future génération ! Y'a pas l 'feu , hein !

4.Posté par A mon avis le 28/02/2019 23:54

@ 3.Posté par Martin Lane :
"Y'a pas l'feu, hein !" dites vous ?

C'est que vous ne regardez pas dans la bonne direction !
Vous tournez le dos aux évidences ! Comme tous vos congénères climatosceptiques !

5.Posté par Grangaga le 01/03/2019 02:29

Ariv' in tan, y fo lèss' la plass' o z'ott'.......
Dinozorr', Dodo tou sa là lé byin parti.......
" L'umin ", y fo pa krwarr' ke li lé étèr'nèl' ossi......
Sovv' koman noutt' tourr' ...vyindra......

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