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Le séjour de l'enseignante à l'Université de La Réunion finit devant le tribunal...

Samedi 31 Octobre 2015 - 07:10

Ce vendredi 30 octobre s’est tenue au tribunal administratif de Saint-Denis une affaire à échelle humaine. Humainement catastrophique pour la principale intéressée... Odile Devos-Prieur est professeur à l’Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM). Voici l’histoire de son rapatriement catastrophe.


Odile Devos-Prieur commence sa carrière en tant que professeur d’Éducation Physique et sportive en 1992. Dès 1997, elle enseigne à l’IUFM de Toulouse. Dix-sept années d’une carrière qu’elle qualifie sans accroc. Jusqu’à septembre 2014. À cette date, Odile est nommée maître de conférences stagiaire à l’Université de la Réunion.

Le statut de stagiaire va de pair avec sa récente nomination à ce poste. Si tout va bien, au bout d’un an la titularisation est prononcée. Sauf que rien ne se déroule comme prévu et à partir du 29 août 2015 les événements s’enchaînent.

À cette date, Odile Devos-Prieur reçoit le refus de sa titularisation dans le corps des enseignants-chercheurs qui met fin au détachement à l’école supérieure de professorat et de l’Éducation de l’Université de la Réunion à compter du 1er septembre 2015. Le motif : "ne disposerait pas des aptitudes nécessaires pour exercer les fonctions de maître de conférences à l’université de la Réunion".

L’université refuse de fournir les documents motivant le refus de sa titularisation.

"C'est facile de faire venir à 10.000 kilomètres un professeur qualifié, qui fait de la recherche, et de la renvoyer manu militari en métropole, la jugeant inapte à enseigner, sans aucune aide", ose affirmer Odile Devos-Prieur, devant le juge des référés M. Aebischer.

Pas de titularisation, retour à la case départ, et le 3 septembre dernier, Odile Devos-Prieur demande à l’Université de fournir les documents motivant le refus de sa titularisation. Aucune réponse ne lui est donnée.

Aucune réponse non plus lors du recours gracieux demandé par l’enseignante devant le tribunal administratif. Et aucune réponse ne sera donnée le matin de l’audience, mettant même en difficulté l’avocate représentant le président de l’Université de la Réunion.

Cette immobilité a pu être constatée par le Rectorat de Toulouse, qui prend acte immédiatement de la réintégration de son enseignante, et demande à la Réunion de fournir les documents administratifs. Pour des raisons logistiques évidentes, Odile Devos-Prieur demande un délai à l’académie de Toulouse, qui l’invite à reprendre ses fonctions en métropole. Elle a donc jusqu’au 30 octobre pour organiser son déménagement.

Au vu de la situation, Odile Devos-Prieur adresse dès le 1er octobre dernier une demande au président de l’Université de la Réunion pour la prise en charge des frais de changement de résidence. Elle doit rejoindre l’académie de Toulouse au plus tard le 2 novembre, le temps presse son déménagement doit se faire au plus vite.

Le 12 octobre 2015, le président de l’Université de la Réunion refuse de prendre en charge les frais (frais de voyage et indemnité forfaitaire de changement de résidence ou de transports de bagages) résultant d’un changement de résidence imposé.

"Déni, indifférence, dédain"

Les qualificatifs ne manquent pas et l’enseignante est au bord du gouffre à la veille de son départ. "Déni, indifférence, dédain"  viennent ponctuer le discours d’Odile Devos-Prieur. Ce à quoi l’Université de la Réunion a pour réponse : "la réintégration à l’issue d’un détachement prononcé en application de l’article 14 du décret 85-986 du 16 septembre 1985 pour l’accomplissement d’une période de scolarité ne donne pas lieu au paiement des indemnités de changement de résidence".

Or, la qualité de stagiaire de l’enseignante est non-assimilée à une période de scolarité. Le Juge des référés, M. Aebischer, a soulevé le "doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse". Il a finalement suspendu la décision de l’Université de la Réunion pour la prise en charge des frais de changement de résidence. L’université a donc cinq jours pour s'exécuter dans le paiement des indemnités de changement de résidence de l'enseignante non titularisée.

Malgré tout, la réintégration au sein de son académie d’origine ne garantit pas un poste à Odile Devos-Prieur, toutes les affectations ayant été données plus tôt dans l’année. Il y a fort à douter qu’elle reviendra en vacances dans notre île.
Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
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1.Posté par François le 31/10/2015 08:23 (depuis mobile)

Encore une fois, le Président de cette université montre son mépris pour l''humain lorsque cela ne va pas dans son intérêt à lui. Jusqu''à quand va t-il nuire ainsi à la Réunion dans son ensemble ?

2.Posté par Chaud devant le 31/10/2015 08:25

C'est l'univers sans pitié !

Zinfos pourrait-il trouver les "bonnes raisons" de l'attitude du responsable de l'université ?

L'université ne garderait-elle pas un poste au chaud... pour un de ses lapins !

3.Posté par la honte le 31/10/2015 08:26

l'université de la Reunion se fait encore remarquer en mal !
incapable de dialogue, incapable de fournir meme une justification de sa décision?

comportement lamentable et on ne s'etonne plus que l'echec y soit aussi important
aucun respect des enseignants donc les etudiants n'en parlons meme pas

4.Posté par IUFM? Tout un poème... le 31/10/2015 09:48

Il faudrait quand même qu'on nous explique comment une "prof-maître de conférence-chercheur-etc." n'a toujours pas trouvé le moyen de se faire titulariser à 59 ans! Ne pouvait-elle se faire titulariser à Toulouse? Si oui, pourquoi venir à la Réunion? Si non, pourquoi aurait-elle eu plus de chances de se faire titulariser à la Réunion qu'à Toulouse?
D'autre part, si un prof est muté, c'est qu'il demande sa mutation: on ne l'a pas "fait venir à 10 000 km", comme elle le prétend. Si elle est venue à la Réunion, on suppose que c'est à sa demande, et donc à ses frais, comme c'est la règle quand on n'est pas titulaire. On ne voit donc pas pourquoi l'université ferait une entorse au règlement en lui payant son voyage de retour aux frais de la collectivité.

5.Posté par le 31/10/2015 10:08

Il n'y a pas que l'université qui se fait remarquer !

[http://www.zinfos974.com/Handicap-tous-concernes-Temoignage-d-un-prof-handi-capable_a90918.html]

6.Posté par Choupette le 31/10/2015 11:13

" ... ose affirmer ... "

Pourquoi "ose" ?

Oser signifie avoir le culot de ... .

Qu'est-ce qu'elle a fait de mal pour mériter ce verbe ? On dirait qu'elle a déjà été jugée ... .

7.Posté par Kriss le 31/10/2015 11:17

Les macros locaux ne doivent pas s'y tromper: nous sommes nombreux à comprendre les magouilles en tous genres associant gaiement les fonctionnaires d'en haut et les barons du cru...mais chuuuttt! Surtout ne rien dire, faire semblant, car sinon.... Tant que chacun y trouve son compte et que les centres d'intérêt des gens modestes sont détournés vers des sujets annexes....tout cela continuera longtemps!!!!!

8.Posté par laurent le 31/10/2015 10:13

Rien de choquant dans cette histoire !

9.Posté par aou le 31/10/2015 14:43

refus : "pas d' aptitudes nécessaires pour exercer les fonctions de maître de conférences à l’université de la Réunion". mais l'enseignante reste titulaire de l'éducation nationale

10.Posté par Oui le 31/10/2015 16:52

Ayant eu à faire à cette dame, je peux vous assurer de son incompétence et de sa mauvaise volonté ...

11.Posté par Marx le 31/10/2015 20:01

L'absence d'explications semble incompréhensible? ???

12.Posté par li le 31/10/2015 20:18

Vu le salaire, elle a les moyens de se payer son billet retour et de faire face aux frais. Non mais franchement de qui se fiche t on?
Recherche retraite doree...suivez la fleche exit

13.Posté par Môvelang le 31/10/2015 21:06

il faut que les Réunionnais arrêtent de mettre les francais dessi piédestal, leurs compatriotes sont aussi capables qu'eux !!!!!!!!!!!!

14.Posté par Mwa la pa di le 01/11/2015 05:50

Comment peut on être aussi irrespectueux que cela ? Ne pas donner les justifications des décisions prises. cela ressemble au "fait du prince". Intolérable à notre époque et grande lâcheté de notre recteur.....

15.Posté par Bruno le 01/11/2015 06:49 (depuis mobile)

C est beau Toulouse. Bon retour

16.Posté par L'Ardéchoise le 01/11/2015 10:05

Môvelang n'a toujours pas compris que les Réunionnais sont aussi des Français...

17.Posté par A mon avis le 01/11/2015 11:05

@ 13 Môvelang : les Français métropolitains et réunionnais sont tous compatriotes, contrairement à ce que vous semblez penser.
Quand vous écrivez "les français" : Français est un nom propre et s'écrit avec une majuscule.

Vous pratiquez une mauvaise langue en effet !

18.Posté par A mon avis le 01/11/2015 11:08

@ 12 : connaissez-vous réellement son salaire et ses conditions d'emploi pour être aussi affirmatif ? Sinon vous êtes simplement dans la calomnie !

19.Posté par Olivier Montfort le 01/11/2015 12:17

Post 13 môvelang. !? " Il faut que les Réunionnais arrêtent de mettre les Français ... " A tes yeux les Réunionnais ne sont pas Français ? Tu es pire que Morano me semble t il un Français n'est pas forcement Réunionnais mais un Réunionnais est très certainement Français, de même lorsque que tu commence par une majuscule pour Réunionnais tu peux faire la même chose pour Français . Arrête le beuh ...

20.Posté par Vincent le 01/11/2015 12:30 (depuis mobile)

Je suis un jeune enseignant et j''ai cotoyé cette "formatrice" à l''ESPE, cette femme n''est pas impliquée dans son travail, elle fait preuve d''une inéfficacité certaine et surtout d''un "je m''enfoutisme" incroyable!!! Elle mérite ce qui lui arrive

21.Posté par Lili le 01/11/2015 15:59

La prochaine fois elle va reste sa case !!!

22.Posté par polo974 le 02/11/2015 17:21

les administrations universités, tant que rectorats sont des machines à broyer les profs...

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