Faits-divers

Le procès de la négligence: Un ouvrier brûlé à l’acide sur tout le corps

Vendredi 6 Octobre 2017 - 14:42

La douleur a dû être insoutenable. Mohamed Djabiri, employé de la société Ecochimie spécialisée dans la commercialisation de produits d’entretien et de matériels de nettoyage, a été gravement blessé en août 2014 sur son lieu de travail.
 
Alors qu’il s’apprêtait à descendre un bidon de 25 litres d’acide nitrique d’une étagère, le contenu s’est déversé sur lui, le brûlant profondément à la tête, visage, cou, torse et les deux bras. Hurlant de douleur, il se précipite vers un jet d’eau, se recouvrant entièrement d’eau avec un tuyau d’arrosage avant que son responsable ne vienne prendre le relais.
 
Un coma et plusieurs mois de soins et de rééducation s’en sont suivis. Les premiers jours, il a dû être intubé et ventilé. Il a ensuite subi des auto-greffes et une greffe de la cornée de l’œil droit. "En arrosant mon visage d’eau dans la panique, j’ai recouvert tout mon visage d’acide et c’est même rentré dans mon œil", décrit-il. Il a donc dû porter un masque facial 24 heures sur 24 pendant trois mois. Il le porte toujours la nuit et avoue être sensible à la chaleur et souffrir de démangeaisons.
 
À qui la faute ?
 
Devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis, il avoue n’avoir porté que des lunettes et des gants, alors qu’il aurait dû être davantage protégé, notamment par une combinaison. Il reconnaît également n’avoir pas utilisé le transpalette dédié au transport des bidons.
 
Pascal Buisson, gérant de la société, a également été entendu par le tribunal. "Cette boîte existe depuis 25 ans et nous n’avions jamais eu d’accident de travail avant cet incident, affirme-t-il, le stockage se fait à l‘extérieur mais les normes sont respectées et les salariés reçoivent des vêtements de protection". S’il rappelle que ses employés ne portent pas toujours les combinaisons fournies, "car ils ont chaud et c’est encombrant", il précise : "Je ne fuis pas mes responsabilités même si je ne pense pas que l’entreprise a failli à ces règles. Il a voulu bien faire mais a omis certaines choses".
 

Agir dans l'urgence et manipuler un bidon fissuré ont donc coûté cher à la victime. La réglementation veut que les bidons d’acide soient stockés à l’abri des rayons du soleil, d’où la fissure, probablement. Le gérant reconnaît aussi un manque de contrôle. Si la procureure a requis la relaxe de Pascal Buisson en tant que personne physique, elle demande le versement de 20.000 euros pour blessures involontaires et 2000 euros d’amendes pour chaque délit, soit 8000 euros au total.
 
Il sera fixé sur son sort le 10 novembre prochain.
Soe Hitchon - soe.hitchon@zinfos974.com
Lu 5464 fois



1.Posté par cmoin le 06/10/2017 16:07

Il n'y a rien à donné à cet employé qui a volontairement refusé de porter la combinaison de sécurité et de ne pas utiliser le transpalette.
Tout est de sa faute.

2.Posté par A mon avis le 06/10/2017 18:27

@ 1 cmoins : et qui a mal fermé le bouchon du bidon ?

3.Posté par Kld@gmail.com le 06/10/2017 21:00 (depuis mobile)

@2 @ 1 cmoins : et qui a mal fermé le bouchon du bidon ? Et bien un autre employé ! Et ou kritik lo patron!

4.Posté par thierrymassicot le 06/10/2017 21:57

@2 A mon avis: Euh, personne! C'était une fissure : " La réglementation veut que les bidons d’acide soient stockés à l’abri des rayons du soleil, d’où la fissure, probablement."

5.Posté par pollen le 07/10/2017 09:40

la direction a le devoir de faire respecter les normes de sécurité auprès de ses salariés
l'argument "c'est encombrant, c'est chaud" : à la direction d'exiger la sécurité
mais bien souvent, la sécurité est bâclée au profit de la rapidité d'exécution
à la décharge d'écochimie ça reste une entreprise sérieuse dont nous n'entendons jamais parler
malheureusement il s'agit d'un accident du travail prenant de fortes proportions et donnant de lourdes répercussions tant pour le salarié que pour son entourage de travail, mais parce que le produit manipulé est lui même dangereux
prenez le même contexte chez vivalo par exemple, même accident...pas les mêmes répercussions

6.Posté par Echochimie: tout baigne ? le 07/10/2017 10:01

Posts 1, 2, 3, 4: résultat des courses, les torts sont partagés au moins à 50/50 voire grosso modo 40 % employé, 60 % employeur, car:

- l'employé ne portait pas sa combinaison et n'a pas utilsé le "transpalette" (c'est quoi?)
- le patron n'a fait en sorte que son employé porte la combinaison et utilise le transpalette, et de plus, et n'a pas bien fait contrôlé la qualité et les conditions de stockage des produits.

N'oublions pas qu'il s'agit de produits chimiques dangereux pour la santé et l'environnement pour la plupart.

Quand ECOCHIMIE les jette, ça se passe comment? Respect des règles (remise à un prestataire spécialisé, ou selon des conditions de destruction normalisées, correctes) ou dans le caniveau ou à la décharge publique dans précaution ?

Hep, la Direction de la consommation et la Direction de l'environnement, faudrait y faire un tour, non?

Dans NOTRE intérêt...

7.Posté par Shake le 19/11/2017 07:21 (depuis mobile)

Présent aux procès.Tout n''est pas précisé dans l''article.Faut savoir que les salariés ne disposer pas de combinaison intégrales.Leur EPI c''est gants lunettes et un masque,tshirt coton.pantalon. et yavai un véhicule garé devant les rack.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 17 Décembre 2017 - 07:11 Le permis à peine obtenu, on le lui retire