Justice

Le père de Carl Davies : "Vous êtes un assassin !"

Jeudi 22 Juin 2017 - 19:37

Deuxième jour de procès de l’affaire Carl Davies. Ce jeudi, l’accusé, Vincent Madoure, a été entendu par la cour d’Assises. Imperturbable, presque muet, il n’a cessé de clamer son innocence. Sa conversation avec Jérôme Sanassy, autre suspect à l’époque (ayant bénéficié d’un non lieu devant la chambre d’instruction), le 25 novembre 2012, alors que la bande du Bas de la Rivière était placée sous écoute, lui est rappelé. Vincent Madoure aurait parlé du "problème avec l’Anglais, il t’a mis KO". A sa mère, il a raconté que Jérôme Sanassy s’était battu avec un Anglais devant la boîte de nuit, le Loft. À sa compagne, il a avoué craindre une interrogation de la police.
 
Mais aujourd’hui, Vincent Madoure assure ne rien savoir à propos de "cette histoire" et explique avoir parlé d’une autre agression concernant un "étranger", datant du 28 mai 2011, s’étant basé sur des rumeurs ; le mot "Anglais" ayant été employé, selon lui, par hasard. Et il n’en dira pas plus, répétant sans cesse cette déclaration.
 
Le président de la cour d’Assises insiste pourtant : "Par respect pour la famille, pour cette mère, cette sœur, ce père en larmes, dites nous comment vous en savez autant". Il ne répondra seulement : "Je suis désolé pour la famille, je sais qu’ils souffrent, que leur fils est parti, mais je suis innocent", avant de répéter à plusieurs reprises, "je ne sais rien".
 
Également entendus ce jeudi, les deux autres (anciens) suspects de l’affaire, Jérôme Sanassy et Yassine Ahamada. S’ils semblent être plus impliqués dans l’affaire que l’accusé, ils ont bénéficié d’un non-lieu en juin 2016 devant la Chambre d’instruction. Les deux membres de la bande du Bas de la Rivière purgent actuellement des peines de prison pour des faits de violences en ville de Saint-Denis, notamment l’agression d'un métropolitain le 28 mai 2011. Ce dernier a été provoqué par Jérôme Sanassy qu’il a frappé, entrainant sa sortie de la boîte, par les vigiles. Une fois sur la voie publique, il a été suivi par Jérôme Sanassy et ses amis, a donc cherché à se réfugier dans la boîte, qui lui est resté fermée. L’agression, violente, l’a plongé dans le coma pendant 15 jours.
 
Selon Me Boniface, avocat de la famille Davies, le mode opératoire de la bande, suspectée d’une centaine de faits de violence à Saint-Denis, les lie à l’agression de Carl Davies. Mais tous nient avoir été présents ce soir-là. Et aucune caméra de vidéosurveillance ne confirme leur présence en centre-ville de Saint-Denis au moment des faits.
 
"Vous êtes un assassin !"
 
A la fin de l’audition de Yassine Ahamada, le père de Carl Davies, Andy, n’a pu se contenir. "Ahamada, vous êtes un assassin !" a-t-il crié en anglais. Pour Me Rémi Boniface, les membres de la bande du Bas de La Rivière font preuve d’un "cynisme abominable", face à une famille endeuillée et "d’une bonté …" Le père de famille a d’ailleurs par la suite présenté ses excuses à la cour : " Je suis désolé. C’était de l’émotion. Ma famille a tant souffert au long de ces cinq ans et demi".
 
Face au silence de l’accusé et des deux détenus, et à la "concertation frauduleuse", selon l’avocat général, des membres du Bas de la Rivière, difficile de faire avancer les choses. L’accusation ne peut donc se baser que sur la conversation téléphonique entre Vincent Madoure et Jérôme Sanassy… et le témoignage de Ludovic V.
 
Mais ce dernier ne fait que compliquer les choses. Principal témoin dans cette affaire, Ludovic V. a pendant plusieurs années - et au cours de près de dix auditions - affirmé que la bande était "tombée sur un étranger qui avait frappé Sanassy" et qu’ils s’étaient mis à plusieurs "pour l’achever", selon les dires de ses amis. Ce jeudi, interrogé pendant plus de deux heures, il parle aussi de confusion avec l’agression du 28 mai et ajoute qu’ "il n’y a pas de coupable là-dedans (la nuit du 7 au 8 novembre, ndlr)". Aurait-il enfin eu peur des représailles ?
 
Est-ce également le cas de la mère de Vincent Madoure, interrogée en fin de journée, qui présente une nouvelle version, elle aussi, de ce que son fils a pu lui dire, et démontre une certaine confusion entre l’ "Anglais" et le "Zoreil".
 

Soe Hitchon - soe.hitchon@zinfos974.com
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1.Posté par Dolly Prane le 22/06/2017 21:01

Bien dit Maître Boniface ....
Comment la cour peut accepter la réponse d'une question "mi lé fatigué" soit ils répondent soit envoye les trois gratel moissir à Dominzo ......et la vérité va éclater
car à la stature du bonhomme comme il n'y avait pas de fusil ou de couteau ils ont dus être à plus trois pour démonter le costaud Carl Davies

2.Posté par ali le kafhir le 22/06/2017 21:31

un choc des cultures ????

3.Posté par hoareau le 23/06/2017 06:45

Ce que vit la famille de la victime est ignoble. Courage a eux.

4.Posté par Fredo974 le 23/06/2017 10:13

Deux assasins ont bénéficié d'un non lieu pour vice de procédure dans une affaire aux Assises ... J'ai du mal à encaisser cela quand je pense à la famille de cet anglais .

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