Education

Le passage en Master 2 bientôt libre?

Jeudi 18 Février 2016 - 18:02

Du haut de ses 26 ans, Julien Roucairol n’a pas hésité à s’attaquer à l’institution du Master Universitaire. A travers son action en justice, l’étudiant en droit vise directement le Recteur d’Académie et l’Université de la Réunion.


Julien Roucairol a exposé ses motifs ce matin devant le juge administratif. Décision dans un mois
Julien Roucairol a exposé ses motifs ce matin devant le juge administratif. Décision dans un mois
Ce jeudi matin au tribunal administratif s’est déroulé la suite d’une action fleuve de l’étudiant, qui compte bien faire changer la jurisprudence. Il conteste la légalité de la sélection des étudiants imposée pour le passage en deuxième année de Master universitaire*. Si son action est jugée recevable, il y aura des répercussions au niveau national.
 
Pour Julien Roucairol, en France il y a une tendance jurisprudentielle qui se décide, mais à titre individuel à chaque fois. "La jurisprudence semble aller dans le sens de l’illégalité d’une sélection à l’entrée du M2. Le conseil d’Etat reconnaît le 10 février 2016 que la sélection en Master est illégale car la loi ne prévoit cette sélection que sous condition d’un décret qui nomme expressément les filières dans chaque université. On a cherché les filières et on a cherché le décret : il n’y en a pas eu".
 
En attaquant l’arrêté du Recteur, il choisit donc d'attaquer sur le fond. "Demain tous les étudiants qui voudront s’inscrire en M2 pourront le faire à condition d’avoir leur M1 validé" espère donc Julien Roucairol. Jusqu’à présent, la sélection se fait par un jury d’enseignants sur deux motifs : la motivation et l’excellence.
 
Victime d’un conflit d’intérêt
 
Ce n’est pas la première fois que le jeune homme passe devant le tribunal administratif. Jusqu’à présent sans succès puisqu’il estime être victime d’un conflit d’intérêt. "Le Président du Tribunal administratif (M. Chemin) et son 1er Conseiller (M. Sauvageot), sont tous deux enseignants vacataires en Master de Droit Public pour l’Université et qui plus est, directement bénéficiaires des dispositions contestées à ce titre. Cela malgré mes demandes de récusation de leur part".
 
Pendant l’audience, ni l’université, ni le Recteur n’étaient présents ou représentés. Le rapporteur public a soulevé plusieurs points pour rejeter  cette affaire. Tout d’abord, le fait que Julien Roucairol semblait s’appuyer sur ses propres allégations. L’Université oppose plusieurs fins de non-recevoir pour défaut d’intérêt à agir. Le point de la tardiveté des conclusions a également été soulevé. Enfin, l’université conteste l’existence même d’un règlement.
 
Une avancée dans toute la France
 
A la sortie de l’audience, Julien Roucairol avait l’air plutôt satisfait. "J'ai et je l'espère, pu clairement leur résumer la cohérence de la structure juridique qui doit emporter l'annulation de la sélection, pour l'ensemble des Master à l'Université de la Réunion, voire dans une moindre mesure pour la Faculté de Droit et d'Economie, ce qui sera dans tous les cas une avancée majeure pour cette évolution jurisprudentielle dans toute la France" conclut-il.

L’affaire a été mise en délibéré et la décision du Tribunal devrait tomber dans un délai d’un mois.
 

* Action contre l’arrêté du Recteur de l’Académie de La Réunion pris en 2012 et validant les Modalités de Contrôle des Connaissances (règles pédagogiques d’évaluations dans toutes les filières, telles que la mise en place d’une session de rattrapage, le mode d’évaluation par examens ou en contrôle continu…) à la place du Conseil d’Administration dont l’élection fut annulée la même année par le Tribunal Administratif.
Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
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1.Posté par Eno2016 le 18/02/2016 18:15

Il ne faut pas non plus "dévaloriser" les diplômes universitaires en les distribuant à n'importe qui ...

2.Posté par le côté obscure de l''université le 18/02/2016 18:46 (depuis mobile)

La situation de L''Université renvoie à de nombreuses questions quant à la gestion des intervenants, à la création d''une filière sciences politiques ou encore, à la sécurité sur le campus. Quelques aménagements d''ampleur ont été toutefois réalisés

3.Posté par La vérité vraie... le 18/02/2016 19:01

Bravo mon gars. Stop aux conneries dans cette fac ! Je me souviens des étrangetés exposées par le président pour la sélection des étudiants admis à inscription dans les premiers M2 enseignement, pareil pour les histoires de tirages au sort...

4.Posté par Décret, ne vois-tu rien venir ? le 18/02/2016 20:44

Un décret pris par la ministre sera bientôt publié. La démarche de l'étudiant est donc d'actualité.
Le Master de Droit Public sera-t-il dans la liste ministérielle limitant l'accès à certains masters ?
Les responsables de l'université de La Réunion commencent à s'interroger (s'inquiéter ?), en particulier pour d'autres filières d'excellence freinées par leur capacité d'accueil.
D'aimables discussions en perspective.

5.Posté par Paopaypaye le 19/02/2016 04:06 (depuis mobile)

Je soutiens 100% ça démarche . Car les recrutements en M2 parfois depasse le cadre légal el les limites de cet arrêté du RECTEUR . Liberté égalité fraternité. On est au 21ième siècle. Bravo.

6.Posté par Didam le 19/02/2016 07:44

Si on supprime la sélection à l'entrée, la sélection se fera à la sortie...

7.Posté par Coconut Joe le 19/02/2016 10:09

Il est plus que temps qu'un grand ménage soit fait parmi les instances de l'université.

8.Posté par Bisounours le 19/02/2016 16:01

Certains M2 ne valaient déjà pas grand chose.
Maintenant, ça ne vaudra plus rien du tout.
:D

9.Posté par LOL le 19/02/2016 17:59

Pour les partisans du ce qui est sélectif est valorisant j'en ai une pour vous :
"Ce qui est rare est cher,
Un cheval pas cher est rare,
Donc un cheval pas cher est cher !"
Ce qui fait la qualité du master et à plus forte raison son potentiel de débouchés, c'est la qualité de l'investissement des étudiants dans leur travail et celui des enseignants dans leurs cours.

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