Courrier des lecteurs

Le neuropsychiatre Maurice Jay fût le père bâtisseur, visionnaire de la psychiatrie moderne et d’addictologie

Dimanche 15 Septembre 2019 - 16:22

Le neuropsychiatre Maurice Jay fût le père bâtisseur, visionnaire de la psychiatrie moderne et d’addictologie
Il y a onze ans, c’était exactement le 10 juin 2008 que le docteur Maurice Jay père de la "psychiatrie moderne" s’en est allé à l’âge de 83 ans. Derrière lui, Il laisse sa belle empreinte gravée dans l’histoire de l’Île de la Réunion et de santé mentale, reconnaissable dans ce processus d’évolution dont la notion d’alliance et relation thérapeutique, le concept d’humanisme ont émergé au fil des années.

Pourtant, rien ne prédisait que ce médecin deviendrait ce psychiatre d’exemption et d’exception pour la Réunion. Puisqu’en 1960, venu de Reims, il débarque sur l’Île pour un remplacement de quatre mois, puis  il s'est retrouvé bloqué, car il n'y avait personne pour assurer la Direction du Centre Hospitalier Spécialisé de St-Paul (CHS). "Je ne pouvais plus partir, sinon j'aurais perdu le bénéfice de mon concours pour cause d'abandon de poste dira t-il”.

Ainsi jusqu’en 1973, le docteur Maurice Jay cumulera la fonction de Directeur du CHS et celle d’un grand psychiatre, bâtisseur et visionnaire de cette psychiatrie moderne. Soit 33 années  passées d’une époque d’asilaire vers évolution à une psychiatrie plus humaine au sens le plus général. Histoire peut-être dans sa propre pensée, nous insuffler qu’il y a dans la psyché, autant de clés que de portes… !

Puis, c’est en 1993, que ce passionné de la psychiatrie mais aussi expert en coquillages "péi", dont  la connaissance fine sur les mollusques marins de la Réunion (malacologie et de conchyliologie), fût sûrement pâlir bien des protecteurs marins à la Réunion, entama sa retraite bien méritée, jusqu’à "li la désot la vi" le 10 juin 2008.

Cependant, il ne faut pas aussi oublier, comme l’avait rappelé ce jeudi le Chef du service d’addictologie du CHU Félix Guyon et président de la fédération régionale d’addictologie de la Réunion (FRAR) le praticien David Mété, que le neuropsychiatre Maurice Jay faisait parti des trois pionniers de l’addictologie avec le docteur Guy Letourneur et le docteur Jean Paul Aubin. D’ailleurs, lors de l’inauguration de cet "outil extraordinaire", il s’agit en fait de l’ouverture d’un  l’hôpital de jour au CHU St-Denis, où trois plaques ont été dévoilées rendant hommage à l’action de ces pionniers, et aussi au docteur David Mété pour son combat éternel contre les conduites addictives, véritable fléau pour la santé publique réunionnaise.

En finalité, reconnaissons tous, que l’addictologie à la Réunion n’aurait pu naître sans les actions de ces trois pionniers. Auxquels il est important de rendre hommage aujourd’hui encore, pour que l’œuvre soit poursuivi et qu’il reste toujours gravé dans le marbre de nos mémoires. Cependant, même si des réels progrès ont été réalisés grâce aussi au docteurDavid Mété. Pour autant, nous devons admettre qu’il reste encore un très long chemin à parcourir pour arriver à des résultats pleinement satisfaisants.

C’est peut-être le constat qu’aurait pu faire valoir le premier neuropsychiatre de l’asile de St-Paul. Figure ô combien marquante, riche et inventive de la psychiatrie réunionnaise, dont je me suis nourri pendant ma longue carrière professionnelle. Bref, à quelques jours de terminer ce beau chapitre de la psychiatrie, je souhaite ici mettre en lumière les innovations des cliniques psychiatriques réunionnaises à travers le docteur Maurice Jay et de saluer la mémoire de l’homme visionnaire qu’il fût.
Jean-Claude Comorassmy
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1.Posté par Kayam le 15/09/2019 21:23

"Soit 33 années passées d’une époque d’asilaire vers évolution à une psychiatrie plus humaine au sens le plus général." Untel est parti ou sort de l'asile fait moins peur que untel est allé à l'hôpital psychiatrique. L'appellation hôpital psychiatrique fait "plus intelligent". Le fou ou la folle - dit sans aucun dédain, je tiens à le préciser - a l'impression d'avoir été conduit dans un endroit où leurs problèmes vont être résolus.

- Bonjour, tu vas mieux ?
-- oui ! je vais bientôt aller pour une semaine à l'hôpital psychiatrique...
Et le sourire qui arrive jusqu'aux oreilles.

De l'espoir, la fin des tourments donnés à soi-même et à la famille car on accorde sa confiance aux professionnels de cette branche de santé. Santé... vraiment ?? Quand la tour de contrôle (tête) se met à disjoncter, rien ou pas grand chose peut contrecarrer les plans. Sauf des seringues pleines de rèstrankil, (utilisées surtout dans le milieu des années 80), qui font redevenir le fou ou la folle un bébé. Perdu, les yeux hagards, faible et vulnérable.

La psychiatrie moderne - d'ailleurs à quelle date doit-on la nommer ? - empêche t-elle le vouloir de se suicider ? Guérit-elle ?
Dans la phrase "le bâtisseur visionnaire de la psychiatrie moderne" j'suis p'tète aussi folle et me trompe, mais je vois juste le côté architecture et qu'il a œuvré dans une structure d'accueil, avec plus de présence et d'humanité et heureusement car l'on sait que les concernés en ont fortement besoin.

Sans minimiser le rôle et le professionnalisme de ces docteurs, - j'ai toujours admiré les gens intelligents dans leurs domaines respectifs - il n'en reste pas moins que je me poserais toujours certaines questions.

Nul besoin d'avoir été spécialisteS dans le métier, d'avoir été bardÉ-ES de diplômes et formÉ-ES pour assurer quand les besoins et les impératifs se sont fait savoir.

Même si physiquement vous êtes petite, vous voyez à côté de votre tempe, là où se pose le doigt, une force mentale vient vous submerger pour vous pousser à vous battre pour une folle ou un fou. Contre une folle ou un fou et ça c'est dur.

Rendons hommage plutôt à ces parents, frères, sœurs, famille. Oui, pour certains membres, on peut aussi saluer leurs mémoires. Ils le méritent plus que quiconque. Pour avoir affronté la folie à l'état brut, des douleurs, la déchéance morale et la mort d'une personne chère. De ce fou, de cette folle.

2.Posté par Janus le 16/09/2019 10:09

Nul ne peut enlever au Docteur JAY la qualité du travail qu'il a réalisé à l'hôpital psychiatrique de Saint-Paul ...

Mais lui donner tout le mérite de cette réussite, c'est aller un peu vite en besogne ... Car d'autres avant lui ont oeuvré pour le bon fonctionnement de ce que l'on appelait "l'hôpital des fous" ...

Celui qui fut Directeur de cet hôpital avant le Docteur JAY n'était qu'un administratif, mais a permis à cet établissement de fonctionner pendant 20 ans ...

Sans l'infirmière-Chef, Mademoiselle EGLE, le Docteur JAY n'aurait peut-être pas aussi bien réussi qu'il ne l'a fait ...

Sans des infirmières au dévouement incomparable, comme Madame ANANAGA, le Docteur JAY n'aurait peut-être pas aussi bien réussi qu'il ne l'a fait ...

Je ne parle pas des autres employés qui se sont dévoués corps et âme pour cet hôpital et ses patients ... M. AH-KOW, Melle Paula CLAIN, M. Bénony PICARD, ...

J'aurais préféré, M. COMORASSAMY, que vous citiez tous ces employés au lieu de mettre sur un piédestal celui qui n'a fait que diriger cette équipe ...

Ne parler que des médecins, c'est faire preuve de mépris vis-à-vis des autres personnels sans lesquels ces médecins n'auraient rien pu faire.

JANUS

3.Posté par MD le 20/09/2019 07:00

Le Dr JAY dans ses écrits personnels fait part du rôle important de toutes les personnes qui ont contribué à la fondation de la psychiatrie moderne. À la décharge de M.Comorassamy, il est difficile d’être exhaustif dans un courrier des lecteurs.

4.Posté par Emmanuelle HOARAU le 22/09/2019 13:39

Il est toujours midi quelque part, un souvenir de malaise resurgit de ma mémoire face au pronostique, sans la moindre trace d'empathie, face à une mère et un père désemparaient devant la révélation, sur l'âge mental d'une de leur progéniture.

5.Posté par Janus le 23/09/2019 14:51

C'est le Docteur CALEN qui a été le premier psychiatre à officier à l'hôpital psychiatrique de Saint-Paul, dès 1950.

C'est ce psychiatre qui a préparé le travail qu'a continué à mettre en oeuvre le Docteur JAY.

Il ne me paraît pas juste de mettre sur un piédestal le Docteur JAY, sans y associer le Docteur CALEN, et tout le personnel soignant de cet hôpital ... Je pense en particulier à l'infirmière, Madame COLETTE, dont le dévouement à "ses" malades était sans égal.

Pour la petite histoire, le Docteur CALEN, passionné de moto, a pratiquement créé le premier club de motards de l'île, en rassemblant tous les saint-paulois propriétaires d'une moto à l'époque dans des virées "infernales" dans l'Ouest de l'île.

Lorsque la femme du Directeur de l'hôpital a accouché de son premier fils, dans le logement de fonction au milieu de l'hôpital, le Docteur CALEN et trois de ces motards ont fait plusieurs fois le tour du bâtiment, pendant tout l'accouchement, jusqu'à la naissance de cet enfant ☺☺☺

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