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Courrier des lecteurs

Le monde associatif et le monde politique


Par Paul Hoarau - Publié le Mercredi 7 Février 2018 à 17:57 | Lu 1160 fois

Le monde associatif et le monde politique
Notre microcosme politique réunionnais ronronne dans un système bien rodé depuis des décennies. Le pouvoir institutionnel pratiqué avec la bienveillance des gardiens de la loi et le pouvoir financier de la gestion des transferts du rattrapage, confèrent au monde politique local des possibilités inouïes de peser sur le monde associatif, de la façon la plus arbitraire et la plus absolue.

Il sera difficile de faire le tour du sujet en un seul article.

Dans mon "journal" du 8 Janvier j'écrivais ceci : "Des collectifs fleurissent ici et là pour dénoncer les affectations dans la fonction publique et l'embauche dans le secteur privé ; pour faire entendre le mécontentement de 'victimes des dysfonctionnements de l'institution judiciaire'; pour expliquer de quelle façon les éleveurs bovins de la filière lait ont été victimes de pratiques professionnelles et administratives en relation avec la grande épidémie nationale de brucellose ; pour dire à quel point l'absence de politique efficace contre l'illettrisme et pour la formation, pénalise la jeunesse du pays ; pour déplorer le manque d'efficacité en matière d'éducation populaire et les conséquences sociales qui en découlent ; pour mobiliser les responsables politiques pour la
sauvegarde et la promotion du patrimoine culturel, économique et historique de l'île."

On pourrait encore allonger la liste.

Aujourd'hui, nous constatons que le monde politique dans son ensemble, tient peu de compte du ressenti de ce monde associatif qui s'exprime et qui propose. Les solutions n'avancent pas.

L'incompréhension, la défiance, la colère s'installent. Il appartient au monde politique d'entendre cela, de s'en préoccuper et d'agir. Sinon, la situation se dégradera et le désordre suivra.

Mais le monde associatif porte, lui aussi, une part de responsabilité dans cette dégradation. Deux dangers le guettent en effet : ses divisions et la récupération politicienne. Ses divisions ont pour conséquence, sa faiblesse. Une association, ici, pense pouvoir s'en sortir seule en raison "des relations" de ses dirigeants avec tel ou tel dirigeant politique ; une autre, là-bas, craint que son voisinage avec d'autres associations non grata auprès des dirigeants politiques en place, compromette le soutien qu'ils reçoivent.

Beaucoup d'associations sont contaminées par un poison nocif : le ladi lafé, les suspicions, les condamnations, les exclusions. C'est ainsi que lemonde associatif est très affaibli, et qu'il est mûr pour devenir la proie des politiciens.

Le monde politique est le maître du monde associatif. Il le tient par la subvention. Une association prospère par la grâce du soutien que lui apporte le parti en place, peut sombrer, du jour au lendemain, dans la misère noire, du seul fait que le pouvoir a changé de mains. Et, vice versa, une association peut se voir propulsée, par la grâce des nouveaux venus au pouvoir.

Les associations qui soutiennent des causes qui fâchent ont peu de chance d'obtenir le soutien des politiciens au pouvoir. La tactique, pour les neutraliser, est de les récupérer en récupérant leurs dirigeants. Il peut arriver que les techniques de la récupération s'apparentent aux techniques de la corruption.

Il faut libérer le monde associatif de la mainmise de monde politique. En démocratie, cette mainmise est malsaine. Les impôts et les taxes que perçoivent les collectivités ne devraient pas leur servir à financer, exclusivement, les associations qu'elles créent, qui appliquent leur politique, ou qui sont du même bord qu'elles.

Ces impôts et ces taxes sont payés par tous les citoyens.

Si, pour avoir des moyens d'agir, une association décide de soutenir tel ou tel parti, tel ou tel politicien, elle se met sous la coupe et dans la dépendance du parti ou du politicien avec lequel elle aura fait alliance. Alors, il n'est pas sûr que le suzerain politique la laissera agir librement s'il est élu.

A un moment ou à un autre, il posera des conditions. Et si l'association vassale se rebiffe, il coupera les vivres. Cela s'est déjà produit. Le politicien suzerain ne conservera que les associations dociles, qui deviendront des "associations maison". Si l'entente dure, lorsque l'heure de l'alternance arrivera, le nouveau politicien aux commandes éliminera les associations soumises à l'équipe politicienne qui l'a précédé.

Voilà comment les choses se passent dans "le système" actuel.

Pour se libérer de la dépendance du monde politique, le monde associatif devra montrer sa force. Dans un premier temps ses dirigeants devront affirmer leur volonté dans ce sens ; dans un deuxième temps, ils devront organiser des manifestations publiques d'union pour préparer une force indépendante des politiques ; dans un troisième temps ils devront structurer une "fédération des associations", partenaire du monde politique, capable, pour commencer, de négocier avec lui, "une Charte" des relations entre le monde associatif et le monde politique.

Cette séparation entre le monde politique et le monde associatif, ne veut pas dire la guerre des deux
mondes, mais partenariat, dialogue (y compris entre positions opposées), chacun à sa place.


Paul Hoarau



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