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Société

Le génosociogramme, ou comment se soigner en enquêtant sur l'histoire de sa famille


Par - Publié le Mercredi 14 Novembre 2018 à 17:49 | Lu 2568 fois

On porte tous en nous l’histoire de notre famille. Et pour certains, il peut s’agir d’un véritable fardeau à l'origine d'un mal-être ou de maladies. C’est ce qu'explique la psychologue clinicienne Edwige Roberval, venue sur notre île à l'invitation de la l'AMAFAR-EPE* pour animer des ateliers et groupes de paroles à destination de parents. Cette spécialiste métropolitaine de l’analyse transgénérationnelle donnera ce jeudi une conférence** aux côté d'Alice Pélerin - médecin généraliste et anthropologue dont nous relayions la thèse en septembre dernier  - sur la dimension symbolique de la maladie.

Y seront évoqués le poids des dysfonctionnements familiaux et l'importance d'analyser sa place dans la généalogie pour se soigner. "Il y a un inconscient familial, qui a enregistré les dates et s’en rappelle. Cela peut se manifester par des accidents, des maladies, une dépression, ou encore un échec. C’est ce qu’on appelle le syndrome d’anniversaire, ou de répétition", explique Edwige Roberval.

"Comme une enquête de détective"

Pour travailler sur la problématique, un outil a été mis en place par la professeure française Anne Ancelin Schützenberger : le génosociogramme. "C’est un arbre généalogique personnalisé dans lequel on repère toutes les dates anniversaires et tous les événements qui se répètent dans la famille. On peut citer par exemple le cas d'une jeune femme qui tombe malade à l’âge qu'avait sa mère en mourant. Repérer les dates peut permettre de mieux comprendre la dépression qui s’est abattue sur elle et la peur de la mort qui l’anime". 
 
Remonter dans le temps, un travail nécessitant de la minutie. "C’est comme une enquête de détective. On cherche actes de naissance, de mariage, de décès, on interroge la famille ou les proches, on regarde dans les archives si besoin", précise-t-elle. "On va aussi s’intéresser à la l’histoire culturelle". Car si l'histoire personnelle est ancré dans l'histoire familiale, l’histoire familiale est ancrée dans l’histoire de son pays ou de son environnement. Ainsi, "l’esclavage, les guerres ou les pogromes" vécues par nos ancêtres pourraient avoir de lourdes répercussions. Autre exemple cité par la spécialiste, celui des femmes battues ou des hommes violents, souvent issus de familles où régnait de la violence. Même chose pour la problématique de l'alcoolisme.

"Les non-dits sont dangereux"

Heureusement, le syndrome de répétition n'est pas une fatalité. Il est possible de ne pas être victime de son histoire, mais au contraire de s’en défaire. "Il faut en prendre conscience, en parler, faire renaître les émotions, et s’en dégager". Un travail évidemment plus aisé accompagné d’un spécialiste, et plus fructueux si élargi. "Si on veut soigner une personne, ce n'est pas toujours suffisant de la soigner seule, il faut parfois soigner l’histoire de sa famille".

Ainsi, pour éviter les traumatismes, la spécialiste insiste sur l'importance d'éviter les non-dits et les secrets de famille, qualifiés de "dangereux". "On ne peut pas enlever les événements graves. Il faut communiquer avec les enfants, leur dire la vérité. Toutes les familles ont des traumatismes, mais celles qui savent en parler, partager leurs émotions, les dépassent. Les personnes qui se taisent et refoulent risquent de transmettre cela aux générations futures. Le plus grave, c’est le secret sur ses origines".
 
Comme Alice Pélerin, Edwige Roberval aimerait voir émerger une discipline frontière entre médecine et anthropologie, l'anthropo-médecine, qui combinerait les deux approches. "La médecine prend en compte le corps et certaines maladies avec succès. Il faut étendre toutes ces pratiques car tout est complémentaire". Pour Alice Pélerin, La Réunion pourrait même être pionnière en la matière. 

--
* L'Association des Maisons de la Famille de la Réunion et École des Parents et des Éducateurs
** Cette conférence est gratuite et ouverte à tous. Elle se tiendra le Jeudi 15 novembre à la Salle Polyvalente de la Mairie de Saint-Denis, à 18h30 


Marine Abat
Journaliste - En charge du secteur Ouest - Fortement attachée aux valeurs du développement durable... En savoir plus sur cet auteur


1.Posté par Zarin le 14/11/2018 18:47

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille
On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher
Être né quelque part…

Maxime Le Forestier

ON FAIT COMMENT ?...

2.Posté par SITARANE le 14/11/2018 19:06

Le néo-chamanisme urbain!!!!!!!!!!!!!!!!380 euros la formation de 3 jours!!!!!!!! La Réunion est décidément le nouvel eldorado pour les charlatans du vieux continent , naturopathe, hypnothérapeute, aromathérpeute. La prochaine étape, comment juguler la violence par les plantes.............

3.Posté par Aurore le 15/11/2018 00:45

Boduuuuuuuuuuuuu !!! Quel nom juste pour décrire les constellations familiales et systémiques, déjà découvertes en 1990. Elles sont en retard ces personnes :-)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Constellation_familiale://

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