Courrier des lecteurs

Le créole, joli patois

Lundi 17 Octobre 2011 - 14:05


Oui, le créole réunionnais est un patois bien sympathique, comme l’a dit Margie Sudre et comme le pense Armand Gunet, président de l'association "Réagissons". Un patois bien sympathique, grand cousin de mon bon patois vendéen, ma langue maternelle si riche en termes médiévaux !

Qu’est-ce qu’un patois sinon la simplification à l’extrême de la syntaxe ? Pas de subjonctif dans mon patois vendéen, ni non plus en créole. Conjuguons par exemple ceci : "mi veux ou vien, mi veux li vien, mi veux zot i vien". En plus de l’économie du subjonctif, un gros monstre difficile à dompter, on se passe volontiers de la conjonction "que" et on traîne partout la même forme verbale. Ajoutons, pour pimenter ce raisonnement, l’expression "bonbon la fesse". Là, c’est la préposition qui a fondu comme un suppositoire placé "ou sa zot i coné". Autre type d’évaporation dans la tournure "lofis la langue" de l’éminent linguiste Axel Gauvin, qui a appris la linguistique en sirotant une tasse de thé !

Et à propos de ce lofis, parlons écriture ! Pourquoi l’écrire ainsi alors que ce mot nous vient du latin "obficium", puis, après assimilation toute logique, "officium". Les deux ff sont justifiés depuis des siècles. Et la finale ce se prononce toujours de la même façon ? Tuer l’origine des mots, c’est tuer les mots eux-mêmes, tuer leur paternité, leur histoire ! Qui dit mieux ? Les soi-disant philologues, sémanticiens et lexicologues, Gauvin, Prudent and C°, sont des révisionnistes péi ! On irait jusqu’à tuer père et mère pour laisser croire qu’on sort de la cuisse d’un ange avec un langage tout neuf ! Pour parodier Boris Vian, ils pourraient dire en choeur : "Cette langue est vraie, puisque je l’ai inventée" !

Et pis, pour pimenter son discours angélique, Axel Gauvin nous chante que le créole est cause d’un gros complexe d’infériorité, et cela dans un gros ouvrage où il s’est appliqué à délayer son idée, comme on le fait quand on veut faire monter sa mayonnaise. Pardon, dame Prolixité ! En une seule phrase, on peut soutenir le contraire : un langage, quel qu’il soit, ne donne aucune maladie ! Si complexe il y a chez l’enfant, c’est que ce malaise est à trouver dans le milieu familial. Inutile de recourir aux soins d’un Diafoirus linguiste ! Un psychologue fera l’affaire à condition qu’il n’ait pas l’esprit contaminé par ce même malaise !

Ne laissons pas s’échapper trop vite le docteur Diafoirus, qui a pour célèbre papa, Molière ! J’étais dans la cour de récréation, dans mon école primaire de Saint-Amand-sur-Sèvre. J’avais six ou sept ans. Le directeur, le Frère Paul, un grand homme, me demande pourquoi mon frère n’est pas venu en classe, et ma réponse a fusé instinctivement : "La fouére" ! Et il est parti, perplexe, sans rien dire d’autre ! Pourquoi cette perplexité ? L’envie de me corriger et de m’apprendre la langue de Molière ? Le mot diarrhée ! Je l’ignore. En tout cas, il a respecté mon royaume : ma cour de récréation ! Malgré le bruit des bottes allemandes, le patois vendéen et le français de Paris se côtoyaient sans se chamailler !
Gérard Jeanneau
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1.Posté par ROCHEFORT Alain le 18/10/2011 12:23

Qu'il est bien écrit ce commentaire "le Créole, joli patois" et que de vérités, bien énoncées, qui devraient servir de livre de chevet à tous ces "pseudo intellectuels" de la "Créolitude" qui voudraient se prendre pour CESAIR. Ce sentiment de supériorité du Créole sur la LANGUE Française véhiculaire, lentement distillé à toutes les couches de la société Réunionnaise et surtout aux enfants n'entraînera qu'un repli sur soi et une exclusion du monde réel.
Quand on suit les propos extrémistes envers le Créole d'un animateur d'une radio périphérique le matin à huit heures, on peut dire que l'exclusion est atteinte.
Et c'est cela que l'on nous propose.

2.Posté par al carbone le 18/10/2011 13:06

Patois ????

curieux j'ai toujours cru qu'il s'agissait d'un dialecte ....mais pour flatter les gaucho indépendantistes tous les superlatifs les plus redondants sont de sortie, il y en a même qui parlent sans rire de langue créole !

3.Posté par Jeff le 18/10/2011 14:27

Eh ben, non de diou fi de garce, t'a poin mangé une graissé de pouaisias fré pour écrire tcho taiste, cré vin diou.

D'ou ks'est t'ai asteur? En vendée y'a des patois différents, le patois du bocage (Montaigu), le patois du marais de Challans qui n'est pas le même que le marais de Marrans, etc;

Le créole est devenu, à mon avis, une langue qui s'est construite à travers le temps. Elle est riche des apports de toutes les communautés, on ne peut pas en dire autant du vendéen, qui pour moi est un très mauvais exemple, ce sont des expressions par "îlots de populations sans mélange", à la seule exception les maures qui ont enrichis leur parlé françois aprés Charles Martel. Ils en ont fait des petits les maures dans la région de Luçon et de Cheffois.

La seule chose que je regrette, c'est que des universitaires se soient "cannibalisés " le créole pour se construire une langue propre à eux et vendre leur salade, euh! leur dictionnaire sous licence mixte pour arrondir leur retraite surrémunérée.

Il faut préserver notre belle langue créole, elle devrait faire partie du patrimoine. On regrettera de ne pas préserver cette langue pleine de soleil.

4.Posté par Gunet le 18/10/2011 16:54

Mon cher Jeff,
L’apport de la France dans notre créole, c’est 95 % et l’apport de l’Inde et de Madagascar réunis, c’est 5 % ! ! ! J’ai fait le décompte en rédigeant le Grand Lexique créole de La Réunion.
Un grand bravo à Gérard Jeanneau tant pour le fond que pour son style inimitable.

5.Posté par Gérard Jeanneau le 18/10/2011 17:00

Et je reconnais être l'auteur de l'article, que l'on peut lire sur mon blog "courriers de La Réunion". Il est légèrement enrichi.
Ataleur !
Gérard Jeanneau

6.Posté par Jeff le 18/10/2011 17:27

Mon cher Gunet,

Il n'y pas un créole mais des créoles. Ce qui est gravissime c'est que vous ayez voulu vous faire un nom, comme c'est le rêve de beaucoup d'universitaires et de plus retirer des subsides n'est pas négligeable, la conséquence est que vous standardisez des langues créoles qui n'en avaint pas besoin.

Que les créoles soient issus de différents parlés de France, c'est vrai, mais pourquoi avoir construit une orthographe d'intello qui n'est même pas proche de la prononciation, ni de la phonétique.

Vous êtes le chantre de la standardisation, bonne chance, mais vous êtes certainement en partie responsable de l'illétrisme et là vous avez joué sur l'avenir des jeunes réunionés.

Développer des associations qui maintiennent les différents créoles auraient été une bien meilleure initiative, le français devenant la langue véhiculaire.

L'Etat a sa part de responsabilité, car il est évident qu'il aurait fallu que les enseignants des classes primaires soient de langue créole maternelle. La pédagogie en aurait été simplifié. Il est encore de se battre pour cela.

Pour ce que j'en dis, je m'efforce de parler créole, je le ferais un jour, je le ferais.

Note : je suis issu d'une famille multilangues, il y a trois langues que je parle très correctement au point qu'il arrive que l'on me demande de quel région je viens, mais jamais on me prend pour un français si je ne décline pas ma nationalité, j'admets que je les écris bien mal, et tant pis, En France, les enseignants ne sont crispés sur l'orthographe dans beaucoup d'autres pays l'important est de communiquer.

7.Posté par jeanrene le 18/10/2011 18:22

felicitations à l'auteur de cet article qui donne toute sa place, mais rien que sa place à notre jolie causé reunionnais, qui ne saurait etre une langue quoiqu'en disent tous ces tireurs d'fils dans culs babouks qui veulent s'approprier notre créole à des fins politiques...dans une prochaine vie peut etre car comme je l'entends souvent dire et c'est tant mieux :bougs vilains nana encore mais d'bougs couillons de moins en moins..
et je terminerai en disant à ces pseudos linguistes pays : écris piment comme zot y veut mais zot y pourra pas jamais enleve à lu son piquant!...

8.Posté par papy la morale le 18/10/2011 18:50

il y a une quinzaine d'années, s'est tenu un symposium à Varsovie réunissant les meilleurs linguistes du monde. Rappelons que la capitale de la Pologne est le berceau de la création de l'espéranto, qui s'est voulu en son temps langue de communication universelle, créée en 1887 par Ludwik lejzer Zamelof. Ces distingués universitaires sont arrivés à la conclusion suivante : dans 500 à 600 ans les langues dominantes actuelles (anglais, espagnol et chinois) disparaîtront pour laisser place à un créole traversant india-océanique. Et de citer le créole réunionnais parlé, je précise bien parlé, comme la version la plus aboutie. Cocorico ! En tout état de cause, je ne serais plus de ce monde et vous ?

9.Posté par bertel le 18/10/2011 18:53

bertel
"Le créole, joli patois"

Et c'est reparti pour un tour de manège... Tenez-vous bien, Mesdames et Messieurs... Les primaires sont terminées... Le requin ne se vend plus... Et le fonctionnaire itou !

Nous allons voir sortir du bois les éternels racistes, les vrai-faux "espéssialiss" et toute la clique qui alimentera le "débat" !

Pendant ce temps-là, les querelles de clocher ne produiront rien d'autre que le plaisir des comiques à se lire et les seuls qui en pâtiront seront toujours les gamins de nos écoles maternelles et primaires, englués depuis 30 ans par ceux qui refusent le principe de réalité pourtant écrit maintenant, en bon "françois" et en toutes lettres, dans les textes officiels.

Bertel de Vacoa

10.Posté par Caton2 le 18/10/2011 21:15

Autant je suis d'accord avec le fond de cet article où j’ai reconnu la plume de G. Jeanneau, autant je récuse le terme patois pour nommer une langue régionale, qui, faut-il le rappeler, est antérieure au français.
Le vendéen est une variante du poitevin, langue romane, ou pour certains du poitevin saintongeais, qui était enseigné dans de doctes universités, notamment à Poitier.
Cette langue romane a été utilisée pour écrire des chefs d'œuvres de la littérature comme le Roman de la rose, qu’on a dû traduire en français pour qu’il puisse être lu par les jeunes générations
L'étymologie du mot patois a fait l'objet de beaucoup d' interprétations.
Le mot patois viendrait, selon le Robert, du radical patt exprimant la grossièreté. Wikipedia propose cette interprétation: « patois est un mot qui viendrait de l'ancien français patoier signifiant agiter les mains, gesticuler puis se comporter, manigancer, dérivé de patte au moyen du suffixe -oyer . Cette étymologie permet de comprendre en partie la connotation péjorative que comporte ce terme : on patoise quand on n'arrive plus à s'exprimer que par geste.»
Explication totalement erronée. Il n'y a pas plus volubile qu'un "patoyant". Les mots et les expressions colorés ne manquent pas dans les « patois ». Nul besoin de parler avec les mains!
Pour les dictionnaires antérieurs au 19ème siècle le mot patois a toujours un sens péjoratif : "sorte de langage grossier d'un lieu particulier et qui est différent de celui dont parlent les honnêtes gens » (Richelet, 1680, Dictionnaire français des mots et des choses). "Langage corrompu et grossier, tel que celui du menu peuple, des paysans, et des enfants qui ne savent pas encore bien prononcer " (Furetière, 1690, Dictionnaire universel).
Une autre étymologie est celle défendue par Frédéric Godefroy (Dictionnaire de l'ancienne langue française... du IXe au XVe siècle, 1881-1902) : « pathoys, patrois, langage propre à un pays, à une race d'hommes, à une espèce d'animaux », lequel cite un extrait du Roman de la Rose : « Lais d'amours et sonnets courtois / Chantait chacun en son patois, / Li uns en haut, li autre en bas ».
Littré, dans son dictionnaire, réhabilite le patois: « parler provincial qui, étant jadis un dialecte, a cessé d'être littérairement cultivé et qui n'est plus en usage que pour la conversation parmi les gens de la province, et particulièrement parmi les paysans et les ouvriers ». Selon Sainte Beuve, un patois est « une ancienne langue qui a eu des malheurs ». C’est bien résumé.

Le poitevin est une langue d’oïl méridionale. Elle est née de l’articulation du latin, langue des colonisateurs romains, par les peuples gaulois des Pictons et des Santons (substrat celtique) sous l’influence des Francs (superstrat germanique). Le poitevin, qui se forma en même temps que les autres langues romanes de France, ne peut-être considéré ni comme de l’ancien français ni comme du français déformé.
L'avènement du français comme langue nationale, ne date que de l’ordonnance de Villers-Cotterêts édictée par François I er, en 1539.
Le français n’a fait que remplacer le latin comme langue administrative. Les langues parlées régionales ont continué d’être utilisés partout en France, jusqu’au I9ème siècle.
C’est l’école de Jules Ferry qui leur a porté un coup fatal, scellant leur mort quasi définitive.
Le créole doit beaucoup plus aux langues régionales, et notamment au poitevin, comme le souligne G.Jeanneau, qu'au français. Malheureusement les universitaires locaux, spécialiste du kréol "écrit", n'ont pas voulu explorer ces pistes, ne voyant dans la syntaxe du créole que des transformations du français dues à la pratique locale. Évidemment, ça minimiserait l'importance de la créativité locale en ce qui concerne les différences syntaxiques qu'on constate entre le créole et le français....Peut-on appeler ces gens des linguistes? Pour ma part, je n'y vois que des ayatollahs.

11.Posté par ndldlp le 19/10/2011 00:07

que les pères la morale à la gunet et autre jeanneau, aillent donc donner de leur temps dans les milieux défavorisés, qu'ils aillent faire la démonstration de leur talent de pédagogue face à des marmailles dont la seule langue parlé et maîtrisée, demeure le créole, et pour qui, le français, est bel et bien une langue étrangère.

qu'un caméraman soit présent pour immortaliser leur incapacité, leur inaptitude (pas celles des gamins, mais celle nos compères) et tout le caractère désuet de leur combat contre le créole.

n'en déplaise.

12.Posté par sindnizi1 le 19/10/2011 01:21

Le créole n'est qu'un charabia destiné aux employés communaux et territoriaux : un passeport pour le favoritisme,la fionne et la glande.

13.Posté par noe le 19/10/2011 07:59

moi mi èm sounouk grillé si brèz dé fé ...mi couniss a li ek in gazon ri ek pimen pilé si sel...in ti rhum salé bon pou fé coulé de brèz dan gosié rékin ....
moin mi di lodèr sounouk lé bon mêm ...;li sen soufé !

14.Posté par sgeg le 19/10/2011 09:42

les créoles se moquent majoritairement des grands débats " intellectuels " sur la question...
ils parlent créole en famille, c'est leur langue maternelle , et ce n'est pas prêt de changer.
la plupart sont attachés à ce que leurs enfants apprennent bien le français , car ils sont bien conscients que c'est la porte indispensable aux études et au travail , mais là , il y a deux approches. ceux qui décident d'utiliser souvent le français avec leurs marmailles et ceux qui délèguent cet apprentissage à l'école , parfois car ils refusent de parler français et ne parlent eux-mêmes qu'en créole , mais souvent pour la simple raison que ces parents ne maitrisent pas bien le français.
c'est pourquoi beaucoup d'enfants arrivent à l'école maternelle sans parler un mot de français , cela pose évidemment le problème des enseignants venus de métropole qui n'ont pas alors les outils idoines pour servir de passerelle entre le créole et le français.
ce problème est pire avec les petits mahorais , qui ne parlent parfois ni français , ni créole .
pour ma part , non-créole de naissance , je comprends parfaitement cette langue géniale.
je peux la parler suffisemment lorsque j'ai affaire à une personne qui ne parle que créole. détail amusant ,la plupart de ceux qui ne parlent pas le français le comprennent très bien , cela donne une résultat rigolo , une conversation en deux langues , on me parle en créole
et je réponds en français , je fais cela car j'ai horreur de " massacrer " une langue et que je
me rend compte à quel point il est difficile de parler créole sans être ridicule lorsque ce n'est pas sa langue maternelle...et pourtant je parle couremment plusieurs langues !

15.Posté par Caton2 le 19/10/2011 11:15

Un exemple: asteur (Poitou/Vendée), astèr (Réunion), asteûre (Wallonie), asteur - graphie libre - (cadien, ou asteur cadien, ou acadien de Louisiane), asteur, asteure, astheure, à c't'heure (Quebec).

16.Posté par ... de Daniel Tammet le 19/10/2011 12:50

" Langues oubliées, ces voix qui disparaissent :

... Une langue n'est pas seulement une collection de mots, elle est aussi un moyen de transmission de la culture, une culture qui s'est adaptée aux circonstances environnementales, sociologiques et historiques uniques.

Les mots d'une langue rare pour décrire une idée ou une coutume perdent beaucoup de leur sens quand ils sont traduits dans une autre langue.

Toutes ces langues menacées possèdent des cultures orales riches, composées de chansons et de récits voués à une disparition définitive.

Elles véhiculent souvent un savoir des choses de la nature.

Certaines ethnies, en interaction avec le monde naturel depuis des centaines ou des milliers d'années, ont codifié dans leur langue leurs connaissances des plantes, des animaux et des écosystèmes locaux. Des savoirs dont certains sont encore ignorés des scientifiques.

L'étude de ces langues par des chercheurs peut contribuer à la protection de l'environnement et accroitre notre compréhension des systèmes de transmission des connaissances entre générations d'être humains. ..."

Extrait du livre "Embrasser le ciel immense"

17.Posté par Jeff le 19/10/2011 13:57

Cela me fait plaisir sgeg, nous sommes fondamentalement d'accord et encore merci à caton de souligner les origines historiques,elles sont indispensables à la compréhensio, sans connaissance du passé on avance dans les tenèbres.

Bof! Jeanneau veut se faire un nom et Gunet le soutien pour justifier son lexique pourquoi pas, mais pour moi ils n'abordent l'essentiel même si j'ai apprécié à sa juste valeur (sans ironie) le texte de Jeanneau.

18.Posté par créole le 19/10/2011 14:54

Le créole parlé n'est qu'un dialecte composé de mots français déformés selon l'origine des gens composant cette société réunionnaise qui sont venus avec leur accent -- par exemple celui venant de l'inde n'arrivait jamais à prononcer "mes yeux" et " ma bouche" mais "mon zié" et "mon bousse". En définitive c'est un plagiat mais très déformé des mots purement français qu'on retrouve aussi en Louisiane.C'est pas pour autant qu'ils en ont fait une langue. En tout cas ce ne sera jamais la langue de blanc des hauts

19.Posté par ZAG: Gerard Jeanneau bien payé et entrepreuneur de morale le 19/10/2011 17:42

au vue de son blog Gérard Jeanneau est vendéen qui se veut entrepreneur de morale à la Réunion. Il exprime le fait d'être la raison face à des incultes qui en plus non pas de langue mais un patois. C'est du Jolie.

Merci monsieur le colon de nous apporter votre savoir. Ton blog est une jolie arme de croisade.

20.Posté par Caton2 le 19/10/2011 17:53

Voici le texte officiel proposé au programme de la licence de l'université de la Réunion
La Genèse du créole selon le Cours de licence FLE n°1 (8/09/2010)

I – Introduction
- Présentation des cours (...)
- Recueil des représentations des étudiants (...)

II – Formation et développement de la langue créole.

L’origine du créole ne peut se comprendre que par le contexte socio-historique dans lequel il est né. Pour la présentation des données sociales, économiques, les travaux fondamentaux de Robert Chaudenson (1974, 1979, 1992, 2003) concernant le processus de la créolisation qui constitueront les principales références. Ils proposent une périodisation de l’histoire des sociétés créoles comprenant, une étude minutieuse de la population réunionnaise entre 1665 (date de l’installation des Français sur l’Ile Bourbon) et la fin du premier quart du XVIIIème siècle, période dite « du café » où commence le développement économique de l’île.

L’histoire sociale et linguistique de (résumé) (...)
Quatre étapes déterminantes jalonnent ce parcours : les débuts du peuplement et la période de la société d’habitation, la période de la société de plantation, la période de la diglossie coloniale, la période de la Départementalisation.

2.1/ La période de la société d’habitation : la « pré-créolisation »
Cette phase va des origines jusqu’en 1715, moment où les conditions de mise en place du système de production agro-industrielle des denrées coloniales (café, sucre, indigo, épices) vont être réunies. (...) Les premiers colons français sont issus pour 73 % du Nord et de l’Ouest de la France (au nord-ouest d’une ligne Paris-Bordeaux) : de la Normandie, de la Bretagne, de l’île de France, de la Picardie, du Poitou etc., c’est à dire essentiellement du domaine linguistique d’oïl. La majorité d’entre eux, constituée d’artisans, d’anciens soldats ou de marins, est d’origine modeste et illettrée. Elle maîtrise très imparfaitement le français standard et utilise plutôt un français populaire et / ou dialectal.
Pour Robert Chaudenson (2003), deux caractéristiques antagonistes marquent cette période : d’une part, la supériorité numérique et la domination sociale et économique des Blancs sur les Noirs. Ainsi, en 1690, on compte environ un esclave pour trois Blancs. D’autre part, l’intégration des esclaves à la famille de leurs maîtres. En effet, tous vivent ensemble dans des conditions matérielles quasi identiques, très rudimentaires, voire de dénuement total, et travaillent la terre en commun. En outre, les Français s’installant dans l’île étant célibataires, les unions inter-raciales sont nombreuses. Les esclaves, en interaction constante avec leurs maîtres, produisent alors de multiples approximations du français populaire et dialectal. Il est abandonné peu à peu au profit de variétés plus proches de la langue cible (le français), davantage pratiquées par des esclaves créoles ou créolisés. C’est pourquoi, selon Robert Chaudenson (1995), dans cette première phase des sociétés coloniales, on ne se trouve donc en présence, ni d’un pidgin (les conditions sociolinguistiques d’apparition de telles formes de langues ne sont pas réunies), ni d’un créole.

2.2 / La société de plantation : émergence du créole
Cette phase est marquée par la mise en place des structures indispensables au développement économique.
Au début du XVIIIème siècle, la Compagnie des Indes décide de mettre l’île Bourbon en valeur grâce à la culture du caféier. Elle introduit cette plante en 1725, puis des épices et enfin la canne à sucre, ce qui va entraîner un développement agro-industriel rapide et intensifier les massifs besoins de main d’œuvre. La population augmente alors fortement (700 habitants en 1700, 2000 en 1717 pour atteindre 50 000 à la fin du siècle (INSEE, 2005)) et particulièrement celle des esclaves venus d’Afrique de l’Est, de Madagascar, d’Inde et de Chine. La proportion d’esclaves créoles se voit alors réduite et leur statut va se modifier : ils vont assumer des responsabilités plus importantes et jouer vis à vis des nouveaux arrivants surnommés « les bossales », un rôle à la fois de commandement et de formation, autrefois dévolu aux Blancs. Les maîtres cessent alors d’être le modèle linguistique des esclaves nouveaux puisqu’ils n’entretiennent que très peu de contacts directs avec ces travailleurs affectés aux rudes travaux des champs et éloignés de la maison des propriétaires terriens et de la cour. Aussi, la langue cible pour les esclaves fraîchement arrivés ne sera plus le français régional des colons blancs mais une variété approximative, utilisée par les locuteurs créoles de la couche intermédiaire.
Les « bossales » (esclaves nouveaux) parleront donc une approximation d’approximation, ce qui entraîne l’autonomisation du créole. Pour Robert Chaudenson (1992), cette « approximation au carré » apparaît comme le véritable moment de la créolisation.
le 20 décembre 1848 : 62 000 esclaves deviennent les égaux des 35 000 travailleurs libres africains et asiatiques (« les engagés ») venus depuis 1825, satisfaire le besoin de main d’œuvre. Beaucoup d’esclaves abandonnent le labeur aux champs et les grands propriétaires font appel à d’autres travailleurs pour cultiver la canne en plein essor. La Réunion vit alors une brève période de richesse économique marquée par la construction de routes, de ponts, d’édifices publics et de luxueuses villas créoles. A partir de 1865, commence la crise du sucre mais l’immigration se poursuit en dépit de la misère et du chômage : en 1967, sur 210 000 habitants, 70 000 sont des immigrants récents, soit près d’un tiers de la population totale. Pour Robert Chaudenson (1974), ces divers flux n’ont pas manqué d’influencer la construction du créole utilisée par la quasi-totalité des Réunionnais dans leurs relations quotidiennes.

Ainsi, le processus de la créolisation, c’est-à-dire « l’autonomisation d’un système différent du français à travers l’appropriation approximative de variétés de français elles-mêmes approchées » (Chaudenson, 2003 : 100), s’explique par le passage progressif de la société d’habitation à la société de plantation. La modification de l’organisation sociale ainsi que l’hétérogénéité ethnique et linguistique de la population servile qui en découlent, engendrent alors des mutations, sociale, économique et démographique.
Selon Robert Chaudenson, l’émergence d’un créole à base française nécessite que soient réunies un certain nombre de conditions telles que :
- « La présence d’un peuplement français de départ important ; il n’y a pas de créole français en Nouvelle Calédonie (le cas du tayo est discutable), en Afrique subsaharienne ou aux Comores.
- Une transmission du français par voie quasi exclusivement orale, en l’absence de superstructure socio-culturelle (école).
- Une société esclavagiste vouée aux agro-industries coloniales (sucre, café, épices) et entraînant l’immigration massive d’esclaves d’origine diverses ; il n’y a pas de créoles français au Canada où pourtant la première et, pour partie, la deuxième condition ont été réunies ; il n’y en a pas davantage en Algérie où le peuplement français a pourtant été très important, mais tardif (XXème siècle) et où les populations non françaises autochtones ont conservé leur langue et, pour une partie d’entre elles, appris le français »

21.Posté par Le troll 974 le 19/10/2011 21:44

Pourquoi n'y a t'il pas de langue créole malgache, polynesiene , mahoraise ou encore Neo calédonienne ? Parce que ces iles ont leur propre population d'origine ( avant colonisation ) avec leur langue leur histoire et leur culture .Rien de tout ça n'existe a la réunion ou a maurice ! C'est dur a avaler mais c'est comme ça !!

22.Posté par ndldlp le 20/10/2011 12:50

21.
cela n'empêche en rien l'émergence d'une culture locale, d'une langue, née du mélange de ceux venus y habiter.. un peu comme la langue française, mélange d'oc et d'oy..elles mêmes mélanges de bien d'autres dialectes..

faut pas refuser l'évolution, au risque de demeurer ce que ce verbe peut aussi, sans l'air qu'il se donne à la fin, ce type de citoyen.

23.Posté par rude girl le 22/05/2013 01:24

@ créole, si t'es pas content il faut que tu saches que le creole est une langue pas un charabia, ni un plagiat ou une deformation de la langue "pure" francaise. Les blancs des hauts ne sont pas mieux que les petits malbars, caf noir, tes propos sont racistes et t' es qu'un gros porc.

24.Posté par Damien le 12/06/2018 22:49 (depuis mobile)

le creole est la volonté de nos ancetres à s’unifier,en deuxieme generation d’esclave ou trois,chui pas historien,y ont amelioré le pidgin,y ont reformé la tribue,y fallait vivre,

25.Posté par Damien le 12/06/2018 22:59 (depuis mobile)

le creole est la volonté de nos ancetres à s’unifier,en deuxieme generation d’esclave ou trois,chui pas historien,y ont amelioré le pidgin,y ont reformé la tribue,ts les esclaves n’étaient bon et ts les maitres mauvais,ex:le poison ds les plantations

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