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Le coupeur de canne, le pilier de la filière...

Lundi 16 Juin 2014 - 09:49

Le coupeur de canne, le pilier de la filière...
Je souhaite revenir sur la filière canne qui reste la culture dominante de notre agriculture.

Notamment, le coupeur de canne.

Je rappelle quelques chiffres :
- 24 000 ha
- 1 700 000 produits en moyenne
- 3 400 planteurs
- Bois rouge : 860 000 T dont 320 000 T coupés mécaniquement + 540 000 T coupés manuellement.
Soit + 60 % coupés par un coupeur de canne "péi".

Le coupeur est donc l'élément incontournable de la filière.

Depuis, 2006 le Département, la Sécurité sociale, et Pôle Emploi ont mis en place un accompagnement pour limiter le travail au noir, en cumulant aide social & paiement de la canne coupée à la tonne.
L'initiative est louable, mais ne fonctionne pas.

Je souhaite mettre en avant ce que beaucoup d'exploitants agricoles ne parlent pas.

En effet, un coupeur de canne au "noir" est payé par la recette de la canne.
C'est donc "comptablement " inexistant ;
C'est le planteur qui payera l'impôt sur le revenu pour le coupeur de canne.

Depuis le paiement de la bagasse, beaucoup d'exploitation sont passés au réel simplifié, la barre des 40 000 € de CA étant dépassée. Donc assujetti à l'impôt.
Mais que fait la filière elle même pour optimise :
-La prise de risque de l'exploitant par un coupeur non déclaré ?
-L'imposition non justifiée pour le planteur ?

Soyons honnête, le sucrier réceptionne des cannes coupés manuellement, il est donc conscient que ce sont des coupeurs au bout du champ...n 'est-il possible à lui de recenser pour établir déjà un état des lieux ? combien de coupeurs par exploitation ?

C'est + 1.2 millions de Tonne coupé manuellement, il y a bien des coupeurs de cannes non ?

Si on veut prendre la problématique à bras le corps :
Que font les politiques à ce sujet ?
les planteurs détestent la papras,
les coupeurs veulent pas impacter leurs minima sociaux,

A quand, un contrat spécifique DOM, un contrat très simple, pour la durée d'une campagne sucrière, le prix du tonnage en fonction de l'exploitation, sortir du nombre d'heure rapporter au SMIC.

L'objectif est : papras simplifié , & protection sociale pour le coupeur.

Une délégation Sucrier - Pôle emploi - Député - pour rencontrer le ministre du Travail & Bercy serait -il pas une option à envisager ?

Au lieu de vouloir faire le forcing de la mécanisation et remplir les caisses des concessionnaires.
De plus, il est évident que les banques sont prudentes, depuis 2010 tous secteurs confondus.

Du coté de la Chambre Verte, à quand une formation gestion canne à sucre obligatoire ? Vu la difficulté du secteur, optimisons nos acquis déjà avant de prétendre à vouloir plus.

Quoi qu'on fasse + 50 % des surfaces ne sauront jamais mécaniser.
Le coupeur restera la seule option.
Apparemment la filière elle- même ne veut pas l'admettre.

J'ai mécanisé la canne à sucre de mon exploitation en 2007, élargi les chemins, réduit le temps de campagne de 22 semaines à 1 semaine. Le sucrier a financé, les fonds propres ont fait le reste.
Mais mon objectif était que la filière canne se réduise à 8 semaines ( coupe / entretien inclus ).
J'ai tenté 2008-2009-2010, j'ai même négocié les cachalots dans mes champs pour optimiser le temps travail de la prestation coupe du sous traitant.
J'ai vite déchanté, combat permanent pour obtenir un quota de 800 T pour 1 semaine, chaque année fallait expliquer ... une chose simple, je coupe mes cannes la 2eme semaine de septembre.
De plus les prestataires de coupe ( financés également par l'usine à taux 0) me facture comme un privé hors que c'est la filière qui permet la création de leur activité et non pas un banquier.

J'ai décroché, n'ayant pas pris la DJA, le terrain n'étant pas un terrain SAFER, de 1000 T en 2005 - 200 T en 2014, j'ai pu réorienter.

Mais combien ne le peuvent pas ?

Bref, la filière a déjà tant de niches à revoir pour améliorer d'une part les revenus des planteurs et d'autre part améliorer les conditions sociales de notre département.

Produire plus, mécaniser plus c'est pas forcément la solution.

Je salue le Travail du Cirad, Rcane pour les variétés notamment. Certains techniciens également.

Alors avant de parler, de carrière sur le Piton Défaud (2500 T en 2013, sachant que St Marie a perdu + 5000 T en 10 ans) avant de parler de baisse de subvention, avant de parler d'indemnisation cyclone, sécheresse, et j'en passe...

Mettons fin sérieusement à une problématique qui existe depuis la création de la filière.
Alexandre LORION
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