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Le coronavirus fait son premier mort en Afrique du Sud, plongée en confinement


- Publié le Vendredi 27 Mars 2020 à 22:39 | Lu 389 fois

Des policiers font respecterb les distances de sécurité dans la file d'attente pour un supermarché à Hillbrow, à Johannesburg, le 27 mars 2020 - MARCO LONGARI / ©AFP

(AFP)

L'Afrique du Sud a annoncé vendredi son premier mort de l'épidémie de coronavirus, au premier jour de son entrée dans un tunnel de trois semaines de confinement total destiné à enrayer la progression inquiétante de la maladie sur tout le continent.

Avec plus de 3.300 cas et plus de 90 décès, selon un bilan établi par l'AFP, l'Afrique reste largement épargnée par la pandémie. Mais la propagation du virus suit une "évolution dramatique", a alerté la responsable régionale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Matshidiso Rebecca Moeti.

L'Afrique du Sud a largement franchi vendredi le cap du millier de contaminations, avec 1.170 cas contre 927, 24 heures plus tôt, et reste, de loin, le pays le plus touché du continent.

Son ministre de la Santé Zweli Mkhize a rapporté le premier décès dû à la maladie, une femme de 48 ans de la province du Cap-occidental (Sud-Ouest). La mort d'une deuxième Sud-Africaine, initialement attribuée au Covid-19, a finalement été imputée à d'autres causes après examen.

Face à la progression exponentielle de la maladie, le président Cyril Ramaphosa a imposé à ses 57 millions de concitoyens de rester chez eux pendant trois semaines afin, "de prévenir une catastrophe humaine aux proportions énormes".

"Vous êtes là pour faire la guerre à un ennemi invisible. On attend de vous (...) que vous sortiez dans les rues pour défendre notre peuple contre le virus", a lancé jeudi le chef de l'Etat, en treillis, à un détachement de soldats chargés de faire respecter le confinement.

- "Dur" pour les pauvres -

Si les banlieues cossues des deux principales villes du pays, Johannesburg et Le Cap, sont restées largement vides, leurs "townships" pauvres et surpeuplés ont largement ignoré les consignes, notamment pour se ruer dans les supermarchés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Les classes moyennes et supérieures respecteront le confinement", a pour sa part anticipé Ditebogo Koenaite, une pilote de ligne. "Mais je ne pense pas que les plus modestes pourront respecter la distanciation sociale. C'est plus dur dans les quartiers pauvres".

Dans le quartier déshérité de Hillbrow, au centre de Johannesburg, la police a dispersé une centaine de personnes qui piétinaient devant un magasin pour y faire leurs courses.

Depuis plusieurs jours, les autorités ont exhorté la population à respecter strictement le confinement, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à six mois de prison.

Le ministre de la Police Bheki Cele a annoncé que 55 persones avaient été arrêtées dans le pays vendredi.

En Afrique, seuls la Tunisie, le Rwanda et l'île Maurice s'étaient jusque-là engagés sur cette voie radicale, tant ses conséquences économiques et sociales sur des populations pauvres et privées de services de base semblent risquées.

Malgré la crise économique catastrophique qui l'affecte, le Zimbabwe les rejoindra à partir de lundi pour trois semaines, a annoncé vendredi soir son président Emmerson Mnangagwa.

Prévu pour débuter samedi, le "confinement total" des 10 millions d'habitants de Kinshasa, capitale surpeuplée de République démocratique du Congo, a été "reporté" sine die, en raison de "spéculations sur les prix des biens de première nécessité" et par crainte "d'actes d'insécurité", ont indiqué les autorités locales.

La mesure devait éviter isoler la capitale, pour éviter la propagation du virus dans le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne (2,3 millions de km2, au moins 80 millions d'habitants). Mais un premier cas hors Kinshasa a été officiellement déclaré vendredi, dans la province de l'Ituri.

- "Inacceptable" -

Après le Sénégal et la Côte d'Ivoire, le Kenya a lui aussi imposé vendredi soir un couvre-feu sur son territoire, après avoir constaté, selon son ministre de la Santé Mutahi Kagwe, des entorses "inacceptables" aux consignes de sécurité sanitaire.

Vendredi, la police a dispersé à jets de gaz lacrymogènes et coups de bâton des habitants qui se pressaient pour prendre un ferry entre Mombasa à la côte sud du pays.

Au Niger (10 cas, 1 déces), le président Mahamadou Issoufou a également décrété un couvre feu de 19H00 à 06H00 dans la capitale Niamey et annoncé des remises de peines" pour 1.540 détenus "pour des raisons humanitaires et pour désengorger (les) maisons d'arrêt".

En Ouganda, la police a dit avoir ouvert le feu et gravement blessé deux personnes à moto qui, selon elles, avaient bravé une interdiction de se déplacer.

Le Covid-19 n'épargne pas les plus hauts responsables politiques du continent.

Le patron de la Commission de l'Union africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat a été placé en quarantaine après la contamination d'un de ses collaborateurs.

Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent, ne compte qu'une cinquantaine de cas pour un mort, mais le gouvernement dit redouter une "explosion" de l'infection parmi ses 190 millions d'habitants.

Les autorités de la mégapole de Lagos et de la capitale Abuja se sont contentées "d'inviter" la population à rester chez elle, conscientes des difficultés à faire respecter de strictes mesures de confinement.

Le président du Sénat Ahmad Ibrahim Lawan a appelé à "être inventif" pour soulager les plus pauvres. "Si nous confinons le Nigeria, ça va causer des troubles parce que la majorité de nos concitoyens ont besoin d'aller au marché tous les jours pour manger".

burs-pa/ayv/

Philippe ALFROY avec les bureaux africains de l'AFP



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