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Courrier des lecteurs

Le confinement : un état de guerre en temps de paix


Par Bruno Bourgeon, porte-parole d’AID - Publié le Mercredi 13 Mai 2020 à 15:00 | Lu 543 fois

Le confinement : un état de guerre en temps de paix
Le confinement généralisé au niveau mondial nous fait vivre un état de guerre en temps de paix. Nous vivons des choses inimaginables : rester à la maison en famille, ne pratiquer que les activités professionnelles vraiment indispensables, ne plus se déplacer inutilement, se contenter de l’essentiel. Les écologistes l’ont rêvé, le Covid-19 l’a fait, nous vivons la décroissance sur une période qui s’annonce longue et mondialisée. Mais c’est un minuscule virus, pas un choc pétrolier ni le réchauffement climatique, qui a entraîné ce bouleversement et montré la fragilité de nos sociétés complexes. Cette pandémie nous met face à nos responsabilités multiples. Nous pouvons collectivement en tirer des conclusions, prendre un nouveau départ à la hauteur de l’urgence écologique sur une planète pillée et au bout du rouleau ou tout refaire comme avant, business as usual. Les mécanismes boursiers et les largesses budgétaires ne peuvent être d’aucun secours en état de catastrophe, tout au contraire. La magie de l’argent est un mythe.

Nous avons constaté que tous les pays ne sont pas à la même enseigne pour affronter des catastrophes, l’Inde ou l’Afrique par exemple. Mais le problème est général, c’est celui de la surpopulation qui entraîne des concentrations humaines propices à la diffusion non seulement des germes pathogènes, mais aussi du mal-vivre ensemble.

Plus profondément cette pandémie a révélé notre rapport à la mort. Il y avait deux stratégies en présence pour enrayer les contaminations, l’immunité collective ou la distanciation sociale. L’avenir dira la meilleure méthode. Notre système hospitalier a même été amené à déterminer qui avait le droit de vivre ou de mourir. Les difficultés du système de santé ont donné de l’importance au triage médical, une sélection sociale volontairement assumée. Le droit à la vie est un droit relatif, comme l’exprime toute l’histoire de l’humanité. Nous avions cru pouvoir échapper à la sélection naturelle, il nous faudra revenir à plus d’humilité.

Nos politiciens doivent aussi se rendre compte que la lutte contre le réchauffement climatique peut reposer sur des bases similaires aux méthodes utilisées lors de cette pandémie, en résumé une « sobriété partagée » imposée par l’État. Cela implique une reconsidération de nos besoins, il nous faut aller à l’essentiel. Il n’est plus temps de ressasser les mythes de l’ultra gauche, plus prête à la surenchère qu’à la modération des besoins. Ni à appliquer des politiques de relance aveugle : la situation est bien différente de la grande crise de 1929 ou de la crise des subprimes en 2008. Il s’agit de remplacer la société de croissance par une déprogrammation de la société de consommation. Nous devons remettre en question notre goût immodéré pour la croissance économique. Cela présuppose de combattre les inégalités de revenus pour parvenir à une sobriété partagée, remplacer les refinancements comme après le krach de 2008 par la distribution d’un revenu de substitution. La mondialisation par le libre-échange a multiplié les déplacements de marchandises et de services tout en déstabilisant les filières locales de production, de consommation et d’échange. Contre ce système prédateur, il nous faut donc penser démondialisation et relocalisation. Elaborer des stratégies écologiques de temps de crise, et après l’épisode du Covid-19 de pas retomber dans des politiques pro-croissance qui ne peuvent qu’accroître le nombre de morts dans l’avenir sur une planète grillée par le soleil.


http://aid97400.re
D’après Biosphère-Info, http://biosphere.ouvaton.org/blog/biosphere-info-covid-19-au-jour-le-jour/




1.Posté par Sam 974 le 13/05/2020 20:07

Salut ami Bruno. Merci pour ta constance et l'intérêt de tes pertinents articles. Par contre il me semble que le réchauffement climatique a au contraire un impact épidémiologique en favorisant ses conditions de développement (chaleur/humidité), et sommes de surcroît fragilisés par la pollution atmosphérique. Sylvain

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