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Société

Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : "La faillite de la parole publique"


Par Mohamed Aït-Aarab - Publié le Mercredi 3 Juin 2020 à 16:13 | Lu 783 fois

Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : "La faillite de la parole publique"
L’actualité politique des deux dernières semaines, en métropole comme à la Réunion, illustre, de manière presque caricaturale, la perte de crédit de la parole publique. 

Le 16 mai 2020, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, est en déplacement à Yvetot et Veules-les-Roses, deux communes de Seine-Maritime. À l’issue de la visite ministérielle, sa délégation déguste huitres et vin blanc au bord de la plage, comme le montre une photo qui a abondamment circulé sur les réseaux sociaux. On y voit un ministre bien entouré (sans doute son équipe de conseillers et des membres de sa sécurité, sans doute des élus locaux) faisant fi des mesures de distanciation préconisées par le gouvernement auquel il appartient.

Ce cliché pourrait n’être qu’une fake news de plus, une manipulation grossière dont nous sommes devenus familiers depuis que les réseaux sociaux tiennent lieu, pour nombre de Français de tous âges, d’unique source d’information. Sauf que le journal Le Monde, dans son édition électronique du 27 mai 2020 a authentifié le document et confirmé la date.

Sur le plan local, la perspective du 2e tour des élections municipales stimule nos candidats. L’adversaire d’hier avec qui aucune entente n’était envisageable devient tout à coup fréquentable. Et ceci au nom de l’intérêt de la population, bien évidemment.

À multiplier les déclarations vertueuses et républicaines, contredites le lendemain par des agissements contraires, la classe politique est de moins en moins audible. Sa parole est frappée du plus total discrédit.

À l’heure où nous nous demandons ce que sera le "jour d’après", nous ne devons pas écarter la possibilité que "le monde d’après ressemble au monde d’avant, mais en pire", pour reprendre les mots de Jean-Yves Le Drian. La crise actuelle qui n’est pas que sanitaire, tout comme l’émergence du mouvement des “Gilets Jaunes” en 2019, sont les symptômes d’un mal-être politique qui gangrène notre pays et qui risque de se traduire, faute de réponses satisfaisantes, par l’arrivée au pouvoir d’un populisme dont nous voyons les dégâts en Hongrie, au Brésil, aux Etats-Unis et ailleurs.

Mal-être dû, en premier lieu, au comportement d’élites qui ont fait sécession et ont le sentiment d’être au-dessus de la loi commune.

Mal-être dû à la fracture démocratique que nous vivons depuis 2005 et le "non" au traité constitutionnel européen. Traité rebaptisé "de Lisbonne" et que Nicolas Sarkozy nous a imposé via une réforme de la Constitution.

Mal-être dû, depuis l’instauration du quinquennat et la modification du calendrier électoral, à la transformation du Parlement en chambre d’enregistrement. Le débat est verrouillé par la majorité présidentielle - quelle qu’en soit la couleur politique -, ce dont témoigne un épisode parlementaire récent : le refus des députés LREM de créer un Pôle public du médicament qui aurait évité de futures pénuries.     

Mal-être dû également au mépris affiché, jusqu’à ces derniers temps, pour tous les corps intermédiaires : que ce soit les élus locaux (en 2018, Emmanuel Macron, contrairement aux usages, snobe le Congrès annuel des maires) ou les syndicats (tenus pour quantité négligeable lors de négociations).     

Mal-être enfin face à une classe politique visiblement à court d’idées et dont le mantra libéral a volé en éclats. Désemparée, soit elle téléphone tous azimuts - Patrick Sébastien, Jean-Marie Bigard, Éric Zemmour - espérant on ne sait quelle solution miracle ; soit elle érige des Cyril Hanouna en nouveau maître à penser. 

S’il est difficile d’imaginer le général de Gaulle mis en examen, pouvez-vous l’imaginer discutant de l’avenir de la France avec des histrions ?

Alors, c’est vrai, le discours officiel a changé. La crise du coronavirus est passée par là et nos élites font assaut d’amabilités : "nous avons compris, nous avons entendu le message."

Devons-nous, pour autant, être comme les bienheureux qui croient sans avoir vu ? 

Pour ma part, j’ai en tête une petite musique “pasquaïenne” qui me rappelle sans cesse que les promesses n’engagent que ceux qui y croient.




1.Posté par LOD le 03/06/2020 18:34

En accord avec l'analyse rapide qui est faite, sinon l'usage fort regrettable du terme "populisme" #gauche, là où il s'agit en fait "démagogie" #droite !

Populisme "une position politique qui prend le parti du peuple contre les élites, le populisme (politique)" https://fr.wikipedia.org/wiki/Populisme
Démagogie "Politique qui cherche à exploiter les passions de la multitude." https://fr.wiktionary.org/wiki/démagogie

Et de rappeler : une élection se gagne au 1er tour par #adhésion, ou se perd au 2nd tour ; second tour inventé pour favoriser le #VoteContestataire #statuquo et d'imposer le désormais classique pseudo-duel droite-VS-droite #FrontRépublicain

2.Posté par Xavier le 03/06/2020 22:58

Avec l'effondrement de la gauche "hollandaise / frondeur" et la bérézina de la droite "filloniste", le nouveau parti devient parti unique, en situation de "dictature" parlementaire.
Sans opposition crédible, les mécontents se réfugient vers les extrêmes (nul besoin de les nommer), avec une montée évidente des populismes.

La démocratie est en danger, soyons en conscient... que faire pour la sauver ?

3.Posté par LOD le 04/06/2020 05:48

Un peu de sérieux, nous causons des affaires de la cité #politique ; le P$ est un parti de droite, depuis 1983 (tournant de la rigueur Thatcher), comme le rappelait à l'époque F.Hollande.

"F.Hollande est Caton" http://www.ina.fr/audio/PHD98004773


Quant à la démocratie, il n'en existe pas dans le monde !
« Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. » Discours du 7 septembre 1789, Emmanuel-Joseph Sieyès https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel-Joseph_Siey%C3%A8s#Th.C3.A9ories_politiques_et_philosophiques
#QuIlsViennentMeChercher

4.Posté par X le 04/06/2020 10:28

merci monsieur pour ces quelques lignes de vérité...

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