Courrier des lecteurs

Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Hommage à Ivrin Pausé et à Charles Griffond, deux hommes debout"

Vendredi 20 Septembre 2019 - 15:05

Le billet d'humeur de Mohamed Aït-Aarab : "Hommage à Ivrin Pausé et à Charles Griffond, deux hommes debout"
Autant le premier nom est familier au lecteur, autant le second risque de le laisser perplexe. Pourtant, ces deux hommes, qu’il convient d’associer dans un même hommage respectueux, ont de nombreux points en commun.
De leur vivant, leurs chemins ne se sont jamais croisés ; mais ils symbolisent une forme d’humanité en voie de disparition. Ou, plus précisément, une forme d’humanité que les boutiquiers de la société néolibérale veulent voir disparaître.

Ivrin Pausé, le célèbre facteur de Mafate, décédé en août 2019 à l’âge de 91 ans, était mondialement connu (j’exagère à peine) pour avoir parcouru en 40 années de carrière cinq (ou 6) fois le tour de la Terre, soit plus de 250.000 kilomètres. Mais il était bien plus qu’un distributeur de courrier. Ivrin Pausé était créateur d’harmonie, tisseur de lien social, dispensateur de bonheur. Il disait lui-même : « ma passion, c’est le contact humain ». Et cet amour des autres, il le cultivera également avec l’ouverture, en 1960, de sa petite épicerie de Grand Place - son village natal -, puis de son gîte, « Le Bougainvillier ». À lui seul, il assurait la relation, l’union entre les habitants du cirque et ceux de la côte, entre les hauts et les bas de notre île. Abnégation, générosité, dévouement, altruisme, telles étaient, aux dires de tous ceux qui l’ont côtoyé,  les qualités unanimement reconnues d’Ivrin Pausé.

Charles Griffond était lui aussi un facteur à l’ancienne. Pendant 34 ans, il a sillonné les routes du Haut-Doubs, du côté de Pontarlier. Ses tournées étaient toujours l’occasion de contacts humains riches et fructueux ;  sa chaleur humaine, sa bienveillance, son souci de l’autre étaient tels qu’il avait eu l’idée, chaque 24 décembre, de se déguiser en père Noël pour effectuer la distribution du courrier. C’était sa manière à lui de distiller quelques moments de joie dans tous les foyers qu’il visitait. Charles Griffond s’est suicidé en juillet 2016, victime de souffrance au travail. « Il avait l’impression d’être devenu une machine à distribuer le courrier », déclarent ses proches dans le reportage d’« Envoyé spécial », diffusé le jeudi 12 septembre 2019.

Deux destinées aux antipodes l’une de l’autre, semble-t-il.

Ivrin Pausé a pris sa retraite, dans son cirque natal qu’il aimait par-dessus tout, entouré de l’affection des siens et salué, comme il se doit, pour son dévouement au bien public. En témoignent sa statue réalisée par le sculpteur Marco Ah Kiem et la chanson « Le facteur de Mafate » que lui a dédié le groupe Bat’ker.

Charles Griffond a, lui, été victime d’une époque où les algorithmes régissent nos vies et où la relation humaine sincère, honnête et désintéressée, n’est plus de mise.

Au-delà de leurs parcours singuliers, ces deux facteurs au grand cœur sont les symboles d’un monde en voie de disparition. À la fin de son roman, La Peste, Albert Camus dresse le constat suivant : les habitants d’Oran (ville où l’épidémie de peste s’est déclarée) « savaient maintenant que s’il est une chose qu’on puisse désirer toujours et obtenir quelquefois, c’est la tendresse humaine ». Ivrin Pausé et Charles Griffond cultivaient cette tendresse pour le genre humain, en humanistes qu’ils étaient, parce qu’ils devaient penser, sans le formuler en ces termes, bien évidemment, que « chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition ».

Ivrin Pausé et Charles Griffond étaient des hommes d’un autre temps. Mais ils étaient pleinement dans la vraie vie. Non pas celle où l’individu est réduit à sa fonction de consommateur compulsif dont les désirs et les penchants sont pornographiquement flattés par des entreprises en quête du profit maximum. Non pas celle où, comme le démontre la mathématicienne américaine Cathy O’Neil (dans son essai Algorithmes. La Bombe à retardement), nous devenons les promoteurs d’une nouvelle servitude volontaire. Mais la vie qui permet de consacrer du temps à ses proches, de voir grandir enfants et petits-enfants, de s’interroger sur notre présence au monde, d’écouter le chant d’un oiseau, de combler son besoin de spiritualité, quelque forme qu’elle prenne, de regarder un coucher de soleil de sa fenêtre…
Pic de la Mirandole, un humaniste italien, écrivait en 1486 (ou 1487) : « Si nous ne t'avons donné, Adam, ni une place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c'est afin que la place, l'aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les aies et les possède selon ton vœu, à ton idée... Tu pourras dégénérer en formes inférieures, qui sont bestiales ; tu pourras, par décision de ton esprit, te régénérer en formes supérieures, qui sont divines. »

Aurions-nous choisi l’inhumanité, la barbarie et l’animalité ?
Mohamed Aït-Aarab
Lu 1254 fois




1.Posté par La vérité vraie... le 20/09/2019 16:20

Non pas celle où l’individu est réduit à sa fonction de consommateur compulsif dont les désirs et les penchants sont pornographiquement flattés par des entreprises en quête du profit maximum.


Chaque semaine je me fais piéger à lire ce fatras pédant. Promis juré on ne m'y reprendra plus...

2.Posté par merci mais le 20/09/2019 18:44


3.Posté par Kiki le 21/09/2019 00:25 (depuis mobile)

L''humain d''abord ! C''est ce qu''ils ont fait à travers leur métier, non ? C''est ce que je m'' dis également, promis, juré, on ne m''y reprendra plus à lire ...franchement, c''est un bel hommage ! Ils le méritent ! De nos jrs les facteurs st "invisibles"

4.Posté par krikos le 21/09/2019 10:19

Avec gmail, outlook et autres, ces serveurs ont fait plus que le tour de la planette, on pourrait même dire sans exagérer la distance terre-lune N fois ! Alors hommage à ces inventeurs de demain ! Hommage à ces analyse de Big Data qui peuvent plus dire sur nous que nous n'en saurons jamais ! Hommage à chacun pour l'humanité du'il dévoile au monde à travers son art, métier, ou activité quelconque !

5.Posté par Professeur Komunistov le 21/09/2019 12:52

bla bla bla bla bla bla vu à la télé......bla bla bla bla bla bla c'était mieux avant bla bla bla bla bla bla je fourgue ma liste d'auteurs pour faire intelligent bla bla bla bla bla bla vous allez subir mes pitoyables billets jusqu'au municipales histoire de me faire un nom

6.Posté par A mon avis le 21/09/2019 21:30

Aurions-nous choisi l’inhumanité, la barbarie et l’animalité ?

Nous n'avons pas choisi l'animalité.
Bien que nous sommes un espèce animale parmi d'autres, aucune autre espèce que la nôtre n'a atteint un tel degré de barbarie.

7.Posté par République le 22/09/2019 18:26

Le « Nous » plus que le « Je » : un investissement personnel sur le long terme au service des autres profite toujours un peu à la société, surtout quand beaucoup sont en manque de repères pour avancer durablement. Oui, il faut toujours éclairer ces trajectoires personnelles sur toute une vie, mais la réussite et l’enracinement de ces « Je » doivent aussi s’inscrire dans les activités des « Nous » pour élargir la responsabilité et faire ainsi avancer durablement la société. Les investissements des bonnes volontés dans les corps intermédiaires (collectifs, associations, syndicats, et autres) sont insuffisants et mal opérants parce que trop souvent adossés à un arrière-plan de pure tactique politicienne, ce qui fait que tout ne débouche finalement que sur la déception. La société avance que si la responsabilité collective progresse, partout !

8.Posté par Janus le 23/09/2019 14:42

Un " billet d'humeur" c'est le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité.

Cet universitaire serait-il journaliste ? Que nenni ...

Le sujet qu'il traite est-il d'actualité ? Que nenni ...

Son regard est-il personnel, décalé et critique ? Que nenni ...

Nous en sommes au troisième billet d'humeur de cet universitaire, pour être exact, je devrais dire "au troisième courrier des lecteurs.

Rien n'interdit cet universitaire de continuer à écrire des courriers des lecteurs,mais de grâce cessez d'appeler cela des "Billets d'humeur".

Ne vous attribuez pas un titre de "journaliste" que vous n'avez pas, et contentez-vous de vous comporter en universitaire ... Et non pas en futur candidat qui rêve d'une place sur la liste de Madame Huguette BELLO pour les élections municipales de Saint-Paul ☺☺☺

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

Si aucune page de confirmation n'apparaît après avoir cliqué sur "Proposer" , merci de nous le faire savoir via le mail contact@zinfos974.com
------
Merci de nous donner les informations suivantes, elles nous serviront à mieux cerner votre situation :
-- Smartphone ou ordinateur (mac ou windows)
-- Navigateur utilisé
-- Votre fournisseur d'accès internet
------
Toute l'équipe de Zinfos974 vous remercie

Dans la même rubrique :
< >

Lundi 14 Octobre 2019 - 10:48 Ah le con !

Lundi 14 Octobre 2019 - 10:23 À ceux qui aspirent à former notre jeunesse...