Santé

Le bébé secoué : un syndrome complexe, un traumatisme invisible

Lundi 21 Septembre 2009 - 09:37

Le syndrome du bébé secoué a été décrit par un radiologue (J. Caffey) en 1972. C’est donc une notion très récente mais que les professionnels se sont vite appropriée car correspondant à une réalité difficilement observable, en l’absence de signes cliniques extérieurs et en l’absence d’explications claires des parents.


Le bébé secoué : un syndrome complexe, un traumatisme invisible
Dans les cas d’urgence, le bébé présente des troubles de la conscience, des convulsions, une altération de son état général et des pleurs.

Le moyen utilisé produit un balancement extrême d’avant en arrière de la tête et cause une hémorragie, un hématome sous-dural et donc un traumatisme crânien important.

Il traduit une souffrance relationnelle aigue et répétée, et dont les séquelles sont souvent dramatiques, parfois irréversibles : lésions neurologiques avec des infirmités cérébrales motrices, troubles de la vue pouvant aller jusqu’à la cécité, déficience intellectuelles, troubles affectifs et dysfonctionnements psychologiques, … et, à l’extrême, mort de celui que l’on a mis au monde.

Les conditions du secouement sont hélas simples et faciles à imaginer : le jeune enfant (généralement de moins de 3 ans) est saisi par le buste ou par les bras et ainsi violenté. Le tout se passe dans un climat interpersonnel chargé d’agressivité, d’incompréhension, d’intolérance.

A l’origine de cet acte, des parents, souvent jeunes, excédés par les cris qui sont pourtant l’un des modes, sinon le principal, d’expression émotionnelle et de communication orale d’un enfant qui demande tout simplement à être en tant que personne et à s’intégrer dans sa famille d’appartenance.

Le secouement s’inscrit aussi parfois en réaction à des exigences éducatives posées (autour de la propreté, de l’alimentation, du sommeil, …) dont l’enfant concerné ne comprend pas les règles dans une relation inadéquate, voire hostile. Menace, peur, danger, se bousculent alors, et les limites peuvent être dépassées, atteignant la douleur et la terreur, pire la mort.

C’est l’échec de la dimension inter-relationnelle, celle qui pose la question du caractère intentionnel (et non accidentel) des actes, qui est humainement la plus incompréhensible et insupportable.

Face à ce type de situations dans la pratique clinique habituelle il faut intervenir au mieux et au plus tôt : vérifier d’abord s’il s’agit d’une urgence ou d’un fait ancien non diagnostiqué, ne pas banaliser ni dramatiser, ne pas non plus se laisser envahir par des convictions, analyser le phénomène dans une globalité physique et relationnelle, sachant toutefois que la situation a malheureusement de fortes chances de se reproduire et de s’aggraver.

Les parents n’ont pas forcément conscience du caractère dommageable de leurs gestes. Ils utilisent le secouement en dernier recours comme un cri intérieur, comme une réponse à leur détresse lorsque leur propre enfant est devenu à leurs yeux un objet de persécution dont ils ne peuvent plus assumer l’éducation et la responsabilité. 

Geneviève Payet, psychologue clinicienne                                                                                                  et présidente de l’Antenne réunionnaise de l’institut de victimologie

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Jismy Ramoudou
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1.Posté par Jeff le 21/09/2009 10:26

C'est un sujet très très important. Il faut que les éducateurs sensibilisent les futurs parents à ce terrible syndrome,décrit, je crois également par Piajet. Les comportements violents ne seraient-ils pas l'une des conséquences de ce syndrome?

2.Posté par nelly leperlier le 21/09/2009 19:06

je connais personnellement ce problème pour avoir cotoyé comme vous le savez un service de neurochirurgie avec mon fils et avoir pu voir des parents désemparés , trainés devant la justice pour quelque chose que de un , ils ne maitrisaient pas et de deux n'avaient jamais entendu parler . à bout , fatigué de n'avoir pas pu fermer l'oeil ou ne pas pouvoir calmer un enfant un parent peut secouer en effet un enfant sans en connaitre la gravité . il suffit de peu . la vie alors bascule dans l'enfer et j'"en ai vu arriver à l'hopital des mamans souvent seules que le père abandonne avec l'enfant et ne sachant plus trop bien où elles en sont à bout secouer l'enfant et se retrouver du jour au lendemain face à la justice pour infanticide . j'ai de la peine pour l'enfant qui ne connaitra pas la vie mais j'ai aussi pitié" de ses parents qui donnent la mort sans le savoir . certains neurochirurgiens en ont fait un cheval de bataille , et la vie de ces parents deviennent un enfer . je le dis bien pour tous ceux que j'ai rencontré , aucun n'avait entendu parler de ce syndrome . car on ne peut pas dire que pour la plupart ce sont de mauvais parents ils ont juste fait un geste qu'il ne fallait pas sans le savoir alors qu'ils étaient au bout du rouleau . il faut surtout informer les mamans qui vont en maternité que" ce risque existe et que lorsque l'enfant pleure trop et qu'elles ont vérifiés que ce dernier n'a pas de fièvre ou quelque chose d'anormal , de le laisser pleurer tranquillement un instant et de le prendre ensuite le temps que les parents eux aussi se soient calmés , ce simple geste s'il est connu par les parents peuvent sauver une vie .

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